Chapitre 491
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 490
L’Union stellaire, l’une des trois grandes superpuissances de l’univers.
Comparée à l’Empire du Culte, à MegaCorp ou aux autres factions de moindre importance, l’Union stellaire se distinguait par une caractéristique particulièrement singulière :
Les machines exerçaient une domination absolue sur les êtres intelligents.
Tous les secteurs — armée, économie, sécurité, santé, éducation — étaient monopolisés par un Conseil des Machines de douze membres, composé d’androïdes. De plus, le Conseil gouvernait directement la vie de tous ceux qui vivaient sous la coupe de l’Union.
Dès qu’un citoyen était transformé en cyborg, sa carrière et son lieu de résidence lui étaient assignés. Même ses loisirs et ses divertissements relevaient de leur contrôle.
En apparence, cela créait une société parfaitement ordonnée. L’Union stellaire ne comptait ni mendiants ni sans-abri. Le taux de criminalité y était bien inférieur à celui des autres superpuissances.
Mais l’Union stellaire était-elle vraiment un paradis ? Bien sûr que non.
Parmi les trois grandes puissances, c’était celle qui connaissait le plus fort taux de défections. Nombre de cyborgs choisissaient le suicide ou fuyaient pour devenir pirates, incapables de supporter cette surveillance et ce contrôle étouffants.
Un pirate cyborg avait un jour déclaré :
« Cet endroit, c’est une prison à l’échelle cosmique. Un enfer déguisé en promesse de survie. »
Le Conseil des Machines le savait parfaitement. Il détestait l’instabilité démographique et, pour apaiser les pulsions des citoyens et donner libre cours à leurs désirs réprimés, il avait créé des exutoires.
L’un d’eux : les arènes des gladiateurs bestiaux.
On jetait des bêtes capturées dans ces arènes, où elles étaient forcées de se battre à mort pour divertir le public.
Les citoyens pouvaient s’y adonner à des activités autrement interdites : drogue, jeux d’argent, et même violence à l’état brut. Les arènes devinrent extrêmement populaires. Il arrivait que des combats opposant des monstres particulièrement célèbres attirent des spectateurs de MegaCorp et de l’Empire du Culte.
L’arène bestiale de KOL
L’arène de KOL était l’une des plus tristement célèbres. C’était un immense colisée dont les gradins accueillaient des centaines de milliers de personnes. Tous les regards étaient rivés sur la fosse ensanglantée, en contrebas.
« Tue-le ! Déchiquette-le ! »
« À gauche ! Esquive à gauche ! »
Au centre, une monstruosité semblable à un loup rouait de coups un monstre mécanique connu sous le nom de Hurleur. Tous deux étaient déjà ravagés par le combat. Le loup saignait de toutes parts, tandis que le Hurleur avait perdu la moitié de ses pattes mécaniques.
Le loup bondit de nouveau et, de ses crocs tranchants comme des lames, lui arracha un membre de plus.
« Putain, ouais ! Maintenant, écrase-lui la tête ! »
« Merde ! Je t’ai dit d’esquiver à gauche ! »
Le Hurleur se cabra furieusement pour tenter de se débarrasser de son adversaire, mais en vain. Le loup s’acharnait sur son noyau vital.
Alors que l’issue inévitable approchait, les gradins se partagèrent entre hurlements de joie et cris de désespoir. Puis, dans un ultime assaut, les crocs du loup transpercèrent le crâne du Hurleur.
「Victoire de Sharpnodon, le Rasoir du Mal ! Aussi tranchant et net que son nom !」
Les acclamations et les jurons jaillirent des gradins bondés. En un instant, les uns gagnèrent leurs paris et les autres perdirent les leurs.
「Mais bien sûr, tout cela n’était qu’un amuse-bouche avant le combat qui nous attend ! Préparez-vous à accueillir notre véritable champion !」
Le mot « champion » fit trembler tout le colisée. Le rugissement de la foule était assourdissant.
「Qui oserait défier l’indomptable roi de KOL ? Rien de moins que la sensationnelle nouvelle recrue, une fée ailée couverte de sang, surgie des enfers : la Brute sanglante vient réclamer le trône !」
L’effervescence redoubla. On recueillit les mises, on distribua les drogues : une dernière pause avant que le sang ne coule à nouveau.
Un observateur dans la foule
Les cyborgs se déversèrent des gradins sur la place extérieure.
« Hé, Richlv, tu vas aussi récupérer ta dose de drogue ? »
Celui qu’on appelait Richlv rit nerveusement et secoua la tête.
« Non. Je veux juste voir sur quel camp la foule mise le plus. »
« Mec, t’es le mineur le plus barbant de toute la galaxie. »
Les autres claquèrent la langue et s’en allèrent, le laissant derrière eux.
Le sourire de Richlv s’effaça.
Il n’était pas mineur.
C’était un surveillant affecté à KOL sous le couvert d’un travailleur inoffensif. Sa véritable mission était la surveillance.
« … »
Son regard perçant balaya la foule.
Car c’était l’un des rares endroits de l’Union stellaire où l’on tolérait une liberté limitée, et il fallait le surveiller de plus près que n’importe quel autre lieu.
Depuis peu, sur plusieurs planètes, des organisations non autorisées et non identifiées avaient commencé à surgir toutes en même temps. Personne ne comprenait comment, mais ces groupes parvenaient à grossir leurs rangs tout en échappant à la surveillance attentive de l’Union stellaire.
Pour l’Union, dont la devise était la stabilité par le contrôle, l’existence de tels éléments rebelles était intolérable.
Richlv, agent de surveillance en mission sous couverture, en avait conscience mieux que quiconque. Il avait juré de démasquer ces conspirateurs et de les éliminer.
« Le prochain combat, c’est le dernier, pas vrai ? »
Pourtant, malgré sa détermination, il n’avait découvert aucune activité suspecte. Tous ceux que son regard croisait ne faisaient que s’adonner à leurs occupations habituelles : s’injecter les drogues distribuées par l’arène, miser frénétiquement sur le prochain combat ou contempler les images affichées sur d’immenses holos écrans.
« Hein ? »
Alors que la déception commençait à le gagner, il les remarqua.
Un groupe.
« Des Coldbloods ? »
Depuis le début de la guerre entre MegaCorp et l’Empire du Culte, le nombre de Coldbloods migrant vers l’Union stellaire avait fortement augmenté.
Les augmentations cybernétiques avaient d’abord été conçues pour les humains ; transformer entièrement un Coldblood était donc impossible. Malgré tout, leur biologie robuste permettait de leur apporter des modifications partielles et de leur implanter des dispositifs de contrôle. Ainsi, une bonne partie des réfugiés Coldbloods avait été acceptée dans l’Union.
En fait, la foule de ce soir en comptait probablement un sur dix, mais leur présence n’avait rien d’étrange.
Parmi eux, Richlv repéra deux Coldbloods cyborgs en pleine conversation. Personne ne leur prêtait vraiment attention. Pourtant, quelque chose chez eux éveilla son instinct.
Le premier, un mâle, parlait avec ferveur. Ses yeux étroits, pareils à ceux d’un serpent, ne brillaient pas du plaisir abruti des autres drogués alentour, mais d’autre chose : de la folie.
L’autre était un vieux Coldblood, qui l’écoutait en silence. Son expression, pourtant, trahissait la peur : il semblait recroquevillé, hésitant.
La folie et la terreur. Ces émotions n’avaient rien à faire dans la liesse de l’arène.
« Approchons-nous. »
La caméra intégrée à l’œil mécanique de Richlv pivota pour faire la mise au point sur la bouche de l’orateur. Ses lèvres s’étiraient de façon anormale sur des crocs acérés ; les mots qu’il articulait devinrent clairs.
« Voltek… milieu… foi… recrues… d’autres arrivent… attends. Ne me dis pas que… »
Richlv plissa les yeux.
« Des cultistes de Vortex One. »
Le Culte de Vortex One était tristement célèbre bien au-delà de son berceau, dans l’Empire du Culte : une organisation fanatique, maculée de sang et si féroce que même les forces de l’ordre de l’Union suivaient ses déplacements.
« Ils seraient vraiment venus ici à cause de la guerre ? »
Ce n’était pas impossible. Même les criminels avaient besoin d’un environnement stable pour s’implanter.
Il pesa ses options.
« Excusez-moi. »
Les Coldbloods se raidirent aussitôt. Leurs capuchons bougèrent tandis que leurs regards méfiants se tournaient vers lui.
Richlv s’interrompit.
Il pouvait se dévoiler, révéler son identité de surveillant et les arrêter sur-le-champ. Mais les autres se cacheraient alors encore plus profondément, et il serait d’autant plus difficile de les attraper.
Mieux valait, bien mieux, remonter la piste jusqu’à sa source, suivre ce fil jusqu’à la racine cachée du culte.
« Euh… où sont les toilettes ? »
« … Tout droit, à droite, après l’holopanneau. »
« Merci. »
En s’éloignant, son œil cybernétique émit un léger clic, enregistrant discrètement des images détaillées de leurs visages. Grâce à leurs implants et à leurs dossiers d’enregistrement, il découvrirait bientôt leur identité, leur lieu de travail et leur adresse. Il avait trouvé une piste au sein de l’organisation.
Alors, la voix triomphante de l’annonceur tonna dans l’arène, couvrant tout le reste :
「Mesdames et messieurs ! La Brute sanglante contre le Champion ! Ce soir, nous assisterons à l’ascension ou à la chute d’un nouveau roi !」
La foule explosa de joie.
Richlv fit volte-face sans tenir compte du vacarme. Il avait terminé. Tandis que les acclamations assoiffées de sang résonnaient derrière lui, il franchit les portes du colisée et s’enfonça dans la nuit.
***
「Fin du quart de travail. Tout le personnel doit cesser ses activités et rentrer chez soi.」
Usine de production de biogaz n° 35 de KOL.
À l’annonce, les ouvriers se préparèrent en hâte à partir. L’un après l’autre, ils rendirent leurs outils aux androïdes de service et quittèrent l’usine en un flot qui se retirait.
Mais tout le monde ne partit pas.
« … »
Quelques Coldbloods échangèrent un regard entendu. En silence, ils sortirent de fines puces de leurs poches et les insérèrent dans les terminaux implantés à leurs poignets.
« Départ confirmé. »
« Départ confirmé. »
Les androïdes de patrouille, qui parcouraient l’atelier pour vérifier les présences et les départs, les enregistrèrent comme étant partis. Aucun ne remarqua qu’ils étaient restés.
「Fermeture du site.」
Ce ne fut qu’après le départ des androïdes et la baisse des lumières que les Coldbloods se mirent enfin en mouvement.
« Par ici. »
Celui aux yeux étroits et rusés comme ceux d’un serpent leva une lampe torche et leur fit signe. Contrairement à son allure assurée et à son regard perçant, les autres — décharnés, maigres et maladifs — se serrèrent contre lui avec hésitation.
« Venez. Suivez-moi. »
Il les guida plus profondément dans l’usine, jusqu’à la section où étaient empilés les sacs de matières organiques destinées à la production de gaz.
Le plus vieux des Coldbloods toussa violemment.
« Hum… pourquoi… pourquoi ici ? »
Au lieu de répondre, l’homme aux yeux de serpent se mit à déplacer les sacs entassés contre le mur. Derrière eux apparut une petite porte dissimulée.
Grincement.
En l’ouvrant, il révéla un escalier étroit qui descendait dans les ténèbres.
« En bas. C’est là. Allez-y, passez devant. »
Le vieil homme et les Coldbloods chétifs hésitèrent, échangèrent un regard, puis commencèrent lentement à descendre.
En bas, l’air changea complètement.
L’espace secret n’était guère plus grand qu’un débarras et des bougies vacillantes l’éclairaient faiblement. Pourtant, le spectacle qui les attendait évoquait un sanctuaire démoniaque.
Des symboles blasphématoires, tracés avec du sang, maculaient les murs et le sol. Au centre gisait le corps mutilé d’une Coldblood, sauvagement tailladé.
Autour d’elle se tenaient de jeunes fanatiques Coldbloods, les yeux sauvages luisant de faim et de folie. Ils dévisagèrent les nouveaux venus comme des prédateurs jaugeant leurs proies.
« Q-Qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« C’est un rituel. »
L’homme aux yeux de serpent descendit tranquillement la dernière marche. Il verrouilla la porte derrière lui d’un clic métallique.
« Le Grand Un désire que nous soyons véritablement libres — affranchis des lois, de la morale, de l’ordre, de toute entrave. Seul l’abandon peut nous permettre d’entrer dans Ses bras. »
L’un des jeunes zélotes lui tendit un poignard rituel, dont la lame était déjà couverte de vieilles taches séchées.
« Avant de retourner auprès de Lui, nous devons prouver que nous nous sommes libérés de nos chaînes : par le sang, par la chair, par la douleur. »
« Par le sang. Par la chair. Par la douleur. »
« Par le sang. Par la chair. Par la douleur. »
Les cultistes scandèrent ces mots d’une voix basse et glaciale.
Le poignard à la main, l’homme aux yeux de serpent s’approcha des Coldbloods chétifs qui l’avaient suivi sans savoir où ils allaient.
Leurs pas résonnèrent en se rapprochant ; la lame luisait faiblement à la lumière des bougies.
À cet instant, le rituel était sur le point de commencer.
« Même nos semblables doivent avoir la possibilité de faire leurs preuves. Offrez-Lui le sang des faibles. »
Il n’était pas nécessaire de préciser qui étaient les faibles.
« Une seule question. »
Le vieux Coldblood fixa d’un air sombre le cadavre mutilé de la femme.
« Si nous faisons une chose pareille sous l’usine, on ne nous découvrira pas rapidement ? Comment le cachez-vous ? »
« C’est maintenant que tu te poses la question ? »
« Oui. »
Le vieil homme allait de toute façon être mis en pièces. Le cultiste ne voyait donc aucun mal à lui répondre avec désinvolture.
« On a piraté l’ordinateur central de l’usine ainsi que son plan interne, et effacé jusqu’à l’existence de cette salle. Quant aux corps, on les jette dans les sacs de combustible organique pour qu’ils soient traités. Facile à faire disparaître. »
« Piraté… ? »
« Notre ordre existe en de nombreux endroits. On s’entraide quand c’est nécessaire. »
Il n’en dit pas davantage et leva plutôt le poignard bien haut.
« Ça suffit. Frères, décidez maintenant ! »
Les jeunes cultistes dégainèrent leurs propres lames. La menace était claire : refuser, c’était être massacré en sacrifice.
« Si vous refusez, vous rejoindrez les offrandes… Quoi— ? »
Mais leur réaction ne fut pas celle, terrifiée, à laquelle il s’attendait.
Un instant plus tôt, les Coldbloods décharnés tremblaient comme des proies face à un prédateur. À présent, leurs yeux étaient résolus et brûlaient d’un mépris ardent, non de peur.
« Vraiment, les ténèbres de notre peuple sont profondes. C’est une honte de vous appeler nos semblables. »
« … Quoi ?! Ne me dites pas que… l’Union stellaire vous a envoyés ? »
« L’Union stellaire ? Nous servons une puissance bien plus grande. Pas un vulgaire démon qui commande une telle engeance, mais une force infiniment vaste. »
« Comment oses-tu— ?! »
Alors, tout se produisit.
L’un des prétendus faibles, qui se tenait derrière le vieil homme, ouvrit soudain la mâchoire de façon anormale. Un torrent de fluide noir se déversa de sa bouche et s’écoula sur le sol de pierre comme une cascade.
« Malgré tout, notre Grand jeune être saura en tirer parti. »
« Qu… Qu’est-ce que c’est ?! »
« L’Apôtre du Grand jeune être a parlé : offrez la pierre que vous avez polie. »
D’autres se précipitèrent pour soutenir celui qui vomissait ce flot noir.
Au sol, le liquide s’agitait comme un être vivant. Des formes émergèrent, des horreurs indescriptibles naissant de cette boue bouillonnante.
« C-C’est… Qu’est-ce que c’est que ÇA ?! »
« Fuyez ! Fuyez, vous tous— Aaah ! »
« Salauds, qu’est-ce que vous avez… Grrrraaaah ! »
Le sanctuaire sombra dans le chaos en quelques secondes. Les monstruosités venues d’ailleurs se jetèrent sur les cultistes en hurlant et les déchiquetèrent.
Au centre, le vieil homme prononça ces mots d’un ton calme et sans appel, comme un juge rendant son verdict.
« Désormais, cet autel appartient au Grand jeune être. »
Dehors, l’usine était silencieuse dans les ténèbres de la nuit.
Il ne restait personne pour entendre les derniers cris.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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