WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Order
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu le Chevalier Noir dans le monde du jeu ◈
Chapitre 2 : Le cheval sans parole et le chevalier silencieux (2)
──────
Tout en réconfortant sa fille et en regardant le chevalier s’éloigner, le fermier sentit que quelque chose clochait.
Il aurait dû rester un peu de jour. La nuit tombait vite dans la forêt, mais, d’après son expérience, à cette saison, le soleil n’aurait pas dû se coucher avant un bon moment.
Pourtant, la forêt s’assombrissait à toute vitesse, comme si quelqu’un en dérobait la lumière.
Une sorte de brouillard noir flottait là où le soleil avait disparu. Au-delà, deux lueurs rouges, semblables à des feux follets, apparurent.
C’était le fantôme de la montagne. Le fermier resserra son étreinte autour de sa fille.
Mais une chose lui échappa.
Une brume noire semblable à celle que répandait le fantôme de la montagne s’écoulait aussi du dessous des pieds du chevalier.
* * *
Il était là.
Je fis face au Bicorne, dont les yeux rouges luisaient dans l’obscurité. Les gens ordinaires n’en auraient distingué que la vague silhouette, le temps que leurs yeux s’habituent, mais un Chevalier Noir voyait parfaitement dans le noir.
C’était l’un des rares avantages de la classe de Chevalier Noir, impressionnante uniquement par son nom. Je voyais aussi très bien les spectres. Le petit problème, c’était qu’eux me voyaient tout aussi bien.
Le Bicorne sembla comprendre que je le surveillais et garda ses distances au lieu de s’approcher.
Il avait l’air perplexe. À l’origine, les Chevaliers Noirs étaient des commandants qui exerçaient l’autorité des ténèbres. Les Bicornes étaient les montures de guerre qui leur convenaient le mieux.
Il devait croire que j’avais apporté des sacrifices humains en guise de prix nuptial afin de conclure un pacte avec lui. Pour protéger le père et sa fille, j’avais emprunté quelques éléments à ce rituel de pacte.
Selon le rituel, le père et sa fille, à l’intérieur du cercle, étaient sous ma protection. Si le cercle était endommagé ou s’ils en sortaient, ils deviendraient la part du Bicorne.
Autrement dit, s’il ne voulait pas se faire un ennemi de moi, le Bicorne ne pouvait pas les prendre de force.
[Comme c’est étrange…]
Sa voix grave et profonde convenait à un dévoreur d’hommes.
[Tu as même dressé un autel de fortune aux Abysses, et pourtant tu n’as pas donné la moindre parcelle de mana noir aux sacrifices. Si je ne t’avais pas vu de mes propres yeux, j’aurais cru à un piège tendu par des chevaliers saints.]
Grrrk. Un son impossible à identifier comme un ricanement ou un rire résonna dans la forêt noyée de brume.
[Tu es remarquablement avide de pouvoir. Était-ce trop te demander que d’épargner une seule goutte de mana noir pour bénir tes sacrifices ?]
« Quelle bénédiction ? Ce n’est qu’un lien pour les empêcher de s’enfuir. Tu accordes trop d’importance à de simples formalités. »
Il y avait une autre raison, cela dit. On regroupait sous le nom de mana noir toutes sortes de pouvoirs à l’allure maléfique, mais les pouvoirs que les Chevaliers Noirs utilisaient habituellement avaient un point commun.
Plus on les utilisait, plus on risquait de perdre la raison.
Je voulais vivre en bonne santé, avec l’esprit sain.
[Oh ? Et qu’as-tu utilisé pour les lier ?]
« L’amour. »
[L’amour ? Voilà une réponse intéressante, elle aussi ! Explique-moi ça.]
Je fis un pas en avant. Les Bicornes étaient des créatures avides, mais intelligentes. Si je n’avais pas été un Chevalier Noir, ou si je n’avais pas éveillé son intérêt de cette façon, il aurait fui dès que je me serais approché.
« Je leur ai dit que je n’épargnerais qu’un seul membre de leur famille. Je les ai aussi prévenus que s’ils fuyaient, même cette personne mourrait. C’est beau, l’amour familial, non ? »
[C’est vrai. L’amour est leur entrave. Tu es avide et rusé !]
Le Bicorne semblait impressionné. J’avais encore assez de bon sens pour ne pas me réjouir des compliments d’un dévoreur d’hommes. Je jetai un coup d’œil au père et à sa fille derrière moi. Ils n’avaient pas bougé.
Heureusement, je les avais prévenus à l’avance. Ils penseraient que toute cette conversation n’était qu’une hallucination auditive.
« Je possède une force et une intelligence dignes de toi. Viens à moi. »
Le Bicorne s’approcha avec prudence. S’il inclinait la tête et que je lui offrais les deux humains en sacrifice, un véritable pacte serait conclu entre un Chevalier Noir et une monture de guerre abyssale.
Enfin, le Bicorne baissa la tête, comme s’il me demandait de bénir ses cornes. Je hochai solennellement la tête.
Puis je tirai vivement mon épée et frappai.
* * *
Le fermier ne parvenait pas à dissimuler son effroi devant l’horrible conversation qui venait de l’extérieur du cercle. Les voix étaient bien trop nettes pour qu’il les prenne pour de simples hallucinations.
Si le chevalier ne l’avait pas prévenu, il aurait cru que tout était réel. Le chevalier lui avait paru suspect dès leur première rencontre ; il aurait donc pu se dire que l’homme agissait exactement comme il en avait l’air.
Le fermier n’avait pas fui avec sa fille, d’une part à cause de l’avertissement du chevalier, et d’autre part parce que celui-ci s’était montré plus gentil que prévu pendant le trajet.
Le chevalier s’approcha du fantôme de la montagne. Celui-ci abaissa lentement son corps devant lui. Était-ce encore une illusion ? Devaient-ils s’enfuir maintenant ?
Tandis que le fermier se débattait avec ses pensées, le chevalier tira son épée.
L’espadon noir s’abattit sur le sommet du crâne du fantôme de la montagne, rapide comme l’éclair, trop vite pour qu’un simple villageois puisse suivre le mouvement des yeux.
[Kuh-ung !]
Mais le fantôme de la montagne fut plus rapide. Il tourna la tête et intercepta d’une corne la lame qui visait le centre de son crâne. Le choc renvoya l’épée, entraînant le corps du chevalier sur le côté.
[Tu m’as trompé !]
Le Bicorne poussa un cri strident. Le chevalier ne laissa pas passer cette ouverture. Le choc de l’espadon l’avait déséquilibré, mais il retrouva son équilibre en faisant un grand pas en avant du pied droit.
La lame qui s’était élevée vers le ciel retomba, visant le cou du Bicorne.
La seconde attaque s’abattit avant qu’il ait pu dire quoi que ce soit. Le Bicorne comprit que le chevalier n’avait jamais eu l’intention de négocier avec lui.
Devait-il fuir ?
Le chevalier avait déjà pris l’avantage dans le combat. Continuer à se battre ici le désavantagerait.
Tandis que la Nature démoniaque du Bicorne décidait à toute vitesse de préserver sa vie, autre chose s’agita en lui : une autre facette de sa raison, celle qui l’avait jusqu’alors empêché de se nourrir correctement. Contrairement aux fois précédentes, où elle convulsait pour l’empêcher d’agir, cette fois, elle le poussait à passer à l’action.
Sa raison, unie à la rage de sa Nature démoniaque, força son corps à déchirer le cœur du chevalier.
* * *
Kriel sentit que les choses ne se dérouleraient pas sans accroc. Les Bicornes étaient généralement rusés ; s’il ne parvenait pas à en capturer ou à en tuer un d’un seul coup, ils se serviraient de leurs quatre pattes pour lui faire vivre un enfer.
Rien que l’idée de poursuivre un Bicorne dans la forêt sombre lui donnait le tournis.
Puis le Bicorne réagit d’une manière à laquelle Kriel ne s’attendait pas. Tel un taureau chargeant un toréador, il devint fou furieux et fonça sur lui.
Noyée dans le brouillard noir qui s’élevait sous ses sabots, la charge du Bicorne ressemblait à un nuage sombre qui filait en laissant une traînée derrière lui.
Si cela avait été un monstre ordinaire, Kriel aurait accueilli cette attaque frontale avec joie et lui aurait aussitôt tranché la tête de son espadon.
Mais un Bicorne n’était pas un monstre ordinaire. Il était trop rapide. Comprenant que sa charge l’atteindrait avant que son attaque ne fasse mouche, Kriel bondit.
Il échappa ainsi à la charge du Bicorne, mais son espadon se trouvait toujours sur la trajectoire de l’attaque. L’arme heurta les deux cornes dorées du Bicorne, échappa à Kriel et s’enfonça dans un vieux arbre tout proche.
Kriel eut l’impression que le Bicorne affichait un sourire narquois. Une créature dépassant le niveau d’un monstre ordinaire était forcément capable de manifester des émotions comme le mépris.
Le brouillard enveloppa de nouveau le Bicorne. Il ne se contentait pas de bloquer la vue. Il semblait aussi lié à l’accélération surnaturelle de tout à l’heure.
Kriel prit rapidement sa décision. Il devait l’attraper avant qu’il ne puisse accélérer pleinement.
Les « ténèbres » que maniaient les Chevaliers Noirs se répartissaient en trois grandes catégories. La première était l’Énergie de Sang, accumulée par la douleur physique. La deuxième était la Rancœur, née de la douleur mentale. La dernière, c’étaient les Abysses.
Plus on descendait dans la liste, plus l’érosion de l’esprit était grave. La première fois qu’il avait utilisé l’Énergie de Sang, il avait eu des hallucinations pendant trois jours et trois nuits. Avec la Rancœur, des douleurs fantômes s’étaient ajoutées aux symptômes. Quant aux Abysses, il n’avait même pas osé s’en servir pour de bon.
Les effets secondaires étaient extrêmes. Kriel avait donc l’intention de n’utiliser que des compétences fondées sur l’Énergie de Sang, chaque fois qu’il n’aurait pas d’autre choix que de recourir à une compétence.
Heureusement, la plupart des capacités liées à l’Énergie de Sang servaient à renforcer le corps. Elles convenaient à la situation : il avait besoin de davantage de vitesse et de force.
Il libéra sans retenue l’Énergie de Sang accumulée en massacrant des monstres dans la forêt. Une énergie rouge, raffinée à partir de leur chair et de leur sang, enveloppa le corps de Kriel.
Boum !
Une lueur rouge jaillit de l’obscurité sous ses pieds et s’accrocha à son armure comme une toile d’araignée. Un grondement de tonnerre retentit lorsqu’il s’élança. Kriel percuta le Bicorne avant même qu’il ne puisse lancer sa propre charge.
Kriel saisit les deux cornes du Bicorne à pleines mains. Celui-ci fonça en avant, cherchant à le transpercer malgré son armure.
Leurs deux forces s’affrontèrent sans qu’aucun ne cède un pouce. Ils étaient de force égale ; seul le sol sous leurs pieds craquait en hurlant.
Kriel sembla être le premier à céder. Sa main gauche glissa de l’une des cornes. Le Bicorne saisit l’ouverture et se tordit en ruant furieusement.
Kriel peinait à dévier la charge du Bicorne, qui fondait sur son cœur, en ne s’aidant que de sa main droite. Lorsque la tête du Bicorne passa au-dessus de son épaule, le bras gauche de Kriel, désormais libre, s’enroula autour de son cou, tandis que la force de sa main droite augmentait.
Le Bicorne comprit que Kriel voulait lui briser le cou.
Le combat de force opposait désormais le Bicorne, qui se débattait, les veines du cou gonflées, au chevalier, qui cherchait à lui briser les cornes et le cou dans le même mouvement.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>