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Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 4 : Arts
──────
Quand Cecilia ouvrit les yeux, elle reconnut le domaine familier.
Elle porta machinalement la main à son visage.
Le souvenir de ce qui venait de se passer était encore vif.
Halibal Velder, le garçon dont le haut du corps était couvert de cicatrices de brûlures noires, qu’elle avait rencontré à la cérémonie de remise des médailles.
Elle avait clairement perdu connaissance au moment même où son dernier coup lui avait frappé le visage de plein fouet.
En regardant autour d’elle, elle vit sa sœur aînée, Senia Ren, assise à ses côtés.
« Cecil, tu es réveillée. »
« Grande sœur… Qu’est-ce qui m’est arrivé ? »
« Si tu es fatiguée, rallonge-toi. Le traitement par pouvoir sacré pourrait avoir des effets secondaires. »
D’après Senia, Cecilia avait perdu leur duel après avoir reçu le poing de Halibal en pleine figure.
Halibal était lui aussi complètement épuisé, si bien qu’elle n’avait pas été grièvement blessée. Heureusement, le traitement par pouvoir sacré l’avait remise sur pied.
« Dieu merci. Ton joli visage ne gardera pas de cicatrice. »
« … »
Mais les cicatrices sur son visage étaient bien le dernier souci de Cecilia.
J’ai… perdu ?
Cecilia Ren. Une jeune fille que l’on considérait comme la future Princesse de l’Épée de la Maison Ren.
Elle n’égalait peut-être pas sa sœur aînée Senia, mais on la tenait pour l’un des plus grands talents de tout l’Empire.
Et elle avait perdu contre un simple soldat ? Malgré ses Arts ?
« Ne le prends pas trop à cœur. Tu n’aurais pas perdu si tu t’étais battue sérieusement. »
Les paroles de Senia ne réconfortèrent pas Cecilia le moins du monde.
Elle n’avait certes pas combattu dans les meilleures conditions, mais lui non plus. Maintenant qu’elle avait perdu, tout ce qu’elle pourrait dire ne serait qu’une excuse.
Et surtout, elle n’avait même pas réussi à voir correctement l’épée du garçon.
Jusqu’ici, la seule personne qu’elle avait vue manier une épée de cette manière était son père, le duc Ren.
« Alors, qu’est-ce qui lui est arrivé ? »
« J’ai entendu dire qu’il recevrait une légère punition. Moi aussi, ça m’a un peu surprise. Mon bienfaiteur a frappé ma précieuse petite sœur en plein visage… J’ai eu du mal à savoir de quel côté me ranger. »
« … »
« N’y pense pas trop. Continue simplement comme tu l’as toujours fait. »
Senia lui adressa un doux sourire.
À cet instant, une émotion inconnue monta dans la poitrine de Cecilia.
Comme je l’ai toujours fait…
Cecilia avait toujours manié son épée dans le but de surpasser sa sœur aînée. Senia était la combattante la plus forte qu’elle eût jamais affrontée à l’épée.
Comme le disait sa sœur, il ne s’agissait peut-être que d’un incident sans importance.
Pourtant, Cecilia ne pouvait pas oublier l’épée de ce garçon : une épée invisible, et cette sensation que, pour la première fois, quelqu’un d’autre que sa sœur s’était dressé sur son chemin.
Sa main glissa jusqu’à son flanc.
La plupart de ses blessures avaient guéri grâce au pouvoir sacré, mais une profonde ecchymose bleu sombre persistait à cet endroit.
C’était sans doute la marque laissée par ce garçon.
« Ngh… »
« Ça va ? Rallonge-toi encore un peu. Les bleus ne disparaissent pas si facilement. »
« Ç-ça va. »
La douleur sourde dans son flanc lui rappelait vivement qu’elle avait perdu.
Pour une raison quelconque, elle était certaine qu’elle ne pouvait plus manier son épée comme avant.
Si elle continuait ainsi, la distance entre elle et ce garçon ne ferait que grandir, et elle craignait de ne plus jamais revoir cette épée.
« Je… veux m’entraîner. »
« Hein ? D’accord. Tu veux que je t’aide ? »
« Non. Je peux y aller seule. »
Cecilia se leva et prit directement le chemin du terrain d’entraînement, l’épée du garçon en tête : invisible à l’œil, mais gravée dans son esprit plus profondément que tout le reste.
Senia suivit sa silhouette du regard, les yeux légèrement assombris.
« Hum… »
⁎⁎⁎
J’avais été transféré.
Je supposais que ce dernier coup avait été un peu excessif, finalement.
J’avais frappé en plein visage la fille chérie du duc Ren.
Mais j’en avais sauvé une et appris les bonnes manières à l’autre. Elles auraient dû me remercier, non ?
Hélas… Comment un pauvre roturier coincé dans un système au tour par tour était-il censé vivre comme ça ?
Bref, j’appartenais désormais au 2ᵉ régiment, 2ᵉ bataillon, 2ᵉ compagnie, 2ᵉ peloton.
2222. Au moins, c’était facile à retenir.
Mon quotidien n’avait pas changé malgré le transfert.
Heureusement, mon duel avec Cecilia m’avait donné une direction à suivre pour mon entraînement.
La réponse, ce sont les Arts.
Pour utiliser les Arts, je devais développer ma force et mon agilité de façon équilibrée. Je réduisis donc de moitié mon entraînement cardio et consacrai le reste à la musculation.
« C’est lui, le type qui a frappé dame Ren en plein visage ? »
« Il est complètement cinglé. »
« Sérieusement. J’ai entendu dire qu’il avait même volontairement encaissé tous les coups pendant leur duel. »
Il n’y avait qu’une chose qui me déplaisait dans ma nouvelle unité : tout le monde m’avait catalogué comme un poids mort complètement dingue.
Je comprenais pourquoi.
J’avais rejoint mon ancienne unité, la 2341ᵉ, quand j’étais jeune, alors tout le monde me trouvait mignon. Pour ces gens-là, en revanche, je n’étais qu’un taré tombé du ciel.
Quand même, 2222.
Pourquoi ce numéro me disait-il quelque chose ?
Était-ce parce qu’il évoquait une bourrasque ?
Alors que je chassais cette pensée pour me concentrer sur mon entraînement, une blonde familière s’approcha de loin.
Ses cheveux dorés, pareils à la lumière du soleil, retombaient sur ses épaules.
Sous cette chevelure brillaient des yeux ardents comme des flammes.
C’était Adeline Windsor, une PNJ nommée d’Académie de la Fin, la meilleure épée de l’Empire et la capitaine de l’unité 2222, connue sous le nom de Groupe de Raid de la Bourrasque.
Après la dissolution du Groupe de Raid de la Bourrasque, elle était devenue instructrice à l’Académie et avait continué à jouer un rôle actif jusqu’au raid du donjon final.
À titre d’information, le Groupe de Raid de la Bourrasque avait été dissous parce que tous ses membres étaient morts.
Putain. Pas étonnant que ce nom me soit venu si facilement.
« Alors, c’est toi, le petit morveux dont tout le monde parle ? »
« C’est un honneur de rencontrer la meilleure épée de l’Empire. Je m’appelle Halibal Velder. »
Elle réfléchit un instant avant de parler.
« Toi. Montre-moi ce que tu sais faire. »
« … D’accord. »
L’épreuve commença aussi naturellement que l’eau s’écoulant en aval.
Je m’étais préparé à affronter Adeline elle-même, mais, à ma grande surprise, elle s’assit simplement sur une chaise pour regarder.
Un soldat chevronné se plaça plutôt devant moi.
« Qu’est-ce que tu fais ? J’ai dit que je voulais voir ce que tu sais faire. »
« Je pensais que j’allais me battre contre vous, capitaine. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Si tu te bats contre moi, tu vas mourir. »
C’était juste.
J’engageai le duel contre le soldat chevronné qui me faisait face.
Une gemme bleue apparut au-dessus de ma tête.
J’étais plus rapide.
À moi de jouer.
[Faiblesse !]
Je visai son point faible du premier coup, puis le tailladai d’une attaque supplémentaire.
« Argh, espèce d’enfoiré… Je ne vois même pas correctement ses coups d’épée ! »
Alors que je pensais que le tour de mon adversaire allait commencer, Adeline leva la main pour interrompre le duel, puis s’approcha.
« J’ai entendu dire que ton épée donnait l’impression de trancher deux fois. »
« C’est ce qu’on raconte. »
« Non, tu as bien frappé deux fois, n’est-ce pas ? »
Depuis mon arrivée dans ce monde, c’était la première fois que quelqu’un perçait à jour mon tour supplémentaire.
Bien sûr, elle n’avait probablement pas compris que tout fonctionnait au tour par tour.
« Intéressant. C’est comme ça ? »
Vlan ! Vlan !
Elle ramassa une épée en bois à proximité et me frappa.
Deux fois.
Les coups s’enchaînèrent presque simultanément. À première vue, on aurait dit qu’elle n’en avait porté qu’un, mais après les avoir reçus, je sus qu’il s’agissait bien de deux coups distincts.
Elle avait reproduit le mouvement après l’avoir vu une seule fois.
Était-ce pour ça qu’elle était la meilleure épée de l’Empire ?
Mais pourquoi me frappait-elle ?
Accroupi, une main sur le ventre et l’autre sur l’épaule, je repris mon souffle tandis qu’elle me dévisageait avec curiosité.
« Non. Ce n’est pas pareil. Tu as un talent vraiment inhabituel, tu sais ? »
Je le compris instinctivement.
C’était ma chance.
« Apprenez-moi les Arts, je vous en prie. »
Je plaquai aussitôt mon front contre le sol.
Même à l’Académie, elle avait été le mentor du protagoniste. Je ne trouverais sans doute pas meilleur professeur dans ce monde.
« D’accord. Pourquoi pas ? »
Il ne me fallut que quinze minutes pour regretter cette décision.
⁎⁎⁎
Un an s’était écoulé depuis mon arrivée au Groupe de Raid de la Bourrasque.
Chaque jour, Adeline me rouait de coups comme un chien sous prétexte de m’entraîner, mais je n’avais toujours pas appris les Arts.
À la base, les Arts étaient des compétences propres à chaque personnage.
Et si Halibal, un simple figurant, n’avait tout bonnement aucun Art à la base ?
Cette idée m’était venue six mois après qu’Adeline avait commencé à me traiter comme un sac de frappe.
Bien sûr, je ne pouvais pas le dire à voix haute.
Si je lui annonçais soudain : « Je ne crois pas pouvoir utiliser les Arts », cette tarée tenterait probablement de me tuer pour de bon.
Puis, un jour, un ordre de déploiement fut transmis à l’unité.
Le Groupe de Raid de la Bourrasque tirait son nom du système d’Académie de la Fin, axé sur les donjons.
Dans ce monde, l’Empire envoyait sans cesse des soldats à la mort pour nettoyer les donjons du Dieu maléfique.
Et je fus donc jeté de force dans un raid contre le premier donjon du Dieu maléfique.
L’ordre de déploiement arriva alors qu’Adeline se trouvait dans la capitale, convoquée par l’empereur.
C’est là que je compris pourquoi le Groupe de Raid de la Bourrasque avait été anéanti malgré la présence d’Adeline, la meilleure épée de l’Empire.
Adeline n’était pas là.
« Hé, la bleusaille ! Ne traîne pas. Suis-nous ! »
« Ha ! Vous croyez que ce salaud va se pisser dessus dans le donjon ? »
« Personne n’attend rien de toi de toute façon, alors fais juste ton boulot correctement ! »
Ce furent les dernières paroles des soldats.
Le premier donjon du Dieu maléfique avait pour thème les bêtes.
Il était tellement plus terrible que le Donjon de l’Araignée qu’il n’y avait aucune comparaison possible.
Chaque monstre ordinaire y était à peu près aussi puissant qu’une Araignée à visage humain.
Le Groupe de Raid de la Bourrasque était plus fort que les autres unités, mais les monstres d’ici le surpassaient sans peine.
Notre mission consistait à faire de la reconnaissance. Si possible, nous devions tuer un monstre d’élite et revenir.
Le monstre d’élite du donjon des bêtes était un kobold dont tout le corps irradiait une énergie démoniaque. Dès notre rencontre, un seul coup de griffe fit voler la tête de trois soldats.
Quand je repris mes esprits, j’étais le seul encore debout. Le sang coulait des profondes entailles que ses griffes m’avaient ouvertes au ventre.
Si un monstre d’élite était aussi puissant, quelle force possédaient donc le mini-boss et le boss ?
Pour mémoire, dans le jeu, ce donjon était le premier donjon du tutoriel que le joueur terminait.
Quel équilibrage de merde. Non, ce n’était pas la bonne façon d’aborder la réalité.
Ah, le joueur était vraiment fort.
Naturellement, je n’avais aucun espoir de jouer le premier. Comme prévu, je commençai par encaisser un coup violent.
À moi de jouer.
De toutes mes forces, je lançai mon épée vers le cœur du kobold.
Mais sa peau épaisse empêcha mon coup de pénétrer correctement. Sa contre-attaque me brouilla la vue et, quand je repris mes esprits, j’avais cette blessure au ventre.
J’avais enduré trois ans d’entraînement de merde pour survivre. Est-ce que j’allais vraiment mourir ici ?
Kikikikikik !!
Comme pour se moquer de cette pensée, le kobold poussa un cri répugnant.
Une gemme bleue apparut au-dessus de ma tête.
C’était peut-être mon dernier tour.
Même ainsi, je n’avais pas d’autre choix. Je devais rassembler mes dernières forces et enfoncer mon épée dans son point faible.
Au minimum, je devais déclencher [Faiblesse !] si je voulais avoir une chance.
Mais j’eus beau chercher, je ne trouvai pas le moindre point faible sur son corps recouvert d’une peau épaisse.
Je ne voyais que les corps de mes compagnons d’armes, éparpillés autour de moi.
Ils parlaient tous comme des connards, mais après avoir passé un an avec eux, je m’étais attaché à eux à ma manière.
Je serrai les dents.
« Espèce de… sale fils de pute… »
Alors tout mon corps se mit à hurler.
J’entendis mes muscles se déchirer.
Le son de ma respiration et des battements de mon cœur se mêla et résonna dans mes oreilles.
Et pourtant, au milieu de cette douleur, mon esprit s’éclaircit.
Sous le choc, comme si quelque chose en moi venait de se rompre, le monde ralentit.
Tout semblait découpé en images successives.
Une énergie brûlante jaillit de ma main droite, celle qui tenait l’épée.
Elle était si chaude que j’avais l’impression que tout mon bras prenait feu.
Non, ce n’était pas du feu.
De la puissance.
La force et l’agilité que j’avais développées pendant trois ans.
Ma détermination et mon serment de ne jamais mourir.
Tout cela se condensa en un seul point.
« Le fondement des Arts, c’est d’enchaîner les mouvements. Décompose un seul mouvement encore et encore, et il finira naturellement par prendre forme et devenir un Art. »
La voix d’Adeline résonna dans mon esprit.
« Tu as de bonnes bases, alors si tu continues d’essayer, tu finiras bien par y arriver, non ? »
Je compris alors.
À force de m’habituer au système au tour par tour, j’étais devenu capable de porter un coup d’épée sans effort. Si j’enchaînais cette trajectoire, je pouvais en porter deux.
J’avais appris, quelque part en chemin, à enchaîner naturellement les coups d’épée comme si je respirais.
En les reliant, j’avais l’impression de pouvoir provoquer quelque chose.
« Si je ne trouve pas de point faible… je vais en créer un. »
Le premier coup partit.
Le deuxième suivit.
« Épée ciselante. »
En un instant, je tailladai le bras du kobold en forme de X.
Sa peau épaisse s’ouvrit, projetant du sang.
[Faiblesse !]
Une nette blessure en forme de X apparut sur son bras.
Ça a marché.
Les trois années passées depuis ma transmigration dans ce monde avaient enfin porté leurs fruits : j’avais créé un Art.
Mais quelque chose clochait. Je ne lui avais entaillé que le bras. Pourquoi avait-il été considéré comme un point faible ?
J’en devinai instinctivement la réponse.
L’Art avait créé un point faible.
Kieeeek !!
Son cri glaçant éveilla tous mes sens, et mon cœur se mit à battre comme s’il allait exploser.
Un tour supplémentaire. Je savais que si je ne l’achevais pas à ce tour, je mourrais à coup sûr.
Je resserrai les doigts sur mon épée.
Une attaque normale ne suffirait pas.
Il me fallait maintenant un coup capable de faire exploser le point faible créé par l’Épée ciselante. Un autre Art, en plus de l’Épée ciselante.
À cet instant, la Lumière Fracassante de Cecilia me revint en mémoire, avec l’image d’une explosion.
Tu vois ? Elle m’avait été utile, finalement.
Je repris mon souffle et concentrai toute la force de mon corps à la pointe de mon épée.
Premier coup.
Deuxième coup.
Puis le troisième, qui s’élança vers l’avant.
« Lumière cendrée. »
Un éclair cendré jaillit.
BOUM !!
La blessure en X laissée par ma lame rougit, puis le bras du kobold explosa un instant plus tard.
Kieeeek !!
Le sang giclant de tous côtés, le kobold poussa un hurlement et s’effondra.
La gemme rouge cessa de briller.
« Ça marche vraiment. »
En baissant les yeux, je vis que mon bras était complètement démoli.
Mon os était plié selon un angle impossible, et mes muscles, meurtris d’un bleu sombre, semblaient sur le point d’éclater.
Je m’écroulai sur place.
Allongé là, à bout de souffle, je compris que le cri d’agonie du kobold avait attiré d’autres monstres.
Des créatures semblables à des chiens émergèrent des ténèbres épaisses.
La langue pendante et la bave aux babines, elles s’approchèrent de moi, le corps ramassé sur lui-même.
Et maintenant, qu’est-ce que j’étais censé faire ? Je n’avais même plus la force de bouger un doigt.
Au moins, j’avais tué le kobold, pas vrai ?
À ça !
Alors que mes paupières lourdes commençaient à se fermer, un éclair semblable au soleil s’abattit du ciel.
L’éclair déchiqueta d’un seul coup les monstres canins. Puis une femme éblouissante, revêtue d’une armure dorée, apparut.
C’était Adeline.
Au milieu du champ de bataille maculé de sang et de chair, elle s’approcha sans un mot et me prit dans ses bras.
« Je suis… tellement soulagée que tu sois en vie. »
La lumière était trop éblouissante pour que je m’endorme dessous.
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