Chapitre 8
Quelle est l’essence du jeu avec un Amorphe ?
Les jeux de survie spatiale offrent une grande liberté, mais ils ne sont pas dépourvus de styles de jeu bien établis. Par exemple, quand on commence avec le rang Noble Capital de MegaCorp, la stratégie habituelle consiste à utiliser son financement initial pour engager des mercenaires ou acheter des vaisseaux, puis à faire boule de neige. Cette approche est optimisée pour l’utilisation de mercenaires ou d’esclaves, en raison des caractéristiques propres à l’espèce.
Alors, quelle est la façon habituelle de jouer un Amorphe ? Qu’est-ce qui le distingue des autres espèces ?
« Ce sont des chasseurs. »
Récolter des informations sur ses ennemis à l’avance, poser des pièges, les attirer, puis les prendre à revers. Même en accumulant des essences génétiques et en devenant plus fort en fin de partie, l’Amorphe demeure fondamentalement un chasseur.
Même en fin de partie, une fois la récolte d’essences terminée, la même formule s’applique. Si j’étais devenu le meilleur joueur avec un Amorphe, c’était tout simple.
« J’étais doué pour la chasse. »
Contrairement aux autres joueurs, je devais me battre seul, sans coéquipiers.
Mes capacités physiques ne surpassaient pas celles des jeunes joueurs. J’avais moins d’équipement et de caractéristiques que les joueurs de longue date. Pourtant, malgré tous ces handicaps, je les écrasais à chaque fois.
Je faisais miens les gènes de ceux qui se plaignaient et protestaient contre moi, et je copiais leurs Traits uniques.
À mesure que les trophées de mes chasses s’accumulaient, mon expérience de la chasse grandissait elle aussi. Les victimes les plus stupides ne renonçaient pas et continuaient de me défier, me rendant toujours plus fort.
Dans ce cycle sans fin, j’étais devenu le prédateur le plus infâme de l’univers de Survie spatiale.
C’est pourquoi je visais maintenant une nouvelle proie.
« Bon sang ! La stabilisation prend une éternité. »
Keisaragi Yujin laissa éclater sa colère en frappant son bureau.
Elle observait depuis un moment le laboratoire depuis l’étage supérieur, mais n’avait pas remarqué ma présence. La colère avait émoussé ses instincts aiguisés.
Elle n’était pas encore seule : les gardes étaient dehors et les soldats patrouillaient.
« Merde… »
Elle marmonna d’un ton irrité en se levant de son siège, où elle s’était occupée de la machine. Elle se rendit dans un autre laboratoire et se mit à manipuler le terminal.
J’ignorais ce qu’elle cherchait à faire, mais ça n’avait pas l’air plaisant pour les créatures enfermées dans le laboratoire. Chaque fois qu’elle passait devant eux, les sujets d’expérience se tordaient de douleur.
« Ce salaud, et celui-là aussi… »
Ce qu’elle faisait n’avait rien d’une expérience : c’était de la torture destinée à lui faire passer sa colère. Le laboratoire était rempli de cris silencieux.
« Tiens, tu es là, toi aussi. »
Le sujet d’expérience numéro vingt-six se trouvait devant elle.
Je percevais son inquiétude jusque d’ici. Quand Keisaragi sortit le psyonium, le sujet numéro vingt-six se mit à trembler.
Était-elle satisfaite de voir le sujet terrifié ? Elle sourit d’un air déformé.
« C’est une expérience. »
Elle injecta tout le psyonium. Le corps entier du sujet numéro vingt-six se déchira, et sa couleur pâlit en un instant.
L’écume bouillonnant dans le tube à essai semblait traduire avec une vivacité cruelle les cris du sujet.
Après cette expérience qui n’était qu’une torture sadique déguisée en recherche, le sujet numéro vingt-six revint à la vie.
Keisaragi rentra la langue et quitta le laboratoire sans se retourner.
« … »
Une femme qui ne choisissait jusqu’au bout que ce qu’elle détestait.
Je m’apprêtais à la suivre quand le sujet d’expérience numéro vingt-six m’envoya une ondulation.
「Salutations.」
Même dans un moment pareil, il me saluait comme d’habitude. Je ne répondis pas et poursuivis mon chemin.
Nous n’avions pas besoin de parler. J’avais l’intention de lui apporter la seule chose dont il avait vraiment besoin : la vengeance.
Je sortis du laboratoire et suivis Keisaragi. Elle se dirigeait vers les quartiers du capitaine, deux gardes sur ses talons. Leur mécontentement était si manifeste que mes systèmes auxiliaires n’avaient même pas besoin de le confirmer. Keisaragi semblait le sentir elle aussi, mais ne dit rien.
L’atmosphère tendue s’alourdit encore lorsque nous arrivâmes aux quartiers du capitaine.
« Cela fait deux heures. Où en êtes-vous ? »
« Nous venons de commencer les recherches. Veuillez patienter encore un peu. »
« Capitaine… ou devrais-je dire Yuseong Samuel ? Vous défiez la volonté du rang Noble Capital ? »
Le capitaine, Yuseong Samuel, se raidit à ces mots. À le voir, on aurait dit qu’il était en colère, mais ce n’était qu’une façade. À ses pupilles dilatées, à la sueur qui lui coulait le long du cou et à ses jambes tremblantes sous son pantalon, il était évident qu’il paniquait.
Il était peut-être le capitaine du vaisseau, mais Keisaragi faisait partie de la classe dirigeante de MegaCorp. Leur rang était sans commune mesure ; il était donc naturel qu’il la craigne.
« Je suis le capitaine de ce vaisseau. Officière de recherche, veuillez choisir vos mots avec prudence. »
« Vous pouvez être relevé de vos fonctions. »
« Même le rang Noble Capital ne saurait justifier un abus de pouvoir. J’ai le droit de placer l’officière de recherche en détention. »
« Quoi ? Vous comptez me faire arrêter, maintenant ? »
« Le capitaine peut faire détenir quiconque perturbe l’ordre à bord, à sa discrétion. »
« Vous êtes fou, Yuseong Samuel ? »
La situation devenait intéressante. On aurait dit qu’ils s’étaient déjà disputés avant même que je commence à les observer.
Après tout, avec Keisaragi et son inhumanité d’un côté, et un capitaine qui évitait généralement les conflits de l’autre, l’issue était peut-être prévisible.
Ils se dévisagèrent un moment. À la fin, ce fut Keisaragi qui détourna les yeux.
« C’était prévisible, ça aussi ? »
Si Keisaragi faisait un faux pas, l’équipage du vaisseau en paierait le prix. Mais les lois étaient loin, tandis que les poings étaient tout proches. Nous étions au beau milieu de l’espace et, même si le capitaine perdait son sang-froid et tentait de la tuer, elle ne pourrait pas se défendre. Malgré son intelligence supérieure à celle des autres, elle avait le corps d’une femme ordinaire.
« … On verra ça plus tard. »
Keisaragi quitta les quartiers du capitaine, les dents serrées de frustration. Dès son départ, le capitaine appela son aide et lui cria de ramener ce maudit chat sur-le-champ.
« Ça devait être urgent. »
Si les choses continuaient ainsi, le capitaine serait un homme mort dès qu’il atteindrait une planète ou une station spatiale. Il avait eu l’audace de la menacer d’arrestation devant le rang Noble Capital ; il ne pourrait pas s’en tirer comme ça. Son seul espoir, à présent, était de retrouver le chaton et de régler cette affaire.
« Mais il est déjà mort. »
Après tout, le capitaine figurait sur ma liste noire. Quoi qu’il fasse, il ne pourrait échapper à son sort.
Par la suite, Keisaragi continua d’arpenter le vaisseau en semant le trouble partout où elle passait.
Plus l’équipage lui en voulait, mieux c’était pour moi. Quand elle disparaîtrait de leur vue, je pourrais agir plus facilement.
Les toilettes furent sa dernière destination. Deux gardes l’accompagnaient.
En temps normal, au moins l’un d’eux aurait dû entrer avec elle, mais ils avaient tellement subi ses brimades qu’ils ne la suivirent pas.
Je ne savais pas si elle avait remarqué qu’ils désobéissaient pour des raisons personnelles ou si elle n’aimait tout simplement pas les gardes.
« Hé, je vais aux toilettes un moment. »
Par coïncidence, l’un des gardes partit lui aussi aux toilettes. Dans les toilettes des femmes, Keisaragi se retrouva seule ; il ne restait qu’un garde à l’extérieur.
« C’est ma chance. »
Il n’y avait aucun dispositif de sécurité dans les toilettes qui aurait pu entraver mes mouvements. Je me préparai à attaquer dans les conduits de ventilation qui les entouraient.
Je desserrai deux vis avec mes griffes et retirai soigneusement la grille, sans faire le moindre bruit. Je la suspendis, les griffes toujours levées.
Elle se lavait le visage au lavabo, et l’eau qui coulait couvrait le bruit que j’aurais pu faire.
Je m’approchai prudemment, en veillant à ne pas me refléter dans le miroir. Lorsqu’elle eut fini de se laver le visage, elle ferma le robinet et chassa les gouttes d’eau de ses cheveux.
Je devais m’approcher assez pour la frapper d’un seul bond. Mes quatre paires de pattes avançaient avec une prudence inouïe, d’une manière qu’elle n’avait jamais vue. Le poison paralysant affluait à la pointe de ma queue. Tel un chat prêt à bondir, mon corps était paré à la tuer d’un seul coup.
« Ouf. »
Keisaragi se regardait dans le miroir, le visage vide. Puis, soudain, elle fronça les sourcils.
« Oh non ! »
Son esprit s’était-il éclairci après s’être lavé le visage ? Ses sens m’avaient détecté.
Un signal d’alarme partit de son cerveau et se propagea dans tout son corps. Les muscles de son cou tressaillirent. En moins d’une seconde, elle tournerait la tête vers moi.
Je ne pouvais plus attendre. Mes pattes frappèrent le sol d’acier. Transformé en projectile mortel, mon corps fut propulsé vers elle. La distance qui nous séparait était encore grande, mais c’était le moment d’utiliser mes ailes.
J’avais attendu avec impatience l’ordre de les déployer. Dès que je le donnai, mes ailes s’ouvrirent en grand. Alors que je perdais jusque-là de l’élan, mon corps s’éleva brusquement. Mes ailes, dont la chitine luisait d’un éclat caractéristique, battirent vigoureusement.
Il ne restait plus qu’une cinquantaine de centimètres entre nous. Je révélai le Dard paralysant dissimulé dans ma queue.
Keisaragi tourna les yeux vers moi. Son visage se déforma à toute vitesse, ravagé par un mélange d’émotions négatives : surprise, dégoût, danger imminent et peur.
Quand on est confronté à un péril inattendu, on a le réflexe de se protéger le visage avec les mains. Son bras commença à se lever.
Alors que son avant-bras était à mi-chemin de son visage, ma queue se glissa dans l’ouverture. Sa manœuvre souple désarma sa défense. À son extrémité, une petite aiguille transperça sa carotide.
« Ah ? »
Un bref cri s’échappa de ses lèvres. En réalité, elle n’aurait pas pu crier longtemps. Le poison qui circulait dans ses veines paralysa tout son corps en quelques secondes.
Jusqu’à ce que l’antidote fasse effet, elle ne pouvait que respirer.
Elle s’effondra devant le lavabo. Étendue au sol, elle ressemblait à un mannequin, une imitation sans vie. Je m’approchai sans la moindre pitié.
Ses yeux tremblants reflétaient mon image à mesure que je m’approchais. Une salive épaisse pendait de la gueule de la créature, semblable à une forme de vie extraterrestre de la taille d’une tête. Elle grandissait à mesure qu’elle avançait, dévoilant des dents acérées dans sa bouche.
À quoi pouvait-elle penser, à présent ? À la peur de l’être extraterrestre qu’elle avait vu ? À la colère contre sa situation ? Ou peut-être à la peur de mourir ?
Peu importait. Keisaragi Yujin allait mourir de toute façon.
Crac !
Mes dents lui broyèrent le cou. La lumière s’éteignit dans ses yeux et, sous la pression de mes mâchoires, je sentis son souffle s’affaiblir.
« Adieu. »
Mes mâchoires puissantes lui brisèrent le cou sans effort. Un simple mouvement de tête suffit à le déchirer.
Sa courte vie prit fin.
Le membre du rang Noble Capital de MegaCorp n’existait plus à bord de ce vaisseau.
Il ne restait que le corps sans vie de la femme. Le sang humain coula dans ma gorge. Sur le tapis roulant biologique qu’était le système digestif, les informations génétiques se séparèrent et émergèrent à part.
Quand ces informations atteignirent mon cerveau, je le sentis. Une pièce du puzzle de mon potentiel latent venait de trouver sa place.
Je le compris instinctivement. Les gènes qui composaient mon être indiquaient qu’ils pouvaient être réorganisés par le tourbillon de l’évolution.
[Les conditions d’évolution de « Hatchling->Metamorph » sont remplies. Souhaitez-vous évoluer ?]
Si j’avais simplement accepté, j’aurais pu lancer le processus d’évolution sur-le-champ. Je m’apprêtais à le faire.
Même si mes systèmes auxiliaires n’avaient pas déclenché d’alarme, j’aurais agi de la sorte.
[Le garde a entendu sa chute.]
[Il a braqué son arme sur moi.]
[La balle m’a transpercé.]
[Je suis mort.]
« Qu’est-ce que c’était, à l’instant ? »
Plusieurs scènes défilèrent à toute vitesse, comme si la réalité était rembobinée avant d’être repassée à une vitesse plusieurs fois supérieure à la normale. Sans mes sens exacerbés, je n’aurais pas pu les percevoir correctement.
« Le Sens du prédateur ! »
Ce que je venais de voir était un avertissement de danger imminent. Le Sens du prédateur avait anticipé l’avenir et m’avait averti.
« Alors, c’est comme ça que ça marche ? »
C’était comme si l’on me montrait, tel un film, des événements qui allaient se produire. À part le fait que cette capacité ne s’activait qu’en cas de danger, elle était redoutable.
Quoi qu’il en soit, le garde de sécurité allait entrer d’un instant à l’autre. Je bondis derrière la porte et dissimulai mon corps.
D’après l’avenir que m’avait montré le Sens du prédateur, un seul garde de sécurité m’avait attaqué. L’autre n’était pas encore revenu des toilettes.
« Je devrais fuir ? »
Si le garde découvrait ma présence, ce serait la catastrophe. Même si Kisaragi mourait, je ne pourrais pas échapper aux recherches.
« Je dois régler son compte au garde ici. »
Heureusement, je n’avais qu’un seul adversaire. Si je l’attaquais par surprise, je pouvais le tuer.
Mon corps repassa en mode combat. Je le plaquai contre la porte des toilettes, qui s’entrouvrit lentement.
Je distinguai le bout d’une botte militaire de l’autre côté. Peu à peu, tout son corps entra dans les toilettes.
« Hein ! »
Une voix humaine surprise.
Il était hypnotisé par le cadavre étendu au sol.
Caché derrière la porte, je bondis sur lui. Mon corps se colla à son épaule et je sentis sa stupeur.
Il aurait dû attraper son arme immédiatement, mais il ne le fit pas. À la place, il brossa son épaule.
D’une certaine façon, sa réaction était très réaliste. Tout le monde réagirait ainsi si une créature ailée ressemblant à une araignée du désert se collait à son épaule.
Mais dans ces circonstances, ce n’était pas une décision très judicieuse. Une erreur lui coûta la vie. Grâce au temps qu’il m’offrit, ma queue put lui transpercer l’oreille.
Ma queue, qui s’était enfoncée dans son oreille, se retira lentement. Le poison paralysant injecté près de son cerveau l’avait tué sur le coup. Il s’effondra au sol et la porte des toilettes se referma.
Peu après la mort de Kisaragi, un autre garde que je ne connaissais pas trouva lui aussi la mort.
Dehors, tout était calme. Personne n’avait été témoin de la mort des deux individus.
« Je dois me dépêcher. »
Bientôt, son collègue reviendrait. Je remis rapidement la grille du conduit de ventilation en place et quittai les toilettes en hâte.
Je pris un chemin détourné au lieu de retourner directement au nid, au cas où il existerait un moyen inattendu de me suivre à la trace.
Une fois dans le nid, j’activai la fenêtre de texte.
[Les conditions d’évolution de « Hatchling->Metamorph » sont remplies. Souhaitez-vous évoluer ?]
Le moment de l’évolution que j’attendais était enfin arrivé.
Après avoir jeté un dernier regard autour de moi, j’acceptai.
Le mucus nécessaire à l’évolution s’écoula de mon corps comme de l’eau. Il en sortit tant qu’il m’enveloppa tout entier. Le liquide se solidifia en une coque dure, couche après couche.
Si quelqu’un me voyait maintenant, il penserait sans doute que j’étais dans une sorte de cocon.
« C’est étrange. »
À l’intérieur du cocon, je ressentais quelque chose de particulier, difficile à exprimer. Pour essayer de le décrire, j’avais l’impression de devenir « différent ».
Comme si je me transformais en un être entièrement nouveau.
Dans le cocon, les sécrétions me remodelaient pour faire de moi quelque chose d’étranger.
Si j’avais des souvenirs de ma vie fœtale, voilà peut-être ce que j’aurais ressenti. Si j’avais pu percevoir le processus par lequel le ventre de ma mère avait façonné mon être, cela aurait sûrement ressemblé à ça.
Je voulais ouvrir les yeux et voir de mes propres yeux, mais c’était impossible. Depuis mon entrée dans le cocon, j’avais complètement perdu le contrôle de mon corps.
Cette sensation que j’éprouvais venait-elle de mon corps, ou bien quelque chose comme mon existence spirituelle percevait-elle les changements qui l’affectaient ? Je l’ignorais.
« Je devrai y réfléchir. En attendant, soyons patients. »
J’avais fait tout ce que je pouvais. Je décidai de me reposer dans ce cocon douillet jusqu’à la fin de l’évolution.
***
Au-dessus de la salle de refroidissement, dans le conduit de ventilation.
Jusqu’à récemment, l’endroit avait été rempli d’air contaminé et de fluides répugnants qui s’écoulaient des spores.
Cet espace, autrefois saturé d’une humidité impure, était désormais si sec qu’on avait du mal à imaginer son état précédent.
Toutes les spores avaient séché, et les vrilles visqueuses qui s’accrochaient aux murs comme des toiles d’araignée s’étaient flétries comme des branches mortes.
Au milieu du nid en ruines se trouvait un cocon de la taille d’un jeune garçon.
Malgré l’air froid qui remontait de la salle de refroidissement, la surface du cocon était rugueuse, semblable à une terre désertifiée.
On aurait dit qu’il absorbait l’humidité des environs.
Alors, le cocon trembla. Quelque chose bougeait à l’intérieur, cherchant à en sortir.
Après quelques autres secousses, une fissure apparut à la surface du cocon. La coque tomba au sol, et quelque chose de noir émergea de l’intérieur.
C’était une forme extraterrestre recouverte d’un exosquelette chitineux noir, qui évoquait un bras humain. À son extrémité, quatre longs doigts rappelaient les serres d’un rapace.
Après le premier bras qui avait jailli, plusieurs autres émergèrent du cocon en faisant éclater la coque.
Enfin, le cocon entier fut rejeté et sa véritable forme se révéla.
Pourvu de quatre longs bras, de deux bras plus petits près de la poitrine, de jambes épaisses et robustes et d’une longue queue d’environ une fois et demie la taille de son corps, il ouvrit les yeux.
Ses yeux gris cendré luisaient tandis qu’il baissait le regard vers son corps.
「Grgrgrgrgr.」
Il semblait sourire de satisfaction.