Chapitre 39
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 39 : Je suis venu chanter, moi
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BOUM !!
Les monstres-poupées frappés par la Lumière Fracassante de Cecilia roulèrent lamentablement au sol.
La Lumière Fracassante ne leur inflige pas assez de dégâts.
Ils tentaient de se relever, malgré leurs jambes vacillantes. Leur santé était réduite à un fil. L’attaque avait tout juste manqué de les achever en un coup.
C’était confirmé.
Cecilia se précipita vers moi.
« Vous allez bien ?! Montrez-moi où vous êtes blessé ! »
Les attaques des monstres-poupées avaient presque arraché mon bras droit.
Était-ce le prix à payer pour avoir retiré les éclats jaunes ?
Cette blessure risquait de mettre fin à ma carrière d’épéiste si je ne la soignais pas immédiatement. Le visage de Cecilia se figea aussitôt.
« Je suis désolée… ! Je ne sais pas pourquoi, mais mon corps refusait de bouger… ! »
Pourtant, Cecilia n’avait pas à s’excuser. C’était ma faute : je n’avais pas anticipé les injustices du combat au tour par tour.
D’après la description, le Domaine du Clown déformait la perception du mouvement.
Dans le jeu, cet effet n’était qu’un ralentissement, parce qu’il était trop pénible. Mais dans la réalité, il semblait agir exactement comme prévu.
Enfin, j’avais au moins eu la chance de ne pas être affecté.
Une douleur aiguë me traversait le bras dès que je le bougeais.
Avec ce bras, ça va être dur de manier une épée.
Je n’avais laissé passer qu’une seule attaque, mais les trois suivantes m’avaient réduit le bras en charpie.
Et j’étais droitier.
La défaite était presque certaine.
Bon. Analyse du Clown terminée.
Je ne peux pas gagner.
Pas dans cette tentative, en tout cas.
Dans ce cas, j’abandonnerais sans hésiter.
Ça ne voulait pas dire que j’avais l’intention de gâcher cette tentative. Mon tour était arrivé, alors j’avais du travail.
Je dois recueillir des données sur ses schémas d’attaque.
Je repoussai doucement Cecilia, qui me soutenait, puis me forçai à me relever.
Je passai mon épée dans la main gauche et pris appui contre le mur.
Puis je fonçai droit sur Maliaas, qui flottait dans les airs.
« Hoho ?! Comme prévu ! Tu fonces désespérément sur moi malgré une blessure qui devrait t’empêcher de te battre ! C’est exactement ainsi que j’imaginais l’Épée Funèbre ! »
« Qui a dit que je ne pouvais pas me battre ? »
J’activai la Plongée temporelle en plein vol.
Puis j’enfonçai l’Épée Ciselet en direction de son cœur.
Clang !
« … Ça… »
« Ha ha ha ! Protéger son point faible, c’est la base pour un être humain, non ? »
Une fine membrane se forma autour de son cœur et repoussa l’Épée Ciselet.
« Bien sûr, ce serait une autre histoire si je recevais Son baptême plus tard ! »
C’était une barrière semblable à l’Égide d’Eugene.
Un mince bouclier défensif fait d’énergie démoniaque.
« Cecilia ! »
« Hein ? Ah, d’accord ! »
BOUM !!
Cecilia enchaîna avec une attaque, mais la barrière se fissura sans se briser.
« Oho ?! »
Maliaas sourit d’un air espiègle.
« Voilà donc le talent de la Princesse de l’Épée ?! Dire que mon armure a failli céder sous une seule attaque ! »
« Ngh… !! »
Laissant Cecilia fulminer derrière lui, il me regarda et demanda :
« Monsieur Halibal, qu’en pensez-vous ? Vous trouvez ça désespérant ? Ou humiliant ?! »
Son sourire ne dura pas.
« … ? »
C’était sans doute parce qu’il avait aperçu mon expression tandis que je retombais des airs.
Cecilia ne pouvait pas la voir, dissimulée dans l’ombre de la lune.
Lui seul voyait mon visage.
À cet instant, je réprimais de toutes mes forces les commissures de mes lèvres, qui cherchaient à se relever.
Il avait dû croire que mon attaque avait échoué, mais pas du tout.
Je voulais vérifier quelque chose.
Et je venais de le confirmer.
Ça va marcher.
Les Évêques avaient une deuxième phase appelée « monstrification ».
Elle se déclenchait à leur mort.
Quand une attaque frappait le cœur d’un Évêque et le tuait, il abandonnait enfin son corps humain et renaissait en véritable apôtre du Dieu maléfique.
C’était pour cela que les Évêques ne protégeaient pas activement leur cœur durant leur première phase.
Non, ils se promenaient pratiquement le cœur à découvert, comme s’ils suppliaient qu’on le leur détruise. Il leur fallait mourir pour entrer dans leur deuxième phase.
Alors, pourquoi protégeait-il son cœur avec tant d’acharnement, maintenant ?
C’est certain. À ce stade, il n’a pas de deuxième phase.
Je ne pus m’empêcher de sourire en voyant s’ouvrir une possibilité de victoire.
« … Qu’est-ce que cette expression ? Vous êtes au bord du précipice, monsieur. Serait-il possible que la mort ne vous effraie pas ? »
Sans que je m’en rende compte, le tour de Maliaas était revenu.
D’un regard glacial, il balaya l’air de la main.
« Eh bien, même le grand Épée Funèbre n’est qu’un garçon. On peut supposer que la peur de la mort vous a fait perdre la raison. »
Des dizaines de couteaux imprégnés de Flamme noire remplirent le ciel.
« Je vais donc en finir ici. Jeune dame, veuillez patienter un instant. Je veillerai à ce que vous le rejoigniez bientôt. »
« La ferme, espèce d’ordure ! »
Les couteaux fondirent sur moi comme une pluie.
Son Art du jeu original : Cent couteaux.
Même s’il était évident qu’ils étaient loin d’être cent.
Malgré ma blessure, il concentra toutes ses attaques sur moi.
[Garde parfaite !]
[Garde parfaite !]
[Garde parfaite !]
Je repoussai les couteaux de toutes mes forces, mais mon bras gauche ne suffisait pas.
Paf ! Paf ! Paf !
Plusieurs couteaux commencèrent à s’enfoncer dans mon corps.
Un devint deux, deux devinrent cinq.
Bientôt, plus de dix couteaux me transpercèrent la chair et me brisèrent les os.
« … Hah. »
Les monstres encore debout chargèrent à nouveau.
Crac !
Mon épaule et mon flanc furent arrachés. Le sang me monta à la tête tandis que ma conscience commençait à s’évanouir.
La sensation ressemblait à celle que j’avais éprouvée quand l’attaque tournoyante de Varhatan m’avait frappé.
La mort.
« Ah… !! H-Halibal… !! Non… !! »
Cecilia accourut à mes côtés, en sang, et éclata en sanglots.
Son corps tremblait comme une feuille, comme si elle tentait de s’agripper à quelque chose qui lui échappait.
C’est une scène que je n’ai jamais vue.
Dans l’histoire, Cecilia n’avait jamais versé de larmes de chagrin.
Si on la choisissait comme héroïne à la fin, je croyais qu’il y avait une scène où elle pleurait de joie.
C’était une cinématique que je n’avais jamais vue.
Ne t’inquiète pas. Je reviendrai.
Je voulais le lui dire, mais ma bouche refusait de s’ouvrir.
La colère de Cecilia se tourna aussitôt vers les monstres.
« Espèces d’ordures !! »
Une lueur se rassembla autour de sa lame.
Un Art différent de la Lumière Fracassante ? Si elle avait une technique pareille, pourquoi ne pas l’avoir utilisée plus tôt ?
Sans que je m’en rende compte, Cecilia ne regardait plus que les monstres-poupées, et non Maliaas.
Mais c’était une erreur.
Regarde bien.
Ce n’est pas eux qu’il faut viser.
Je levai de force mon bras gauche inerte et lui tapotai le flanc.
Quand Cecilia baissa les yeux vers moi, je désignai Maliaas du menton.
Nous n’avions pas besoin de nous occuper de ces monstres de seconde zone. Il fallait plutôt pousser Maliaas à révéler autant de schémas d’attaque que possible.
Pour cela, elle devait le toucher encore au moins une fois.
« … Pourquoi ? »
Le visage de Cecilia était déjà couvert de larmes : elle avait compris ce que mon regard signifiait.
« … Regarde devant toi. »
À ma voix rauque, elle tourna enfin vers Maliaas l’épée qu’elle avait pointée sur les monstres.
Puis elle parla.
« … Cette technique… je l’ai créée… pour te la montrer. »
Ne t’inquiète pas. Je regarde.
Toi, lui et le chemin que je dois suivre. Tout.
« Style de l’épée Cecilia. Épée secrète. »
Comme si elle s’était préparée à tout, elle abattit son épée droit vers le sol.
« Croc de la chaîne radieuse. »
« … ! »
Un nouvel Art que je n’avais encore jamais vu.
BOUM !!
Dans un rugissement assourdissant, toute la ruelle fut engloutie par la lumière.
Quand la lumière s’évanouit, les monstres-poupées se dispersaient en poussière.
Maliaas se tenait juste devant Cecilia.
« … Ngh. »
Pour la première fois, il laissa échapper un grognement. Son corps entier était couvert de sang.
Les entailles qui le zébraient étaient comparables aux blessures qui me défiguraient.
Et il n’était pas venu là de son plein gré. L’Art de Cecilia l’avait attiré de force devant elle.
« Haa… Haa… »
Même l’armure qui protégeait son cœur avait été entièrement brisée, laissant une immense plaie sur sa poitrine.
La puissance de ce nouvel Art, le Croc de la chaîne radieuse, dépassait de loin tout ce que j’avais imaginé.
« Alors… qu’as-tu pensé de… mon Art ? »
C’est largement suffisant.
Maliaas se mit alors à applaudir.
« Oui ! Je le pense aussi ! Digne de la jeune dame de la Maison Ren ! Dire que vous cachiez une telle technique ! »
« … Tais-toi. »
« Mais c’est fini, Monsieur Halibal. La mort est à votre porte. »
Il s’approcha de moi et baissa la tête.
« Eh bien, voulez-vous laisser un dernier mot ? Je veillerai à ce que vos connaissances l’entendent ! Ah, quoique vous pourriez les retrouver vous-même d’ici là ! »
Je le regardai droit dans les yeux et déclarai :
« Tu as dit que tu voulais entendre un chant funèbre, pas vrai ? »
« … Pardon ? »
« Attends un peu. Je vais te le faire entrer dans les oreilles. »
À cet instant, Renee, dans ma poche, se mit à briller.
Le signe qu’une capacité venait de s’activer.
Une lumière bleue jaillit de Renee et s’éleva dans le ciel, teintant bientôt toute la voûte nocturne de bleu.
Les étoiles au-dessus de nous scintillaient comme des joyaux.
« C’est… ce qui s’est passé, à l’époque… »
Cecilia murmura sans même essuyer ses larmes.
Je n’avais pas l’intention de les essuyer à sa place.
Je comptais faire en sorte qu’elle n’en verse plus jamais.
C’est alors que ça arriva.
« Épée Funèbre… non, Halibal Velder. Qu’est-ce que… vous êtes ? »
Le visage de Maliaas se figea.
Il n’avait jamais affiché une telle expression, pas même après le coup critique de Cecilia, ni même lorsqu’il était mort dans le jeu original.
Comme s’il venait de tomber sur quelque chose d’inattendu.
Pour une raison inconnue, son regard était fixé sur moi.
Qu’est-ce que… ?
« Pourquoi… êtes-vous… ? »
Je n’entendis pas la suite.
La gemme au-dessus de ma tête se brisa en morceaux l’instant d’après.
[Capacité unique - Action de rembobinage 1 / 3]
⁎⁎⁎
« Quoi… qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi sommes-nous de nouveau ici ? »
Ça me ramène exactement à cet instant.
À l’instant où on nous avait arrêtés tandis que nous revenions sur nos pas.
Je n’avais fait que confirmer une nouvelle fois qu’il était impossible de fuir.
« Cecilia. Remplace tous tes éclats par des blancs. »
« Quoi ? Pourquoi, tout à coup ? Et qu’est-ce qui vient de se passer ?! Si tu sais ce qui se passe, explique-moi ! »
« Je sens une intention meurtrière au-delà de cette ruelle. Je crois que nous sommes tombés dans un piège. »
Tandis que je récitais la réplique préparée, je réorganisai mes éclats.
╔═════════╗
◈Noyau des Abysses - Renee◈
╠═════════╣
▸ Éclats équipés : 16/16
□ □ ■ ◎
● ● ● ●
● ● ● ●
● ● ◆ ◆
╠═════════╣
□ = Éclat rouge II 2
■ = Éclat bleu II 1
◎ = Éclat vert II 1
● = Éclat jaune 10
◆ = [Inébranlable]
◆ = [Amour-propre]
╠═════════╣
▸ Bonus de caractéristiques
Puissance d’attaque 4
Santé 11
Défense 13
Coups critiques 2
╚═════════╝
Cecilia examina mes emplacements.
« Tu m’as dit de retirer tous mes éclats bleus ! »
« J’ai une idée en tête. »
J’avais déjà compris le schéma d’ouverture de Maliaas.
Dès le début du combat, il déployait le Domaine du Clown, invoquait des monstres, puis concentrait ses attaques sur moi.
Il m’avait même lancé Cent couteaux. Et malgré le coup énorme de Cecilia, il avait serré les dents et l’avait ignorée.
Je l’avais compris instinctivement, à ce moment-là.
Je devais servir de tank dans ce combat.
C’était pour cela que j’avais équipé autant d’éclats jaunes. Heureusement, j’avais aussi Amour-propre et Inébranlable. Avec cette configuration, je devrais pouvoir encaisser les attaques des monstres et les Arts.
Puisque j’avais déjà vécu ça une fois, je devrais aussi pouvoir tenter des gardes parfaites.
Je craignais de manquer de puissance, mais l’Art final de Cecilia devrait suffire.
Le problème, maintenant, c’était d’obtenir le premier tour.
Est-ce que ça va marcher ?
Je n’en étais pas sûr.
Même en dehors des combats au tour par tour, je m’étais entraîné en privilégiant l’agilité. Et Maliaas était clairement le plus lent d’entre nous.
Même sans éclats noirs, ne serais-je pas plus rapide que lui ?
Pas le choix.
Un coup de lame.
Sans hésiter, je me tranchai légèrement l’arrière du mollet. Une douleur cuisante s’y répandit.
Je n’avais pas sectionné le tendon.
Sinon, je n’aurais plus pu bouger du tout.
La blessure était tout de même assez gênante pour m’arracher un gémissement chaque fois que je marchais.
« Hé ?! Qu’est-ce que tu fais ?! »
Cecilia était naturellement horrifiée.
S’automutiler soudainement.
À première vue, j’avais l’air complètement fou.
Dommage que je ne puisse pas lui dire pourquoi.
« Ne t’inquiète pas. Je le fais parce que c’est nécessaire. »
Cette fois, je pris les devants.
Cecilia écarquilla les yeux à ces mots, puis hocha la tête.
« … Tu m’expliqueras tout ça correctement, plus tard. »
« Si j’en ai l’occasion. »
Ensuite, je lui expliquai les grandes lignes du plan.
Ce fut un vrai casse-tête de lui expliquer sans prononcer des mots comme Maliaas, Évêque, Clown ou mes connaissances.
Cecilia m’observa d’un air suspicieux tout du long, mais elle passa peut-être sur les éléments les plus étranges. Elle finit par accepter le plan.
« … En résumé, je frappe la première personne que je vois dès qu’on entre dans la ruelle ? »
« Ça ne suffira pas tout à fait. »
Je sortis de ma poche le [Porte-clés bon marché].
Le porte-clés était solide et ses bords acérés.
Autrement dit, c’était l’objet que je pouvais lancer le mieux.
Désolé, Richard.
La prochaine fois, je t’achèterai un meilleur cadeau.
« Allons-y. »
Nos préparatifs terminés, je passai l’angle et entrai dans la ruelle sans hésiter.
« P-pitié… sauvez-moi… »
Dès que nous tournâmes dans la ruelle, je lançai le porte-clés droit devant moi de toutes mes forces.
« … Qu’est-ce que c’est ? »
Le porte-clés heurta le poignet de Maliaas, et l’homme qu’il tenait tomba au sol.
« Hum… ! Hum… !! »
L’homme que je croyais mort reprit son souffle dans un hoquet.
Quoi ? Cette personne était vivante ?
J’avais tenté le coup au cas où.
Quelle chance.
Il était presque à bout de forces, mais être vivant ou être mort, c’était complètement différent.
Absorption empêchée.
Nos chances venaient d’augmenter, même légèrement.
Maliaas, interrompu au beau milieu de son repas, se retourna, contrarié.
« Vous êtes… »
Oui, passe.
Je n’avais pas l’intention d’entendre les mêmes répliques une seconde fois. Je dégainai et fonçai sur lui.
Clang !
Mon épée heurta son armure et l’onde de choc engloutit la ruelle.
« Ngh… ?! »
Le Domaine du Clown se déploya au même instant.
« … Monsieur Halibal ? Que faites-vous ici ? »
Une gemme bleue apparut au-dessus de ma tête.
« Moi ? Je suis venu chanter, moi. »
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