Chapitre 52
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Order
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu le Chevalier Noir dans le monde du jeu ◈
Chapitre 52 : La Compagnie marchande Gabi (6)
──────
« Père ! »
Mazhar se leva d’un bond, sous le choc, mais Kriel ne prêta aucune attention à l’angoisse dans sa voix.
« … »
À vrai dire, Kriel éprouvait lui aussi un pincement au cœur. Mazhar Gabi avait tout fait pour protéger son père et rétablir l’harmonie dans sa famille, et Kriel était venu après lui avoir promis son aide.
Mais que pouvait-il faire ?
Le moyen le plus sûr de rétablir l’harmonie dans cette famille, c’était de tabasser le vieux.
* * *
« Ce salaud est complètement taré ?! »
Personne dans la pièce ne fut plus stupéfait que Tushkin lorsqu’un poing s’écrasa soudain sur son visage. Même le choc de Mazhar Gabi ne pouvait rivaliser avec la confusion de Tushkin.
Crac !
Le cadre en bois du lit de Tushkin éclata dans un fracas assourdissant.
Pourtant, son visage ne s’enfonça pas et ne l’envoya pas dans l’autre monde. Il le dut à l’artefact défensif qu’il portait toujours : une barrière qui absorbait les chocs. Même en faisant semblant d’être malade, il n’avait pas renoncé à ses bijoux enchantés de magie défensive, et cette décision venait de lui sauver la mise.
Le répit qu’il avait gagné fut bref, et son esprit sombra dans le chaos.
« Pourquoi, tout à coup ? »
Quelle rancune cet homme pouvait-il bien nourrir contre lui pour frapper un vieillard en plein visage ? Un membre d’une compagnie marchande qu’il avait ruinée dans sa jeunesse cherchait-il à se venger ?
Impossible. Un marchand devait se souvenir des gens. Il n’aurait jamais oublié quelqu’un avec une telle tête…
Avant qu’il ait pu achever sa pensée, le deuxième coup s’abattit. Déjà à bout après le premier impact, la barrière se brisa dans un tintement cristallin.
« Guh ! »
Il était temps de pousser un gémissement pour avoir l’air « humain ». Tushkin lança un cri à moitié calculé, à moitié sincère.
« Tiens-toi droit, Tushkin. Pourquoi t’es-tu tourné vers les Abysses ? »
« Qu’est-ce que vous foutez ?! »
Mazhar se précipita vers Kriel, alarmé. Tushkin encouragea son fils.
Bien joué, Mazhar Gabi. Jette-moi ce salaud dehors, tout de suite !
Mais le souhait de Tushkin ne fut pas exaucé.
À cause de Morgina.
Un clerc ordinaire aurait tenté d’empêcher son compagnon de tabasser soudain un vieil homme malade, alité.
Mais la clerc aux côtés de Kriel était Morgina. Elle savait à quel point Kriel prenait la chevalerie au sérieux, parfois au point d’en être idiot, et elle savait aussi que sa constitution lui conférait des sens particulièrement aiguisés pour détecter les Abysses.
Autrement dit, Morgina avait suffisamment confiance en Kriel pour se joindre à lui et tabasser le vieux.
Du sang coula de la paume de Morgina et prit la forme d’une arme. Comme elle avait privilégié la vitesse au détriment des détails, l’objet ressemblait davantage à une matraque qu’à une masse.
Tandis que Tushkin agrippait Kriel par le col, Morgina saisit la matraque à deux mains et la fit tournoyer de toutes ses forces, sans hésiter.
« Craaaaaagh ! »
Cette fois, Tushkin cria de tout son cœur.
Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter de me faire tabasser sans raison ?
Mazhar était sage. Si Kriel et Morgina cherchaient à les intimider, il n’avait aucune chance de les arrêter. Comprenant qu’il ne pourrait pas les maîtriser par la force, il tenta aussitôt d’ouvrir la porte pour appeler les mages gardes qui se trouvaient dehors.
Armede, stupéfaite par la succession d’événements qui avait suivi le premier coup de Kriel, finit par reprendre ses esprits.
À première vue, elle aurait dû arrêter Kriel. Mais Armede comprenait mieux que quiconque que l’essentiel résidait dans ce qui se cachait sous les apparences. Elle ignora le léger pincement de sa conscience et scella la porte devant Mazhar.
Une série de cliquetis retentit. Les mages qui avaient entendu les cris tentèrent de forcer le passage, mais la porte enveloppée de chaînes de mana ne s’ouvrit pas facilement.
Mazhar Gabi regarda Armede, trahi.
« Armede Kett ! Comment peux-tu faire ça ? Je n’ai peut-être pas été tendre avec toi, mais mon père, lui, c’était différent ! Tu sais combien d’argent il a investi dans ta société ? »
« Si l’investisseur meurt, on n’aura pas à lui rendre son investissement ! »
Ce fut Morgina qui lâcha cette réplique odieuse. Mazhar, et même Armede, la regardèrent avec horreur.
« Hein ? Attends. C-ce n’est pas ce que tu voulais dire ? »
« Même moi, je trouve que tu y es allée un peu fort. »
À ces mots de Kriel, Morgina baissa la tête, puis leva de nouveau sa matraque. Incapable de supporter sa gêne, elle décida de se tirer d’affaire en cognant encore un peu Tushkin.
« Bande de cinglés── !! »
Tushkin poussa enfin un hurlement et bondit sur ses pieds avec énergie. Si ça continuait, avec ou sans plan, il allait se faire battre à mort.
« P-Père ?! »
La confusion de Mazhar ne fit que s’accentuer. Le vieil homme qui venait de se faire rouer de coups bougeait avec bien trop d’énergie.
Était-ce un dernier sursaut de vitalité ?
Le corps de Tushkin bouillonnait. Une fumée âcre s’élevait de toute sa peau. Rien à voir avec la sueur d’un effort physique. Kriel hocha la tête, satisfait.
« Tu as dévoilé ton vrai visage. »
La peau pâle de Tushkin commença à rougir. Ce n’était pas le signe d’un retour à la vitalité. Pas un rose bon teint, mais le rouge du sang frais. Mazhar commença, lui aussi, à sentir que quelque chose clochait.
« Mais qu’est-ce que tu… »
Avant qu’il ait pu terminer sa question, Morgina lança sa matraque à Kriel. Suivant son exemple, Kriel l’abattit de toutes ses forces.
« Argh ! Espèce de salaud, tu m’as encore frappé au même endroit… ! »
« Mazhar. Tu te souviens de ce que je t’ai demandé avant qu’on entre dans le manoir ? »
Il lui avait demandé ce qu’il ferait si la personne à l’origine de la malédiction était liée à sa famille.
Mazhar comprit alors la seule explication possible au fait que son père, qui était à l’article de la mort, dégageait de l’Énergie de Sang et prenait du volume.
Tushkin Gabi s’était maudit lui-même et avait feint la maladie.
Cela expliquait aussi pourquoi l’état de Mazhar avait de nouveau empiré dès le lendemain matin, alors même qu’un Héros l’avait soigné chaque jour durant son enfance. Son père lui avait jeté une nouvelle malédiction chaque fois qu’il était guéri.
Pourquoi la malédiction avait-elle fini par disparaître complètement ?
Mazhar se souvint que, durant son enfance, la Compagnie marchande Gabi avait fourni l’armée au front des Abysses. Il calcula la date à laquelle sa malédiction avait cessé. Elle avait pris fin après l’expiration du contrat de fournisseur militaire de la Compagnie marchande Gabi.
Autrement dit, au moment où la Compagnie marchande Gabi ne pouvait plus causer de dégâts importants au front des Abysses, même si elle s’effondrait.
La vérité déferla dans l’esprit de Mazhar Gabi comme une marée furieuse. La colère et la haine remplirent le cœur de celui qui s’était évertué à rétablir l’harmonie dans sa famille.
Son inquiétude pour son père se mêla à son sentiment de trahison, prête à prendre la forme de paroles pleines de rancœur.
« Ça, c’est pour ne pas avoir su élever ton fils ! »
Une sorte d’étincelle fila vers le visage de Tushkin Gabi, traçant derrière elle une ligne rouge sombre. Dès que les particules cendrées touchèrent sa peau, des flammes violentes jaillirent et la brûlèrent.
Mazhar, qui s’apprêtait à parler, resta bouche bée en voyant les quelques cheveux qui restaient à son père partir en fumée.
« Gah… ! Espèce de salope, Armede Kett ! »
Ayant parfaitement compris la situation, Armede n’hésita pas à attaquer Tushkin Gabi. Lorsque le sort de feu qu’elle lança en premier ne fit aucun effet, elle brandit son bâton et en tira un catalyseur condensé de mana aux propriétés variées.
« Ça, c’est pour avoir envoyé les mages de recherche sur le terrain ! »
Du mana de vent se condensa dans une émeraude avant d’exploser. Des dizaines de projectiles verts se séparèrent et fusèrent en avant.
Fiuu !
Morgina siffla.
Ce genre de tempérament ne lui déplaisait pas.
Morgina fit apparaître deux vraies armes contondantes à la place de la matraque qu’elle avait donnée à Kriel, puis chargea Tushkin, qui tentait toujours de muter. L’Énergie de Sang qui gonflait en lui transformait son corps, mais Morgina n’avait pas l’intention d’attendre qu’il révèle sa véritable puissance.
Si cela avait été un duel honorable, elle aurait peut-être attendu cinq secondes, puisque Kriel était là aussi. Mais ils avaient affaire aux Abysses.
« Attends ! Tu m’as frappé sur l’os ! »
Le cri était ridicule, mais la situation n’avait rien de drôle.
Des os poussaient à travers la peau de Tushkin. Ils ressemblaient moins au squelette d’un être vivant qu’à une armure. Son corps avait plus que doublé de volume. Le plafond du manoir Gabi n’était pas bas, et pourtant la pièce semblait maintenant exiguë.
Son corps se transformait pour s’accorder à sa spiritualité tandis qu’il révélait sa véritable nature, corrompue par les Abysses. Kriel n’allait pas se contenter de regarder. Il frappa le genou de Tushkin en pleine mutation et le força à terre. Son mouvement s’interrompit un instant.
« Armede ! Concentre-toi sur la force physique, pas sur un attribut particulier ! »
Les attaques physiques étaient relativement efficaces. Armede sortit une pointe de lance en obsidienne. Un sortilège qui renforçait son tranchant était gravé sur sa pointe. Elle y ajouta un sort d’accélération, puis doubla la Malédiction du saignement. La pointe, imprégnée de mana, vint se fixer au bout de son bâton.
Elle s’imagina être une archère.
Le bâton était un arc, et la pointe d’obsidienne, une flèche.
Prête.
L’obsidienne luisait, chargée de mana condensé au point que sa surface menaçait de se briser.
Tir.
La traînée noire fendit l’air plus vite que le son. Le bruit de l’air déchiré ne retentit qu’une fois la pointe partie de son bâton. La seule onde de choc fissura les murs.
« Ça, c’est pour avoir accordé aux salauds de la société des délais de remboursement si généreux qu’ils sont devenus paresseux ! »
« Il n’y a rien de mal à ça, graaagh ! »
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>