Chapitre 54
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Irevi
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 54 : Le lendemain
──────
Le lendemain.
Naturellement, l’Empire fut plongé dans le tumulte.
Les images du Lac des Esprits blancs restèrent visibles un bon moment.
En conséquence, beaucoup trop de citoyens en furent témoins.
La nouvelle du sacrifice de croyants par des prêtres de l’Église des Dieux principaux se répandit sans que personne puisse l’arrêter.
Les Saints chevaliers présents sur les lieux furent le facteur décisif.
Après avoir été témoins de la honte de l’Église, ils sombrèrent dans une profonde confusion.
Certains gardèrent le silence, mais d’autres, incapables de surmonter leur culpabilité, révélèrent la vérité à leurs camarades.
Pendant ce temps, la lettre et le journal d’Alain, récupérés par Halibal et Cecilia, furent remis à la Famille impériale, en même temps que le rapport d’Adeline, dès son arrivée à Luft.
Un ordre portant le sceau du pape. On avait découvert que l’Église des Dieux principaux, l’un des piliers de l’Empire, était corrompue jusqu’à sa plus haute hiérarchie.
Le Palais impérial convoqua immédiatement une audience, et les factions impériale et noble trouvèrent un terrain d’entente pour la première fois depuis longtemps.
Ils savaient toutefois que les faits remontaient à un passé lointain.
L’ordre du jour se limita donc aux efforts récents visant à dissimuler cette honte.
Le pape d’Erandar se présenta en personne à l’audience et présenta ses excuses à la Famille impériale, prétendant que Romus et quelques autres cardinaux avaient agi par pur orgueil.
Romus et sa faction, identifiés comme les meneurs, furent immédiatement purgés. Un nombre considérable de Saints chevaliers sous leurs ordres furent également punis.
Bien sûr, tout le monde savait que le pape avait trempé dans cette affaire.
Il n’y avait tout simplement aucune preuve permettant de le traduire en justice.
Sous prétexte de ne pas aggraver la confusion des fidèles, l’affaire fut conclue de manière suffisamment vague.
La demande de la Salle des Esprits blancs, qui souhaitait recueillir les preuves, fut néanmoins rejetée.
La Famille impériale déclara qu’elle conserverait toutes les preuves dans les coffres impériaux.
La menace était tacite : si la faction papale reprenait un jour le pouvoir, la Famille impériale sortirait cette carte.
Ainsi, la faction papale, autrefois deuxième puissance de l’Empire, perdit son influence du jour au lendemain, et la faction noble combla le vide.
Pourtant, un nom manquait étrangement à toute l’affaire.
« Razen… Il n’y a aucun prêtre de ce nom dans notre Église des Dieux principaux. »
Une fois le Donjon de la Poupée conquis, de nouveaux donjons apparurent autour d’Erandar.
La Famille impériale dépêcha aussitôt des troupes pour les examiner, tandis que les noms de ceux qui avaient conquis le donjon gagnaient en notoriété.
« L’Épée Funèbre en a encore conquis un ?!
— La deuxième fois, ça change tout.
— Et la deuxième fille de la Maison Ren qui l’accompagnait… Elle mériterait déjà le titre de prochaine Princesse de l’Épée. »
Leur renommée grandit à une vitesse fulgurante.
Au sein de la noblesse et de la Famille impériale.
Et à l’académie aussi.
⁎⁎⁎
Ailleurs, dans le Donjon des Orcs, l’un des donjons de haut niveau.
C’était le donjon le plus difficile après celui de la Poupée.
Le corps massif du boss, le Général orc, avait été proprement tranché en deux d’un seul coup.
La femme qui l’avait abattu reprit son souffle sur un large tronc d’arbre.
Appuyée contre son espadon, Senia Ren dégageait une aura glaciale. Elle n’avait pas la moindre blessure.
Elle tenait dans une main un journal annonçant que Halibal et Cecilia avaient conquis le Donjon de la Poupée.
Son regard s’arrêta sur les mots inscrits à côté du nom de Cecilia.
« Prochaine Princesse de l’Épée. »
Depuis qu’elle avait entendu parler du Donjon de la Poupée, elle avait su, au fond d’elle, que cela finirait par arriver.
Pourtant, elle ne voulait pas perdre contre Halibal.
Pas plus qu’elle ne voulait perdre contre sa petite sœur, Cecilia.
C’était pour cette raison qu’elle avait ravalé sa fierté et proposé à son Compagnon de tenter, eux aussi, le Donjon de la Poupée.
Mais son Compagnon avait balayé sa proposition d’un revers de main.
« …Qu’est-ce qu’elle fout, cette salope ? »
Quand Senia se retourna, Luna Grace se trouvait là, en train de brûler elle-même les cadavres des monstres, un par un.
La maîtrise de Luna face au Général orc avait dépassé les attentes de Senia.
Elle était assez habile pour que Senia ne puisse même pas être certaine de l’emporter contre elle.
Mais ce n’était que ça.
Luna lui avait déjà été désagréable à chaque rencontre, et depuis qu’elle avait rejeté sa proposition, la haine de Senia n’avait fait que croître.
Cet incident récent avait encore aggravé les choses.
Après avoir conquis le donjon, Cecilia était rentrée au dortoir et était restée alitée cinq jours.
Les effets secondaires d’un surdosage d’Herbe de nuage violet et l’épuisement provoqué par des combats acharnés à répétition lui étaient tombés dessus en même temps.
« Si j’y étais allée, Ceci n’en serait jamais arrivée là. »
En voyant sa sœur adorée gémir de douleur, Senia en voulut non pas à Halibal, mais à Luna, qui l’avait arrêtée.
Luna, quant à elle, gardait un calme parfait.
Elle aussi tenait un journal dans la main.
En le parcourant, Luna murmura doucement, un tendre sourire aux lèvres.
« Ça devrait… suffire. »
Senia était à deux doigts d’exploser en la voyant.
Luna était toujours comme ça.
Comme si elle observait le monde depuis un endroit lointain, elle se contentait de marmonner des choses incompréhensibles.
Et ce n’était pas le cas qu’avec Senia.
La Luna avec qui Senia avait passé un mois à contrecœur et qu’elle avait fini par comprendre lui ressemblait, d’une certaine façon.
Luna traitait tout le monde de la même manière.
La différence, c’était que Senia détestait Luna, tandis que Luna n’éprouvait absolument rien pour Senia.
Ce qui rendait la chose encore plus désagréable.
« …Impossible d’avoir une conversation avec elle. »
Le cours des Compagnons prendrait de toute façon fin cette semaine.
Elle n’aurait plus besoin d’échanger un mot avec cette femme insupportable.
Senia s’adossa de nouveau à son espadon.
Elle contempla le bijou que Halibal lui avait offert quelque temps auparavant : Neige d’hiver.
⁎⁎⁎
« Tiens.
— Ah ! Merci d’avoir pensé à moi. »
Aren attrapa sans difficulté la gourde que Ran lui lança.
À leurs pieds gisait un mille-pattes monstrueux, la carapace écrasée et le corps couvert de blessures d’épée.
Le Mille-pattes des Abysses. C’était le boss du Donjon des Mille-pattes, qu’Aren et Ran avaient vaincu au terme d’un combat acharné.
Deux équipes seulement avaient conquis des donjons plus difficiles que le leur. L’une d’elles avait même écopé d’une pénalité ; Aren et Ran se classaient donc de fait deuxièmes.
Pourtant, Aren sentait l’inquiétude grandir en elle.
Elle aussi avait appris que Halibal et Cecilia avaient conquis le Donjon de la Poupée.
Bien sûr, ce n’était pas pour la même raison que Senia.
La sienne était plus fondamentale.
« Celle qui apportera le soleil à l’Empire… Est-ce vraiment censé être moi ? »
Aren connaissait la prophétie de Maître Jin.
« Un garçon qui détient le Dieu de l’Extrémité céleste deviendra le dernier disciple de l’Épée divine suprême et illuminera le monde. »
Dès qu’elle avait entendu cette prophétie, elle avait compris qu’elle ne correspondait pas à la personne qu’elle décrivait.
Son maître et ses parents l’avaient peut-être élevée comme un garçon, mais elle était indéniablement une femme.
Elle avait des formes aux endroits où il fallait, et certaines étaient plutôt prononcées.
Pourtant, Aren s’était acharnée plus que quiconque à accomplir la prophétie, parce qu’elle était sa raison de vivre.
Mais Halibal Velder, ce garçon, avait conquis le premier Abîme, puis le deuxième.
Si l’on s’en tenait aux critères, Aren avait toujours l’avantage.
Elle possédait le Dieu de l’Extrémité céleste et avait appris l’Épée divine suprême.
Mais les résultats étaient là, et Aren n’y pouvait rien.
La première fois que Halibal était entré dans son dortoir, elle avait surtout ressenti de la gêne.
Depuis qu’elle avait appris la nouvelle de cette conquête, pourtant, chaque fois qu’elle pensait à lui, son cœur s’alourdissait sans qu’elle sache pourquoi.
C’était une émotion qu’elle n’avait jamais éprouvée de sa vie.
Même elle ne savait pas comment la définir.
« Ran, tu pourrais m’aider à m’entraîner jusqu’à la fin du cours des Compagnons ?
— Autant que tu voudras.
— Merci. Je te rendrai la pareille, c’est promis. »
Elle prit donc une décision.
Au prochain cours des Compagnons, quoi qu’il arrive, elle deviendrait le Compagnon de Halibal.
Elle l’observerait d’aussi près que possible et découvrirait ce qui le distinguait d’elle.
Et si elle n’y parvenait pas, elle s’était résolue à ceci : « …Même si je dois le faire seule, je conquérirai le troisième Abîme du Dieu maléfique. »
⁎⁎⁎
« C’est vrai ? Tu as fait la connaissance de l’Épée Funèbre ?
— Oui, père.
— Kuahaha ! Bien joué ! Tu as donc fini par te rendre utile ! »
Richard Dane faisait son rapport à son père, le comte Colin Dane.
Depuis la conquête du Donjon de la Poupée, la position de la faction noble dans son bras de fer avec la Famille impériale s’était affermie comme jamais.
La faction noble avait donc désormais les yeux tournés vers Halibal, celui qui avait fait tomber la faction papale.
Colin avait convoqué Richard pour lui ordonner de se lier d’amitié avec Halibal par tous les moyens.
Heureusement, Richard avait noué des relations commerciales avec Halibal et entretenait avec lui des rapports convenables. Il en informa son père.
Il reçut alors les éloges de son père, qu’il avait tant désirés toute sa vie, ainsi qu’une reconnaissance qu’il n’avait jamais pu obtenir, quels que soient ses efforts.
« Tu peux lui offrir autant d’argent que tu veux. Fais-le simplement rejoindre notre camp. C’est tout ce qui doit te préoccuper.
— Je n’y manquerai pas.
— Bien. Voilà comment doit se comporter l’héritier de la Maison Dane. Enfin, t’élever aura servi à quelque chose. »
Colin continua de le couvrir d’éloges, mais Richard ne se sentait pas à l’aise.
C’était étrange.
Son père, qui ne l’avait jamais reconnu malgré toute une vie de dévouement à sa famille, avait complètement changé d’attitude simplement parce que Richard lui avait dit connaître Halibal.
« Est-ce… la reconnaissance que je désirais ? »
À cet instant, les paroles de Halibal, prononcées dans le tramway, lui revinrent à l’esprit.
« J’ai une très bonne opinion de tes capacités, Richard. »
Mais les ordres de sa famille étaient absolus.
« …Je continuerai à faire de mon mieux. »
Le visage amer, il n’eut d’autre choix que de s’incliner devant son père.
Au domaine du comte Reygal, chef de la faction noble, la scène était tout autre.
« Non.
— …Pourquoi ?
— Parce que Halibal Velder n’est pas quelqu’un dont je dois me faire un ami. C’est quelqu’un que je dois vaincre. »
Sur ces seuls mots, Eugene Reygal quitta la pièce sans la moindre hésitation.
Il se dirigea vers le terrain d’entraînement du domaine.
Eugene enfila aussitôt une tenue d’entraînement et commença par des exercices de conditionnement physique.
« Cette fois, j’ai perdu. »
À l’un des côtés du terrain d’entraînement, d’innombrables boucliers brisés et rapières tordues étaient entassés comme une montagne.
Au milieu se trouvait un journal froissé portant les noms de Halibal et Cecilia.
« Mais lors du prochain examen de duel, je te vaincrai. »
Pendant un moment, seul le souffle rauque résonna dans le domaine.
⁎⁎⁎
L’Atelier Work.
« C-cette personne… P-pourquoi est-elle ici ? »
Elia déglutit en regardant la femme qui venait d’apparaître devant lui.
Elle était arrivée sans prévenir, alors que l’heure de fermeture de l’atelier approchait.
« Alors, c’est vous, le célèbre Elia Work.
— Ah… O-oui ! Mais pourquoi Votre Altesse est-elle venue ici… ? »
Vêtue entièrement de rouge, la femme comptait parmi les personnes les plus célèbres de l’Empire.
La princesse impériale, Alicia Cyrus.
Pour une raison inconnue, elle était venue à l’Atelier Work.
« Appelle-moi présidente, pas princesse impériale. Tu es bien étudiant à Ruidel, toi aussi ?
— O-oui ! »
Elia sentait son cœur battre à tout rompre.
Une idée lui traversa l’esprit.
« Ce serait à cause de la Machine Alicia… ?! »
Le Convertisseur de fragments que ce salaud de Halibal lui avait demandé de fabriquer en invoquant le nom de la princesse avait fini par recevoir cet étrange nom de Machine Alicia. Sa conception était illégale.
Et c’était Elia lui-même qui avait décidé de donner au Convertisseur de fragments le nom d’Alicia.
« Serait-elle venue me réprimander pour ça ? »
Mais Alicia ne regardait pas Elia. Son regard était posé sur l’homme d’âge mûr qui martelait silencieusement derrière lui.
« Enedor Work.
— Il s’agissait de son père, Enedor Work, le maître de l’Atelier Work, le meilleur atelier de l’Empire.
Comme s’il l’avait attendue, Enedor cessa de marteler et s’avança.
« Bienvenue, Votre Altesse.
— Oui. Ce que je vous ai confié est-il prêt ?
« Prêt… ? »
Enedor disparut plus profondément dans l’atelier, puis revint avec une petite boîte.
« Oui. Tout a été préparé à la perfection.
— Vraiment ? Comme prévu, vous êtes efficace. »
Quand Alicia ouvrit la boîte, elle y découvrit un Noyau des Abysses enveloppé d’une lueur rouge.
C’était son propre Noyau des Abysses, qu’elle lui avait confié pour entretien quelque temps auparavant.
Ne faisant pas confiance aux artisans du Palais impérial, elle avait confié l’entretien de son Noyau, aussi vital que son cœur, au meilleur artisan qu’elle connaissait.
Après avoir récupéré son Noyau, Alicia le paya et s’apprêta aussitôt à partir.
Enedor l’arrêta.
« Mais, Votre Altesse, pourquoi êtes-vous venue le récupérer plus tôt que prévu ?
— Il n’y a aucune raison particulière. »
Comme il l’avait dit, Alicia avait initialement prévu de récupérer ce Noyau au début du deuxième semestre.
L’Académie de Ruidel était actuellement un véritable paradis pour les premières années.
Au début du deuxième semestre, les élèves des années supérieures envoyés sur le front feraient leur retour à l’académie.
Si Alicia devait récupérer son Noyau plus tôt que prévu, c’était à cause de la nouvelle décision du conseil de l’académie, prise après la conquête du deuxième Abîme.
Un garçon aux cheveux gris, première année imprévisible, qui commençait à s’imposer comme un héros impérial.
Halibal Velder.
On avait décidé de lui appliquer des règles spéciales à partir du deuxième cours des Compagnons.
« C’est simplement que le moment est venu pour moi d’entrer en scène un peu plus tôt que prévu. »
« Pour Halibal Velder seulement, à partir du deuxième cours des Compagnons, une équipe de trois personnes sera formée avec un élève des années supérieures. »
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>