Chapitre 48
Ils se trouvaient dans l’escalier qui descendait au premier étage. Heureusement, aucun des deux ne semblait gravement blessé.
[ZZZ ZZZ (Bien joué)]
« Grand Bébé, tu saignes. »
Numéro 26 s’inquiéta en voyant mon corps criblé de trous. Il essaya d’étendre ses tentacules pour lécher mes blessures, mais je me retirai aussitôt.
[ZZZZ ZZZ Z ZZZZ (Mon sang est dangereux)]
« ? »
Je désignai les gouttes de sang sur le sol. La créature devant moi hocha bizarrement la tête, comme si elle avait compris.
« Compris. »
[ZZ (Oui)]
Avant que les ennemis ne nous rattrapent, j’inspectai mon corps. Mes tentacules étaient gravement endommagés et mettraient plus d’une heure à se rétablir. La chair repoussait dans les zones transpercées, mais il faudrait une dizaine de minutes pour qu’elles cicatrisent complètement.
« Les blessures sont plus graves que je ne le pensais, mais l’opération s’est bien passée. »
Il ne restait que deux policiers et un androïde parmi nos ennemis. Grâce au policier contrôlé par le parasite, qui avait tiré sur son propre collègue, nous avions un ennemi de moins à affronter.
Malheureusement, l’androïde s’était rapidement occupé d’eux ; nous ne pouvions donc pas espérer de résultat plus probant.
« Il reste trois ennemis. »
L’idéal aurait été de les affronter un par un, mais c’était impossible. Ceux du premier étage n’étaient pas stupides. Ils avaient sûrement compris que nous n’étions pas seuls et viendraient préparés.
« Je peux me régénérer, mais pas eux. Contrairement à moi, Numéro 26 et Adhai ne se remettront pas de blessures graves. Une balle peut leur être fatale et, si la blessure est importante, ils risquent de mourir. »
« Mes capacités régénératrices sont peut-être supérieures, mais… »
Nous ignorions s’ils possédaient ce Trait. Impossible de foncer dans le tas.
« Est-ce que je devrais utiliser les Tentacules du monstre ? »
Les ennemis du premier étage avaient été neutralisés, et les derniers s’étaient regroupés au deuxième. Ils ne pouvaient pas se déplacer librement comme moi ; ils passeraient probablement par le couloir. Si je lançais un Souffle psychique dans leur direction grâce aux Tentacules du monstre, ils ne pourraient échapper à l’anéantissement total.
« Le problème, c’est que je ne pourrais pas réagir à un imprévu. »
Après avoir utilisé le Souffle psychique, je serais temporairement incapable de bouger. Cela durerait environ trois à cinq minutes.
« Les ennemis sont eux aussi en mauvaise posture ; ils ont sans doute déjà demandé des renforts. Si je tarde, la situation se compliquera quand ils seront plus nombreux. »
Les nouveaux renforts seraient probablement plusieurs fois plus nombreux. Avec mes capacités actuelles, les anéantir tous ne serait pas une mince affaire.
« Utilisons les Tentacules du monstre. »
Par chance, les ennemis approchaient en suivant les traces de Sang acide sur le sol.
Avant de les accueillir, je donnai mes instructions à Numéro 26 et Adhai.
[ZZZ Z ZZZ ZZZZ ZZZZ ZZZ (Je serai temporairement affaibli après cette attaque)]
« ? »
[ZZ ZZZZ ZZZZ ZZZ ZZZZZZ (Vous devrez me protéger, cette fois.)]
« Grand Bébé, tu vas encore grandir ? »
[ZZZZ ZZZ ZZZZ ZZ (Non, cette fois, c’est différent)]
« Compris. Je protégerai Grand Bébé. »
« Je » « ne » « comprends ».
« Grand Bébé est un bébé, alors il fait parfois la sieste. »
« Compris. »
Ce n’était pas vraiment une sieste, mais inutile de le préciser.
Je les repoussai et avançai la tête dans le couloir pour évaluer les ennemis. Dès qu’ils se montraient, ils tiraient des balles perforantes.
Grâce à la solidité de ma tête, elle ne se transforma pas en passoire, mais la douleur ne disparut pas complètement.
« …Il me faut une meilleure stratégie défensive. »
Plusieurs essences génétiques que je pourrais obtenir dans cette ville me vinrent à l’esprit, mais j’étais en plein combat. Je chassai ces pensées et, en prenant le mur et la carapace de ma tête comme couverture, tirai des projectiles osseux par salves contrôlées.
« Merde ! »
« Sers-toi de moi comme couverture pour tirer. »
« Je sais ! »
Les policiers jurèrent tandis que les épines fonçaient sur eux. Privés de leurs armes à distance, les androïdes utilisaient désormais le bunker de puissance pour défoncer le mur de béton et s’en servir comme abri.
Ça semblait être une bonne idée, mais il était évident que nos adversaires étaient redoutables. Un abri ne servirait à rien contre le Souffle psychique.
J’activai les Tentacules du monstre, et le long tentacule qui atteignait mon épaule se mit lentement en mouvement.
« Hein ? »
En un instant, je sentis mes forces m’abandonner d’un coup et faillis m’effondrer sur place. Mon exosquelette luisant pâlit, et ma puissante queue, qui était au sommet de sa forme, s’affaissa au sol.
« …Ça consomme une quantité d’énergie monstrueuse. »
J’eus l’impression que toute l’énergie qui circulait dans mon corps avait été aspirée par ma tête. Mes griffes, ma queue, mes quatre bras de combat, jusqu’au petit bras sur ma poitrine, toute ma force fut drainée. Le tentacule, qui avait absorbé presque toute mon énergie, se mit à briller d’un violet intense. La puissance psychique concentrée à son extrémité était telle que même un humain aux facultés de perception psychique limitées pouvait la sentir.
Les tentacules avaient accumulé une énergie immense, au point que l’air crépitait. Tous pointèrent vers l’avant et concentrèrent leur extrémité.
« Puissance psychique de haut niveau détectée. Évacuez immédiatement. »
« Quoi ?! »
La lueur violette qui émanait des extrémités des tentacules convergea dans les airs. Les ennemis tentèrent désespérément de battre en retraite, mais il était trop tard.
Dans le couloir sombre, une faible lueur violette se répandit, puis l’énergie rassemblée dans les airs fut enfin libérée.
Un rayon de pure énergie psychique fendit le couloir. Le mur de béton qui couvrait la moitié de mon corps disparut sans laisser de trace ; tout ce que touchait le rayon subissait le même sort.
Il n’y eut aucun bruit. La puissance psychique n’en produisait pas. Le seul son vint plus tard, quand les débris du couloir détruit s’effondrèrent.
Dans le sillage de la tempête violette, il ne resta rien. L’androïde, avec le mur auquel il s’agrippait, fut littéralement réduit en poussière. Quant au policier qui avait activé son bouclier trop tard, la moitié de son corps avait disparu ; il s’écroula au sol.
Le policier qui se tenait contre le mur extérieur du bâtiment, au deuxième étage, parvint toutefois à survivre : le bouclier le projeta hors de l’appartement.
« Aïe ! »
Il tomba du deuxième étage, mais les effets du stimulant le remirent rapidement sur pied. Je voulus le poursuivre alors qu’il tentait de s’enfuir, mais mon corps ne répondait plus.
« Tu es » « incroyable » « Grand jeune être ! »
Alors que j’entendais les pensées d’Adhai, émerveillée par la majesté du Souffle psychique, je perdis connaissance.
***
« Merde ! Merde ! C’est insensé ! Ça n’a aucun sens ! » William, une jambe à moitié brisée, répétait ces mots en essayant désespérément de fuir. Cette réalité inimaginable l’empêchait de reprendre ses esprits.
« Il nous faut l’armée ! Il nous faut l’armée ! »
Imaginer qu’il avait affaire à une nouvelle recrue était d’une absurdité sans nom. Comment avait-il pu se montrer aussi arrogant dans son jugement ? Ce type était un monstre, une force maléfique prête à réduire la ville en cendres.
Ils auraient dû se préparer non pas à réunir un conseil, mais à déployer toute la flotte de défense dans la zone résidentielle.
« Est-ce que je deviens fou de penser que la famille Yujin contrôle un monstre pareil ? »
Il s’était complètement trompé. Sander n’avait pas conclu de marché avec cette créature. Peut-être était-il un esclave manipulé par les êtres parasitaires qui contrôlaient la police.
« Peu importe le nombre de victimes ! Il faut le tuer ! » William, qui avait perdu la raison, criait des choses bien plus extrêmes qu’il n’aurait jamais envisagé de dire en temps normal.
Il avait toujours été quelqu’un de rationnel, mais l’esprit humain avait ses limites. Face à une présence insoutenable, tout devenait vain.
Alors qu’il continuait à boiter, William aperçut au loin des bus de police qui approchaient.
« Six ? Il n’y a aucune chance qu’il échappe à autant de bus remplis de policiers armés ! »
« Halte ! »
Un homme en armure renforcée surgit sur la route, obligeant les bus de police à s’arrêter. Un androïde descendit de l’un d’eux et le soutint.
« Nous devons vérifier votre identité. Êtes-vous le chef d’équipe détective William ? »
« N’y allez pas ! Vous ne devez surtout pas y aller ! »
« Au vu de la situation chaotique et de la difficulté à poursuivre le combat, nous allons vous conduire à l’hôpital. »
« Écoutez-moi ! Si vous y allez, nous allons tous mourir ! »
L’androïde tenta à plusieurs reprises de calmer William, qui ne cessait de répéter qu’ils allaient tous mourir. On installa William, inconscient, dans le bus, qui repartit aussitôt.
À leur arrivée à l’immeuble, la cible avait disparu. Il ne restait sur place que des débris d’androïdes, des restes humains, des policiers blessés à l’abdomen et d’autres inconscients, éparpillés sur le sol.
***
« Vous êtes réveillé ? »
« …Où suis-je ? »
En ouvrant les yeux, William regarda autour de lui. Il se trouvait dans une capsule médicale. Derrière la vitre semi-transparente de celle-ci, un androïde médical hocha poliment la tête.
Divers appareils électroniques luisaient derrière l’androïde ; dans le couloir, il aperçut des infirmiers et d’autres androïdes qui s’affairaient.
« …À l’hôpital. »
« C’est exact. »
« Et les autres ? Et la mission ? Tout le monde va bien ? »
« Lorsque les forces de soutien sont entrées dans l’immeuble 3 du complexe résidentiel C, la cible s’était déjà enfuie. Il n’y a donc pas eu de victimes supplémentaires. »
Les paroles de l’androïde plongèrent William dans une profonde torpeur.
« …L’avoir laissé s’échapper est une faute impardonnable. »
« Vous n’avez pas à vous inquiéter. Nous avons déjà récupéré les unités de stockage mémoire secondaires des androïdes. L’Équipe mondiale de sécurité localisera bientôt la cible. Soyez tranquille. »
« … »
Malgré les paroles de l’androïde, William ne parvenait pas à se rassurer. M01, l’androïde qui avait conservé tous les souvenirs, avait disparu sans laisser de trace, effacé par la puissante attaque psychique de l’ennemi.
Les souvenirs des autres androïdes étaient fragmentaires, et rien ne garantissait que leurs supérieurs comprendraient réellement l’ampleur de la menace que représentait la cible.
William était donc le seul à avoir conservé des souvenirs complets.
« Je dois transmettre un message à mes supérieurs tout de suite ! »
« Vous êtes en cours de traitement. Vous ne pouvez pas sortir. »
« Bon sang ! C’est urgent ! »
« C’est impossible. Vous devez rester stable au moins jusqu’à demain. »
« Hé ! Écoutez-moi ! »
Sur ces mots, l’androïde manipula un appareil placé à côté de la capsule. Un médicament fut alors injecté automatiquement dans le bras de William par un tube.
William essaya de retirer la seringue, mais le médicament le plongea rapidement dans la somnolence et il perdit de nouveau connaissance.
Il se demanda combien de temps s’était écoulé lorsqu’il se réveilla à nouveau.
« Ouah ! »
La chambre d’hôpital était sombre ; il faisait peut-être nuit. William n’était pas seul. Quand il appuya sur un bouton de l’appareil, un souffle d’air se fit entendre et le couvercle de la capsule s’ouvrit.
« Qui êtes-vous ? »
« Je viens de la part de vos supérieurs. Pourriez-vous faire votre rapport tout de suite ? »
« Aucun problème. »
L’homme qui avait réveillé William et ouvert la capsule était un policier. Il portait un uniforme de police et un bandage autour du cou ; c’étaient les seuls détails qui le distinguaient.
« Hum… Où l’ai-je déjà vu ? »
William avait une excellente mémoire des visages, ce qui lui était utile dans son travail au sein de l’équipe d’enquêteurs. Il ne reconnaissait pas l’homme, mais sa carrure lui semblait familière.
« Il ne vient pas du quartier portuaire, mais où l’ai-je vu ? »
Il avait rencontré cet homme récemment.
« Une voiture nous attend dehors. Suivez-moi. »
« D’accord. Je vais juste prendre mes affaires. »
Quoi qu’il en soit, il devait faire son rapport à ses supérieurs au plus vite. William rassembla donc quelques affaires et suivit l’homme.
En chemin, des androïdes médicaux de garde cette nuit-là tentèrent de les arrêter, mais ils ne rencontrèrent aucun problème. L’homme qui guidait William leur avait montré son badge électronique de police et présenté ses papiers, ce qui avait suffi à les laisser passer.
Une fois arrivés au parking devant l’hôpital, le policier appuya sur un bouton de sa clé. Au loin, les phares d’une voiture ordinaire, pas d’une voiture de police, clignotèrent.
« Montez. »
Installé au volant, le policier n’ajouta rien.
« Pourquoi ne prenons-nous pas une voiture de police si nous allons faire notre rapport aux supérieurs ? »
William était perplexe. Ils n’étaient visiblement pas en service officiel. L’attitude du policier ne laissait pas penser qu’il cherchait à le tromper à des fins malhonnêtes.
William glissa la main dans sa poche et saisit le pistolet laser qu’il y avait caché.
« Le badge électronique qu’il a montré aux androïdes est différent, mais j’en ai un aussi. »
Le badge qu’avait présenté le policier avait un format différent, mais William possédait le même type de badge. Cet insigne électronique, utilisé par les forces de l’ordre, contenait un identifiant et un motif uniques qui rendaient toute reproduction ou falsification impossible. De plus, si quelqu’un d’autre essayait de s’en servir pour s’identifier, une alarme se déclencherait immédiatement ; il était donc impossible de le voler et de l’utiliser.
Le comportement du policier avait beau être étrange, tant qu’il possédait son badge, William était certain qu’il faisait bien partie de la police.
Après un bref moment de réflexion, il finit par monter dans la voiture. Le véhicule, avec William à son bord, quitta le parking faiblement éclairé. Laissant l’hôpital tout illuminé derrière eux, ils roulèrent dans les rues en pleine nuit.
Le trajet se déroula en silence. Le policier se contentait de conduire, tandis que William continuait à s’interroger sur l’identité de son compagnon.
« Si le dernier membre de l’Équipe mondiale de sécurité que j’ai vu était… Est-ce que ce serait un policier armé ? »
« Vous… »
« Nous sommes arrivés. »
William venait de se décider à poser une question quand il vit que la voiture s’était arrêtée. En regardant dehors, il comprit qu’ils n’étaient pas dans le quartier administratif.
Une rue tranquille et déserte, des ruelles sombres et une bouche d’égout à proximité.
« C’est la frontière entre les zones, non ? »
William connaissait bien l’endroit : il se trouvait à la frontière entre les quartiers résidentiel et portuaire. Comme il chevauchait les deux zones, les équipes de sécurité respectives évitaient souvent d’y patrouiller. Paradoxalement, les gens y commettaient des crimes quand ils oubliaient qu’il existait. Il n’y avait ni caméra ni lampadaire.
« Sortez. »
« Qu’est-ce que tout cela signifie ? »
William dégaina son pistolet laser et le pointa aussitôt vers la gorge du policier.
Il s’en souvenait, maintenant. Son compagnon était l’un des policiers armés envoyés pour capturer le monstre à l’immeuble C-3. À l’époque, il portait un casque et un masque qui empêchaient William de voir clairement son visage ; mais à présent, il le reconnaissait.
« Sortez, et vous saurez tout. »
« Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
Le policier — ou plutôt Numéro 103 — n’opposa aucune résistance. Il se contenta de répéter que William saurait tout une fois sorti.
« Qu’est-ce que ça peut bien être ? »
William avait vu ce qui était arrivé à Numéro 103. Sous l’influence d’un organisme inconnu, il avait tiré sur son propre collègue.
« Je suis désolé, capitaine. »
« Quoi ? »
« Il est déjà trop tard. »
Dans la voiture sombre, il tourna la tête vers William et ricana. Numéro 103 regardait le visage de William — ou, plus exactement, ce qui se trouvait derrière lui.
« Derrière ? »
William n’eut pas le temps de se retourner. La vitre côté passager vola en éclats et un objet pointu lui transperça la nuque par derrière.
À peine ressentit-il une vive douleur que tout son corps se paralysa. Il ne pouvait plus bouger le moindre muscle, pas même ses doigts pour appuyer sur la détente de son pistolet laser.
Une force puissante le tira alors hors de la voiture. Il fut jeté au sol, mais ne ressentit aucune douleur.
Enfin, William se retrouva face à « ça ». Quatre doigts épais qui évoquaient des sabots au premier regard, des articulations inversées qui n’avaient rien d’humain et des couches de muscles destinées à soutenir son corps massif.
Une longue queue épaisse, qui aurait pu servir de ceinture, pendait près de ses hanches. Une peau extérieure semblable à une armure recouvrait ses jambes, de la taille jusqu’à la poitrine. De petits bras poussaient sur son torse.
La créature avait plus que de simples bras. En plus de ceux qui correspondaient à des bras humains, elle possédait deux paires de bras, placés au niveau des épaules et des aisselles. Ils ressemblaient aux petits bras, mais étaient bien plus grands. Parmi eux, celui qui se trouvait sous le bras gauche était différent : à la place d’une main, il avait une longue tige.
Les autres bras se terminaient par quatre doigts aux ongles crochus et acérés, qui lui donnaient un aspect particulièrement menaçant.
Jusque-là, son apparence était déjà cauchemardesque, mais ce qui horrifia vraiment William fut sa tête. Elle évoquait celle d’un reptile, mais avec deux cornes, une sorte de casque qui la recouvrait entièrement et un amas de tentacules à l’arrière. Cette créature ne pouvait en aucun cas passer pour ordinaire.
Numéro 103 sortit de la voiture et s’agenouilla devant elle.
« Je vous l’ai amené comme vous l’aviez ordonné. »
La créature lui jeta un bref regard, puis reporta son attention sur William.
Elle ouvrit la bouche, dévoilant ses dents acérées.
« Je ne rate jamais ma proie. »
La voix qui sortit de la bouche de la créature lui était étrangement familière. C’était celle de 112, l’un des policiers qui étaient entrés dans le bâtiment pendant l’opération.
Quand la tête de la créature s’approcha, William poussa un cri. Mais personne ne l’entendit, à part lui-même.