Chapitre 485
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 484
« Toujours aucune avancée pour réparer la panne des communications ? »
« Eh bien… »
Dans le jardin intérieur de la base mobile.
La question de Gotō plongea l’administrateur en chef de la base dans l’embarras.
« Le rayon du Gigacracker a effleuré la station. Le relais supraluminique a complètement grillé. Les réparations vont prendre un certain temps. »
« Hrrm. »
Gotō poussa un grondement sourd en admirant un parterre de fleurs exotiques aux couleurs éclatantes.
Juste après la chasse, qui avait été couronnée de succès, il avait rédigé un rapport complet pour Akira. Les caractéristiques physiques du démon, ses capacités, chaque détail du combat : rien n’avait été omis.
Il ne lui restait plus qu’à le transmettre. Et voilà que, précisément maintenant, la liaison de communication était en panne.
« Je vous prie de m’excuser. Nous faisons au plus vite pour la réparer. Encore un peu de temps et… »
« Tss. Ce satané démon continue de nous créer des problèmes, même après sa mort. »
Walter avait beau l’avoir chargé de rester auprès du noble, Gotō s’impatientait. Les affaires d’Akira s’accumulaient de jour en jour : les élections du PDG, la reconstruction d’après-guerre, les tensions croissantes avec l’Empire du Culte. Autant de sujets d’une importance capitale.
Il devait rentrer au plus vite. Il était hors de question de perdre du temps ici.
« Pourquoi ne pas attendre le démantèlement de la base ? Vous pourriez repartir avec elle. »
Les bases mobiles de la famille Saint K n’étaient pas équipées de moteurs supraluminiques. Pour quitter un système stellaire, il fallait les démanteler, les répartir en modules, les charger sur de plus grands transporteurs et les emmener.
Maintenant que la chasse était terminée, la base se préparait justement à être démantelée.
« Sur le chemin du retour, vous pourriez même emprunter un satellite-relais de la famille Zhao pour rejoindre la Terre. »
« Je vous prie de m’excuser, mais ce n’est pas envisageable. Je dois faire mon rapport directement à mon maître. »
Gotō savait parfaitement que les satellites de la famille Zhao étaient déployés dans tous les systèmes et que la famille interceptait la moindre donnée qui y transitait.
Qu’un autre noble de la famille Saint K l’intercepte, passe encore. Mais confier des informations sensibles à des étrangers ? Impensable.
« Dans ce cas, peut-être pourriez-vous trouver un vaisseau en partance pour la Terre ? »
« Eh bien… par chance, un croiseur auxiliaire doit justement rentrer. »
« Un croiseur auxiliaire ? »
« Oui. Il abrite un laboratoire de recherche génétique, qui sert à transformer les proies capturées en échantillons. Cette fois, il ramène à la demeure familiale les spécimens mis en sécurité. »
« Et s’il y a un laboratoire, il doit sûrement y avoir une capsule de stase ? »
« Bien sûr. Je vais m’arranger pour que vous embarquiez à bord. »
La proposition n’était pas mauvaise. Gotō hocha sèchement la tête.
« Bien. Je compte sur vous, alors. »
« Oui, monsieur. Ah, et si vous avez l’occasion de voir Lady Akira… pourriez-vous peut-être parler en notre faveur ? »
« Ne vous inquiétez pas. La maison Yujin va former sa propre équipe, chargée de se procurer des échantillons biologiques. »
Depuis la mort de Walter Saint K pendant la chasse, l’avenir des chasseurs personnels de la famille était incertain. Quel que soit le nouveau chef, la plupart d’entre eux risquaient de se retrouver au chômage.
Gotō comptait les faire entrer au service de sa propre maison.
« Vous aurez bientôt de nos nouvelles. Nous discuterons des détails le moment venu. »
« Ah… Voilà qui me rassure. À vrai dire, j’espérais aborder la question avec vous pendant le voyage de retour, mais… »
À cet instant, la porte du jardin coulissa. Un technicien vêtu d’une combinaison semblable à une tenue de soudeur spatial entra.
Hein ?
« Administrateur, j’ai une requête concernant les réparations du relais. »
« Les réparations ? »
À l’approche de l’homme, Gotō fronça légèrement les sourcils.
Une odeur étrange. Faible, mais bien réelle. Celle, discrète, de chair en décomposition.
Elle était si ténue que même ses sens modifiés l’avaient presque manquée.
« Pourquoi vous adresser à moi ? Voyez ça avec le responsable des réparations. »
« Le responsable a dit qu’il fallait l’autorisation de l’administrateur général. »
« …Vraiment ? »
De toute évidence, l’administrateur ne sentait rien. Il poursuivit la conversation comme si de rien n’était.
À part l’odeur, rien d’anormal.
Le visage de l’homme, sa combinaison de travail : tout était parfaitement ordinaire. Il venait peut-être tout juste de quitter une séance de réparation, songea Gotō.
« Quoi qu’il en soit, je ne vais pas vous déranger davantage. Je m’en vais. »
« Ah, Gotō ! N’oubliez pas notre requête, s’il vous plaît ! Nous comptons sur vous ! »
« Oui. À bientôt. »
Gotō n’y prêta pas davantage attention et quitta le jardin.
Peu après, il embarqua dans une navette qui le conduisit au croiseur auxiliaire dont l’administrateur lui avait parlé.
« Gotō Yujin, c’est bien ça ? On m’a déjà prévenu. Je suis Campbell, capitaine de l’Envahisseur. »
« Enchanté. »
Gotō débarqua et serra la main du capitaine en uniforme.
« Le vaisseau doit partir dans trente minutes. Nous vous avons préparé une capsule de stase dans notre laboratoire de recherche. Souhaitez-vous l’utiliser tout de suite ? »
« Oui. Je vous prie de m’y conduire. »
« Nous allons vous montrer le chemin. Suivez-nous. »
L’un des chercheurs les conduisit, lui et le capitaine, à travers des couloirs étincelants jusqu’au laboratoire de génétique.
« C’est donc ça ? »
Laboratoire de recherche, à bord de l’Envahisseur.
Gotō examina la capsule de stase, un ancien modèle conçu pour les humains génétiquement modifiés.
Parmi les troupes de Walter, il n’y avait aucun individu de ce genre. Il était donc logique que cette capsule, désormais rarement utilisée, soit un vestige d’une autre époque.
Quel dommage, mais tant pis.
Gotō se déshabilla et entra dans la capsule.
« Nous allons lancer le processus de synchronisation. »
Lorsque le liquide froid l’enveloppa, il ferma les yeux.
« Une fois rentré à la demeure familiale, ma première tâche sera de convoquer les Ombres. Sans chef à la tête de Saint K, c’est l’occasion idéale d’étendre notre influence… »
Tout en préparant ses prochaines manœuvres à mesure que le processus suivait son cours, Gotō finit par sombrer dans le sommeil.
Il ne sut pas combien de temps passa.
Mais il finit par s’éveiller, remué par de faibles vibrations qu’il percevait à travers le liquide : le vaisseau était déjà parti.
« La calibration est terminée ? »
Aucun chercheur ne l’accueillit. Celui qui avait supervisé la synchronisation n’avait pas pris la peine de le réveiller.
Il manifesta son agacement d’un claquement de langue. Une telle chose était impensable dans la maison Yujin.
Irrité, Gotō sortit de la capsule, s’habilla et quitta le laboratoire.
Des couloirs sombres s’étendaient devant lui, éclairés par quelques lumières clairsemées et baignés d’un silence inquiétant.
« …C’est l’heure de dormir ? »
Personne ne lui avait même indiqué où il logerait pendant le voyage vers la Terre. Ce manque d’égards lui restait en travers de la gorge.
« Je vais demander des explications au capitaine sur la passerelle. »
Sur chaque vaisseau, le personnel de la passerelle était au moins réduit au strict minimum. Il exigerait des explications là-bas.
Mais tandis qu’il avançait, quelque chose éveilla ses sens.
Une odeur. Familière. La même qu’il avait décelée plus tôt chez le technicien du jardin. Elle flottait, légère, dans le couloir.
« Une odeur de bête ? »
L’Envahisseur était un croiseur auxiliaire qui transportait des proies capturées pour les traiter. Il n’était pas rare que l’odeur des carcasses s’accroche à la coque. Les vaisseaux de laboratoire de la famille Yujin avaient connu le même problème.
Mais sans ses sens génétiquement améliorés, cette odeur si faible serait passée inaperçue.
« Tss. Avoir le nez fin n’apporte parfois que des ennuis. »
Heureusement, la passerelle n’était pas loin. Il y entra bientôt.
« Vous devez être l’invité de marque dont le capitaine nous a parlé. »
Un membre d’équipage qui se tenait devant la console de l’holocarte se leva à l’entrée de Gotō.
« Que puis-je faire pour vous ? »
« On ne m’a pas attribué de quartier. Le chercheur chargé de s’occuper de moi semble avoir disparu. »
« Je vois. Veuillez patienter, je vais m’en occuper tout de suite. »
Le membre d’équipage ajusta son communicateur et s’adressa à quelqu’un par le canal. Pendant ce temps, Gotō s’assit et laissa son regard vagabonder.
Puis ses yeux s’immobilisèrent sur l’holocarte.
« Vous. Une question. »
« Oui, monsieur ? »
« Notre destination, c’est bien la Terre ? »
« Oui… Même si une escale est prévue en chemin. »
« Qui a tracé cette route ? Le responsable de la navigation ? »
« Euh… Pourquoi vous demandez ça ? »
L’expression de Gotō se durcit et son regard s’aiguisa.
La trajectoire affichée ne correspondait pas à ce qu’il s’attendait à voir.
« Quelqu’un a mal programmé la route. »
« J-je ne comprends pas… »
« Ce vaisseau ne fait pas route vers la Terre. Sa trajectoire mène ailleurs. »
« Je vais prévenir les autres immédiatement ! »
Le membre d’équipage s’empressa de contacter ses supérieurs.
Peu après, le capitaine Campbell et plusieurs officiers supérieurs se rassemblèrent sur la passerelle.
« …En entendant le rapport, j’ai cru que c’était impossible. »
« Capitaine, est-ce vous qui avez programmé la navigation ? »
« Quand je l’ai fait, la route était correcte. Quelqu’un l’a modifiée. »
« Qui en a l’autorisation ? »
« Moi seul, et le responsable de la navigation. »
À ces mots, tous les regards se tournèrent vers la passerelle. Tous les officiers supérieurs étaient présents, sauf le responsable de la navigation.
« Vous l’avez contacté, n’est-ce pas ? Pourquoi n’est-il pas là ? Réessayez. »
« Pour l’instant, veuillez simplement modifier la route. »
« Non. Tant que nous n’aurons pas parlé à l’intéressé, nous ne saurons pas ce qu’il mijote. »
Le capitaine Campbell refusa la requête de Gotō et sortit son communicateur personnel. Son visage se rembrunit aussitôt.
« Hum ? »
« Qu’y a-t-il, monsieur ? »
« Chef des communications. Vous avez votre terminal ? Essayez de joindre le responsable de la navigation. »
« O-oui, capitaine. »
L’officier des communications manipula maladroitement son appareil personnel, puis prit la même expression que Campbell.
« Quoi ? C-ce n’est pas possible ! »
Paniqué, il se précipita vers l’ordinateur de la passerelle et pianota frénétiquement ses commandes.
« Qu’est-ce qui vous prend, à tous les deux ? »
« Il y a un problème avec le réseau de communication du vaisseau. »
« Quoi ? »
« Capitaine, je crois qu’il va falloir vérifier directement la salle des communications. »
« Attendez ! »
Gotō arrêta l’homme qui s’apprêtait à partir en toute hâte.
« …Capitaine. Tout ça sent mauvais. Nous devrions y aller tous ensemble. »
Modification non autorisée de la route, pannes de communication soudaines : le lien était évident. Campbell lui-même se surprit à hocher gravement la tête.
Ensemble, tout le personnel de la passerelle se dirigea vers la salle des communications.
Malheureusement, leur instinct ne les avait pas trompés.
« Mais qu’est-ce que… ? »
« Sentinelle des communications ! Où est l’officier de garde ?! »
La salle était dévastée. Des appareils électroniques de précision, brisés, jonchaient le sol.
Gotō sentit une sombre lueur de reconnaissance s’éveiller en lui. C’était l’odeur : la même puanteur qu’il avait à peine perçue dans les couloirs, mais ici bien plus forte.
« On peut réparer ça ? »
« R-réparer ? Impossible… On irait plus vite à reconstruire tout le système de zéro ! »
« Chef de la surveillance. Il y a des caméras dans ces couloirs, n’est-ce pas ? Vérifiez qui a fait ça. »
« O-oui ! Tout de suite… »
« Ça ne servira à rien. »
« Quoi ? »
Suivant la piste de l’odeur âcre, Gotō s’enfonça dans la salle.
Le capitaine et les officiers le suivirent, puis se figèrent.
Un coin était encombré d’un empilement de machines brisées, haut comme un monticule. Une odeur cuivrée et fétide s’échappait de dessous.
Quand Gotō écarta les débris, une puissante odeur de sang se répandit.
« C’est… ! »
« Mon Dieu… »
« B-beurk ! »
Ce qui gisait là était l’enveloppe d’un corps humain. Pas un cadavre : plutôt une coquille vidée. Tous les organes, toute la chair avaient été arrachés, ne laissant que la peau.
« Chef de la gestion des crises ! Verrouillez immédiatement tout le vaisseau ! »
« O-oui, monsieur ! »
« Uaaah… Beurk ! »
Certains officiers s’affairèrent sur leurs appareils personnels, les mains tremblantes. D’autres s’effondrèrent et vomirent leur bile sur le pont.
Au milieu de tout ça, Gotō fut le seul à garder son sang-froid. À genoux, il examina la peau déchiquetée.
Les traits avaient beau être déformés, il les reconnut.
« …Le technicien que j’ai vu tout à l’heure. Dans le jardin. »
L’homme qui était censé être parti réparer le relais de la base mobile se trouvait là, éviscéré comme un déchet.
La signification ne faisait aucun doute.
« C’est toujours vivant. »
La chose qu’ils avaient crue détruite par le Gigacracker : le « Démon à trois têtes ».
Cette abomination se trouvait ici, à bord de ce vaisseau.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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