Chapitre 105
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Traducteur/éditeur : Irevi
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◈ Je suis devenu un épéiste au tour par tour à l’Académie ◈
Chapitre 105 : On m’a volé mon butin
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« Qu’est-ce que c’est que tout ça ? »
À votre avis ? J’étais acculé.
« Le sommet de la Montagne des Étoiles, une grotte cachée, Nébuleuse… le donjon du Naufrage… le Chant de la sirène ? Et ces coordonnées marquées… Ne me dis pas qu’il s’agit de branches du culte ? »
« … »
« Mais où as-tu trouvé tout ça ? Il y a là des informations dont même le Bureau impérial du renseignement n’a pas connaissance. »
Même lorsque je servais dans l’unité, Adeline entrait et sortait régulièrement de la caserne où je logeais.
Elle ouvrait les portes à la volée et entrait sans se soucier de savoir si les soldats se changeaient. Les protestations ne manquaient pas.
Mais pouvaient-ils vraiment s’y opposer ?
C’était leur commandante et la Plus grande épée de l’Empire.
Pourtant, je n’aurais jamais cru qu’elle crochèterait la serrure de la maison de quelqu’un pour y entrer aussi.
Ce serait injuste de dire que j’avais été négligent.
Adeline s’approcha de moi ; je reculai d’autant.
« Je vais poser une seule question à mon adorable disciple. Réponds honnêtement. »
Elle me tendit le programme.
Ses yeux dorés semblaient prêts à me faire fondre.
« Fais-tu partie du culte ? »
« Absolument pas. »
Je répondis sans la moindre hésitation.
Parce que ce n’était vraiment pas le cas.
Adeline continua de me fixer un long moment après ma réponse.
Puis…
« …Quel soulagement. »
« …Pardon ? »
Elle poussa un léger soupir et s’affala sur le canapé.
Le soulagement se lisait sur son visage.
…C’est tout ?
Je m’étais attendu à un déluge de questions.
« Pour être honnête, je te soupçonne depuis quelque temps. Je me demandais si tu n’étais pas un espion du culte. »
« Ah bon ? »
« Oui. J’avais déjà commencé à enquêter sur ton passé. Je n’ai rien trouvé, et ça n’a fait qu’accroître mes soupçons. »
Elle avait déjà fouillé dans mon passé.
J’avais beau être proche d’Adeline, sa loyauté allait avant tout à l’Empire.
Elle ne pouvait pas se contenter de penser : « Ta sœur te fait confiance ! Alors je ne te soupçonnerai pas ! »
Je m’étais demandé pourquoi elle avait été si discrète. Elle avait dû commencer à se méfier après notre rencontre, le jour où j’étais parti sauver Mine.
Mais ensuite…
« Alors, j’étais inquiète. »
La voix d’Adeline se brisa légèrement.
« Je me disais… que tous les moments passés avec toi n’étaient peut-être qu’un mensonge… »
« … »
« Mais je suis contente que tu m’aies dit toi-même que c’était faux. Heureusement, tu ne sais pas mentir. »
Adeline avait toujours gardé au moins une part de la dignité attendue de la Plus grande épée de l’Empire.
C’était pour cela que je ne pouvais pas me permettre de la traiter trop familièrement.
Mais dans l’histoire originale, elle était plutôt du genre dure à l’extérieur, tendre à l’intérieur.
Elle avait accepté le poste d’instructrice après la mort de ses camarades, et ce qu’elle chérissait plus que tout, c’étaient la confiance et les liens.
Je le voyais sur le visage d’Adeline, à présent.
À cet instant, la personne devant moi n’était pas la Plus grande épée de l’Empire.
C’était simplement une femme sincèrement soulagée de voir que le disciple auquel elle tenait n’avait pas mal tourné.
Sa confiance absolue me piqua la conscience.
Je ne faisais pas partie du culte, mais il était vrai que je lui cachais beaucoup de choses.
La seule chose que je pouvais faire pour elle, à présent, c’était m’assurer qu’elle puisse me faire confiance sans inquiétude.
« Instructrice. Je veux mettre les choses au clair, une bonne fois pour toutes. »
« …Quoi ? »
« Je cache beaucoup de choses. Certaines sont des informations qui, si elles étaient révélées, bouleverseraient tout l’Empire. »
« … »
« Je ne peux pas tout te dire maintenant. Pas encore. Mais je peux te jurer une chose : je ne ferai aucun choix qui te décevra. Et si un jour je ne trouve pas la réponse tout seul… »
Je remis à Adeline le programme que je tenais dans les mains.
« Alors je te demanderai conseil. Comme avant. »
Adeline fit aller et venir son regard entre le programme et mon visage tandis que je le lui tendais.
« …Tu ne me décevras jamais. Et même si c’était le cas, ça ne pèserait pas lourd face à l’espoir que tu m’as donné quand je t’ai retrouvé dans ce donjon. »
« Merci. »
« Alors… tu me le diras plus tard ? »
« Le moment venu, je te dirai tout ce que tu voudras savoir. »
Je le sentis instinctivement. Même la moindre trace de méfiance dans son regard s’évanouissait.
« …Mais tu n’es pas un peu idiot ? Qui laisse quelque chose d’aussi important à la vue de tout le monde ? »
« Je sais. Je ne pensais pas que quelqu’un capable de déjouer mes sens entrerait chez moi sans permission. »
Quelqu’un comme la Plus grande épée de l’Empire.
« …Je suis désolée. »
Adeline prit un air gêné.
Elle savait donc s’excuser.
« Enfin bref. »
Adeline changea rapidement de sujet.
Le programme était déjà entre ses mains.
« D’après ce programme, mon disciple n’aura pas une seconde de repos pendant les vacances. Tu comptes attaquer des branches du culte et partir à la chasse au trésor ? »
« C’est ça. À vrai dire, je suis déjà en retard parce que j’ai trop dormi ce matin. »
« Eh bien… j’imagine qu’on n’y peut rien. Je pensais qu’on pourrait faire un peu d’entraînement sur le terrain, tranquillement, pendant les vacances. »
Est-ce qu’on pouvait vraiment associer entraînement sur le terrain et tranquillité dans la même phrase ?
Comme prévu, Adeline était venue à cause de Climmud.
Elle avait dû apprendre que c’était moi qui avais parlé de ces informations à Alicia.
Elle se méfiait déjà de moi, et les renseignements sur l’évêque n’avaient fait qu’attiser ses soupçons.
Pour en avoir le cœur net, elle était venue me proposer un voyage qui servirait aussi d’entraînement.
Et elle était tombée sur le programme posé sur mon bureau.
Si elle ne l’avait pas vu, elle m’aurait sans doute posé la question pendant le voyage, l’air de rien et indirectement.
« C’est dommage, mais il faudra remettre ça à une prochaine fois. »
Mais en voyant Adeline bougonner, une idée me traversa soudain l’esprit.
Est-ce que je suis vraiment obligé de faire ça tout seul ?
Mes projets avaient déjà été éventés et, même si une branche était faible, elle n’en restait pas moins une branche du culte. Je n’avais aucune idée de ce qui pouvait arriver.
En plus, des donjons comme celui du Naufrage étaient réputés infernaux dès le début.
Et puis, la personne qui n’avait été qu’un PNJ dans l’histoire originale n’était-elle pas maintenant bien vivante, juste devant moi ?
Avec moi, nous pourrions ouvrir les portes des donjons quand bon nous semblerait.
Ne serait-il pas beaucoup plus efficace d’y aller avec Adeline ?
Je vais tâter le terrain.
« Allons-y, pour cet entraînement sur le terrain. »
« Hein ? Mais tu es débordé. »
« Je n’ai appris que les deux premières formes du Style Belhart que tu m’as enseigné. Ce serait parfait. J’avais justement prévu de te demander conseil bientôt. »
Je désignai le programme qu’Adeline tenait à la main.
« Mais on suivra le plan indiqué ici. »
« …Quoi ? »
Une phrase qu’Adeline avait prononcée dans l’histoire originale me revint en tête.
La confiance aveugle n’est qu’une illusion.
J’étais tout à fait d’accord.
J’aurais beau demander à Adeline de me faire confiance, et elle aurait beau affirmer qu’elle me faisait confiance, l’être humain n’était pas si simple.
Une graine de méfiance resterait quelque part dans son cœur.
Mieux valait vivre ensemble tout ce qui était écrit ici, tout lui montrer clairement et dissiper ses doutes une bonne fois pour toutes.
« Jusqu’à présent, tu m’as toujours entraîné en m’affrontant. Mais le combat réel et le duel d’entraînement, c’est le jour et la nuit, non ? J’ai récemment atteint un plateau et ça me frustre. Je me dis que te voir te battre pour de vrai pourrait m’inspirer. »
Bien sûr, je ne prenais pas cette décision uniquement par sentimentalisme.
Je connaissais sa capacité au combat mieux que quiconque.
J’avais été mis à rude épreuve pendant tout le semestre.
Je n’avais pas manqué un seul jour d’entraînement, et je n’avais négligé ni l’escrime ni le travail à la ferme.
J’étais mort moi-même, et j’avais vu mes compagnons mourir.
Mon corps comme mon esprit étaient donc épuisés.
J’avais besoin de repos.
Oui. J’allais profiter du bus Adeline pendant quelque temps.
« Pfft ! »
Adeline, qui me dévisageait sans comprendre, éclata de rire.
« Alors, tu me demandes de faire tes devoirs de vacances à ta place ? »
Elle avait tout de suite vu clair dans mon jeu.
« …C’est interdit ? »
« Bon, je ne peux pas faire tes devoirs à ta place, mais si mon adorable petit frère me demande une “consultation”, je peux lui en donner autant qu’il en a besoin. »
Autrement dit, elle acceptait.
Parfait.
« Bien sûr… cette consultation risque d’être un peu rude. »
Finalement, peut-être pas.
Quoi qu’il en soit, j’ajoutai un petit remerciement en prime.
« Merci, grande sœur. »
« Tu ne m’appelles ta sœur que quand ça t’arrange ! »
Les yeux d’Adeline s’écarquillèrent en m’entendant la surprendre avec ce « grande sœur », puis elle me donna une tape dans le dos. Sa main n’avait rien perdu de sa férocité.
Quand j’eus rassemblé les bagages que j’avais préparés, Adeline m’attendait déjà près de la porte d’entrée.
« Qu’est-ce que tu fais ? Tu n’as pas dit que tu étais pressé ? »
Et c’est ainsi que je montai dans le bus Adeline.
⁎⁎⁎
Nous arrivâmes à Berhart après treize heures.
Je visitais Berhart pour la première fois, moi aussi, mais dès que nous descendîmes à la gare, je vis Renee qui nous faisait signe près des distributeurs automatiques.
Parfait. Je pourrais donc revenir ici quand je le voudrais, moi aussi.
Contrairement aux Plaines de Ronwood, Berhart ressemblait davantage à une petite ou moyenne ville. Les rues étaient donc bondées.
Après avoir mangé dans un restaurant voisin, nous prîmes directement la direction de la Montagne des Étoiles.
La Montagne des Étoiles n’était ni aussi haute ni aussi escarpée que les Monts de Ronwood.
Du moins, si l’on suivait le sentier de randonnée classique.
« …Tu es sûr que c’est le bon chemin ? »
Près du sommet, je quittai le sentier principal pour m’engager sur un chemin étroit envahi par les broussailles. Adeline m’observa d’un air soupçonneux.
« Tu as dit que tu me ferais confiance. »
« Même comme ça, comment veux-tu que je croie qu’il y a un fragment rare dans un coin pareil, au milieu des mauvaises herbes ? »
« Tu n’as qu’à voir par toi-même. »
Comme son nom l’indiquait, la Montagne des Étoiles était une montagne où brillait la lumière des astres.
Une météorite était tombée sur son sommet il y a bien longtemps, et l’éclat des étoiles qui s’y dispersait était censé guider les randonneurs jusqu’en haut.
Cette zone se débloquait soudainement au fil du scénario principal.
Naturellement, les joueurs s’imaginaient qu’un trésor incroyable les attendait dans cette nouvelle zone et se précipitaient vers le sommet.
Mais ils n’y trouvaient que de magnifiques paysages et un seul point de réussite, lié à la contemplation du panorama.
Les gens s’étaient plaints sans relâche d’avoir gravi la montagne pour rien, la qualifiant de carte-piège.
Mais seulement s’ils la gravissaient de nuit.
En journée, c’était différent.
Au panneau le plus proche du sommet, il fallait ignorer l’itinéraire officiel, s’engager dans la forêt à droite, se frayer un chemin à travers les lianes et marcher longtemps.
On finissait alors par trouver une grotte.
À l’intérieur se trouvait un coffre au trésor contenant [Nébuleuse], le fragment ultime de type mana, qui ne tombait jamais, même après avoir enchaîné les donjons sans relâche.
Après avoir ouvert le coffre, on pouvait découvrir l’histoire qui se cachait derrière.
En réalité, la météorite était un monstre endormi, dévié de sa trajectoire lors d’un affrontement entre le Dieu maléfique et les Dieux principaux. Il était mort sans jamais se réveiller, laissant derrière lui un coffre au trésor hors d’un donjon.
Ça devrait être par ici.
Après avoir progressé à travers les lianes pendant environ une heure, l’entrée d’une grotte dissimulée par les broussailles apparut.
Adeline ouvrit de grands yeux.
« Je t’avais dit que j’avais raison. »
« …Comment connais-tu un endroit pareil ? »
J’allumai aussitôt une torche et pénétrai dans la grotte.
Elle n’était pas aussi profonde que je l’avais imaginé. Nous longeâmes un moment ses parois humides couvertes de mousse, puis nous arrivâmes bientôt à une impasse.
Là, seul, se trouvait un vieux coffre au trésor recouvert d’une épaisse couche de poussière, comme s’il était là depuis des siècles.
« …Il est vraiment là. »
« Je te l’avais dit. »
Au moment où je levai mon Noyau pour le déverrouiller…
Attends…
Pour une raison quelconque, je remarquai que seule l’ouverture du coffre était dépourvue de poussière. Et ces empreintes de mains…
…Il n’est pas verrouillé ?
Je soulevai précipitamment le couvercle.
Sans surprise…
Il n’y avait rien à l’intérieur, à part de la poussière.
« … ? »
…Pourquoi n’était-il pas là ?
Il aurait dû être là.
Adeline plissa les yeux en me regardant.
« Hum. J’ai vu ça. »
J’aurais préféré qu’elle ne me regarde pas comme ça.
J’étais moi-même complètement décontenancé.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Il devrait être là, c’est sûr…
C’est alors que…
« Qui est là ? »
cria Adeline.
Sa voix perçante résonna dans la grotte. Ce n’est qu’alors que je perçus moi aussi une autre présence.
Je braquai ma torche vers l’obscurité.
Je vis des cheveux roses onduler doucement dans le courant d’air de la grotte, derrière un pilier.
Une lumière d’un blanc éblouissant filtrait de la main d’une silhouette inconnue, qui tremblait comme une feuille.
[Nébuleuse]
On m’avait volé mon butin.
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