Chapitre 206 – La chambre d’Amami-san
La fête d’anniversaire d’Amami-san a rapidement touché à sa fin.
Il était encore tôt en soirée, mais il n’aurait pas été convenable de s’éterniser. De plus, Amami-san avait besoin de temps pour fêter ça en famille. Tout le monde a débarrassé les restes et a décidé de rentrer chez soi.
« Merci d’être venus, tout le monde ! Il y avait plus de monde que d’habitude aujourd’hui, je suis tellement contente ! On se voit au lycée ! Sanae, Manaka, on se capte plus tard, d’accord ? »
Amami-san a salué tout le monde avant qu’ils ne partent chacun de leur côté. Certains sont rentrés directement, tandis que d’autres sont partis s’amuser ailleurs.
Aujourd’hui, tout le monde semblait s’être bien entendu et avoir profité de la fête. Des basketteurs, Nitta-san et Nakamura-san, à tous les autres, chacun a pris plaisir à discuter. Nozomu ne s’est pas joint au groupe des filles, mais il était déjà satisfait d’avoir été invité. Rocky lui a tenu compagnie, donc il ne s’est pas senti seul durant la fête.
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant, Maki ? »
« Hm ? Rien de spécial, je suppose… J’ai envie de rentrer… »
« Hein ? Tu as dit quoi ? »
« …C’est bon, on va chez toi. »
« Héhé, c’est ce que je voulais entendre. On va dîner chez moi. Ne t’inquiète pas, j’en ai parlé à maman avant de partir. »
Mon destin avait été scellé sans que je le sache. Enfin bref. Je suis fatigué, mais ça ne me dérange pas de rester avec Umi un peu plus longtemps.
J’aurais pu l’inviter chez moi, mais si on avait fait ça, on se serait très certainement laissé emporter et on n’aurait pas fait que traîner.
« Ah, attendez, Umi, Maki-kun. »
Mais alors qu’on s’apprêtait à partir, Amami-san nous a arrêtés.
On avait déjà dit au revoir à Eri-san et à Rocky, donc je ne pensais pas qu’ils avaient besoin de nous. Avait-on oublié quelque chose ?
« Qu’est-ce qu’il y a, Yuu ? »
« Hum… J’ai envie de discuter avec vous deux encore un peu… Ça vous dérange ? »
« Moi, ça ne me dérange pas, mais… Et toi, Maki ? »
« Ça ne me dérange pas non plus. »
« Vraiment ? Héhé, génial~ »
Un doux sourire est apparu sur le visage d’Amami-san.
On avait passé du temps ensemble plus tôt, mais on n’avait pas beaucoup discuté car on faisait attention aux autres autour de nous.
On devait s’adapter à elle, mais puisque c’était son jour, c’était normal de la laisser être un peu égoïste.
« Puisqu’on n’est que tous les trois, vous voulez discuter dans ma chambre ? Maman, tu peux nous apporter des boissons et des snacks ? »
« Bien sûr, attends un peu, d’accord ma chérie ? »
Après avoir reçu l’autorisation d’Eri-san, Umi et moi sommes rentrés une nouvelle fois dans la maison.
On a traversé le salon au rez-de-chaussée et on est montés à l’étage jusqu’à la chambre d’Amami-san.
C’était la première fois que je visitais sa chambre.
« Entrez~ Je vais aider maman, vous pouvez m’attendre à l’intérieur~ »
« Tu as rangé ? Je ne suis pas la seule à entrer dans ta chambre cette fois, tu sais ? Tu devrais cacher tout ce que tu ne veux pas qu’il voie. »
« Eh, ça devrait aller, j’ai bien rangé… Enfin, ça ne fait pas de mal de vérifier… »
« Wah ! Maman ! Pourquoi tu as laissé le linge sur mon bureau ?! »
« Mon Dieu, elle est toujours aussi maladroite… »
« Haha… Au moins, elle s’en est rendu compte avant qu’il ne soit trop tard. »
Il y a eu un petit remue-ménage derrière la porte. C’était une chance que je ne sois pas entré dans la chambre en premier.
À ce stade, j’étais habitué à voir Umi en sous-vêtements, mais c’était ma petite amie, donc c’était un cas particulier. Ça aurait été gênant de voir les sous-vêtements d’une autre fille.
« Héhé, désolée pour l’attente… J’ai fait place nette, vous pouvez entrer maintenant. »
« Fais plus attention la prochaine fois. Pardon. »
« Pardon, Amami-san. »
« Entrez~ Je vais chercher les snacks et les boissons, ok ? »
Après lui avoir fait un petit signe de tête, je suis entré dans sa chambre.
Je suis allé dans la chambre d’Umi de nombreuses fois, mais je suis toujours nerveux quand je suis chez une autre fille.
Si je fixais un point trop longtemps, Umi me pincerait la joue ou la taille. Enfin, je ne ferais pas ça, ce serait impoli envers Amami-san. Quoi qu’il en soit, sa chambre ne semblait pas si différente de celle d’Umi, si ce n’est la quantité de peluches ; elle en avait plus qu’Umi. À part ça, il y avait plus d’accessoires et de trucs de filles sur son bureau. Ses étagères étaient remplies de mangas shoujo populaires et de Blu-ray d’animes. Il y avait des livres de référence et d’autres manuels scolaires, mais en petit nombre.
…Et puis, sa chambre sentait bon.
« Maki, tu viens de renifler sa chambre ? Pervers. »
« J’essaie juste de respirer normalement, ok ? Je suis super nerveux ici… Je n’arrive pas à me détendre comme je le fais d’habitude dans ta chambre. »
Ce n’était pas comme si quelque chose n’allait pas dans la chambre d’Amami-san, c’était juste que je me sentais plus à l’aise chez Umi. En fait, toute sa maison me semblait plus confortable.
Probablement parce que, maintenant, sa maison était devenue une deuxième maison pour moi. Depuis qu’on sort ensemble, sa famille m’a très bien accueilli et, à cause de ça, je me retrouve souvent chez elle.
L’odeur familière de la cuisine de Sora-san, l’odeur des légumes frais dans le jardin, l’odeur sucrée de la chambre d’Umi… Ils sont devenus une partie de ma vie, mon deuxième foyer…
« Très bien alors, je vais rester à tes côtés pour que tu ne sois plus nerveux. »
« Je t’en prie. »
Après ça, on s’est regardés et on était sur le point de s’évader dans notre propre monde. Mais le cadre inhabituel de la chambre d’Amami-san nous a ramenés à la réalité. Grâce à ça, on s’est retenus de trop se laisser aller à nos flirts.
Si c’était la chambre d’Umi ou la mienne, on n’aurait pas eu besoin de se retenir, mais comme c’était celle d’Amami-san, on ne pouvait pas faire ça.
« Merci d’avoir attendu, Umi, Maki-kun ! J’ai accidentellement mis trop de nourriture dans mon assiette, mais on devrait pouvoir tout finir… Hein ? Qu’est-ce qui ne va pas, vous deux ? »
« « Rien du tout. » »
Pour l’instant, concentrons-nous sur Amami-san. On pourra garder les flirts pour une autre fois.