Chapitre 492
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 491
Dans l’Union stellaire, le chômage n’existait pas officiellement.
Chaque citoyen subissait une opération cybernétique, puis se voyait attribuer un métier à vie. Jusqu’à ce que de nouveaux ordres viennent d’en haut, cette profession resterait la sienne.
Comme tous les cyborgs travaillaient et se reposaient aux mêmes heures, les quartiers résidentiels étaient toujours calmes.
À l’heure habituelle du travail, alors que tout le monde était sorti, un groupe de silhouettes traversa le cœur du quartier résidentiel. Elles s’arrêtèrent devant un appartement inoccupé.
« Unité 35, résidence de troisième classe, adresse 23. C’est ici. »
« Commencez les recherches. »
Des androïdes armés et des agents de surveillance pénétrèrent dans l’appartement. Parmi eux se trouvait l’agent de surveillance Richeulbi, à l’origine de cette opération.
Quelques jours plus tôt, à l’Arène des bêtes, il avait remarqué des Coldbloods suspects. C’était dans cet appartement qu’ils vivaient.
Les deux Coldbloods ne différaient que par la date à laquelle ils avaient fait défection pour rejoindre l’Union stellaire. Ils travaillaient et résidaient par hasard au même endroit. En fait, l’usine de biogaz de l’unité 35, où ils étaient tous les deux employés, était connue pour accueillir de nombreux Coldbloods.
Le terrain idéal pour qu’un culte y répande ses prêches.
« Leurs dossiers personnels ne révélaient rien d’inhabituel… »
Cette absence d’anomalies n’avait fait qu’accroître les soupçons de Richeulbi. Après tout, ses propres enregistrements vidéo les avaient surpris en train de parler de Vortex One.
La hiérarchie avait pris ses observations en compte et autorisé la perquisition.
« En fouillant minutieusement, on finira bien par trouver quelque chose. »
La zone attribuée à l’équipe de Richeulbi était l’ancien domicile d’un Coldblood.
Le résident n’avait immigré dans l’Union stellaire que deux semaines plus tôt. Aussi, l’étroite pièce unique ne contenait-elle que le mobilier standard fourni par le gouvernement.
« Aucune irrégularité détectée. »
« Vérifiez les murs et le sol. Y a-t-il quelque chose de dissimulé ? »
« Les mesures ne révèlent aucune anomalie. »
Ils arrachèrent même le papier peint et le revêtement de sol, mais en vain.
La seule découverte fut une armature métallique tordue en forme d’anneau pentagonal.
« Ça n’a aucun sens… »
Richeulbi baissa les yeux sur le grossier objet qu’il tenait à la main.
Dans l’Union stellaire, il était illégal de posséder le moindre objet non autorisé. Pourtant, Richeulbi espérait découvrir des preuves concrètes d’activités cultistes, pas un objet aussi rudimentaire.
« Est-ce que je peux quand même m’en servir pour faire pression sur eux ? »
« Agent de surveillance Richeulbi, signala l’un des androïdes à côté de lui. Nous recevons un rapport d’une autre équipe de perquisition. »
« Qu’y a-t-il ? »
« Ils ont découvert de grandes quantités de sang, des fragments de chair et plusieurs armes blanches. »
« Quoi !? Alors ce n’était pas celui-là, mais l’autre ? Bien. Prévenez immédiatement l’usine et procédez à son arrestation. »
« Compris. »
Richeulbi fut ravi de voir ses soupçons confirmés par le rapport. Mais sa satisfaction ne dura pas.
« Il a disparu ? »
« Oui. Il a quitté son travail il y a deux jours et n’est pas réapparu depuis. »
« Les enregistrements de surveillance ? »
« L’agent Zenai a vérifié. Aucune image de lui après sa disparition. »
« …Même les caméras ne l’ont pas capté ? »
Le visage de Richeulbi se décomposa.
« Quelqu’un aurait-il pu éventer l’opération ? Non… il a disparu trop vite pour ça. »
Deux jours plus tôt, l’enquête préliminaire n’en était qu’à son deuxième jour. À ce stade, même ses collègues ignoraient qu’il traquait des adeptes du culte.
« Si la fuite n’est pas en cause, alors il y a une autre explication… »
« Et le propriétaire actuel de cette chambre ? A-t-il disparu, lui aussi ? »
« C’est confirmé. Il est toujours au travail. Devons-nous procéder à son arrestation ? »
« Pas encore. »
Richeulbi repensa aux événements de l’Arène des bêtes.
À bien y réfléchir, un Coldblood au visage sournois, semblable à celui d’un serpent, avait semblé vouloir attirer le propriétaire de cette chambre dans le culte.
Peu importait que l’homme l’ait vraiment rejoint ou non. Le fait était qu’il était désormais en contact avec eux.
Si l’adepte disparu avait réellement pris la fuite, le propriétaire de cette chambre était le seul indice qui lui restait pour le retrouver.
« Si nous l’arrêtons maintenant, le culte l’apprendra à coup sûr… »
Et une fois alertés, ses membres effaceraient toutes les traces restantes, sans laisser la moindre chance de les retrouver.
Il lui fallait une autre méthode, plus discrète.
« Analysez ses relations. Vérifiez s’il a des liens avec l’un ou l’autre des Coldbloods. Je confierai cette tâche à l’agent de surveillance Zenai. »
« Réponse de Zenai confirmée. Ordre accepté. »
« En attendant, je vais me charger d’une autre mission d’infiltration. Demande d’une profession de couverture. »
« Ordres transmis. Autorisation accordée. »
Heureusement, il existait un moyen simple d’approcher le propriétaire de cet appartement.
« Si le propriétaire demande à se rendre à l’Arène des bêtes, prévenez-moi immédiatement. »
« Confirmé. »
Dans cet endroit où tout le monde était trop absorbé par la violence et la folie, il pourrait le contacter sans éveiller les soupçons.
Il ne restait plus à Richeulbi qu’à attendre le jour qu’il espérait voir arriver.
Et ce jour arriva plus tôt que prévu.
Le jour même où l’opération secrète de perquisition prit fin, le vieux Coldblood demanda à se rendre à l’Arène des bêtes.
Dès qu’il en fut informé, Richeulbi se dirigea droit vers l’Arène.
「Le prochain combat est…」
Aucun affrontement célèbre n’était au programme aujourd’hui, et l’ambiance était plutôt morose. Près de la moitié des sièges étaient vides.
« Le voilà. »
Pendant l’entracte, Richeulbi repéra le vieux Coldblood.
Il était entouré d’un groupe qu’on appelait les Coldbloods, vêtus de tenues variées. Certains semblaient être ses collègues de l’usine de biogaz, tandis que les autres paraissaient travailler dans des secteurs tout à fait différents.
« Attendez… qu’est-ce que c’est ? »
Sur les uniformes des employés de l’usine de biogaz, y compris celui du vieux Coldblood, figurait un petit signe griffonné.
Un pentagone formé de cinq points reliés entre eux.
C’était exactement la même forme que l’objet découvert pendant la perquisition.
« Je le savais. Il y a bien quelque chose ici. »
C’était peut-être un symbole profane partagé par les membres du culte.
Richeulbi s’approcha prudemment.
« …Ce paradis dont vous parlez existe-t-il vraiment ? »
« À vrai dire, ce n’est pas le paradis que vous imaginez. Le climat y est glacial et l’endroit grouille de bêtes sauvages dangereuses. »
« Mais alors, c’est dangereux, non ? Pourquoi est-ce que nous… »
« Parce qu’on y est libre. Grâce aux soins des Grands jeunes êtres, nous pouvons y survivre et y vivre en liberté. »
« Les Grands jeunes êtres ? Qu’est-ce que c’est, au juste ? Une sorte de culte à la providence divine dont les fanatiques rabâchent sans cesse les louanges ? »
Contrairement à la fois précédente, le vieux Coldblood parlait avec ferveur, décrivant passionnément quelque chose.
Les autres l’écoutaient attentivement, si absorbés par ses paroles qu’ils ne remarquèrent même pas l’approche de Richeulbi.
« Non, ce ne sont pas de vaines idoles comme celles-là… Oh ? Puis-je vous aider ? »
Le vieil homme leva les yeux vers lui, comme s’il le reconnaissait.
Richeulbi afficha un sourire poli et feint.
« Bonjour. Je viens d’être affecté à l’usine de gaz. J’ai remarqué que beaucoup de gens ici semblaient y travailler aussi. »
« Vraiment ? Alors, bienvenue. »
À en juger par sa réaction, le vieux Coldblood ne le reconnaissait pas du tout.
« Parfait. »
Voyant l’homme l’accueillir chaleureusement sans se douter de rien, Richeulbi pensa que c’était le moment idéal pour lui soutirer des renseignements.
« Puis-je vous poser une question ? »
« Bien sûr. »
« Ce symbole sur vos vêtements. C’est une marque de l’usine ? »
« Oh, ça ? Non. C’est l’emblème de notre foi. »
« Votre foi ? »
Le vieil homme le lui révéla sans hésiter, comme si ce n’était pas un secret.
« Oui. C’est notre façon d’exprimer notre gratitude envers ceux qui nous ont sauvés. »
« Sauvés, hein ? »
Ha. Ils doivent désigner le culte de cette façon.
Retenant un sourire moqueur, Richeulbi insista :
« Dans ce cas, est-ce que je pourrais en avoir un, moi aussi ? »
« Bien sûr. »
« Ha, je savais que vous alliez… Attendez, quoi ? Vraiment !? »
« Certainement. Si vous le souhaitez, vous pouvez même assister à l’une de nos réunions. »
La réponse inattendue prit Richeulbi au dépourvu.
Et il ne fut pas le seul. À ces mots, les autres Coldbloods qui ne portaient pas le symbole échangèrent des regards stupéfaits.
« Ancien… Le paradis n’est-il pas réservé à nous autres ? »
« Pas du tout. Les Grands jeunes êtres ne font pas de distinction entre les races ni selon l’utilité de chacun. Tout le monde peut saisir cette chance. »
Jusqu’ici, les membres du culte avaient toujours été des Coldbloods ou des fanatiques convaincus. Richeulbi n’avait jamais entendu dire qu’ils avaient essayé de recruter un cyborg.
« Leur politique a-t-elle changé depuis qu’ils ont franchi les frontières de l’Union stellaire ? »
Si c’était le cas, tant mieux. C’était peut-être l’occasion rêvée d’infiltrer le culte et d’en révéler la véritable nature.
« Je vous remercie sincèrement. Ce serait un honneur d’y assister. »
« Excellent. Une réunion aura lieu demain. Je vous y inviterai. »
Le vieux Coldblood sourit et lui tendit la main.
« Demain, ton culte prendra fin. »
Richeulbi lui serra la main en affichant le même sourire faux.
Le lendemain, Richeulbi se rendit à l’usine de biogaz sous son identité d’emprunt.
À l’extérieur, une escouade d’intervention d’androïdes se tenait prête à intervenir au moindre incident. Sûr de ses préparatifs, il attendit.
Il croisa plusieurs fois ceux qu’il avait rencontrés la veille, mais ils ne montrèrent aucune réaction inhabituelle. Cela ne le dérangea pas. Après tout, il s’agissait d’une réunion secrète : il était normal qu’ils se comportent ainsi.
「Fin du quart de travail. Tous les employés…」
À la fin de la journée, le vieux Coldblood s’approcha de lui.
« Veuillez me suivre. »
« Hein ? Mais des androïdes de surveillance nous observent. »
« Ils ne poseront pas de problème. »
Étrangement, les androïdes ne semblaient même pas les remarquer.
C’était pareil pour les autres ouvriers Coldbloods à proximité. Ils discutaient librement et partageaient des plats qui semblaient venir de chez eux, sans se soucier de rien.
« Nous appartenons tous à la même race, mais venons de nombreux mondes natals différents. Vivre dans un endroit aussi étranger peut être difficile. Ces moments passés ensemble sont nécessaires. »
Le vieux Coldblood s’exprimait d’un ton calme, presque doux.
Mais aux yeux de Richeulbi, la scène était alarmante.
« Ils ont déjà piraté toute l’usine ? Déjà ? »
Une poignée de fanatiques n’aurait pas pu prendre le contrôle d’une installation entière, encore moins sans qu’il s’en aperçoive. Cela signifiait que leur influence s’étendait bien au-delà de l’usine.
« Mais quand ont-ils fait ça… ? »
« Par ici. »
Tandis qu’il luttait contre son inquiétude, ils arrivèrent à l’entrepôt des matières organiques. Le vieux Coldblood déplaça quelques sacs empilés et révéla une porte dissimulée.
« Descendons. »
« …Descendre ? »
« La réunion que vous attendiez se trouve en dessous. »
La porte donnait sur un escalier qui s’enfonçait dans une obscurité totale.
Richeulbi hésita. Devait-il donner l’ordre d’attaque aux androïdes tout de suite ? Ou patienter encore un peu et s’enfoncer davantage ?
Avant qu’il n’ait pu se décider, le vieux Coldblood avait déjà commencé à descendre.
« Tss ! »
Les dents serrées, Richeulbi se dépêcha de le suivre, poursuivant la silhouette qui semblait se fondre dans le noir.
« Je ne peux pas le laisser m’échapper. »
Il était déjà évident que ce vieux fanatique n’était pas un adepte ordinaire. Il était impératif de le capturer et de lui soutirer tous les détails.
Mais au fil de sa descente, marche après marche, quelque chose lui parut anormal.
L’homme aurait dû se trouver juste devant lui, mais l’escalier était vide. Il ne voyait ni silhouette ni mouvement. Seul l’écho de ses propres pas résonnait dans l’obscurité.
Comme s’il descendait l’escalier seul.
« Attendez… cet escalier. Il descend jusqu’où ? »
Il était déjà si bas que la faible lueur venant de l’entrepôt avait complètement disparu. Qu’un escalier aussi long se trouve sous une simple usine de biogaz était absurde.
À moins qu’il ne descende pas vraiment. L’obscurité était si absolue qu’elle brouillait son sens de l’orientation.
Quelque chose clochait. Terriblement. La sueur froide perla à son front tandis que l’angoisse lui étreignait la poitrine.
« Ici Richeulbi. Escouade d’intervention des androïdes, entrez immédiatement. »
「chhhkrkkk」
« Je répète : unités androïdes, intervenez tout de suite, bon sang ! »
Pour une raison inconnue, ses communications étaient coupées.
Il continua d’essayer d’envoyer un signal, mais remarqua alors une faible lueur qui vacillait plus bas.
« … »
La lumière jaillit soudain des ténèbres qui avaient jusque-là englouti l’escalier, attirant tous les regards.
Richeulbi déglutit et dégaina le pistolet laser qu’il avait apporté.
À chaque pas résonnant, la lueur se rapprochait. Elle filtrait d’une salle située au pied de l’escalier.
Il atteignit enfin l’embrasure et jeta prudemment un coup d’œil à l’intérieur.
« Hein ? »
Le vieux Coldblood avait disparu.
À sa place, une femme du culte était assise, les yeux fermés. Vêtue de noir, elle avait le corps informe ; seuls son visage et ses cornes se distinguaient.
Des lampes avaient été encastrées dans le sol autour d’elle, en cercle. L’ensemble ressemblait à un autel rituel.
Richeulbi leva aussitôt son arme et la braqua sur sa tête.
« Vous ! Ne bougez pas ! »
Elle ouvrit lentement les yeux en entendant son cri.
« Si vous tentez quoi que ce soit… »
Mais sa menace s’éteignit. Sa voix vacilla, puis se tut complètement.
Les yeux de la femme n’étaient pas comme ceux des autres membres du culte. Ce n’étaient même pas des yeux.
On aurait dit qu’on lui avait arraché les globes oculaires, ne laissant que deux orbites profondes, noires comme l’encre.
La tête aux yeux noirs et vides s’éleva tandis qu’elle se redressait. Mais quelque chose n’allait pas.
Son visage culminait désormais à trois mètres de haut. Aucun membre ordinaire du culte ne pouvait atteindre une telle taille.
Puis les soi-disant « lampes » se mirent à bouger. Les objets lumineux s’élevèrent du sol, flottant dans les airs pour tourner autour de sa tête.
Ce ne fut qu’alors que Richeulbi comprit.
Ce qui se trouvait dans cette salle n’était pas une simple membre du culte.
« Je vous remercie de vos services, ancien. »
C’était quelque chose qui portait le visage de la femme du culte. Une présence inhumaine.
« Un officier de police. Quelle heureuse coïncidence… J’en avais justement besoin d’un. »
« U… Uaaaah ! »
À l’instant où la chose parla, Richeulbi craqua. La terreur le submergea et il pressa la détente.
Le cri d’un cyborg, l’éclair du tir laser : la salle s’illumina une seconde, projetant sa clarté dans le couloir.
Quelques instants plus tard.
Richeulbi sortit de la pièce.
Il remonta vers l’entrepôt et alluma son communicateur.
« Ici Richeulbi. Annulez la mission. Il n’y a aucune présence cultiste à l’usine de biogaz de l’unité 35. Aucune question ne sera tolérée. »
Il fixait le vide d’un air absent et répétait les mêmes paroles encore et encore.
« Il n’y a pas de culte ici. Je répète : il n’y a aucun problème ici. »
Personne dans l’usine ne fit attention à lui.
Car déjà, nombre de cyborgs étaient partis, affichant la même expression vide que Richeulbi.
Ils savaient tous quelle mission s’était imprimée dans son esprit.
Et ils savaient tous qu’il ne serait pas le dernier.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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