Chapitre 67
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Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 67 : L’arme ultime
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« […] Qu’est-ce que c’est ? »
Je ne posai pas la question parce que je l’ignorais.
Je la posai parce que c’était tellement absurde.
Les armes ultimes de chaque personnage dans l’Académie de la Fin.
Parmi elles, Hyperion, l’arme d’Alicia, était un objet que l’on ne pouvait obtenir qu’en réussissant l’épreuve du Trésor impérial.
Alors pourquoi Alicia le tenait-elle en ce moment même ?
Alicia pencha la tête, comme si la réponse allait de soi.
« C’est l’un des trésors qui reposaient dans le Trésor impérial. Je l’ai subtilisé la dernière fois que je m’y suis rendue avec Sa Majesté. »
« … Vous avez le droit de le subtiliser ? »
« […] Hé hé. »
Une sueur froide perla au front d’Alicia.
« … Bien sûr que non. À mon retour, on m’interdira de quitter le palais pendant un moment. »
« Ah, je vois. »
« Mais mettre la main sur un si gros morceau pour le prix de quelques jours enfermée à l’intérieur, c’est tout bénéfice. »
Elle le disait, mais des larmes lui roulaient sur les joues.
Elle détestait vraiment être enfermée.
« Ce cours pratique ne devait pas présenter de difficulté particulière. Pourquoi avoir emporté une chose pareille ? »
« Et alors ? Puisque j’ai misé sur vous, cadet, je me suis dit que je devais aussi vous montrer que j’avais confiance en vous. »
« Rien que pour ça ? »
« Je ne pensais pas vraiment devoir m’en servir, cela dit. »
« Vous êtes audacieuse, même sans savoir quel genre d’ennemi se trouve à l’intérieur. »
« C’est en partie dû au hasard. Cette créature a manipulé le cadavre de mon subordonné pour nous provoquer. Si elle était assez forte pour nous éliminer sans difficulté, elle n’aurait pas eu besoin d’une méthode aussi compliquée. »
Elle ajouta d’un air grave :
« J’en ai donc conclu que notre ennemi était sadique et plus fort que nous, mais pas au point de nous écraser. »
C’était tout à fait possible.
Comme Maliaas, Eliver n’avait probablement pas encore accumulé assez d’énergie démoniaque. Elle ne serait pas aussi puissante que dans le jeu d’origine.
« J’ai donc estimé que ce trésor pourrait peut-être nous tirer d’affaire. »
« Peut-être, hein. »
« S’il ne peut même pas régler une situation pareille, il ne mérite pas le nom de trésor. »
Contrer un Champ par un autre était une évidence, un principe même consigné dans l’ancien Su Bak Do.
En temps normal, deux Champs ne s’appliquaient presque jamais simultanément.
C’était trop compliqué à mettre en place dans un jeu.
La plupart du temps, le Champ déclenché en dernier ou le plus puissant écrasait donc le plus faible.
À cet égard, les Écailles rouges d’Hyperion surpassaient presque tous les autres Champs, à l’exception de celui du boss final, le Dieu maléfique.
Autrement dit, il suffisait de s’en équiper pour annuler la plupart des effets de Champ.
Bien sûr, cet effet n’avait pas grande importance dans le jeu d’origine.
C’était une arme ultime ; on ne l’obtenait de toute façon qu’à la veille du combat contre le boss final.
Mais elle ne fonctionnait pas sur le boss final ? C’était quoi, cette connerie ?
Malgré tout, ses effets de guérison des altérations d’état et de renforcement étaient suffisamment utiles pour qu’on n’ait pas d’autre choix.
Et voilà que cette arme apparaissait maintenant, pile à cet instant ?
« C’est carrément un bulldozer. Sans l’Exclusivité de l’amour, on a un avantage écrasant. »
À bien y réfléchir, cette femme avait tout fait pour ne pas participer au combat depuis notre passage au village.
Les Écailles rouges s’activaient dès son entrée en combat ; elle avait donc dû faire semblant d’être paralysée pour économiser son activation quotidienne.
Et grâce à ça, j’étais le seul à en avoir bavé.
Eliver, elle, était visiblement décontenancée de voir que l’Exclusivité de l’amour n’avait pas fonctionné.
« Q-quoi… ? Pourquoi mon pouvoir… ? »
« Hé hé. Ton amour n’a donc rien d’impressionnant. Allez, reçois mon épée ! »
Alicia désigna Eliver de l’index.
Puis elle me lança un regard et me fit signe du menton.
« Qu’est-ce que tu fais ? Tu n’y vas pas ? »
« C’était donc moi, l’épée dont elle parlait. »
Rah, qu’est-ce que j’étais censé faire avec cette femme ?
À mon tour, encore une fois.
Toutes mes inquiétudes s’évanouirent comme balayées.
Non, je débordais de confiance.
Varhatan, Maliaas, Rose et Lilian.
Ce combat serait bien plus facile que tous ceux que j’avais livrés contre eux.
L’ennemi était fort ? Je le savais très bien.
L’effet principal des Écailles rouges consistait à guérir les altérations d’état et à augmenter les statistiques du groupe en fonction de son rang.
Et l’Exclusivité de l’amour d’Eliver était normalement une altération d’état de premier ordre, impossible à dissiper.
Le truc d’Eliver, c’était de forcer ses alliés à devenir ennemis et à s’affronter.
[Écailles rouges]
[Altération d’état dissipée : Exclusivité de l’amour]
[La puissance d’attaque, la santé, la défense, les coups critiques, la fluidité et le mana de tous les alliés ont augmenté de 100 %.]
Je pris appui et fonçai sur Eliver.
D’un mouvement du poignet, je plantai l’Épée de sculpture dans son épaule.
Tranch !
« Kyaaaah ! »
[Faiblesse !]
La plaie projeta deux fois plus de sang que tout à l’heure.
L’Épée de sculpture seule était-elle aussi puissante ?
Je glissai aussitôt au ras du sol et lui tailladai un autre point faible à la taille.
« Uuugh… !! »
Eliver entra dans une rage folle, le combat ne se déroulant pas comme elle le voulait.
Elle recula et rassembla la Flamme noire. Celle-ci flamboya comme de la lave en fusion.
Sans l’Exclusivité de l’amour, Eliver n’était qu’une mage ordinaire qui savait manier la Flamme noire.
« Je ne te laisserai pas t’en tirer comme ça ! Alicia Cyrus ! »
Au tour d’Eliver.
« Elle vise Alicia ? »
Elle n’était pas idiote, après tout.
Elle avait compris, en voyant les écailles, qu’Alicia était le plus gros problème de notre groupe.
« Hmph. Vas-y, essaie tout ce que tu veux ! »
Kwoooong !!
Un éclair rouge sombre jaillit de la main d’Eliver et fondit sur Alicia.
L’éclair emporta tout un pan de mur de la villa, laissant la lumière de la lune inonder la pièce par l’ouverture.
La silhouette d’Alicia fut engloutie par l’éclair.
« H-Halibal Velder ! L-La princesse ! »
« Tout va bien. Ne vous inquiétez pas. »
Je ne m’inquiétais pas le moins du monde.
Les Écailles rouges n’étaient pas le seul effet d’Hyperion.
Les statistiques de base des armes ultimes étaient largement supérieures à celles des armes de même rang, et adaptées à leur personnage.
Et comme les renforts d’Alicia dépendaient de son mana et de sa défense, Hyperion faisait grimper ces deux statistiques à des niveaux absurdes.
Défense : 77.
C’était comme s’équiper de seize éclats jaunes de rang 5.
Alicia sortit de la poussière sans la moindre blessure.
Ses vêtements étaient déchirés en plusieurs endroits, laissant apparaître sa peau, mais son corps était indemne.
« Avec des flammes aussi faibles, tu ne pourrais même pas faire rôtir un canard. »
« Toi… Espèce de salope… ?! »
Alicia sourit froidement tandis qu’Eliver explosait de rage.
Au tour d’Alicia.
Contrairement à Cecilia, je ne m’étais pas encore vraiment battu en harmonie avec Alicia et Mine.
Alicia, elle, comprenait parfaitement son rôle.
« Peu importe qu’une fleur s’épanouisse dix fois : les fleurs rouges ne durent jamais dix jours. »
Elle posa l’index contre ses lèvres et prononça le nom de son art.
« Les fleurs fanent en dix jours. »
Une mana rouge, en forme de pétales, jaillit d’Hyperion et nous enveloppa, Mine et moi.
Mes sens s’aiguisèrent comme des aiguilles et mon cœur se mit à battre à tout rompre.
Les statistiques actuelles d’Alicia étaient déjà absurdes, impossibles à atteindre à ce stade.
Et maintenant, Alicia elle-même profitait des renforts des Écailles rouges.
Le résultat dépassait l’imagination.
[Les fleurs fanent en dix jours]
[Les coups critiques et la fluidité ont augmenté de 400 % pendant 3 tours.]
« … C’est dingue. »
Tous mes nerfs se tendirent et une chaleur semblable à du fer en fusion coula dans mes veines.
J’avais l’impression que les lois de la physique qui entravaient mon corps venaient d’être réécrites, que la frontière entre le monde et moi s’était estompée.
Puis je vis quelque chose que je n’avais encore jamais vu.
Normalement, selon nos statistiques de fluidité, le tour aurait dû se dérouler dans cet ordre : « moi → Eliver → Alicia → Mine ».
Mais dès que le renfort d’Alicia fit effet, la gemme pâle qui flottait au-dessus de la tête d’Eliver disparut.
À la place, une autre petite gemme apparut au-dessus de Mine… et de moi.
« Ah, ça… Ce serait possible ? »
J’ignorais que c’était possible, mais le renfort d’Alicia était si incroyablement puissant qu’il semblait l’avoir rendu possible.
Comme nos statistiques de fluidité avaient explosé, le tour d’Eliver était passé après les nôtres.
« Moi → Mine → moi → Mine → Eliver → Alicia. »
Nous avions gagné deux tours en un seul cycle.
« On dirait qu’on peut jouer deux fois lorsque la fluidité dépasse un certain seuil. »
On ne devait sans doute pas pouvoir atteindre ce seuil par des moyens normaux.
Il fallait pousser une configuration axée sur la fluidité à ses limites, puis recevoir le renfort ultime d’Alicia comme maintenant.
Mais ça avait marché, non ?
Alors je devais en profiter.
Au tour de Mine.
« Enchantement sacré ! »
[Enchantement sacré]
[Confère à l’arme l’attribut sacré pendant 3 tours.]
[Lorsque l’utilisateur de l’art attaque, il existe une chance fixe de restaurer la santé d’un allié.]
Les Écailles rouges, les Fleurs fanent en dix jours et l’Enchantement sacré.
Avec ces trois renforts cumulés, je n’avais jamais été aussi fort de toute ma vie.
Je devais tailler d’autres points faibles avec l’Épée de sculpture ?
Non. Inutile.
À mon tour.
Sans hésiter, j’activai un art.
La Voie de la Bourrasque.
Dès que je pris appui, je me retrouvai en haut de l’escalier de la villa.
Ce n’était pas intentionnel.
Mon corps était si léger que j’aurais pu m’envoler, et je n’arrivais tout simplement pas à le maîtriser correctement.
Bientôt, à mes yeux, chaque mouvement dans la pièce se décomposa en fractions de seconde.
Eliver, le visage furieux, qui cherchait après moi, disparu de son champ de vision.
Même son prochain mouvement et le léger frémissement des poils de son corps ressemblaient à une image figée.
À cet instant, Eliver n’était plus une putain de boss.
Elle n’était qu’une proie à abattre.
Froush !
Au pas suivant, je me retrouvai derrière Eliver.
« […] Toi ?! »
Sept traînées de lumière gris cendré traversèrent toute la salle.
Mon épée, chargée de puissance sacrée, déchira le corps entier d’Eliver.
« Kuh, ah… ! Hum… ! »
[Faiblesse !]
[Faiblesse !]
Une tempête gris cendré engloutit son corps.
« Ouf. »
Quand ma course s’acheva, le corps ensanglanté d’Eliver s’effondra, impuissant, sur le sol.
« Halibal Velder ! On a réussi ! »
« Comme on pouvait s’y attendre de l’épée que j’ai choisie. Vous me donnez encore plus confiance en mon choix. »
Alicia ricana en voyant Eliver se débattre comme un insecte.
« Tu n’en as pas marre de te tortiller ? On dirait un poisson pris dans un filet. »
Je retins Alicia alors qu’elle s’approchait d’Eliver.
« Veuillez attendre un instant. »
Je gardais toujours mon épée pointée sur Eliver.
La gemme au-dessus de sa tête n’avait pas encore disparu.
C’est alors que cela arriva.
Le corps d’Eliver, étendu sur le sol, se mit à se tordre de façon anormale.
« Espèces de salopes… Comment osez-vous… Comment osez-vous m’humilier ainsi… ! »
Son cri, chargé de haine et de désespoir, se transforma peu à peu en un hurlement inhumain.
« Kyaaaaaaaaaah !! »
Crac !
Dans un bruit grotesque, huit pattes d’araignée lisses jaillirent de son dos.
Son bas-ventre, autrefois séduisant, enfla et se transforma en l’abdomen d’une araignée hideuse.
De nouvelles paupières apparurent sur son front et ses joues, puis huit yeux rouges lumineux s’ouvrirent.
Eliver, humaine de la taille jusqu’à la tête et araignée géante de la taille jusqu’en bas.
On aurait dit une arachné tirée d’une œuvre de fiction.
« Comme prévu… Il y a bien une deuxième phase. »
C’était la deuxième phase des évêques : la Monstrification.
« Eek… ! »
Mine poussa un cri, et Alicia elle-même grimaça de dégoût.
— Kiiiiiiiiii !!
Eliver, entièrement métamorphosée en monstre, hurla.
La Monstrification augmentait la régénération des évêques et leur permettait de guérir périodiquement leurs blessures.
Elle leur donnait aussi de nouvelles attaques. Dans le cas d’Eliver, elle pouvait se déplacer rapidement et tirer des toiles pour immobiliser sa cible, en plus de la magie qu’elle utilisait déjà.
En outre, ses attaques de base infligeaient du poison ; même un coup qui vous effleurait signifiait souvent une mort immédiate ou un game over.
Pourtant, étrangement, je ne m’inquiétais pas.
L’atmosphère n’avait rien à voir avec celle du jeu d’origine.
Ce n’était pas une question de puissance.
Dans le jeu d’origine, les évêques entraient de leur plein gré et calmement dans leur deuxième phase de Monstrification.
Elles étaient absolument convaincues de leur victoire : « Une fois la Monstrification activée, j’ai gagné. »
Et, de fait, c’était généralement après leur Monstrification qu’elles donnaient le plus de fil à retordre aux joueurs.
Mais qu’en était-il d’Eliver, là, maintenant ?
On l’avait démolie, et elle s’était transformée faute d’autre choix, comme dans un dernier sursaut désespéré.
Les renforts étaient toujours actifs, et les Herbes antidote neutraliseraient le poison.
Notre avantage écrasant n’avait pas changé.
Alors, quel choix l’ennemi allait-il faire ?
Un choix impossible dans le jeu, mais tout à fait envisageable dans la réalité.
À moins d’être soumise à des restrictions comme moi, c’était la meilleure option en situation de désavantage.
« On dirait qu’elle compte s’enfuir. »
Alicia l’avait remarqué elle aussi.
« À partir de maintenant, restez sur vos gardes. Ne la quittez pas des yeux, ne serait-ce qu’un instant. Cette salope va forcément essayer de s’échapper. »
« Je sais. »
« Les Fleurs fanent en dix jours ne dureront pas longtemps. Si elle décide de fuir, elle risque d’être difficile à rattraper. »
Je le savais aussi.
Nous nous écartâmes pour encercler Eliver.
Une voix étrange s’échappa alors de sa bouche.
[[…] Pourquoi ?]
« Tu demandes pourquoi tu as perdu ? Parce qu’on est plus fortes que toi, non ? »
Alicia ricana, mais Eliver répondit d’une manière inattendue.
[Pourquoi… est-ce que je ne peux pas m’échapper ?]
Nous affichâmes tous les trois la même expression perplexe.
« Qu’est-ce qu’elle raconte ? Elle ne peut pas s’échapper ? »
Bientôt, elle se mit à se débattre sur place, comme si des toiles d’araignée invisibles l’avaient ligotée.
Ses huit yeux rouges fouillèrent frénétiquement l’air.
[Pourquoi ? Pourquoi… suis-je ligotée ? Pourquoi ? Pourquoi ?!]
Nous regardâmes autour d’elle, mais rien ne semblait la retenir.
Aucune icône d’altération d’état, pas la moindre trace de magie de lien.
On aurait dit qu’elle se battait contre quelque chose qu’elle seule pouvait voir.
La panique.
Alicia n’allait pas laisser passer cette occasion.
« Cadet ! C’est le moment ! Tranche-lui la gorge avant qu’elle ne reprenne ses esprits ! »
Son cri fut le signal.
Eliver sortit de sa panique et explosa de rage, comme si elle avait renoncé à tout.
[Espèces de salopes… ! Qu’est-ce que vous m’avez fait… ?]
Elle ouvrit grand ses huit yeux et rassembla jusqu’à la dernière parcelle d’énergie démoniaque qu’il lui restait.
Le poisson pris dans le filet se débattit désespérément.
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