Chapitre 41
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Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 41 : Ça avait encore poussé
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« Ils ont tous les deux dit qu’ils arriveraient bientôt. »
« Tant mieux. »
Nous avions réussi à vaincre Maliaas, mais nous n’en étions pas sortis indemnes.
Je m’étais préparé à affronter Cent Lames, mais je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il utilise Mille Lames.
Je regardai l’homme inconscient et songeai :
Alors, même si j’utilise la Capacité unique - Action de rembobinage contre un humain, le résultat n’est pas forcément le même ? Je devrai m’en souvenir.
Après l’avoir soutenu, je contactai aussitôt Mine et lui expliquai la situation. Elle me dit qu’elle viendrait avec Adeline, qui se trouvait justement dans les environs.
J’allais sans aucun doute me faire sermonner.
Heureusement, les éclats jaunes que j’avais équipés avaient empêché mes blessures d’être trop profondes.
Une fois que Mine m’aurait soigné, je devrais pouvoir me déplacer de nouveau d’ici un jour ou deux.
« Alors… qu’est-ce qu’on fait de ça ? »
« Hum… »
Cecilia désigna un coffre au trésor.
Maliaas étant lui aussi considéré comme un boss, il semblait avoir laissé tomber un coffre au trésor dans la réalité, comme dans le jeu d’origine.
Non, pourquoi un coffre au trésor apparaissait-il après qu’on avait tué un humain ?
En temps normal, nous l’aurions ouvert, mais cette fois, c’était différent.
Cecilia et moi venions d’être attaqués en plein cœur de l’Empire par un Compagnon du Dieu maléfique, de rang Évêque, qui s’y était infiltré.
Enfin, j’avais plutôt l’impression que c’était moi qui l’avais attaqué.
Dans une situation pareille, même si nous avions vaincu le Compagnon, la Famille impériale revendiquerait le butin par principe.
Quel gâchis.
Comme les boss des Donjons du Dieu maléfique, les ennemis de rang Évêque laissaient toujours tomber un éclat rare.
L’équipement qu’ils abandonnaient était probablement de niveau trois ou supérieur, et il devait aussi y avoir quantité d’éclats de niveau deux…
Allais-je vraiment renoncer à tout ça ?
Mais je ne pouvais pas simplement l’empocher devant Cecilia.
La Maison Ren était liée à la Famille impériale. Même si elle était mon Compagnon, je devais en tenir compte.
« On n’y peut rien. Nous devrions le remettre… »
« Nous devrions le prendre. »
« … ? »
Cecilia proposa calmement d’ouvrir le coffre.
C’était exactement ce que je voulais, mais était-elle vraiment d’accord ?
« Nous l’avons vaincu, non ? En plus, vous avez été blessé. Bien sûr qu’on devrait le prendre. »
« Ça ne posera pas de problème ? »
« Si on n’en parle pas, qui saura qu’il était là ? »
C’était parfaitement logique.
Quand je hochai la tête, Cecilia en fit autant.
Parfait. Ouvrons-le tout de suite.
À peine avions-nous ouvert le coffre qu’une lumière violette jaillit. Contrairement à la dernière fois, plus de dix éclats de niveau deux s’en échappèrent comme des feux d’artifice.
Cecilia attrapa vivement une lumière blanche scintillante parmi eux.
« C’est un éclat spécial ! »
Elle était incroyablement rapide.
Cecilia me tendit l’éclat qu’elle avait attrapé.
[Tome blanc]
… Le Tome blanc ? C’est l’éclat de fin de jeu de Cecilia.
Le Tome blanc était un éclat hybride qui augmentait à la fois la puissance d’attaque et le mana de trois points.
Comme l’Adamant, ses statistiques étaient un peu bancales, si bien que la plupart des personnages finissaient par s’en débarrasser.
Cecilia faisait exception.
En tant que personnage hybride, à la fois combattante physique et spécialiste des dégâts magiques, le Tome blanc pouvait être considéré comme son éclat de fin de jeu.
Le visage de Cecilia s’éclaira lorsque je le lui expliquai.
« Vraiment ? Alors, je peux l’utiliser ? »
C’est vrai, mais… je devrais d’abord vérifier sa capacité spéciale.
S’il avait une capacité utile, il serait difficile de le donner à Cecilia. Il faudrait alors négocier.
Quand j’équipai le Tome blanc sur Renee, un message apparut.
[Éclat spécial : Tome blanc]
[Capacité spéciale : non identifiée]
[Sera débloquée lorsque l’utilisateur atteindra un scénario précis.]
… Hein ?
Attends, ça aussi, c’était possible ?
Le Tome blanc possédait une capacité, mais elle était verrouillée pour le moment.
Peut-être que c’était arrivé parce que j’avais trop devancé le scénario.
Maliaas n’était pas censé mourir à ce stade.
Ou bien sa capacité était tellement surpuissante qu’elle avait été temporairement verrouillée.
Je n’y peux rien.
Pour l’instant, je devrais laisser Cecilia l’utiliser.
Lorsque je lui rendis le Tome blanc, Cecilia sourit, satisfaite.
La part de Cecilia était réglée.
Je regardai ensuite l’épée longue tombée à côté du Tome blanc.
[Épée du Clown (III)]
[Puissance d’attaque 13 / Fluidité 5]
[Peut réduire la Fluidité de l’adversaire.]
C’est dingue. On dirait qu’elle a été conçue pour moi.
Par chance, j’avais obtenu une arme de niveau trois, bien meilleure que l’Épée fracassante que je comptais acquérir au départ.
Dans le jeu d’origine, la série du Clown était composée d’armes qu’on ne pouvait obtenir comme butin de donjon qu’après avoir vaincu Maliaas.
La série Fracassante augmentait fortement la puissance d’attaque, mais diminuait la Fluidité.
La série du Clown, en revanche, offrait une puissance d’attaque moyenne, mais augmentait la Fluidité de son utilisateur tout en diminuant celle de l’adversaire. Elle reflétait parfaitement le concept de Maliaas.
Le mieux, c’était que je n’avais plus besoin de me dépêcher de farmer pour obtenir l’Épée fracassante.
Bien sûr, je devais quand même continuer à farmer.
En partie pour l’arme de Cecilia, mais surtout à cause de l’effet unique de l’Épée fracassante.
[Peut réduire la Défense de l’adversaire.]
Si la série Fracassante restait efficace jusqu’au milieu du jeu, c’était grâce à l’effet de réduction de la Défense dont bénéficiait chaque arme de la série.
On pouvait compenser une faible puissance d’attaque avec des éclats, mais l’effet de réduction de la Défense était difficile à remplacer.
Si je pouvais en donner une à Cecilia, elle pourrait se charger de réduire la Défense pendant un moment.
« Je peux prendre celle-ci ? »
« Oui. J’en ai déjà eu une. »
Cecilia agita légèrement le Tome blanc.
Elle avait vraiment l’air de l’apprécier.
Moi aussi, j’aimais bien la mienne.
Je me baissai pour ramasser l’Épée du Clown et remarquai un autre objet brillant près de sa garde.
C’était un bijou en forme de flocon, un peu plus petit qu’un éclat. On aurait dit que Maliaas l’avait sur lui.
[Neige d’hiver]
C’était un objet qui n’existait pas dans le jeu d’origine.
« Ah ! »
Cecilia s’écria et accourut en apercevant le bijou.
« C’est celui-là ! Le bijou que ma sœur a contemplé si longtemps dans cette bijouterie ! »
« … Vraiment ? »
« Je te le dis ! On n’a acheté que le cadeau de Luna Grace. Essaie de l’offrir à ma sœur. Je suis sûre qu’elle va l’adorer. »
Je l’avais trouvé par hasard en venant ici. Vraiment.
Elle allait aimer ça ?
Pour l’instant, je rangeai le bijou, comme Cecilia me l’avait suggéré.
Après avoir réparti les objets récupérés, nous nous débarrassâmes du coffre au trésor dans un endroit proche.
Mine et Adeline arrivèrent juste après, accompagnées d’instructeurs de l’Académie et de soldats.
L’homme dont la vitalité avait été drainée et moi reçûmes les soins de Mine, puis nous fûmes conduits directement à l’infirmerie de l’Académie.
Grâce à ça, j’avais un endroit où rester quelque temps.
⁎⁎⁎
Le lendemain de la défaite de Maliaas, l’Empire et l’Académie furent placés en état d’urgence.
L’Empire ne pouvait pas fermer les yeux sur le fait que Cecilia et moi avions été attaqués par un Compagnon du Dieu maléfique en plein Nevil.
L’Empire déploya aussitôt des soldats et fouilla tous les recoins de Nevil.
On nous demanda si quelque chose nous venait à l’esprit, mais je ne pouvais pas leur dire la vérité.
Lors de ma deuxième partie, Maliaas n’avait pas révélé son identité. Si je leur apprenais qu’il était Évêque, je ne ferais que paraître plus suspect.
Je me sentais mal de faire travailler les soldats aussi dur sans le vouloir, mais je n’y pouvais rien.
En conséquence, le public apprit seulement que Halibal Velder et Cecilia Ren s’étaient alliés pour vaincre un Compagnon qui s’était infiltré dans Nevil.
Le conseil d’administration et Alicia étaient eux aussi en émoi.
« Ces salauds immondes ont osé… !! Ils s’en sont pris à mon… non, au héros de l’Empire, en plein Nevil ?! »
Furieuse d’apprendre que j’avais été attaqué, elle réclama des mesures de riposte lors de la réunion.
Le nombre de soldats postés dans l’enceinte de l’Académie fut alors augmenté.
On renforça tout particulièrement les rangs des mages chargés de surveiller le domaine de l’Académie et l’on décida d’étendre le réseau de communication de Nevil.
Des mesures qui n’auraient normalement été prises qu’après l’attaque de l’Académie furent mises en œuvre dès le début du semestre.
« Les élèves Halibal et Cecilia ont déjà été pris pour cible une fois. Il n’est pas exclu qu’ils le soient de nouveau. »
« En effet. Nous devrions envisager de leur assigner une protection spéciale. »
Calux prit alors la parole.
« Le lieu de résidence de l’élève Halibal est incertain. Le mieux serait de le loger dans un dortoir. »
« Je vois. »
« L’élève Cecilia vit également seule, elle peut donc partager une chambre avec sa sœur aînée, Senia Ren. Et il y a aussi quelqu’un qui conviendrait parfaitement à l’élève Halibal. »
« Ah ? Alors, faites-le immédiatement ! »
« Bien compris. »
C’est ainsi que fut décidé l’endroit où je logerais provisoirement.
« Je compte sur vous pour m’héberger quelque temps. »
« … »
C’était la chambre d’Aren Bright, le protagoniste.
C’était génial.
⁎⁎⁎
Verda Hall était un dortoir pour garçons réservé aux nobles et aux autres élèves bénéficiant d’un statut particulier.
« Tu t’habilles comme ça même dans ta chambre ? »
« Ah… j’ai un peu froid. »
« … Tu n’as pas chaud ? »
Aren n’arrivait pas à regarder Halibal en face.
« La salle de bain du dortoir est plutôt grande. »
« … »
« On ne ferait pas mieux de se laver ensemble ? C’est ce qu’on faisait tous à l’armée. »
« … Non, ça ira. Vas-y en premier. Je préfère me laver seul. »
« Vraiment ? Alors, ça me va. »
Halibal avait déjà retiré sa chemise et se préparait à prendre un bain, une simple serviette autour de la taille.
Plus tôt dans l’après-midi, le conseil d’administration avait soudainement ordonné à Aren de partager provisoirement sa chambre avec Halibal.
Il y avait une raison à cela.
Quelques jours plus tôt, Halibal et Cecilia avaient été attaqués par un Compagnon du Dieu maléfique. Comme une nouvelle attaque pouvait survenir à tout moment, ils devaient être au moins deux à rester ensemble, même la nuit.
Les deux avaient donc quitté leurs logements d’origine et avaient été assignés comme colocataires dans des chambres individuelles distinctes.
Cecilia avait été transférée dans la chambre de Senia.
Et Halibal, dans celle d’Aren.
Calux, l’instructeur du Corps de raid, avait probablement influencé la décision d’installer Halibal précisément dans la chambre d’Aren.
Calux s’était intéressé à Aren et semblait croire que vivre avec Halibal les aiderait tous les deux à progresser.
Malgré son air bourru et exigeant, Calux était au fond un assez bon pédagogue.
Clic.
Ce ne fut qu’après que Halibal fut entré dans la salle de bain qu’Aren se tourna enfin vers l’armoire.
« … Ah… Combien de temps vais-je devoir vivre comme ça ? »
Aren avait beaucoup de questions à poser à Halibal.
Ce qui s’était passé lors de l’examen d’entrée, comment il était devenu aussi fort, ce nouvel art de l’épée appelé style Halibal et, surtout, des questions sur Halibal lui-même.
Cela ne voulait pas dire qu’Aren avait envie de partager sa chambre avec lui.
Perdu dans ses pensées, Aren se retrouva devant un miroir.
Il se mit à déboutonner sa chemise, un bouton après l’autre, en commençant par le haut.
À chaque bouton défait, des formes qui n’auraient pas dû être là commencèrent à apparaître.
Aren baissa légèrement la tête et regarda sa poitrine. Il aperçut les bandages blancs serrés autour de son torse.
Halibal avait eu raison.
Froid, mon œil.
Le temps était doux, printanier.
Mais Aren ne pouvait pas se déshabiller.
Il avait un secret.
Maître Jin, le maître d’Aren, était le fondateur de l’Épée divine suprême. On disait qu’il avait entrevu, par l’épée, les principes qui régissaient le monde.
Un jour, les Dieux principaux transmirent un oracle à Maître Jin.
« Un garçon qui porte le Dieu de l’Extrémité céleste deviendra le dernier disciple de l’Épée divine suprême et illuminera le monde. »
Guidé par l’oracle, Maître Jin trouva dans la forêt un nouveau-né abandonné.
C’était Aren, un enfant qui portait indéniablement le Dieu de l’Extrémité céleste en lui.
Pourtant, dès qu’il vit l’apparence de l’enfant, Maître Jin ne put que pencher la tête, perplexe.
L’oracle qu’il avait reçu et la réalité sous ses yeux ne pouvaient absolument pas concorder.
« … Ça n’a aucun sens. »
Il avait donc tenté de faire coïncider l’oracle et la réalité de force.
Il avait fait adopter Aren par la Maison Bright et l’avait élevé comme le dernier disciple de l’Épée divine suprême.
Comme un garçon qui portait le Dieu de l’Extrémité céleste.
Maître Jin, prodige de l’épée né dans le peuple et respecté dans tout l’Empire, avait assez d’influence pour intervenir dans les affaires de l’Académie, même en vivant à Baran.
Cela avait permis à Maître Jin de faire entrer Aren à Verda Hall tout en dissimulant soigneusement son secret à tous les membres de l’Académie.
Le choix de Calux avait été excellent.
S’il n’y avait pas eu le secret qu’Aren cachait.
« Haa… »
Aren défit ses bandages, révélant une poitrine généreuse, impossible à confondre.
Elle était bien plus volumineuse que celle de son Compagnon, Ran. Non, de sa Compagnonne.
« Ça a encore poussé… »
Aren Bright.
La seule élève de Verda Hall murmura ces mots, l’air sombre.
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