Chapitre 478
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 477
« Monsieur Hyun-seo ? »
Une voix me tira de mon sommeil. Dès que j’ouvris les yeux, l’odeur familière du café m’envahit les narines.
« Vous m’avez dit que cela faisait plus de deux semaines que vous n’aviez pas eu d’hallucination, c’est bien ça ? À ce rythme, vous devriez bientôt être complètement rétabli. Félicitations. »
Le conseiller assis en face de moi, à la table en acajou, m’adressa un sourire chaleureux.
« Ah. »
C’était ma séance de thérapie habituelle. J’avais dû m’assoupir un instant.
« J’ai aussi appris que vos relations avec votre famille s’étaient améliorées. C’est vrai ? »
« Ma famille… »
Ce mot fit remonter un souvenir.
La semaine dernière encore, nous avions tous dîné chez mon père. C’était la première fois depuis la séparation de mes parents. Ce n’était pas aussi agréable qu’avant, mais tout de même… satisfaisant, je suppose. Je voyais bien qu’ils ressentaient la même chose.
Partager un repas comme ça, c’est vraiment un bonheur.
Je le savais bien. Autrefois, je me réunissais moi aussi avec les autres pour manger.
« …Hein ? »
Un souvenir qui n’aurait pas dû refaire surface me revint soudain en mémoire. Quelque chose qui n’était jamais arrivé.
Depuis que je vivais seul, je n’avais pas partagé un seul repas avec qui que ce soit.
« Alors pourquoi… ? »
« À propos, vous m’aviez dit que vous vous prépariez à reprendre vos études. Où en êtes-vous ? »
« Hein ? Ah… oui. »
La question du conseiller interrompit le fil de mes pensées.
« Je reprends le mois prochain. Je me suis déjà inscrit aux cours. »
« Très bien. C’est une sage décision. Si vous avez des amis, ils pourront peut-être vous aider à reprendre vos marques. »
« Des amis ? »
Impossible que j’aie ce genre de choses. Personne ne voulait côtoyer un homme avec la moitié du visage brûlée. Le mieux que je puisse espérer, c’était qu’on fasse comme si je n’existais pas.
« Au moins… à la fac, ça n’avait pas été si terrible. Mais quand même. »
Je ne voulais pas risquer de me rapprocher de quelqu’un pour revivre ce que j’avais éprouvé à l’époque.
« Hum. »
Le conseiller soupira doucement et entrecroisa les doigts.
« Très bien. Je vais vous donner un petit devoir. »
« Un devoir ? »
« Oui. D’ici le mois prochain, je veux que vous trouviez quelqu’un avec qui partager un repas. N’importe qui, sauf un membre de votre famille. »
« …Pardon ? »
« Un ami, un camarade de classe, ou même simplement quelqu’un avec qui vous mangerez une fois. Peu importe. Je veux juste que vous reveniez m’en parler. »
Je n’eus pas le temps de protester : la séance prit fin.
Comme d’habitude, je récupérai mes médicaments et rentrai à mon officetel.
« Me faire un ami comme ça, de nulle part ? »
À la fin du semestre, j’aurais déjà assez de crédits pour obtenir mon diplôme. À ce stade, courir partout pour trouver quelqu’un avec qui manger me semblait ridicule.
« La prochaine fois, je lui dirai simplement que je n’ai pas réussi. »
C’est ce que je me dis en entrant dans l’ascenseur.
Juste avant que les portes ne se referment, des pas résonnèrent dans le couloir.
« Attendez, s’il vous plaît ! »
Je retins la porte et une jeune femme se précipita à l’intérieur. Je me décalai dans un coin, veillant à cacher les brûlures de mon visage.
« Merci beaucoup ! »
Elle s’inclina pour me remercier. Je lui rendis un simple signe de tête.
« …Attends. »
Son visage m’était étrangement familier. Elle se détourna après m’avoir salué, mais j’en étais sûr : je l’avais déjà vue. Et pas il y a si longtemps.
« Ce ne serait pas… une infirmière de l’hôpital ? »
« Excusez-moi ? »
Elle s’adressa soudain à moi.
« Vous habitez au 701 ? »
« Oui ? Je… oui. Pourquoi ? »
« Ah, je m’en doutais ! Vous allez mieux, maintenant ? »
Elle me parlait comme si elle me connaissait déjà. Son ton était chaleureux, familier.
« …Elle sait même où j’habite. Ah. »
« Vous devez être… au 702 ? »
« Exactement ! J’ai emménagé l’année dernière. »
C’est là que je compris. On m’avait raconté un jour que je n’avais été tiré de mon coma que grâce à ma voisine, celle qui avait signalé les bruits étranges après mon effondrement.
L’ascenseur s’arrêta au septième étage. Nous en sortîmes ensemble.
« Merci, pour l’autre fois. »
« Oh, je vous en prie. Je venais juste me présenter quand j’ai entendu le bruit. C’était une coïncidence. Enfin… vous allez bien, maintenant ? »
« Eh bien… oui. Plus ou moins. »
« Tant mieux ! J’avais peur que vous soyez encore malade. »
Elle était enjouée et extravertie. C’était sans doute la seule raison pour laquelle le court trajet dans l’étroit couloir avait été ponctué de ses bavardages naturels.
« Bon, je vous laisse rentrer chez vous. »
« Euh, excusez-moi. »
« Oui ? »
Alors que nous tendions chacun la main vers notre porte, les mots sortirent tout seuls de ma bouche.
« Pour vous remercier… est-ce que je pourrais vous inviter à manger un de ces jours ? »
À peine l’avais-je dit que je le regrettai.
C’était la deuxième fois que nous nous rencontrions. En tout, nous avions parlé moins de dix minutes.
« Bien sûr. Vous pensiez à quel jour ? »
Son acceptation sans hésiter me surprit. Je m’étais attendu à ce qu’elle refuse tout de suite.
« Euh… demain, à midi, ça vous irait ? »
« Parfait ! Oh, je peux choisir le restaurant ? Il y a un endroit que j’aime beaucoup. »
« Euh, oui, bien sûr. »
« Génial ! Alors, donnez-moi aussi votre numéro. »
Avant même que je m’en rende compte, nous avions déjà échangé nos numéros.
« Vous vous appelez Hyun-seo Lee, c’est ça ? »
« Oui, c’est ça. »
« Moi, c’est Yoo Si-hyun. Ravie de faire vraiment votre connaissance. »
« Si-hyun… ? »
Ce nom m’était étrangement familier.
Enfin, ce n’était pas un prénom si rare. Ça devait être pour ça.
« Alors, à demain ! »
Sur ces mots, elle entra chez elle.
« …Qu’est-ce qui vient de se passer ? »
Ce ne fut qu’une fois sa porte refermée que je réalisai. Il venait de m’arriver un truc tout droit sorti d’un drama ou d’un roman.
Même une fois rentré, j’étais encore dans le brouillard quand mon téléphone vibra.
C’était un message de ma voisine. Elle m’avait envoyé le nom d’un restaurant près de mon université.
« C’est sérieux ? »
Depuis le collège, je n’avais pas eu de rendez-vous avec une femme. À l’époque, une camarade m’avait invité à son anniversaire. On m’avait donné une adresse, je m’étais trompé d’endroit, j’avais attendu seul une éternité et j’avais fini par rentrer chez moi, mort de honte.
Mais là… c’était différent. Même au cours de notre bref échange, j’avais senti que ma voisine était sincèrement gentille. Elle n’avait rien de malveillant, aucune arrière-pensée.
C’était peut-être ce qui me déstabilisait autant. De toute ma vie, je n’avais jamais vraiment vécu quelque chose de pareil.
« Attends… non. Ce n’est pas tout à fait vrai, si ? Il n’y a pas si longtemps, avec les autres… »
Cette pensée fit surgir une image : un monstre rose aux innombrables yeux. Puis, dans son sillage, l’immense corps d’un serpent écarlate.
« Argh ?! »
Une douleur fulgurante me transperça le crâne. Ma poitrine se serra, comme si j’avais été plongé sous l’eau sans pouvoir respirer.
« Hum… khh, khhh ! »
Je tâtonnai pour trouver le flacon de pilules et en avalai un comprimé violet.
« Haa… »
Aussitôt, la douleur s’évanouit, et le vertige laissa place à une lucidité aiguisée. Je relâchai un long souffle, soulagé.
J’avais cru être guéri. Mais de toute évidence, j’en étais encore loin.
Le conseiller avait raison : pour m’adapter à la réalité, j’avais besoin de l’aide de quelqu’un.
« Très bien. Cette fois… je ferai en sorte d’accomplir ma tâche. »
À moitié englouti dans le brouillard apaisant du médicament, je laissai cette promesse s’ancrer dans mon esprit.
***
Une salle à manger aux murs d’acier.
Elle était assez grande pour accueillir des centaines de personnes, mais seuls deux hommes s’y trouvaient.
L’un était un vieil homme qui frôlait les deux mètres et dont le corps n’était que muscles. Sans ses cheveux blancs et les profondes rides gravées sur son visage, personne n’aurait deviné son âge.
En face de lui était assis un homme d’âge mûr qui produisait l’impression inverse. Vêtu d’un costume noir, il était difficile de lui donner un âge précis.
« Vous n’aimez pas la viande ? »
Le vieil homme déchiquetait son morceau avec os comme un prédateur dévorant sa proie.
« C’est du faux-filet de Chien géant à tête de lion. Un vrai mets de choix. »
« Je vous remercie de votre offre, lord Walter. Mais mon équilibre serait perturbé si je consommais quoi que ce soit en dehors de mon régime. »
L’homme agita la main en parlant. Sa paume ordinaire se transforma un instant en patte avant de bête, puis redevint normale.
Walter Saint K claqua la langue avec désapprobation.
« Tss, tss. Vous ne pouvez même pas vous attaquer à un bon morceau de viande, après toutes ces modifications génétiques. »
« Mes améliorations sont exclusivement conçues pour le combat. Les autres services proposés par Yujin ne sont pas aussi contraignants. »
« Ha ! “Les services proposés par Yujin”, vous présentez ça comme si c’était propre. »
Son expression se durcit.
« Puisqu’on en parle, votre maîtresse. Elle a l’air épuisée, ces derniers temps. Vous êtes sûr que vous n’avez pas besoin de rentrer ? »
La situation des mégacorporations était chaotique.
La grande offensive des Outspacers avait pris fin, mais une nouvelle crise avait aussitôt pointé le bout de son nez : la guerre avec l’Empire du Culte.
Depuis l’enlèvement de la PDG, un mois plus tôt, les relations entre les deux puissances tournaient au cauchemar. Tout le monde s’attendait à ce que les hostilités ouvertes éclatent d’un jour à l’autre, et la charge de travail de la PDG n’avait fait que s’alourdir.
« Ma dame m’a donné des ordres très clairs : soutenir lord Walter jusqu’à ce que vous capturiez “la proie ultime”. Je ne peux pas rentrer tant que cette tâche n’est pas accomplie. »
« Hmph. Vraiment ? »
Walter connaissait bien Akira et comprenait pourquoi elle considérait ce majordome davantage comme un outil que comme un homme.
En vérité, les capacités de combat du majordome dépassaient même celles des Ombres d’élite du clan Yujin. Son corps avait été amélioré jusqu’à ses limites, et peu pouvaient se targuer d’avoir autant d’expérience du combat que lui.
Si Akira le prêtait si souvent, c’était exactement pour la raison qu’il venait de donner : aider Walter à capturer la plus grande proie.
« Il est vrai qu’il faudra plus d’un homme pour attraper cette bête. »
Le monstre s’était révélé lors de la bataille de NEO-3. Akira avait demandé à Walter de le traquer des mois auparavant, mais c’était la première fois qu’il le voyait en personne.
La puissance de combat enregistrée de la créature était écrasante, supérieure à tout ce qu’il avait vu jusque-là. Les Cults l’appelaient le « Démon à trois têtes », et ce nom lui allait à merveille.
Après Vortex One, ce n’était que la deuxième proie à avoir jamais fait naître chez Walter un véritable frisson mêlé d’admiration et d’effroi.
« Cette chasse sera peut-être la dernière. »
Il avait passé sa vie à traquer des proies. Mourir en luttant contre un adversaire plus fort que lui ne lui semblait pas être une si mauvaise fin.
« Ce bâtard ne l’aura pas facile, en tout cas. »
Le monstre était aussi puissant que Vortex One, certes, mais il n’était pas immortel.
À NEO-3, il n’avait plus eu que deux têtes, était blessé et battait en retraite.
S’il saigne, on peut le tuer.
La chasse serait impitoyable, mais ça n’avait jamais eu d’importance. Comme toujours, il se préparerait. Et il avait presque terminé.
Alors que le repas touchait à sa fin, son aide de camp s’approcha.
« Monseigneur, nous avons trouvé des traces probablement laissées par le Démon à trois têtes. »
« Ah oui ? »
« Grâce à elles, nous avons réduit à sept le nombre de ses tanières possibles. »
L’aide de camp activa son appareil, qui projeta dans les airs des hologrammes de plusieurs planètes. Walter s’essuya la bouche avec une serviette et se leva.
« Bien. Alors, commençons. »
Le regard du vieux chasseur se fixa sur les sept mondes miniatures.
Parmi eux se trouvait même une planète océanique, du même type que celle dont la famille Yujin se servait comme terrain de collecte d’échantillons biologiques.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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