Chapitre 47
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Traducteur/éditeur : Order
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◈ Je suis devenu le Chevalier Noir dans le monde du jeu ◈
Chapitre 47 : La Compagnie marchande Gabi (1)
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Kriel se gratta la tête. De quoi parlait-elle ?
« Il n’y a même pas eu de cérémonie d’adoubement. »
« Je t’ai donné l’armure. »
Ça comptait comme une cérémonie d’adoubement ?
À bien y réfléchir, la cérémonie d’adoubement originelle consistait à frapper certaines parties du corps. Les analyses des rituels d’adoubement modernes indiquaient que ce geste avait été simplifié et se résumait désormais à toucher légèrement les deux épaules avec une épée.
Morgina avait insufflé le Pouvoir divin dans l’armure à plusieurs reprises. Naturellement, dans le cadre d’une prière d’imposition des mains, elle avait dû poser celles-ci à divers endroits de l’armure.
« Euh… »
« Qui t’a recommandé comme Champion ? Moi. Qui t’a donné l’armure de Champion ? Moi. »
C’était une façon détournée de se vanter. Morgina elle-même ne comprenait pas pourquoi elle se targuait de la sorte, mais plus elle parlait, mieux elle se sentait.
« Il n’y a pas eu de grand discours d’intronisation, mais ça ne convient pas à une modeste cérémonie d’adoubement célébrée par le clergé ? »
Kriel pensa à la dirigeante de l’Ordre d’Eve Kaha. N’avait-elle pas dit qu’elle ne comptait pas le contraindre à occuper le poste de Champion ? Plus précisément, elle avait laissé entendre que, puisque personne ne prendrait la place s’il refusait, il devrait l’occuper au moins temporairement.
« La dirigeante de l’Ordre, mamie… »
Ah, une erreur. Il avait si souvent entendu Morgina l’appeler « mamie » que le mot lui avait échappé.
« Hé ! C’est ma mamie, à moi ! »
Morgina réagit avec un temps de retard. Perplexe, Kriel s’excusa sincèrement.
« Je te prie de m’excuser. C’est sorti tout seul. La dirigeante de l’Ordre d’Eve Kaha ne semblait pas me considérer comme un Champion à part entière. »
« Tss. » Morgina claqua la langue.
Kriel regarda autour de lui. Elle avait dit qu’il n’était pas nécessaire de la dédommager, mais rester dans la pièce qu’il avait lui-même saccagée le mettait mal à l’aise.
« Le procès est terminé. Et si nous allions discuter dehors ? »
* * *
Kriel les conduisit tous deux dans la salle d’attente du tribunal. Le prêtre Daucrius, qui n’avait pas vu la Sainte depuis un bon moment, les accompagna.
« Ha ha ! Tu t’es sacrément calmée. Quand on a annoncé la fin du duel, tu n’as même pas balancé ta masse. Ça m’a touché. »
« Bon sang. Tu me prenais vraiment pour une furie pareille ?! »
« Pas du tout. C’était une façon de parler. »
Tandis que Daucrius s’occupait de Morgina, Kriel se glissa discrètement hors de la salle d’attente. Armede le suivit.
« Laissons Morgina avec le prêtre Daucrius et rentrons à notre logement pour le moment. »
« Une amie ? »
Armede resta stupéfaite. Kriel n’avait-il pas décrit leur relation à cet Esprit comme celle d’un employeur et d’un employé ? Et maintenant, Morgina était son amie ?
« Hein ? Les compagnons d’armes sont aussi des amis. Donc c’est une amie. »
« Attends, alors pourquoi je ne suis que ton employeuse ?! »
Kriel se frotta le menton. Il avait dit ça simplement parce que c’était elle qui le payait.
« Réfléchis. Entre un compagnon d’armes et un employeur, à qui les gens témoignent généralement le plus de déférence ? »
« À un employeur… ? »
« Voilà pourquoi je t’ai présentée à Orisin comme mon employeuse. On se rencontrait pour la première fois, alors je voulais faire preuve de la politesse qui s’imposait. »
Armede prit une mine boudeuse. Mais, peut-être parce qu’elle avait toujours été petite, elle n’était pas très intimidante.
« Hé. Je détestais tellement l’autorité que j’ai même renoncé à ma place d’héritière d’une famille de comtes. Traite-moi normalement. »
« C’est ce que tu dis. Tu as entendu, Orisin ? »
[J’ai tellement mal au dos que j’ai envie de crever, alors ne me parle pas…]
[Tu exagères. Tu manques de volonté. Un chevalier aguerri surmonterait la douleur à la seule force de sa détermination.]
[Je suis un Esprit, pas un chevalier !]
[Débarrasse-toi de ce préjugé selon lequel les Esprits ne peuvent pas devenir chevaliers ! La chevalerie est ouverte à tous ceux qui l’embrassent !]
J’ai mal à la tête.
Kriel tapota légèrement les deux lames pour leur faire signe de se taire.
« Bon. L’histoire du mariage est plus ou moins réglée. Qu’est-ce que tu comptes faire, maintenant ? »
« Qu’est-ce que tu crois ? Je dois examiner encore un peu cette Dague à corne. »
« Hein ? On n’avait pas déjà conclu qu’on ne pouvait rien faire en si peu de temps ? »
« J’allais me procurer d’autres réactifs et mener une vraie expérience quand cet idiot de Mazhar a fait sa demande. Tout ce que j’ai fait jusqu’ici, c’était juste des recherches préliminaires, casées entre les préparatifs du procès. »
Vraiment ? Kriel acquiesça. Heureusement, ils avaient encore le temps de rester. Le logement qu’Armede avait préparé comptait parmi les endroits les plus confortables où il avait séjourné depuis son arrivée à Tirnanog.
Les chevaliers n’étaient pas censés rechercher le confort personnel, mais il n’y avait aucune raison de se plaindre que celui dont il bénéficiait se prolonge un peu.
« Alors, je compte sur toi. »
Kriel tendit la Dague à corne à Armede.
« Hein ? Où est-ce que tu vas ? »
« Voir Mazhar Gabi. »
« Quoi ? Tu espères encore lui soutirer quelque chose ? »
Kriel secoua la tête. Expliquer que le radar d’Orisin indiquait que Mazhar n’était pas entièrement pourri et qu’il voulait donc entendre sa version des faits aurait été trop compliqué.
« Ça m’intrigue. Pourquoi tenait-il tant à se marier ? »
Armede songea à essayer de retenir Kriel, puis renonça.
Cet homme avait affronté seul la Chasse sauvage sans en parler à personne. Il disait être intrigué, mais il découvrirait sûrement ce qui se passait dans la vie de Mazhar Gabi et interviendrait discrètement si celui-ci avait besoin d’aide.
Comme le ferait quiconque suivait les idéaux chevaleresques.
Les autres pouvaient en avoir assez de son obsession pour la chevalerie, mais n’était-ce pas grâce à cela que le Comté de Kett avait été sauvé ? Aussi antipathique que fût Mazhar, Armede ne pouvait empêcher Kriel de suivre ses idéaux chevaleresques alors qu’elle-même avait bénéficié de son aide.
« D’accord. Reviens sain et sauf. »
[Hé. Attends. Tu me laisses ici ? Sérieusement ?]
« Je dois t’examiner. Je te démonte morceau par morceau, de la garde à la lame ? »
[Pas sur un patient !!]
* * *
Kriel se rendit au logement de Mazhar. Il connaissait déjà son emplacement exact.
Il le devait aux prospectus de recrutement que Mazhar Gabi avait semés dans tout le Duché d’Argetlam depuis quelque temps.
Si j’avais su que Morgina craquerait pour les prospectus de ce type, j’aurais utilisé ce plan.
Il aurait pu dissimuler grossièrement son visage et sa voix, devenir le Champion de Mazhar, puis ne pas se présenter le jour du procès. Kriel avait envisagé ce plan en secret, avant d’y renoncer parce qu’il lui semblait trop sournois.
S’il fonctionnait, ses chances de victoire seraient de cent pour cent. Mais Mazhar n’était pas un serviteur des Abysses, alors Kriel avait décidé qu’il n’avait pas besoin d’aller aussi loin.
Mais maintenant qu’il avait été pris de court par la bombe inattendue qu’était Morgina, le regret l’envahit. Peut-être aurait-il pu fermer les yeux une fois et aller jusqu’au bout.
Inutile de ressasser ce qui est déjà passé.
Mazhar Gabi logeait au troisième étage d’une succursale de la Compagnie marchande Gabi. Le rez-de-chaussée abritait un bureau où l’on gérait les affaires de la compagnie. Celle-ci étant assez connue, de nombreux marchands entraient et sortaient des lieux.
Comment l’aborder ?
Devait-il se faire passer pour un gros investisseur et faire venir Mazhar, probablement le responsable le plus haut placé de cette succursale ? Ou simplement attendre qu’il sorte ?
[Maître.]
Tuon lui parla en secret. Kriel lui répondit depuis une ruelle près du bâtiment de la Compagnie marchande Gabi.
« Qu’y a-t-il ? »
[Mazhar Gabi est capable de se protéger. N’est-il pas différent des gens bons et faibles qu’un chevalier est censé aider ? Il faut encourager la bonté, mais n’existe-t-il pas des façons plus efficaces de l’employer ?]
Kriel se gratta la tête. À bien y réfléchir, Tuon avait raison.
« Malgré tout, quelque chose me tracasse. »
[Quelque chose te tracasse ? C’est à cause de ce minable d’Esprit, incapable de servir de monture ?]
Était-ce parce qu’il avait écouté Orisin ? Kriel s’interrogea. Les paroles d’Orisin l’avaient influencé dans une certaine mesure, mais il avait l’impression que quelque chose d’autre le travaillait.
C’est précisément à cet instant, tandis que Kriel se posait lui-même la question et y répondait, que…
Boum !
Une vague de chaleur jaillit du troisième étage du bâtiment de la Compagnie marchande Gabi.
Ce n’est qu’alors que Kriel comprit l’origine de l’étrange malaise qui le taraudait.
« Ah. »
Il avait déjà vu le nom de Mazhar Gabi.
Dans Tirnanog RPG.
Rien d’étonnant à ce qu’il ait eu du mal à s’en souvenir. C’était un personnage secondaire sans le moindre lien avec l’intrigue principale. Il n’avait qu’une seule quête annexe à son nom et, même là, on le retrouvait mort presque dès le début de la quête.
Kriel bondit aussitôt et se mit à escalader le mur du bâtiment.
Une fumée noire s’élevait en volutes. Les flammes, qui faisaient rage, se propagèrent avec une violence explosive. Des cris résonnèrent au milieu du chaos.
L’heure était venue d’utiliser les pouvoirs du Chevalier Noir. La capacité du Chevalier Noir à accumuler l’Énergie de Sang lui indiquait qu’il restait des vies dans le bâtiment, des vies qu’il pouvait s’approprier. À l’origine, cette capacité à détecter la vie servait à tuer et à gagner en puissance, mais elle pouvait aussi faire office de détecteur de survivants.
La vision de Kriel, qui perçait les ténèbres — l’un des rares avantages du Chevalier Noir à ses yeux —, lui révéla les ravages sous l’épaisse fumée noire qui l’étouffait.
Alors qu’il s’apprêtait à se précipiter vers les personnes qui avaient perdu connaissance, Kriel s’arrêta.
Il venait de trouver un moyen d’abattre le monstre de feu qui dévorait le bâtiment et ne cessait de grandir.
Tuon, suspendu à sa taille, pouvait manier le froid né de la Rancœur des morts.
Le problème, c’est…
Pouvait-il utiliser une Épée démoniaque ici ?
En plein cœur du duché ?
Note de l’auteur
Hier, je voulais juste fermer les yeux un petit moment, mais quand je me suis réveillé, on était déjà cet après-midi. Je poste ça à la va-vite !
Notes de bas de page :
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