Chapitre 62
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 62 : Quel rêve idiot
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« Elle n’a pas tort, ceci dit. »
Je ne restai stupéfait qu’un instant, parce que je ne m’attendais pas à ce que Mine dise une chose pareille. Elle n’avait pas tort.
Le culte du Dieu maléfique, les attaques contre les étudiants, les enlèvements, les meurtres, les expériences sur des êtres humains, et ainsi de suite.
Vu tout ce que le Culte de Tartare avait fait jusqu’ici, ses membres n’étaient même pas humains.
Des sacrifices humains perpétrés par l’Église des Dieux principaux ?
Bien sûr, les cultistes s’y étaient mis aussi.
Bref.
Dans l’Empire, les cultistes étaient moins bien considérés que des cafards.
Il n’était pas étonnant que Mine, qui avait grandi à Erandar comme prêtresse avant de devenir une sainte, pense ainsi.
« Rien ne nous oblige à nous obstiner à explorer des donjons. »
À l’heure actuelle, les problèmes de Mine étaient sa phobie des donjons et son manque de sens du combat. Elle pouvait très bien développer ce dernier en dehors d’un donjon.
Contrairement à ce qui s’était passé dans le Donjon de l’Araignée, elle était motivée, cette fois. Je n’avais donc aucune raison de refuser.
« Alors, nous allons nous occuper de la mission. »
Mais il y avait d’abord des choses à faire.
« Mine, est-ce que je peux examiner tes arts ? »
« M-mes… arts ? »
« Oui. On n’a fait que de l’entraînement de base cette semaine, alors on n’a pas eu l’occasion de s’en occuper. Si on doit combattre ensemble, il faut qu’on se connaisse bien. »
J’avais remis ça à plus tard, car ça n’avait servi à rien jusqu’ici.
Je devais vérifier le niveau de Mine.
Contrairement au jeu d’origine, il était impossible de vérifier directement le niveau d’un personnage. Le meilleur indicateur dont je disposais était le palier des arts qu’il avait débloqués.
Dans l’Académie de la Fin, on débloquait un art tous les neuf niveaux, sans compter les arts de base.
Par exemple, la Danse du Croc blanc de Cecilia était un art débloqué au niveau neuf.
Elle avait aussi appris son art suivant, l’Estocade de l’ombre radieuse, mais elle m’avait dit qu’elle évitait de l’utiliser parce qu’il n’était pas efficace.
Puisqu’elle avait appris par la suite le Croc de la chaîne radieuse, un art qui n’existait pas dans le jeu d’origine, Cecilia devait être au moins niveau vingt-sept.
C’était aussi le niveau idéal pour terminer le Donjon de la Poupée dans le jeu d’origine.
Pour commencer, si Cecilia n’avait même pas débloqué l’Estocade de l’ombre radieuse, je n’aurais jamais envisagé de terminer le Donjon de la Poupée avec elle.
C’était pour ça qu’il était important de vérifier le niveau de Mine.
Elle possédait plein d’arts utiles pour jouer en groupe.
« Même au niveau dix-huit, on aurait une chance. »
Nous gagnâmes une clairière à proximité.
Debout au milieu, Mine utilisa l’art de base auquel j’avais eu recours d’innombrables fois.
[Soin]
« Haaah ! »
Puis, en poussant un cri, elle projeta dans les airs une sphère de pouvoir sacré.
Son art de niveau neuf, et l’une de ses deux seules compétences offensives.
[Appel sacré]
Je fronçai les sourcils.
Elle n’avait utilisé que Soin, alors je l’avais prise pour une pauvre niveau un bonne à rien.
Mais si elle continuait à tirer de loin, elle pourrait sans doute faire fondre un kobold d’élite sans recevoir le moindre coup.
Autrement dit, tandis que je m’étais tué à la tâche en me faisant rosser par des kobolds pour gagner des niveaux, elle pouvait faire la même chose d’un clic, allongée tranquillement.
Je me sentis soudain stupide.
« C’est tout ? »
« Ah, attendez un instant, s’il vous plaît. »
Mine joignit les mains et se mit à prier.
« … Il y en a d’autres ? »
Bientôt, un éclair de lumière descendit du ciel et un papillon fantomatique violet se mit à voleter près de moi.
Son art de niveau dix-huit.
[Divin Benedictus]
C’était un art incroyable qui dissipait les altérations d’état d’un personnage, tandis que le papillon lui prodiguait de petites vagues de soin.
Le style de jeu principal de Mine consistait à lancer cet art sur elle-même, puis à enchaîner les Appels sacrés à distance.
Mais qu’est-ce que c’était que ça ?
J’étais agréablement surpris.
Je l’avais crue inutile, mais elle était bien mieux lotie que prévu.
Trois arts au niveau dix-huit.
Si elle parvenait à surmonter sa phobie des donjons, ça suffirait à nous permettre de nous attaquer au Donjon des morts-vivants.
« Et… »
« Attends, il y en a encore ? »
« O-oui… encore deux, environ… »
Avant même qu’elle ait fini de parler, des roses violettes faites de pouvoir sacré s’épanouirent autour d’elle et revigorèrent mon corps.
Son art de zone de niveau vingt-sept.
[Jardin des roses]
Quand on se tenait dans le jardin, la santé se régénérait peu à peu et les dégâts causés par les attaques ennemies diminuaient dans une certaine mesure.
« Et voici le dernier. »
Tandis que je restais là, bouche bée, elle rassembla du pouvoir sacré dans ses deux mains pour couronner le tout.
« … Attends. Sérieusement ? »
Le pouvoir sacré accumulé dans ses mains se déversa non seulement dans sa masse, mais aussi dans mon épée et l’éventail d’Alicia.
Bientôt, mon épée se mit à luire d’une lumière d’un blanc pur.
« Haa… Haa… Ce sont tous les arts que je connais… Vous êtes peut-être déçu… ? »
Je ne pouvais détacher les yeux de l’épée lumineuse.
L’art qu’elle venait d’utiliser était [Enchantement sacré].
C’était grâce à cet art que Mine pouvait tenir le rôle de meilleure soigneuse de l’Académie de la Fin.
Enchantement sacré était un bonus de premier ordre qui conférait l’attribut sacré aux armes et donnait aux attaques de Mine une chance de soigner ses alliés.
Combiné à Lumen, c’était aussi un art complètement abusé qui permettait de jouer Mine en attaquante.
Plus important encore, le fait qu’elle puisse utiliser Enchantement sacré signifiait que…
« Non, putain. Mine a un niveau supérieur au mien ? »
Elle était actuellement niveau trente-six, au minimum.
Je n’eus d’autre choix que de me taper le front.
J’avais du mal à croire qu’elle ait passé une semaine à couiner dans le Donjon de l’Araignée avec des statistiques pareilles.
« Mine. »
« O-oui ? »
Je lui attrapai aussitôt les épaules.
« Tu es mon égale, voire plus forte que moi. »
Mine me regarda, complètement déconcertée.
Contrairement à elle, je n’avais aucun doute.
Enchantement sacré était un art que je n’avais pas du tout pris en compte pour terminer ce donjon.
Et si on entrait dans le Donjon des morts-vivants avec, en plus, tous les bonus d’Alicia ?
Pour la première fois depuis longtemps, je manquais d’assurance.
Je n’étais pas sûr de perdre.
Je révisai mon plan dans ma tête.
Il fallait complètement revoir l’orientation du Créateur de Minecess.
Le problème de Mine, ce n’étaient pas ses statistiques. C’était son état mental, qui l’empêchait de s’en servir, et son manque d’expérience réelle du combat.
Au bout du compte, cette fichue phobie des donjons allait encore la freiner.
Dans son état actuel, dès qu’elle entrerait dans un donjon, autant dire qu’elle deviendrait une inutile de niveau un.
La mission de répression du culte serait donc parfaite pour l’entraîner sur le terrain.
Elle devrait combattre des humains vivants sur le terrain, pas dans un donjon.
Ce serait un entraînement intensif bien plus efficace que de développer maladroitement ses réflexes dans le Donjon de l’Araignée.
C’était un peu ironique d’apprendre à se battre contre des humains pour ensuite utiliser ces compétences contre des monstres, mais qu’y pouvais-je ?
Une question me taraudait encore.
« Mais comment avait-elle gagné des niveaux ? »
Elle n’était jamais entrée dans un donjon ni entraînée sur le terrain. Alors comment avait-elle atteint un niveau aussi élevé ?
Le message apparu quand j’avais formé un groupe avec Cecilia me revint soudain en tête.
[Bonus de membre du groupe : Déesse de la Fortune]
Quand je faisais équipe avec Cecilia, j’avais vraiment l’impression que ma chance partait en vrille.
J’avais même élaboré des stratégies qui reposaient sur la chance.
« Mine aurait-elle, elle aussi, un bonus ? Quelque chose lié à l’expérience ou aux niveaux ? »
S’il existait une fonction qui augmentait automatiquement son niveau sans qu’elle entre dans un donjon…
« … Ça voudrait dire que former un groupe avec Mine pourrait accélérer ma propre progression ? »
Je n’en étais pas certain, mais cette hypothèse méritait d’être envisagée.
Ma propre progression avait considérablement ralenti ces derniers temps.
Pour le moment, je ne comptais que sur mon arme et les éclats. Même après avoir terminé le Donjon de la Poupée, je n’avais débloqué aucun art après la Voie de la Bourrasque.
« J’y réfléchirai après qu’on se sera occupés de la mission. »
⁎⁎⁎
Ensuite, je vérifiai aussi les arts d’Alicia.
Comme je m’y attendais, elle avait débloqué quatre arts et se trouvait à peu près au même niveau que moi.
Dans le jeu d’origine, elle rejoignait le groupe après avoir dépassé le niveau quarante, car son recrutement survenait plus tard. Puisqu’elle l’avait intégré plus tôt que dans le jeu, son niveau semblait également plus bas.
Après avoir pris congé d’elles et regagné le dortoir, Aren m’accueillit chaleureusement, je ne savais trop pourquoi.
« Te voilà ? Tu rentres tôt, aujourd’hui. »
« L’entraînement de Mine s’est terminé plus tôt. »
« Je vois. Si je l’avais su, j’aurais dîné avec toi. »
Il avait le sourire plus chaleureux que d’habitude.
« Tu préfères faire quoi ? Manger d’abord ? Prendre un bain ? Ou… »
Un frisson me parcourut l’échine en entendant ces mots si familiers.
Aren, franchement… Cette phrase est beaucoup trop suggestive.
Puis je compris vite que le problème venait de moi, qui pensais à ça.
« Ne t’en fais pas. Je me débrouillerai. »
Je chassai ces idées de mon esprit et commençai à me déshabiller comme d’habitude.
« Halibal, j’aimerais te demander quelque chose. »
À ces mots, derrière moi, je me retournai et vis Aren qui me fixait avec un sérieux inhabituel.
« Non, ce n’est pas inhabituel. »
C’était le regard qu’Aren avait eu tout au long du jeu d’origine.
J’ignorais de quoi il s’agissait, mais le protagoniste était aussi sérieux. Je n’avais pas d’autre choix que de lui répondre avec sérieux, moi aussi.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Est-ce que je peux te demander en quoi consiste ta mission de stage pratique spécial ? »
« … Hmm. »
Je ne savais pas si je devais lui répondre aussi facilement.
C’était confidentiel, après tout.
Si je le disais à Aren et que l’information venait à fuiter, ces salauds pourraient plier bagage et déménager toute leur branche.
Sentant mon hésitation, Aren ajouta :
« Dis-moi au moins si ça a un rapport avec un donjon. »
« Ça n’a pas de rapport avec un donjon. »
Je répondis aussitôt. Ça, je pouvais le lui dire.
Ce n’était pas parce que le stage pratique spécial n’avait rien à voir avec un donjon que je ne pouvais pas en terminer un.
« … Ah bon ? »
Aren réagit de façon indéchiffrable à ma réponse, puis demanda :
« Alors… tu pourrais me parler de l’Abîme du Dieu maléfique ? »
Je fus aussitôt parfaitement réveillé.
Sa voix trahissait clairement sa détermination à conquérir cet Abîme du Dieu maléfique, quoi qu’il arrive.
Ça n’annonçait rien de bon.
« … J’en ai trop fait. »
Bien avant d’arriver à Ruidel, son maître avait annoncé à Aren qu’il était destiné à conquérir les Donjons du Dieu maléfique.
Dans le jeu d’origine, il avait risqué sa vie en entrant dans des donjons pour accomplir cette destinée.
Mais avant même qu’il ait pu faire un pas, j’avais déjà terminé deux donjons.
À bien y réfléchir, il n’avait aucune raison d’être content pour moi.
« C’est pour ça qu’il avait gardé ses distances avec moi ? »
Je n’aurais jamais imaginé que le protagoniste du jeu d’origine puisse être jaloux de moi.
Non, peut-être que je le savais déjà, au fond de moi.
Je ne lui avais toujours pas donné Soleil éclatant.
Il n’y avait pas de raison particulière. J’avais simplement l’impression, sans trop savoir pourquoi, que je ne devais pas tout lui donner si facilement.
« S’il te plaît. Je t’en prie. »
Aren ne parvenait plus à dissimuler son anxiété.
« Avant de te répondre, laisse-moi te poser une question. Pourquoi tiens-tu tant à conquérir l’Abîme ? »
« Parce que je l’ai promis à mon maître. Et… parce que c’est pour ça que je suis venu à Ruidel. »
Il répondit sans la moindre hésitation.
C’était vraiment le protagoniste.
Je n’avais pas l’intention de mettre sa détermination à l’épreuve.
Je voulais seulement la vérifier.
La vérifier.
Il avait changé d’apparence depuis la dernière fois, mais, heureusement, l’homme en face de moi était toujours l’Aren que je connaissais.
« D’accord. Je vais tout te dire. »
Aren s’illumina à ma réponse.
Il m’adressa un sourire candide, comme celui d’un enfant. C’était la première fois que je le voyais sourire depuis mon arrivée dans ce monde.
Je me levai et gagnai le bureau.
J’y pris une feuille et un stylo.
« Tout ce que je sais, et tout ce que j’ai vécu. »
Cette nuit-là, le protagoniste du jeu d’origine et moi eûmes notre première vraie conversation.
La nuit s’avança.
⁎⁎⁎
« Putain. »
Je n’arrivais pas à dormir.
Ce n’était pas à cause d’Aren, mais du pouvoir sacré que Mine m’avait donné dans la journée.
Le pouvoir sacré avait pour effet de revigorer les gens.
Mais il m’avait tellement revigoré que, même à l’approche de l’aube, j’avais l’esprit clair et les yeux grands ouverts.
Quand je fermai de force les yeux, j’entendis un crayon gratter près de mon oreille.
C’était Aren.
Il était encore éveillé et notait tout ce que je lui avais raconté.
« Je ne devrais pas le déranger. »
Il fallait quand même que je dorme.
Ces derniers temps, j’avais manqué de sommeil à cause du stress causé par l’entraînement de Mine.
Si je ne me reposais pas bientôt, ça finirait forcément par nuire à la prochaine opération d’éradication de la branche du culte.
Je n’avais plus qu’à essayer un vieux remède de grand-mère.
Je refermai les yeux et me mis à compter les moutons dans ma tête.
Un.
Deux.
Trois.
Est-ce que… ça marchait ?
Quatre.
Cinq.
Six.
C’est alors qu’une voix familière et bienvenue interrompit mon décompte.
『Sept.』
Huit.
『… Hé. On est un peu à l’étroit ici, alors tu pourrais arrêter de les envoyer ?』
Quand je rouvris les yeux, je me tenais dans le temple de pierres précieuses bleues, où je n’étais pas venu depuis un bon moment.
Renee était toujours assise sur l’immense trône devant moi.
Et à ses pieds…
- Bêêêê.
Huit moutons étaient serrés les uns contre les autres.
『Ça faisait longtemps, Halibal Velder.』
Hmm.
Quel rêve idiot.
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