Chapitre 36
WeTried Translations
Traducteur/Éditeur : Order
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu le Chevalier Noir dans le monde du jeu ◈
Chapitre 36 : La mélancolie du mage (1)
──────
Salut tout le monde, petite annonce avant le chapitre ! Nous organisons un concours de webnovels originaux avec une cagnotte de 1 000 dollars, la possibilité de publier votre roman sur WeTried et un accès gratuit à vie à la lecture pour les deux premiers gagnants !
Il y a aussi un prix de participation de 500 pièces pour toutes les personnes qui prendront part au concours.
Si vous avez une histoire qui traîne dans un dossier quelque part, ou si vous avez envie de vous essayer à l’écriture, nous serions ravis de la lire. Il vous suffit de soumettre vos dix premiers chapitres, et vous avez jusqu’au 1er janvier 2027 pour le faire. Les nouveaux auteurs sont les bienvenus aussi !
<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">Tous les détails, le règlement et les modalités de participation sont ici !</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest</a>
N’hésitez pas à transmettre l’annonce à vos connaissances qui écrivent. Bonne lecture !
Si vous avez des questions, rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
──────
« Maintenant que j’y repense, je le regrette un peu. J’avais dit que je ne prendrais qu’une pièce, peu importe laquelle, mais je n’avais pas précisé s’il s’agissait d’une pièce de cuivre ou d’or. J’aurais dû demander de l’or, au lieu d’accepter bêtement du cuivre. »
'Quel genre d’homme est-il, au fond ?'
Cette manifestation si simple et si sincère de son désir ne fit qu’accroître la perplexité d’Orisin. D’après ce que Morgina, Armede et les autres autour de lui racontaient, Kriel était véritablement un chevalier sans égal.
Pourtant, à l’entendre parler de lui-même, il semblait n’être qu’un homme ordinaire qui se débrouillait tant bien que mal au quotidien.
Peut-être jouait-il les nobles chevaliers parce que ça avait de l’allure. Ou peut-être avait-il d’abord prévu de s’enfuir avec panache, avant de tomber sur la Chasse sauvage par pure malchance.
Après réflexion, Orisin conclut qu’aucune de ces hypothèses n’avait d’importance.
Un chevalier exemplaire devait-il vraiment être quelqu’un de spécial ? Seules les personnes extraordinaires pouvaient-elles servir de modèle aux autres ? Parfois, il suffisait de vivre sa propre vie avec sincérité pour toucher le cœur des gens.
* * *
Kriel rêva.
C’était peut-être à cause de sa conversation avec Orisin avant de se coucher. Il se vit combattre le Roi des spectres à la troisième personne.
Dans un combat singulier, trois facteurs pesaient le plus lourd : la force, la vitesse et l’endurance.
Face au Roi des spectres, Kriel avait déjà su qu’il ne l’égalait ni en force ni en vitesse.
Il comptait sur son endurance, une qualité qu’il possédait en tant que Chevalier Noir, commandant des légions des Abysses.
Par nature, les Chevaliers Noirs avaient l’avantage non seulement sur les Abysses, mais aussi sur la plupart des êtres maléfiques. Plus important encore, la Chasse sauvage menée par le Roi des spectres était constituée de spectres.
Ils étaient peut-être si éloignés de la chair et du sang qu’il était impossible de reconstituer son Énergie de Sang, mais les spectres n’étaient-ils pas généralement des amas de Rancœur ?
Pour un Chevalier Noir qui tirait sa force de la Rancœur, leur existence même n’avait rien à envier à des potions. Chaque blessure infligée au Roi des spectres, chaque parcelle de douleur, renforçait le corps de Kriel et aiguisait davantage sa lame.
Inutile de réfléchir aux conséquences d’absorber autant de Rancœur que possible. Pourquoi disait-on qu’il fallait d’abord gagner, et rembourser ensuite ?
Alors il s’était lancé dans la mêlée, et il n’avait pas pu gagner.
« C’était complètement imprudent. Merde. »
Après avoir épuisé jusqu’à la dernière goutte de Rancœur, il s’était retrouvé comme un joueur incapable de rembourser sa dette et qui avait tout perdu. Voilà aussi pourquoi il n’était pas resté longtemps dans le Comté de Kett, et avait disparu comme s’il prenait la fuite.
Les hallucinations et les douleurs fantômes étaient si vives qu’il risquait de prendre toute personne qui s’approchait de lui pour un monstre et de l’attaquer.
À son réveil, la chambre d’amis du château de Kett lui avait paru si lugubre et délabrée qu’elle ressemblait à une salle de torture. Armede, qui était apparemment restée à son chevet pendant une demi-journée, lui avait évoqué un bourreau s’approchant avec un fer rouge et une scie circulaire pour découper la chair.
Jusqu’à ce que les effets secondaires s’atténuent, il avait dû tenir le coup dans une vallée montagneuse isolée, loin de tout le monde. C’était pour cela qu’il avait disparu dès son réveil, sans même régler correctement ses affaires.
Bientôt, le combat entre le Roi des spectres et le Kriel d’autrefois prit fin. Ce dernier, qui tenait à peine debout en s’appuyant sur son espadon, se tourna vers le Kriel du présent.
La question muette était de savoir s’il se battrait de nouveau s’il retournait à cet instant.
Kriel laissa échapper un bref rire.
« Espèce d’abruti. Arrête de geindre. »
Un chevalier qui prenait la fuite, ça n’avait tout simplement pas la classe.
* * *
Kriel se débarbouilla à la va-vite.
« Maître ! Ouvrez la porte ! Maître ! »
« J’ai décidé de ne plus jamais te croire quand tu me promets de m’aider à me laver ! »
Lorsqu’ils campaient, Tuon proposait souvent d’aider Kriel à se laver le visage et promettait de préparer l’eau. Kriel s’était déjà fait avoir deux fois.
« Aah ! C’est quoi, cette eau ? Pourquoi elle est si froide ?! »
« Ah, tu ne sais pas ? Pour atteindre l’état d’immunité au chaud et au froid, où ni le froid ni la chaleur ne peuvent t’atteindre, il faut se faire verser de l’eau plus froide que le gel au moment où l’on est le plus vulnérable. »
L’eau était plus froide que la glace, superrefroidie par les propres pouvoirs de Tuon. En se lamentant, Kriel lui demanda de lui apporter de l’eau chaude la prochaine fois.
Naturellement, le lendemain, elle lui versa de l’eau aussi brûlante que la lave d’un volcan, en ajoutant qu’un vrai chevalier devait savoir manier l’épée sans se soucier du froid ni de la chaleur.
Kriel approuvait l’idée, mais pas la méthode. Après cela, il refusa toutes les offres de Tuon pour l’aider à se laver, en criant : « Ah, non ! »
'Après m’être fait avoir deux fois, pas question que ça arrive une troisième.'
Après s’être apprêté et avoir attaché son épée à sa ceinture, Kriel vérifia l’heure.
Il était bientôt temps de retrouver Armede.
« Hmm… »
[À quoi penses-tu ?]
« Je vais rencontrer une jeune femme issue d’une maison noble. En temps normal, ça n’a aucun sens d’y aller armé jusqu’aux dents. Je ne peux pas faire grand-chose pour toi, mais je me demande quoi faire des deux autres. »
Tuon regarda Kriel, choquée. S’il disait vraiment qu’il la laissait derrière lui, cela ne manquerait pas de lui attirer une rancune tenace par la suite.
Kriel envisagea d’utiliser le pouvoir de l’Épée fantôme pour faire disparaître Tuon en lui. Mais chaque fois qu’il se rappelait la constellation apparue en lui, il hésitait.
Avant que Tuon ne se fonde en Kriel, deux couleurs d’étoiles brillantes se trouvaient en lui : le rouge du Chevalier Noir, que le système lui avait accordé, et le jaune qu’il avait forgé lui-même.
Mais la lumière bleu pâle de Tuon était une couleur qu’il n’avait encore jamais vue. La cheffe de l’Ordre d’Eve Kaha lui avait assuré qu’elle ne provenait pas des Abysses, mais Kriel répugnait toujours à accueillir en lui quelque chose d’aussi inconnu.
Kriel rendit à Tuon la forme de l’Épée croisée, gris cendre, puis l’attacha à son flanc. L’espadon était intimidant par sa taille seule, tandis que Tuon avait au moins l’apparence d’une œuvre d’art.
* * *
'C’est une auberge, ça ?'
L’auberge où logeait Armede bouleversa l’idée que Kriel se faisait d’un tel établissement. Il imaginait plutôt une petite halte au bord de la route. Mais le logement où un noble fortuné séjournait lors d’une visite dans une autre région prospère était assez luxueux pour rivaliser avec un hôtel.
Dès l’entrée, on débouchait sur une élégante cour-jardin digne d’un domaine noble. Il s’agissait sans doute du genre d’endroit que le système de jeu classait parmi les « auberges de luxe », mais le raffinement qu’il pouvait constater de ses propres yeux dépassait de très loin l’image et la description sommaires qui l’avaient représenté à l’époque.
En entrant, il aperçut un comptoir d’accueil où travaillaient des employés.
'On se croirait vraiment dans un hôtel.'
Kriel s’approcha de l’un des employés.
« Je suis Kriel, invité par dame Armede Kett. Où dois-je me rendre ? »
L’employé hésita brièvement en voyant l’air intimidant de Kriel, mais son trouble ne se vit pas. C’était le résultat d’un entraînement professionnel.
Après avoir consulté lentement un dossier, l’employé trouva le nom de Kriel sur la liste des réservations. La description de son apparence fournie par la cliente devait être inhabituelle, car une note figurait dans la colonne des remarques.
'Remarque : cheveux blancs inquiétants.'
Au début, l’employé s’était demandé ce qu’une couleur de cheveux pouvait bien avoir d’inquiétant, mais il comprit en le voyant de ses propres yeux.
« Veuillez vous rendre dans la salle Topaze, au sixième étage, dans la salle à manger. Dame Kett vous y a réservé un repas. »
« Oh. »
C’était donc pour cela qu’Armede lui avait dit de ne pas manger avant de venir.
[À quoi d’autre pensais-tu, si ce n’est à une invitation à manger ?]
Orisin posa la question, incrédule. Kriel manquait-il vraiment à ce point de perspicacité ?
« Je croyais que c’était un avertissement, parce que j’allais peut-être voir quelque chose qui me donnerait envie de vomir. »
Orisin s’apprêtait à protester, mais il se rappela qu’ils étaient venus ici pour lever une malédiction abyssale et garda le silence. Il était vrai que l’étude des Abysses menait souvent à la rencontre de créatures maudites et horriblement déformées.
Rien de tout ça n’était bon pour l’estomac.
Au-delà de la salle à manger, plus loin à l’intérieur, se trouvaient des salons privés. Kriel vérifia la plaque ornée de topaze, puis ouvrit la porte.
Armede l’attendait, assise à une table blanche. Aucun domestique n’était en vue.
« Je suis arrivé trop tôt ? »
« Non, tu es arrivé au bon moment. »
À la Société, Armede portait des vêtements simples et pratiques, qui rappelaient l’époque où elle était mercenaire. Ceux qu’elle avait revêtus aujourd’hui n’étaient pas voyants, mais il s’agissait d’une robe presque habillée.
« Bon, c’est gênant. Il y a un code vestimentaire, ici ? »
« C’est un endroit fréquenté par les nobles. Mais tu es mon invité dans mon salon privé, alors personne ne te reprochera ta tenue. »
Kriel eut un rire sans joie.
« Attends. Tu n’es pas noble ? »
« Ah, c’est vrai. J’ai en fait renoncé à être candidate à la tête de la famille. »
« Pourquoi ? »
* * *
'À cause de toi, pourquoi d’autre ?'
…Elle ne pouvait pas dire ça. L’avouer aussi ouvertement aurait été beaucoup trop indécent.
Armede secoua la tête, faisant mine de n’en avoir cure.
« Ce n’était pas intéressant. Je crois que je suis plus à ma place à courir partout et à régler les choses moi-même, comme une mercenaire. »
Tout cela était arrivé après que Kriel eut combattu le Roi des spectres et l’eut repoussé. Parmi les trois enfants de la Maison Kett, Armede était la seule à avoir connu Kriel.
Si elle l’avait voulu, elle aurait pu se servir du combat de Kriel comme d’un prétexte commode pour hériter de la position de successeure. Elle aurait pu prétendre que le grand chevalier qui avait affronté le Roi des spectres l’avait fait à la demande d’Armede.
Kriel lui-même avait quitté le Comté de Kett, et Armede était la dernière personne qu’il avait rencontrée. Il aurait été difficile pour quiconque de s’y opposer.
Mais Armede ne l’avait pas fait. Elle ne voulait pas se servir de l’honneur de ce chevalier de cette façon. À la place, elle voulait contribuer à la réalisation du vœu de toute une vie qu’il avait laissé entrevoir : purifier les Abysses.
Elle en avait aussi assez des vassaux et des candidats rivaux qui semblaient se désintéresser de son père, plongé dans le coma, et ne parlaient que de la succession. En échange de son retrait de la course à la succession de la Maison Kett, Armede avait demandé un budget annuel qu’elle pourrait utiliser librement.
Le chef de famille étant hors d’état d’agir, les deux épouses du comte, qui gouvernaient en son nom avec pleins pouvoirs, acceptèrent la proposition d’Armede. Il n’y avait aucune raison de s’opposer au retrait anticipé d’une rivale puissante, capable de menacer leurs propres enfants.
À bien des égards, Armede était désormais l’enfant dont la famille s’était débarrassée.
Au point que personne ne s’opposerait à elle si elle choisissait elle-même un époux et le faisait venir de l’extérieur.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>