Chapitre 109
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu le Serpent de l’Apocalypse ◈
Chapitre 109 : Chaud et nourrissant
──────
Tous les humains étaient morts.
La mère qui avait récupéré son œuf était heureuse.
C’est ainsi que Pelerian, qui avait observé la scène depuis l’extérieur de l’œuf, expliqua la situation au serpent.
Cela dit, cette explication était légèrement erronée.
Tous les humains n’étaient pas morts.
Six des sept aventuriers avaient péri, leurs corps déchiquetés en centaines de morceaux.
Même leurs restes avaient été dévorés par les wyvernes, qui n’avaient presque rien laissé d’intact.
Pourtant, quelqu’un était encore en vie.
Un cadavre gisait face contre terre, dans une flaque de sang, dans un coin.
Ou, plus exactement, Pandan faisait le mort.
Il releva lentement la tête.
Les wyvernes savaient voler sans bruit ; l’une d’elles pouvait donc encore l’observer de loin.
Heureusement, elles semblaient être bel et bien toutes parties.
« Haa… »
Pandan se releva lentement.
La zone autour de lui était couverte de fientes de wyverne.
Celles qui s’étaient approchées pour le dévorer avaient reculé, horrifiées par l’odeur infecte.
Les wyvernes pouvaient manger de la viande pourrie sans problème, mais elles ne supportaient pas l’odeur qui émanait de Pandan.
Cette puanteur réveillait quelque chose au plus profond de leurs instincts : elle était si abominable qu’on aurait dit qu’elles attraperaient une maladie dès qu’elles s’approcheraient.
Furieuses, les wyvernes avaient déposé des tas de fientes à proximité avant de partir.
C’était répugnant, mais il avait survécu.
Il prendrait un verre en rentrant.
« Beurk, quelle odeur. »
Pandan grimaça en sentant l’odeur qui émanait de son propre corps.
Lui, il la trouvait seulement un peu écœurante. Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit assez puissante pour faire fuir des wyvernes.
Franchement, je ne pensais pas que ça marcherait aussi bien.
Quand il avait reçu l’objet pour la première fois, il avait eu des doutes.
Il était censé empêcher les monstres de s’approcher.
Ça paraissait assez simple, mais tout dépendait de son efficacité réelle.
Il avait repoussé des wyvernes enragées.
Quand ils disaient que ça valait dix fois son poids en or, ce n’était donc pas un mensonge.
On lui avait donné cette explication en même temps que l’ampoule.
À l’époque, il s’en était moqué, mais ce n’était apparemment pas une exagération.
Pandan passa les doigts dans ses cheveux.
Il se gratta le front découvert avec un ongle, puis arracha une couche collante.
Un tatouage habituellement dissimulé apparut.
Le symbole de deux anneaux entrelacés.
C’était la marque de la tristement célèbre guilde des voleurs de l’Empire, les Deux Anneaux.
« J’ai cru que j’allais étouffer. »
Pandan n’était pas son vrai nom.
Si ce nom aussi stupide avait été le sien, il en aurait probablement voulu à ses parents.
Son vrai nom était Pandang.
Pandang aux doigts agiles.
Un aventurier de rang A de l’Association des aventuriers continentaux et un homme de main de la guilde des voleurs des Deux Anneaux.
En tant qu’aventurier, il avait déjà échoué à sa quête.
Son groupe avait été décimé, et il n’y pouvait rien.
Mais sa mission d’homme de main des Deux Anneaux n’était pas encore terminée.
Recueillir des informations concrètes sur le dressage de wyvernes comme montures de guerre…
Il avait reçu cette ampoule avec la mission.
Peu de factions pouvaient remettre un objet aussi précieux en lui confiant un travail de ce genre.
La famille impériale cherche vraiment à créer un ordre de chevaliers wyvernes ?
Ce n’était pas le genre de choses qu’un simple homme de main d’une guilde de voleurs pouvait savoir et, même si c’était le cas, il n’y pouvait rien.
Tout ce qu’il pouvait faire, c’était rester et finir le travail qu’il lui restait.
Je ferais peut-être mieux de me lier d’amitié avec des serpents. On pourrait en élever dans les unités de rangers ou un truc du genre.
Ce ne serait pas génial de tirer des serpents à l’arc au lieu de flèches ?
Pandang gloussa à cette idée.
« Monsieur Serpent. Je me demande si vous allez survivre. »
Le serpent avait fait preuve d’une intelligence surprenante en se cachant dans un œuf.
Même Pandang en avait été impressionné.
C’était clairement une bonne décision.
Mais la wyverne avait ramené l’œuf dans son nid.
Dès qu’elle comprendrait que la créature à l’intérieur était un serpent et non son petit, elle le mettrait en pièces.
Cette wyverne était terrifiante.
Une mère qui avait failli perdre son œuf possédait un instinct maternel terrifiant.
La Peur des wyvernes contenue dans son rugissement avait ébranlé l’esprit de Pandang.
Une fois sorti d’ici…
Il avait même mouillé son pantalon.
Il faut que je lave mes vêtements.
Pandang s’éloigna en dandinant, à la recherche d’un moyen de s’échapper.
* * *
「Extrait d’un entretien avec M. Lobanton, revenu vivant d’un nid de wyvernes」
Journaliste du Solion Morning Reporter, ci-après « J » : …… Vous étiez donc une sommité en écologie des monstres, monsieur Lobanton. Même la Tour de magie sollicitait vos conseils.
Dr Lobanton Aiod, ci-après « L » : C’est exact. Je suis obligé de faire preuve d’humilité aujourd’hui, mais à l’époque, rien au monde ne me faisait peur. Quand j’ai donné une conférence spéciale à l’Académie d’Émeraude, le doyen m’a même proposé un poste de professeur titulaire.
J : Et pourtant, vous êtes entré de votre plein gré dans le Royaume démoniaque pour étudier les monstres. Je ne peux qu’admirer cette décision.
L : Avec le recul, c’est ce que je regrette le plus.
J : Haha…
À ce moment-là, le journaliste chevronné qui assistait à mon entretien me lança un regard intense.
Je me demandai si mon rire avait sonné faux, mais il fusillait le Dr Lobanton du regard.
Le docteur n’avait pas arrêté de secouer la jambe.
Ce n’était pas de l’agitation ordinaire. Il la remuait si violemment qu’on aurait dit qu’il cherchait à attirer l’attention de tout le monde.
J : Vous êtes peut-être un peu nerveux ?
L : Non. Pourquoi cette question ?
J : Votre jambe…
Je trouvais impoli de faire remarquer à un vieux médecin blessé que sa jambe tremblait.
J’essayai de passer à autre chose, mais M. Lobanton retroussa soudain son pantalon.
Pendant un instant, je crus qu’il avait perdu la tête.
L : Je suis désolé. Ma jambe est comme ça.
J’étais barbu, et le Dr Lobanton l’était aussi ; il n’y avait donc aucune raison d’être gêné.
Je dois tout de même avouer qu’à cet instant, je poussai un petit cri aigu.
Une cicatrice vraiment atroce lui recouvrait la cuisse.
Comment la décrire ?
On aurait dit que quelqu’un lui avait lacéré la chair avec une aiguille à tricoter chauffée au feu, puis lui avait recousu la peau comme un tricot.
J : Ah, ça a l’air douloureux.
L : Ça l’était. Très douloureux. Même aujourd’hui, ça me rappelle cette époque…
J : C’est l’œuvre de Chugota, la reine wyverne Satorunu qui vous a capturé ?
L : Chugota ? Puhahaha !
Je compris vite pourquoi le Dr Lobanton riait.
L : C’est Chugota qui m’a laissé cette cicatrice.
À ma grande horreur, il retira complètement son pantalon.
Il se tenait là, en sous-vêtements, mais sa jambe gauche cachait un autre secret.
Tout ce qui se trouvait sous son genou était une prothèse.
L : Chugota s’est servi de moi comme d’un support pédagogique pour ses petits. Elle a avalé ma jambe gauche d’une seule bouchée, en leur disant de me déchiqueter comme ça. Les marques sur ma cuisse droite viennent des petits qui ont imité Chugota.
J’avais interviewé beaucoup de gens ayant vécu des horreurs.
Pourtant, le passé de M. Lobanton avait quelque chose d’unique et de particulièrement écœurant.
L : En général, les wyvernes déchiquettent leurs proies et les mangent. Mais après avoir pondu, il leur arrive de ramener des proies vivantes.
J : Pour apprendre à leurs petits… ?
L : C’est ça.
J : Les monstres sont donc aussi intelligents que ça.
L : Ne dites pas de bêtises. Même les oiseaux ordinaires en font autant. Les monstres sont bien plus intelligents. Chugota était une véritable reine, qui commandait des centaines de wyvernes.
J : Oui, je vois.
L : Chugota m’a cassé les deux bras pour que je ne puisse surtout pas faire de mal aux petits.
Lobanton leva les deux bras.
Son bras gauche tremblait tout seul, et il avait des cicatrices là où l’os avait dû ressortir.
J : Oui, je comprends.
L : Et ce n’est pas tout !
En journaliste expérimenté, je remarquai que mon interlocuteur âgé s’emportait beaucoup trop.
Mais j’avais raté le moment où j’aurais pu l’arrêter.
Tout excité, il arracha soudain sa chemise.
Après avoir déjà retiré son pantalon, il était devenu un drôle d’individu, debout en sous-vêtements.
L : Regardez ces cicatrices !
J : Docteur, pourriez-vous d’abord vous rhabiller ?
L : Chugota m’a empalé en haut d’un arbre pour apprendre aux petits à chasser.
Une marque de perforation subsistait près de la clavicule de Lobanton.
À vrai dire, ses poils de torse grisâtres et clairsemés ainsi que son corps nu et ridé étaient plus difficiles à regarder que la cicatrice.
J : Essayez de vous calmer. Si vous continuez, l’article…
L : Les wyvernes sont des créatures horribles. Des monstres cruels et maléfiques ! Contactez l’Empire tout de suite et mobilisez tous les ordres de chevalerie !
Il était dans un état bien pire qu’un vétéran blessé souffrant de séquelles psychologiques après la guerre.
L’entretien dut prendre fin avant que le docteur ne retire aussi ses sous-vêtements.
L : Ah, ah, alerte ! Raid aérien de wyvernes ! Alerte au raid aérien !
J : Haa…
L : Mobilisez toutes les forces !
Les wyvernes étaient vraiment des créatures horribles.
* * *
Je suis foutu.
Et j’étais bel et bien foutu.
C’était formidable d’avoir survécu en me cachant dans l’œuf.
Mais je ne m’étais pas attendu à être directement emmené jusqu’au nid.
Pelerian me décrivit les environs.
— Quel nid avec une vue imprenable.
Une belle vue signifiait qu’on était en hauteur.
Des piliers de pierre verticaux et acérés, comme d’immenses épées plantées dans le sol.
Au sommet du plus haut d’entre eux se trouvait le nid de Seleta, la reine wyverne de l’Oubli.
— Il y a trois autres œufs à côté de toi. Ce ne sera pas facile, mais si tu trouves une occasion, tu pourras peut-être t’échapper.
Je ne savais pas voler.
Mais avec l’aide des lianes d’Isil, ne pourrais-je pas trouver un moyen de descendre du pilier de pierre ?
J’avais prévu de m’enfuir dès que la mère partirait.
Mais, contre toute attente, je n’en eus jamais l’occasion.
— On dirait que la mère a pris sa décision. Elle se prive de nourriture tout en veillant sur ses œufs.
Je me demandai si Maman Méduse s’était occupée de ses œufs avec autant de dévouement.
J’avais du mal à l’imaginer, en repensant à ses Frappes de la queue sur les petits désobéissants.
— Les monstres qui ont beaucoup de petits à la fois et ceux qui n’en ont que quelques-uns se comportent naturellement différemment. Il se peut aussi qu’une wyverne ne ponde qu’une seule fois dans sa vie.
Dans la nature hostile, quatre œufs, ce n’était sûrement pas beaucoup.
Après s’être fait voler un œuf, Seleta ne baissait pas sa garde.
Combien de jours s’étaient écoulés ? J’avais si faim et si soif que je n’eus d’autre choix que de boire des potions au lieu de l’eau.
— Oh, les autres œufs éclosent.
Je l’entendais déjà.
Crac, crac.
Le bruit des œufs qui se brisaient.
« Piiiiii. »
« Pichii ! »
C’étaient les cris bruyants d’un oisillon — non, d’un bébé wyverne.
Étrangement, les trois œufs éclorent les uns après les autres, comme s’ils s’étaient donné le mot.
Bien. Elle allait maintenant chercher de la nourriture pour ses petits, non ?
— J’en doute…
Pelerian était profondément pessimiste.
Coincé dans l’œuf, je n’avais pas d’autre source d’information sur l’extérieur que Pelerian.
— Hum, ça risque d’être un peu…
Pelerian lâcha alors une phrase de mauvais augure.
— Je crois qu’elle s’inquiète parce que l’œuf dans lequel tu es n’éclot pas.
Non, à ce stade, l’œuf d’origine ne valait guère mieux qu’un œuf cru.
Pourquoi les autres petits étaient-ils déjà sortis ?
— Les œufs doivent rester sous la protection de leur mère pour se développer correctement. Celui-ci est resté dans un Sous-espace froid, il n’a donc pas pu mûrir comme il fallait.
Umberto avait rangé l’œuf dans une bourse d’extension de Sous-espace.
Quel idiot… !
Ce n’était pas le plus important pour l’instant.
« Gugugak ! »
Avec un cri inquiet, la mère wyverne se mit à tapoter l’œuf de l’extérieur.
Ne me dites pas qu’elle va le casser elle-même.
Elle ne pouvait pas recourir à une méthode aussi barbare !
Mais on ne raisonnait pas une wyverne.
Crac, crac…
Elle finit par casser l’œuf elle-même.
C’était une question de vie ou de mort.
Devais-je lancer une attaque surprise de l’intérieur ?
Si Isil utilisait Hellfire et moi le Décret du Tonnerre céleste, on pourrait sans doute lui porter au moins une bonne attaque.
— Tu mourras si tu fais ça.
Oui !
Je décidai de suivre les conseils de Pelerian.
L’œuf se brisa complètement et je croisai le regard de la mère.
Je fis de mon mieux pour me faire passer pour un nouveau-né wyverne.
Je vacillai comme si j’étais incapable de tenir ma tête droite.
Puis j’imitai le cri d’un petit avec ma bouche.
« Pichiii… »
J’avais un peu raté le son ?
« Piiiiii ! »
« Chiiii ! »
Heureusement, les autres petits poussèrent leurs cris au bon moment.
De près, la tête d’une wyverne ressemblait vraiment à celle d’un serpent.
C’était pareil pour la mère et pour les autres petits.
Ça pourrait marcher.
Je me donnai à fond dans mon numéro.
J’eus presque du mal à garder mon sérieux en entendant Pelerian pouffer de rire.
« Gugugugu… »
Un son étrange sortit de la bouche de la mère wyverne.
Je sentis sa colère.
Bon sang, ça n’allait donc pas marcher ?
À bien y réfléchir, je n’avais pas d’ailes et j’étais le seul à être blanc.
Je ne ressemblais pas à une wyverne.
« Gugagagagagak ! »
La mère wyverne poussa un rugissement assourdissant.
Elle tira même un Rayon de destruction dans le ciel.
Cette attaque terrifiante transperça les nuages de part en part.
Adieu, monde cruel.
J’avais beau réfléchir, je ne voyais aucune issue.
Je n’étais pas sûr de pouvoir gagner.
Et je n’étais pas sûr non plus de pouvoir m’enfuir.
Nous étions au sommet d’un pilier de pierre beaucoup trop haut.
Et, en plus, il y avait tout autour d’innombrables autres nids de wyvernes, probablement ceux des subordonnées de Seleta.
Enfin, je n’ai pas eu une mauvaise vie.
— Attends. Je ne crois pas qu’elle soit en colère contre toi.
Quoi ?
La wyverne ne semblait pas vouloir écraser le serpent qui avait prétendu être son petit.
Au contraire, elle me retourna pour vérifier si j’avais des ailes.
Puis elle vérifia si j’avais des pattes.
Quand elle comprit que je n’avais ni l’un ni l’autre…
« Gugooooo ! »
Des larmes montèrent aux yeux de la wyverne.
— Ah, je comprends.
Ne me dites pas que…
— Elle est triste parce que son petit est décevant.
Le dernier-né, blanc et dépourvu d’ailes comme de pattes.
Le vilain petit wyverne.
« Gguooooooak ! »
Était-elle en colère contre les humains qui lui avaient volé son œuf ?
Dépassé par cette situation absurde, je reculai lentement.
Seleta m’attira contre elle avec ses petits, tous à la fois.
C’était indéniablement un câlin.
— Félicitations. Tu as maintenant une maman wyverne.
L’étreinte de ma nouvelle maman était très chaude et sentait la viande pourrie.
Bon, je pouvais vivre comme ça pour le moment…
« Piiiiik ! »
« Chupiii ! »
Mes frères et sœurs relevèrent la tête, crièrent et ouvrirent la bouche.
Surpris, je restai immobile, puis je sentis le regard de Maman Wyverne posé sur moi.
Je les imitai à la hâte et ouvris la bouche.
C’est alors que ça arriva.
Écartant mes frères et sœurs, Maman Wyverne me fourra quelque chose dans la bouche.
C’était chaud et épais, et ça sortait tout droit de la bouche de Maman Wyverne.
Une bouillie nutritive spéciale pour les petits.
Beuuurk !
— Ne la recrache pas. Mange !
Glou.
Je l’avalai sans réfléchir.
*「Vous avez consommé la bouillie nutritive de Seleta, la reine wyverne de l’Oubli.」
*「Votre corps et votre Essence magique se développent.」
Beuuurk.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>