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Traducteur/éditeur : Irevi
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Chapitre 2 : Une puissance d’attaque accrue
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« Transférez tous les sujets au culte. »
« Le Sceau mental fonctionne parfaitement, n’est-ce pas ? »
Une voix désagréable me fit ouvrir brusquement les yeux.
Je les entrouvris et aperçus un plafond de verre.
Le verre reflétait des dizaines de personnes allongées comme des cadavres. Au milieu d’elles, un garçon était éveillé.
Un enfant aux cheveux gris cendré et aux yeux rouges.
Le garçon du reflet reproduisit mes mouvements. C’est alors que je compris qu’il s’agissait de moi.
Que s’est-il passé ?
Je venais bel et bien de lancer le jeu dans ma chambre. Pourtant, quand je repris connaissance, j’étais dans un corps inconnu.
Je tournai légèrement la tête et vis des gens en robe noire s’affairer autour de chariots.
Le symbole brodé sur leurs robes m’était familier.
Une lune d’un noir d’encre. C’était l’emblème du Culte de Tartare, la principale faction ennemie d’Académie de la Fin.
Mais qu’est-ce que c’était que ce bordel ?
La situation défiait le bon sens. Mes pensées ne pouvaient donc que s’égarer dans des hypothèses absurdes.
Mon dernier souvenir était celui de mon doigt appuyant sur le bouton « Démarrer », dans ma chambre.
Est-ce que j’ai vraiment pris possession d’un personnage du jeu ?
M’accrochant à cette théorie invraisemblable, je regardai de nouveau le garçon reflété dans le verre.
Il me disait quelque chose.
… Attends, ce ne serait pas Halibal ?
Halibal Velder.
Un élève figurant ordinaire de l’Académie de Ruidel, le cadre d’Académie de la Fin.
Au fil de l’histoire, on découvrait qu’il était un adepte du Culte de Tartare et qu’il mettait en péril le groupe du protagoniste.
Le garçon du reflet était sans aucun doute Halibal, enfant.
Autrement dit, j’avais pris possession de Halibal dans Académie de la Fin.
Et à une époque antérieure au début du jeu.
… Putain ?
J’avais de bonnes raisons de jurer dès que je compris dans quel corps je me trouvais.
Halibal était le personnage le plus exaspérant d’Académie de la Fin.
Précision des attaques : 100 %. Esquive : 0 %.
Il encaissait toutes les attaques du joueur, mais ses propres coups ne rataient jamais.
Combien de joueurs avaient renoncé aux succès et abandonné le jeu à cause de cet enfoiré ?
De mon côté, Halibal m’avait fait foirer un nombre incalculable de parties où je visais les succès.
À la longue, une question s’était mise à me trotter dans la tête.
Pourquoi est-ce qu’il encaissait tous les coups, bordel ?
D’accord, le joueur ne pouvait pas esquiver ses attaques. Mais pourquoi fallait-il qu’il encaisse lui-même tous les coups ?
Son concept reposait soi-disant sur la fierté et l’honneur chevaleresques, mais en tant que type du monde moderne, je n’arrivais pas à l’accepter.
Et maintenant, j’étais clairement à une époque antérieure à son entrée à l’académie. Non, antérieure au moment où il était devenu un adepte du Dieu maléfique.
« Préparez le prochain baptême. »
À peine la voix eut-elle retenti qu’on me chargea avec les autres sur un chariot et qu’on nous entraîna dans un passage sombre.
Une présence écrasante et sinistre émanait du fond du couloir.
Un baptême, mon cul. C’est le lavage de cerveau du Dieu maléfique.
Dans le jeu, Halibal avait rejoint l’académie après que le culte lui eut lavé le cerveau.
À en juger par l’atmosphère, ça devait être le moment où tout s’était joué.
Si on devait me balancer dans le jeu, ils auraient pu faire de moi le protagoniste. Ou au moins un membre de son groupe.
Si je restais sans réagir, on me laverait le cerveau, on me transformerait en monstre et le groupe du protagoniste finirait par me massacrer.
C’est alors que je l’aperçus.
Un éclat de verre, au-dessus du passage, oscillait dangereusement. Le moindre choc semblait pouvoir le faire tomber.
Je le compris instinctivement.
C’est ma seule chance de m’en sortir.
Je remuai les mains pour vérifier jusqu’où je pouvais bouger malgré mes liens. Puis je déplaçai légèrement les jambes afin de voir si je pouvais courir.
Heureusement, je n’étais pas blessé et je pouvais bouger assez facilement.
Le chariot continua d’avancer vers le fond du passage, qui se rétrécissait jusqu’à ce que mes pieds puissent toucher les murs.
C’était probablement ma chance.
Dès que l’éclat de verre se trouva juste au-dessus de ma tête, je frappai violemment le mur du pied.
Boum !
« … Quoi ? »
Un craquement retentit au-dessus de moi et l’éclat tomba tout près de mes mains.
Je m’en emparai aussitôt et tranchai la corde.
« Quoi ?! Comment as-tu échappé au Sceau mental ? »
Le cri effaré d’un membre du culte retentit.
Le Sceau mental était une magie utilisée par les cultistes dans Académie de la Fin.
Ils avaient dû trop lui faire confiance et nous attacher sans serrer les nœuds.
J’ai eu du bol.
Je pointai l’éclat de verre vers le cultiste devant moi.
En même temps, je jetai un coup d’œil autour de moi et compris que je connaissais l’endroit.
Dieu merci, ce n’est pas le quartier général.
Le Culte de Tartare était divisé entre un quartier général et des antennes. Peut-être à cause de contraintes de développement, les terrains de toutes les antennes étaient presque identiques.
Grâce à ça, je me souvenais même de l’emplacement de la sortie.
Il n’y avait aucun autre cultiste dans les environs non plus. Apparemment, un seul avait été chargé de tirer le chariot dans cette partie du passage.
Si je mets cette personne hors d’état de nuire, je devrais pouvoir m’en sortir.
« Tss. Quel sale petit morveux ! »
Tu pouvais difficilement être plus exaspéré que moi.
Je fonçai sur le cultiste et lui entaillai profondément la poitrine avec l’éclat de verre.
« Urgh ! »
Le sang gicla.
Ce ne fut qu’après l’avoir tailladé qu’une étrange sensation me saisit.
… Je viens de blesser quelqu’un ?
Même si j’avais pris possession d’un personnage de jeu, quelqu’un qui avait vécu en Corée du Sud à l’époque moderne n’aurait-il pas dû éprouver du dégoût ? Pourtant, mon corps avait bougé beaucoup trop naturellement.
Est-ce parce que je suis en danger ?
Cela dit, m’inquiéter de ça dans une situation aussi désespérée était un luxe.
Je me préparai à achever le cultiste d’une nouvelle attaque.
« ? »
Mais mon corps refusa de bouger.
Putain, qu’est-ce qui se passe ?
« Sale morveux ! Tu vas recevoir une bonne leçon ! »
L’instant d’après, une boule de feu me frappa dans le dos.
« Aïe… ! »
La douleur dépassait tout ce que j’avais jamais éprouvé.
Je ne pouvais pourtant pas crier. Si je le faisais, les autres cultistes accourraient à coup sûr.
Je suis foutu.
S’ils lançaient encore un sort, j’étais certain d’être enlevé, soumis à un lavage de cerveau, puis tué.
Je les foudroyai du regard.
« … ? »
Pourtant, ils s’étaient immobilisés sur place.
Plus précisément, ils étaient figés dans la posture qu’ils avaient prise juste après avoir lancé leur sort.
Une grosse gemme était apparue au-dessus de ma tête sans que je m’en rende compte.
Dès que je vis son apparence étrangement familière, je compris pourquoi Halibal, dans le jeu, avait une précision aussi absurde de 100 % et encaissait toutes les attaques.
« Putain. »
Parce qu’il était le seul à se battre au tour par tour.
Je ne l’avais pas remarqué, puisque j’avais toujours combattu en temps réel du point de vue du joueur.
À en juger par son apparence, la gemme au-dessus de ma tête indiquait clairement le tour en cours.
Le bleu signalait mon tour. Le rouge, celui de l’ennemi.
Je réajustai ma prise sur l’éclat de verre et le plantai dans sa poitrine.
[Faiblesse !]
C’était un coup critique ?
La blessure devait être superficielle, car le cultiste ne tomba pas.
J’avais tout de même réussi à le déstabiliser.
« C-comment c’est arrivé ? Je n’ai même pas vu l’attaque ! »
Apparemment, mes attaques ne se faisaient sentir en temps réel qu’après avoir déjà touché l’ennemi.
Normalement, dans un jeu au tour par tour, l’ennemi jouait juste après moi.
Alors, c’est maintenant à mon tour de me faire frapper ?
Je me préparai à encaisser, mais le cultiste se figea après avoir terminé sa phrase.
La gemme au-dessus de ma tête était toujours bleue.
Elle avait simplement un peu rétréci.
Ne me dites pas que j’ai eu un tour supplémentaire ?
Le message [Faiblesse !] qui venait d’apparaître devait avoir une signification.
Toucher un point faible me donnait un tour supplémentaire ?
Sans hésiter, j’enfonçai de nouveau l’éclat de verre dans sa poitrine.
[Faiblesse !]
Cette fois aussi, mon coup porta juste.
Est-ce que j’aurai encore un tour supplémentaire ?
À cet instant, mon corps s’immobilisa.
Le cultiste, le visage tordu de rage, rassembla une Flamme noire dans sa main. Seuls les adeptes du Dieu maléfique l’utilisaient.
« C’est fini !! »
BOUM !!
Les tours supplémentaires devaient être limités à un seul.
J’avais appris quelque chose de nouveau. Et j’avais aussi découvert la douleur de sentir la moitié de mon torse brûler.
« Aaah… !! »
On disait que brûler vif faisait un mal de chien. J’en faisais maintenant l’expérience. J’étais vivant, mais la douleur était telle que la mort aurait été préférable.
Pour être honnête, je voulais tout laisser tomber.
Je n’aurais jamais cru que ça ferait aussi mal.
Mais je voulais encore moins abandonner pour me faire enlever, laver le cerveau et tuer.
Et je voulais encore moins mourir.
Je résistai à la douleur de ma peau qui se détachait et rassemblai mes dernières forces.
« … À mon tour, maintenant, pas vrai ? »
Fssht !
« Pardonne à ton serviteur de mourir sans jamais t’avoir vu… ! »
Tu parles d’un pardon.
Quand il s’effondra, le soulagement me submergea enfin et mon esprit commença à sombrer.
Alors que je me disais que dormir sous une couverture serait idéal, j’entendis d’autres cultistes parler au bout du passage.
Putain…
Je n’eus finalement d’autre choix que de forcer mon corps brûlé à bouger.
Pour survivre.
⁎⁎⁎
… Mais où est-ce que je suis ?
Après avoir fui sans savoir où j’allais, je réussis de justesse à m’échapper de l’antenne du culte.
La sortie était dissimulée dans une fissure entre de petits rochers. L’endroit devait se trouver sous terre.
Je reviendrai détruire cet endroit un jour.
C’était peut-être pour ça que les signes d’une poursuite s’évanouirent une fois arrivé à la surface.
Les cultistes ne voulaient probablement pas que l’Empire Cyrus les découvre non plus, alors ils ne me poursuivraient pas très loin.
Une fois revenu à moi, je touchai le haut de mon corps. Les marques laissées par la Flamme noire imprégnée d’énergie démoniaque étaient impossibles à manquer.
Mon reflet dans le lac était pitoyable.
J’avais probablement été plutôt beau avant, mais il ne restait que des cicatrices ratatinées qui me donnaient l’air d’un monstre. J’étais bien plus laid que Halibal dans le jeu.
J’aurais peut-être mieux fait de devenir un monstre ?
Mais qu’est-ce que j’y pouvais ? Il fallait que je vive.
Je repérai la direction du soleil et me mis en route sans plan précis.
L’Empire Cyrus, où se déroulait Académie de la Fin, se trouvait à l’est. Je me dis que si je continuais dans cette direction, je finirais bien par atteindre une ville.
Quand j’en atteignis une, des enfants me jetèrent des pierres et les adultes me dévisagèrent froidement.
Ces foutues brûlures.
Au lieu de recevoir le baptême du Dieu maléfique, je reçus celui des pierres. Une seule pensée me traversa l’esprit.
Je ne veux plus souffrir.
Qui pouvait bien aimer se faire tabasser ? Je n’étais pas masochiste.
J’avais déjà subi des blessures bien au-delà de tout ce que j’avais enduré dans ma vie.
Encore maintenant, mes brûlures semblaient s’enflammer dès que je les touchais.
Le problème, c’était que le système de combat de Halibal était à son tour à lui seul.
Dès que l’ennemi jouait, je me faisais forcément frapper.
Il n’y avait qu’une solution.
Alors, je n’aurai qu’à ne pas laisser l’ennemi jouer.
Je devais l’achever d’un seul coup avant qu’il ait son tour.
Je devais faire en sorte de ne plus jamais être touché ni blessé.
Pour ça, il me fallait de la puissance d’attaque.
Une puissance d’attaque accrue.
Pour y parvenir, il me fallait naturellement un entraînement méthodique.
C’est alors qu’un panneau indicateur attira mon regard.
J’étais arrivé à Belheim, une ville où étaient stationnées des troupes, en première ligne face aux Donjons du Dieu maléfique dans le monde d’Académie de la Fin.
Et je n’avais pas beaucoup d’options.
… Je suppose que je n’ai pas le choix.
Je me rendis à la base militaire et prononçai des mots que je n’aurais jamais pensé dire de ma vie.
« Je veux m’engager. »
« La période de recrutement des nouvelles recrues est terminée. »
« Je veux quand même m’engager. »
« Au moins, tu as du courage. Très bien. Montre-moi ce que tu as dans le ventre. Si tu arrives à me toucher une seule fois, je t’accepterai comme recrue. »
Pour quelqu’un qui combattait au tour par tour, la condition était ridiculement facile.
« Oh. »
Quand mon tour arriva, j’envoyai un faible coup de poing au soldat.
Il a bien dit qu’il suffisait de le toucher, non ?
Pas besoin de frapper fort.
Je n’en avais même pas la force.
« Tu es engagé ! »
Et voilà comment je devins soldat.
⁎⁎⁎
« Halibal, tu es masochiste ? »
« Non, monsieur. »
« Alors pourquoi tu encaisses les attaques ? Tu peux les esquiver, non ? »
Je ne peux pas les esquiver, espèce d’abruti.
« C’est une question de fierté chevaleresque. »
« Tu rêvais de devenir chevalier ? »
Pendant l’année qui suivit mon engagement, tout le monde dans l’unité me prit pour un idiot.
Un type brûlé sur la moitié du corps qui refusait de s’entraîner à l’épée et se contentait de soulever des poids. Évidemment que j’avais l’air d’un taré.
À chaque entraînement au combat, je portais un coup, puis encaissais le suivant.
Un jour, le commandant me posa franchement la question.
« Tu es idiot ? »
« Non, monsieur. »
« Alors, qu’est-ce que tu es ? »
« Je rêve de devenir un chevalier honorable. »
Ce ne fut qu’alors que je compris pourquoi Halibal, dans le jeu, n’arrêtait pas de parler des chevaliers et de leur fierté.
C’était l’excuse la plus crédible que j’aie trouvée.
« … D’accord. Comme tu veux. »
« Bonne journée, monsieur. »
Au bout de deux ans, je devenais peu à peu un homme à un tour.
Un seul coup suffisait.
Tant que j’empêchais l’ennemi de jouer, c’était tout ce qui comptait.
J’étais désormais certain que ma stratégie fonctionnait. Tous mes combats d’entraînement se terminaient en un seul coup, sans que mes adversaires aient le temps de riposter.
Quelques camarades me demandèrent même le secret de ma force.
Chaque fois, je leur répondais honnêtement.
« Comment tu as fait pour porter ce coup au moment exact ? »
« Parce que je fonctionne au tour par tour. »
« … Ha ! Tu te prends pour un génie ? Quel prétentieux. »
Je n’avais aucune intention de dissiper le malentendu qu’ils avaient choisi de nourrir.
« Putain, Halibal. Tu vas continuer à tout régler en un coup ? On ne peut même plus s’entraîner à cause de toi. »
« Désolé. »
Mais ça fait mal, quand on me frappe.
À l’époque où je pouvais vaincre en un tour tout le monde dans l’unité, sauf le commandant, je reçus ma première véritable mission.
Entrer dans un donjon et secourir une jeune dame noble.
« Nous comptons sur toi, Halibal. »
« Je ferai de mon mieux. »
À part les Donjons du Dieu maléfique, qui servaient de cadre principal au jeu, Académie de la Fin comptait toutes sortes d’autres donjons.
Par exemple, celui où je me trouvais était le Donjon de l’Araignée. C’était un donjon du début du jeu, aussi banal que possible, qu’on ne visitait que pour des quêtes annexes.
« Ennemi ! »
Naturellement, la plupart des monstres du Donjon de l’Araignée étaient des araignées.
Après un entraînement éprouvant, j’étais devenu un homme à un tour. Ils ne faisaient donc pas le poids face à moi.
[Faiblesse !]
Dès que le combat commençait, les monstres-araignées tombaient les uns après les autres, chacun sous un seul coup d’épée.
Même les monstres qui ne mouraient pas d’un coup pouvaient toujours être achevés pendant le tour supplémentaire.
Augmenter ma puissance d’attaque avait été la bonne décision.
« Comme on pouvait s’y attendre du Vent Cendré. On dirait vraiment qu’il ne frappe qu’une fois. »
« Il a l’étoffe d’un maître de l’épée. Il n’est pas fait comme nous. »
À mesure que je m’habituais aux combats au tour par tour, je compris que les autres ne voyaient pas mes tours supplémentaires.
Ça me valut un surnom étrange.
Vent Cendré.
On disait qu’un seul coup d’épée laissait deux blessures.
En réalité, j’avais frappé deux fois.
J’appris par la suite que le mot « cendré » faisait référence à mes brûlures, et non à la couleur de mes cheveux. Quels putains de racistes.
« Suivez Halibal ! »
Après avoir abattu les monstres les uns après les autres, nous arrivâmes à la salle du boss. Une jeune dame noble, étroitement enveloppée dans une toile comme un rouleau de maki, apparut à nos yeux.
« C’est le boss ?! »
« Cette énergie démoniaque n’a rien d’anodin. Ça ne peut être que lui ! »
Le boss était une Araignée à visage humain, dont l’abdomen portait une tête humaine.
Suspendue au plafond, tête en bas, elle nous fixait.
« Tout le monde, armez vos arbalètes ! »
« Il faut la faire tomber ! »
Le plan était simple.
Mes camarades la feraient tomber avec leurs arbalètes, puis moi, l’homme à un tour, je l’achèverais.
J’étais confiant.
Sa carapace n’a pas l’air très solide, je devrais pouvoir l’achever en deux coups.
Paf ! Paf ! Paf !
Le boss s’effondra sous une pluie de carreaux d’arbalète, et je fonçai immédiatement sur lui sans laisser passer ma chance.
Le combat commença.
… Mais.
CRAC !!
Putain ?
L’ennemi avait attaqué le premier.
« Halibal !! »
« M-merde… ! Halibal est à terre !! »
Je n’avais pas été vaincu.
J’essayais simplement de reprendre mes esprits après avoir ressenti, pour la première fois depuis longtemps, une douleur atroce.
C’est ça, les boss ?
Putain, que ça faisait mal.
Jusqu’à présent, j’avais toujours commencé… Est-ce que j’ai raté quelque chose ?
En y réfléchissant, je me souvins de quelque chose.
Pendant deux ans, j’avais soulevé des poids comme un forcené, mais je n’avais jamais entraîné mon agilité.
C’était un système basé sur Press Turn, et il y avait même une statistique de vitesse ? C’était quoi, cette connerie ?
Autrement dit, si ma vitesse était trop faible, je ne jouerais pas en premier. Pour éviter que l’ennemi m’attaque avant moi, il fallait que je l’augmente.
Quand je rentrerai, il faudra aussi que je commence à travailler mon agilité.
Quand je parvins enfin à me remettre debout, mes camarades avaient déjà été anéantis.
Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir raconter au commandant ? Quelle vie de merde.
Bien sûr, pour l’instant, il fallait surtout battre cet enfoiré.
Dès qu’une gemme bleue apparut au-dessus de ma tête, je plantai mon épée dans la tête de la créature.
[Faiblesse !]
C’était confirmé : sa tête était son point faible.
Je frappai une seconde fois de mon épée, puis le tour de la créature revint.
Pour le meilleur et pour le pire, même avec une vitesse supérieure, je n’aurais pas pu la tuer en un tour.
Me faire toucher deux fois au lieu d’une m’énervait quand même.
Ses pattes tranchantes comme des lames me percèrent de trois coups, dont un près de la poitrine.
[Faiblesse !]
« Ah. »
Alors, ça s’affichait aussi pour moi.
Merci pour l’info, ça m’aide beaucoup.
Je reçus trois coups au lieu d’un, mais, heureusement, je réussis à abattre le boss à l’attaque suivante.
J’étais dans un état lamentable, mais j’avais gagné, non ?
« Où suis-je… ? »
« Vous allez bien ? »
La jeune dame noble, dans mes bras, ouvrit les yeux.
Apparemment, les adeptes du Dieu maléfique l’avaient enlevée avant de la jeter dans ce donjon.
Je me sentais mal parce que mes camarades avaient été massacrés pour sauver une seule fille, mais qu’est-ce que j’y pouvais ? C’était le genre de monde où la vie d’un enfant noble valait plus que celle de quatre ou cinq soldats.
« Tenez bon encore un peu. Je vous ramène bientôt chez vous. »
Je la pris dans mes bras et courus désespérément vers l’entrée du donjon.
En regardant derrière moi, j’aperçus toujours les corps de mes camarades tombés au combat.
En les voyant, froids et immobiles, je me fis une réflexion.
Quand je rentrerai, je doublerai les poids que je soulève.
Si je rentrais, je devais devenir encore plus fort pour ne plus jamais voir mes camarades mourir.
Et faire un peu de cardio quand j’aurais le temps.
Notes de bas de page :
« Je fonctionne au tour par tour » (전 턴제) ressemble en coréen à « Je suis un génie » (전 천재).
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