Chapitre 26
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Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 26 : J’ai hâte
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Adeline observa la chambrée vide de Halibal.
« Qu’est-ce qu’il fabrique à traîner à cette heure-ci ? »
Quelques jours plus tôt, elle avait entendu dire que Halibal avait officié comme examinateur spécial au concours d’entrée de l’Académie de Ruidel.
Un gamin qui arrivait à peine à s’occuper de lui-même avait servi d’examinateur. C’était complètement absurde.
Quand elle l’avait confronté, il s’était contenté de répondre qu’il avait déposé sa candidature trop tard et qu’il n’avait pas eu le choix.
Elle l’avait pourtant averti plusieurs fois, mais il avait fini par oublier. Chaque fois qu’elle le voyait, il lui donnait une nouvelle raison de s’inquiéter.
Adeline entra dans la chambrée et passa la main sur le sac de couchage de Halibal.
Elle avait rencontré Halibal peu après son transfert dans la 2222e unité.
Sa première impression avait été qu’il était raide et insensible.
Un enfant qui avait fermé son cœur à cause des blessures et des épreuves du passé, et qui ne s’accrochait qu’à la chevalerie et à l’honneur. C’était sans doute pour cela qu’il avait même frappé au visage la précieuse fille d’une maison ducale.
Pourtant, après s’être entraînée avec lui, Adeline découvrit que Halibal n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait imaginé.
En fait, il était plutôt expressif.
Il pouvait sembler raide de l’extérieur, mais elle le sentait chaque fois que leurs épées s’entrechoquaient.
Le garçon maniait librement une lame rapide et attaquait si vite qu’Adeline elle-même avait du mal à se défendre. Ses yeux étaient toujours habités par le désir de progresser et la volonté de gagner.
C’était justement pour cela qu’elle s’inquiétait encore plus.
Un garçon qui faisait passer l’épée avant les gens. Adeline retrouvait en lui des fragments de son ancienne personnalité.
Elle comptait parmi les meilleurs épéistes de l’Empire et avait même percé les techniques secrètes du Style Belhart, créé par son ancêtre, le roi des mercenaires Belhart Windsor.
Elle avait même réinterprété ce style centré sur l’espadon pour achever son propre « Style Belhart d’Adeline ».
Puis Halibal l’avait modifié à sa guise et l’avait transformé en un Art indépendant : le « Style Halibal ».
Son talent était stupéfiant.
Adeline savait toutefois que ceux dont le talent s’épanouissait tôt en payaient toujours le prix.
Le garçon avait enduré bien trop tôt des souffrances qu’il aurait pu s’épargner.
Quand il était revenu gravement blessé à deux reprises après avoir affronté des bêtes démoniaques d’élite, Adeline avait eu l’impression que le ciel lui tombait sur la tête.
Et ce n’était pas tout. Il avait même affronté seul le boss du Donjon de la Bête, sans en informer personne au préalable. Adeline avait de quoi s’inquiéter.
À ses yeux, Halibal n’était qu’un enfant qui ne connaissait rien au monde et pouvait partir dans n’importe quelle direction.
Voilà pourquoi elle voulait lui enseigner davantage de choses.
L’escrime, mais aussi la manière de vivre dans le monde.
Jusqu’ici, elle ne lui avait transmis que la deuxième forme du Style Belhart.
Bien sûr, Halibal l’avait même transformée pour en faire sa propre technique d’épée, mais le vrai problème était à venir.
Une fois à l’académie, il apprendrait les styles d’escrime de l’école de Ruidel.
Adeline, elle-même épéiste douée, savait bien qu’incorporer un autre style d’escrime à une voie déjà maîtrisée revenait à empoisonner un épéiste.
C’était comme perdre son chemin parce que des conseils sans rapport venaient interrompre une progression qui se déroulait bien.
Et à présent, Adeline tenait une invitation envoyée par la direction de l’Académie de Ruidel. Depuis longtemps, celle-ci souhaitait la recruter comme instructrice.
Naturellement, elle avait d’abord refusé.
Adeline s’était déjà avoué qu’elle accordait une attention particulière à Halibal.
Mais elle avait aussi le Groupe de Raid de la Bourrasque, des compagnons qui avaient affronté la vie et la mort à ses côtés bien plus longtemps que Halibal.
Les abandonner pour rejoindre l’académie au nom d’un seul garçon n’avait aucun sens.
Ce serait injuste pour les deux camps.
À cet instant, un visage familier entra dans la chambrée.
« Capitaine, encore ici ? »
« Kruus. »
C’était Kruus, l’adjoint du Groupe de Raid de la Bourrasque et un compagnon qui était à ses côtés depuis leurs années d’académie.
« Je ne sais plus si c’est la chambrée de Halibal ou la tienne. »
« Très drôle. J’ai emménagé chez ce morveux, c’est ça ? »
« Bien sûr que non. Tu fais juste un petit détour en passant. Tous les jours. »
Adeline plissa les yeux à la plaisanterie de Kruus.
« Tu deviens de plus en plus insolent. »
« J’entends ça depuis l’académie. C’est trop tard pour me corriger. »
Adeline haussa les épaules, et le regard de Kruus se posa sur l’invitation qu’elle tenait.
Elle eut l’air anormalement surprise et la dissimula derrière son dos.
« Pourquoi tu la caches ? Entre nous, quand même. »
« Quel genre de relation on a, au juste ? »
« Quel genre ? Tu es mon ennemi juré à vie, depuis que tu m’as casé avec ma femme, qui me traite comme son ennemi juré. »
« Hé, Bella était trop bien pour toi. »
Ils rirent un instant.
Adeline et Kruus étaient amis depuis leurs années d’école. Quand ils étaient seuls, ils se parlaient donc toujours sans formalités.
« Si tu veux y aller, pourquoi tu n’y vas pas ? »
« Aller où ? »
Kruus désigna l’invitation du menton.
« Ils t’en envoient une tous les ans. Tu sais bien qu’elle est arrivée l’année dernière et celle d’avant aussi. »
« Je sais. C’est aussi la première année où tu ne l’as pas jetée. »
Adeline se gratta la tête, touchée en plein dans le mille, et Kruus ricana.
« Tu crois que je ne sais pas comment tu as dirigé le Groupe de Raid comme capitaine ? Tu as toujours été celle qui prenait seule les positions les plus dangereuses. Tu as peur qu’on t’en veuille si tu pars maintenant à l’académie ? »
« Kruus. »
« Pour être honnête, ça me ferait plaisir. Je n’aurais plus à réparer tes bêtises. Si Halibal s’en va et que tu pars aussi, j’aurai deux fois moins de boulot. »
Adeline éclata de rire devant l’effronterie de Kruus.
« Je ne pars pas. Où est-ce que j’irais en vous laissant, vous autres ? »
Kruus dégaina soudain l’épée à sa taille et la pointa droit sur Adeline.
Adeline dégaina la sienne par réflexe. Leurs lames s’entrechoquèrent pour la première fois depuis longtemps.
« Tu dégaines ton épée pour ça ? Ne me dis pas que tu es si pressé d’obtenir une promotion. »
Kruus secoua la tête à la plaisanterie d’Adeline.
« Non. Je voulais te dire que ton épée est plus rapide qu’avant. »
Adeline ouvrit de grands yeux.
Un adversaire était mieux placé pour juger si son escrime s’était améliorée. On la surnommait depuis longtemps la Plus grande épée de l’Empire, et elle avait stagné pendant des années.
À ce stade, les seules personnes capables de lui faire obstacle étaient des monstres de puissance comme le duc Ren, le commandant des Chevaliers impériaux, ou le vieux maître de l’Épée divine suprême.
Elle avait rarement l’occasion de croiser le fer avec eux. Jusqu’à récemment, Adeline avait donc cru que sa progression s’était complètement arrêtée.
Pourtant, Kruus, dont l’escrime était la meilleure du Groupe de Raid après celle d’Adeline, venait de le dire lui-même.
Son épée était plus rapide qu’avant.
Une seule explication lui vint à l’esprit.
Était-ce grâce à Halibal ?
Elle n’en était pas sûre.
Mais si son escrime s’était améliorée à force de parer chaque jour ses attaques fulgurantes, ce n’était pas impossible.
Tandis qu’Adeline réfléchissait, Kruus reprit la parole.
Cette fois, son visage était plus sérieux que jamais.
« Ne te méprends pas, Adeline Windsor. Ta place n’est pas à la tête du Groupe de Raid de la Bourrasque. Tu es l’inébranlable Plus grande épée de l’Empire. C’est là que tu dois être. Tu devrais viser cet objectif. Rien ne t’oblige à rester ici en freinant ta propre progression. »
« … »
« Il est temps que tu penses aussi à toi. Tu as de bonnes raisons de le faire, non ? Tu l’as toujours dit toi-même : la voie de l’épée n’a pas de fin. Tu as repris ta progression à zéro grâce à tes échanges avec Halibal. Alors, ne te force pas à rester. Fais tout ce qu’il faut pour rester auprès de ce garçon. »
Sur ces mots, Kruus sortit de sa veste un objet familier.
« Alors ne t’inquiète pas pour nous. Vas-y. »
« Hé, qui t’a dit de toucher aux affaires de ta supérieure ? »
« Quoi ? Tu ne commences pas à te sentir limitée sans ça ? »
C’était le Noyau des Abysses qu’Adeline avait confié à Kruus, au lieu de s’en servir pour progresser elle-même.
Son intention était claire.
Elle pouvait désormais progresser de nouveau sans le Noyau des Abysses. Il n’avait donc plus besoin de le garder.
Adeline venait d’accepter le Noyau des Abysses quand une voix retentit de l’extérieur.
« Je suis de retour. »
La porte de la chambrée s’ouvrit et Halibal rentra.
Il les regarda tour à tour, puis s’inclina poliment.
Kruus claqua la langue, comme si la scène lui déplaisait.
« Tu es soldat, mais tu te promènes vraiment comme bon te semble. »
« Désolé. »
« Ton service militaire se termine dès que tu entres à l’académie ? »
Halibal pencha un instant la tête.
Son expression montrait clairement qu’il se demandait : Ça ne se termine pas ? Adeline laissa échapper un rire sans joie, puis demanda :
« Alors, où es-tu allé si tard dans la nuit ? »
« Ah. »
Halibal sortit de sa veste une bourse en cuir et la leur montra.
C’était sa bourse à fragments, où il gardait d’ordinaire ceux dont il ne se servait pas. Elle était vide.
Tendant la bourse vide, Halibal sourit, satisfait.
« J’ai investi pour l’avenir. »
« … ? »
Adeline et Kruus se figèrent tous les deux.
Un investissement ? Halibal possédait près d’une centaine de fragments de rang inférieur.
Ce gamin savait-il seulement combien coûtait un seul fragment de rang inférieur ?
Dans quel genre d’investissement avait-il bien pu engloutir tout ça ?
Au bout du compte, ils arrivèrent à la même conclusion.
Il s’est fait arnaquer.
À leurs yeux, Halibal était un enfant qui avait passé toute sa vie l’épée à la main. Forcément, il connaissait mal le monde.
C’était aussi pour cela qu’ils ne l’avaient pas empêché d’aller à l’académie quand il avait exprimé ce souhait.
Adeline contempla Halibal, qui souriait fièrement malgré son arnaque, et poussa un soupir navré.
« … Tu veux que je laisse un gamin pareil partir tout seul ? »
« … Hmm. »
C’était vrai.
Bien sûr, Halibal ne leur prêta aucune attention. Il remit ses vêtements en ordre et se prépara à aller se laver.
« Je peux vous parler après m’être lavé ? »
« Vas-y. »
Une fois qu’il fut parti, ils ne furent plus que deux.
« Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? »
« Haa… Après avoir vu ça, je n’ai pas le choix. Il faut que j’y aille. »
Adeline regarda Kruus d’un air désolé.
Si elle partait, la charge du Groupe de Raid de la Bourrasque retomberait évidemment entièrement sur ses épaules.
Pourtant, il n’avait pas tort. Si l’académie pouvait l’aider à progresser, elle devait y aller. Et surtout…
Adeline regarda la porte par laquelle Halibal avait disparu.
Kruus lut son hésitation dans ses yeux et enfonça le clou.
« Vois le bon côté des choses. Au pire, tu diras que tu pars te trouver un mari. Passé trente ans, tu ne pourras plus te marier. »
« Espèce de cinglé. Tu sais quel âge nous sépare, ce gamin et moi ? Plus de dix ans. »
Adeline lui lança un regard noir, mais Kruus lui adressa un sourire lourd de sous-entendus.
« Je voulais dire que tu devrais essayer de séduire les instructeurs. »
Adeline rougit aussitôt.
Ses cheveux dorés dissimulaient à peine son embarras, mais elle ne pouvait échapper au regard de son vieil ami.
« Toi… ne me dis pas que… »
PAF !
« Argh ! »
Le poing d’Adeline s’écrasa en plein sur le visage de Kruus.
Le laissant étalé par terre dans un tas ridicule, Adeline baissa les yeux vers l’invitation qu’elle tenait.
Longtemps.
⁎⁎⁎
J’en ai trop fait ?
À en juger par la façon dont il avait mentionné Valhilar pendant la cérémonie d’entrée, Elia semblait encore traumatisé.
Voilà pourquoi je me demandais comment l’amadouer pour lui glisser quelques objets gratuits après qu’il m’avait fui pendant la cérémonie.
Alors, après la cérémonie d’entrée, j’avais imaginé quelques stratégies en me rendant à l’Atelier Work, à Nevil.
Je pouvais l’aborder naturellement sous prétexte de faire examiner Renee, ou faire semblant de tomber par hasard sur le Convertisseur de fragments et lui laisser quelques fragments en passant.
Mais les choses se déroulèrent plus facilement que prévu.
« Halibal Velder. Vous êtes… l’épée des Écailles rouges, n’est-ce pas ? »
« … ? »
Elia me prit pour un espion d’Alicia.
Je n’avais aucune idée de la façon dont il en était arrivé à cette conclusion, mais ça ne me dérangeait pas.
Dans l’histoire originale, Elia était déjà censé être mauvais pour lire l’ambiance. Plus précisément, il avait l’esprit d’un ingénieur et avait tendance à envisager toutes les possibilités sans raison.
Grâce à ça, je gardai le silence, et Elia me conduisit de lui-même jusqu’au Convertisseur de fragments inachevé.
Elia se mit à énumérer l’histoire et les effets du Convertisseur de fragments. Je savais déjà tout, alors je ne l’écoutai que d’une oreille.
Après avoir terminé ses explications, qui s’éternisèrent, il me regarda d’un air tendu.
« … C’est une invention pour l’humanité. Pourriez-vous en parler à Son Altesse ? »
Lui en parler ? J’étais venu ici uniquement parce que j’en avais besoin.
Cela dit, ce malentendu n’était pas une mauvaise chose. Je me dis que je pourrais même en profiter, alors je me lançai.
« Son Altesse veille toujours sur vous. »
« … Je le savais ! »
Le visage d’Elia se figea, puis ses yeux s’écarquillèrent comme s’il venait de comprendre quelque chose.
« Attendez. Cela signifie-t-il que… la Famille impériale approuvera sa fabrication ? »
« Bien sûr. Son Altesse reconnaît elle aussi la valeur de cette machine. »
C’était complètement faux.
Dans l’histoire originale, Alicia ignorait même l’existence du Convertisseur de fragments jusqu’au chapitre quatre, voire cinq.
C’était pour cela que, même lorsque les étudiants commencèrent peu à peu à s’équiper de fragments de rang supérieur, elle se contentait de réagir par un « Waouh, c’est intéressant ». Ce ne fut qu’après avoir appris son existence qu’elle se mit en hâte à fabriquer ses propres fragments.
Malgré tout, dans ma situation, emprunter le nom d’Alicia me donnait carte blanche pour tout. Difficile de rêver mieux.
Je me mis aussitôt à décharger mes fragments sur Elia.
« C’est un cadeau de Son Altesse. »
« C-ce… ? »
Les yeux d’Elia s’écarquillèrent devant les fragments qui jaillissaient de ma poche.
Près d’une centaine de fragments de rang inférieur se répandirent sur le sol, et il inspira brusquement.
Si je me souvenais bien, il fallait seize fragments de chaque couleur pour activer le Convertisseur de fragments.
J’avais apporté exactement la bonne quantité.
« Vous voulez dire que je peux les utiliser comme bon me semble ? »
Je hochai la tête au lieu de répondre. Elia compta les fragments, puis me regarda avec détermination.
« … Il doit y avoir une contrepartie. Que voulez-vous ? »
« Je veux l’installer à l’académie avant le début du semestre. Vous pouvez l’achever d’ici là ? »
« … À l’intérieur de l’académie ? C’est aussi ce que souhaite Son Altesse ? »
Bien sûr que non.
J’en avais juste assez de devoir me rendre à l’Atelier Work chaque fois que je voulais fabriquer ou combiner des fragments.
Ce serait aussi mieux si les étudiants pouvaient s’en servir.
Naturellement, je hochai simplement la tête une nouvelle fois.
Les yeux brillants, Elia prit la parole. Pour la première fois depuis notre rencontre, il souriait.
« Avec les fragments que vous m’avez donnés, je peux le terminer dès demain si je travaille toute la nuit. »
Pas besoin de travailler toute la nuit.
Mais j’avais confirmation que c’était faisable.
La première chose dont je devais m’occuper était réglée.
« Merci, Halibal Velder. »
« Tout est dû à la générosité de Son Altesse. »
« En effet. Dites-lui que je lui suis reconnaissant, moi aussi. Nous nous reverrons à l’académie. »
Eh bien, Alicia me remercierait probablement plus tard.
Quand je retournai directement à la chambrée, j’y trouvai Adeline et son adjoint, Kruus.
Pourquoi ces gens se trouvaient-ils tranquillement dans la chambrée d’un autre ? Ils n’avaient aucun respect pour la vie privée ?
Ah, c’était l’armée.
C’est vrai.
On aurait dit que j’avais déjà pris mes habitudes d’étudiant.
Après avoir discuté un peu avec eux, je me dirigeai vers les sanitaires. Je me sentais étrangement léger.
Dans une semaine, je dirai aussi adieu à cet endroit.
J’avais passé assez longtemps ici comme soldat, après avoir débarqué dans ce monde.
Je m’étais battu, j’avais échappé de peu à la mort et j’avais tenu bon. Sans même m’en rendre compte, j’avais gravi les échelons jusqu’à atteindre un rang assez élevé.
Mais désormais, le décor allait changer. Le véritable terrain de jeu de l’Académie de la Fin : l’Académie de Ruidel. Là-bas, je devrais survivre non plus comme soldat, mais comme étudiant.
J’aurais normalement dû m’inquiéter avant tout, mais les mots qui me vinrent aux lèvres furent tout le contraire.
« J’ai hâte. »
Arrivé aux sanitaires, je m’aspergeai d’eau et marmonnai ces mots.
Une semaine passa en un clin d’œil.
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