Chapitre 477
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 476
Peu après mon réveil, le médecin arriva. Il m’expliqua patiemment tout ce qui s’était passé.
« Plus d’un an dans le coma… »
Je savais que j’avais dormi longtemps, mais jamais je n’aurais imaginé être resté plus d’un an dans un lit d’hôpital. En l’apprenant, je restai sidéré.
Les médecins et mes parents avaient tout essayé pour me soigner, mais rien n’avait fonctionné. Mon corps était en bonne santé, pourtant, pour une raison inconnue, je restais prisonnier du sommeil. Jusqu’à ce qu’aujourd’hui, soudain… je me réveille.
« Vous êtes sûr que vous pouvez vraiment sortir ? »
Peu après, j’étais assis dans la voiture de mon père, qui me ramenait à mon minuscule appartement.
Incroyablement, à part une certaine fonte musculaire, mon corps allait presque bien. Même le médecin avait fini par accepter ma sortie, en disant qu’il suffirait de surveiller mon état avec des examens réguliers.
« J’en ai assez des hôpitaux. »
J’y étais déjà prisonnier depuis plus d’un an. Je ne supportais pas l’idée d’y rester une minute de plus. Je voulais partir, et mes parents respectèrent ma décision.
Après des dizaines d’examens, je pus enfin sortir à la tombée de la nuit.
« Tu aurais dû rester plus longtemps. »
« Ça va, vraiment. Tu n’as pas à t’inquiéter. »
« Il vient de dire qu’il va bien. Je ne vais pas le laisser plus longtemps dans cet endroit, même si ça me rend malade. »
« Tss. »
Depuis le siège passager, ma mère lança un regard noir à mon père. Il se contenta de rire d’un air penaud.
Étrange. Les parents dont je me souvenais se seraient disputés sur-le-champ.
Après tout, même s’ils n’avaient jamais divorcé, ils vivaient séparément depuis des années. Je ne me rappelais même pas la dernière fois où nous avions été tous les trois dans la même voiture. C’était sans doute quand j’étais encore enfant.
« Hum. Je ne voulais pas aborder le sujet juste après ton réveil, mais… »
Je vis les yeux de mon père glisser vers moi dans le rétroviseur tandis qu’il parlait.
« Après ton effondrement, j’ai commencé à repenser à la famille. Moi, mais aussi ta mère. »
« … »
« Ce que je veux dire, c’est… on prend notre temps, on essaie de réapprendre à se comprendre. Ça paraît ridicule de dire ça maintenant, après tout ce temps, mais… »
« Franchement. Tu peux arrêter de lui dire ce genre de choses alors qu’il vient à peine de se réveiller ? »
Ma mère protesta à voix basse.
Dans mes souvenirs, son expression, son ton, tout chez elle était toujours froid. Mais désormais, même ses reproches avaient une douceur que je reconnaissais à peine.
« Non… je suis content. Vraiment. Ça me plaît de vous voir vous entendre à nouveau. »
« … Tant mieux. »
Après ça, la voiture sombra dans le silence.
Cette scène me semblait familière. Une autre fois, j’avais vécu quelque chose de semblable, juste après avoir été gravement brûlé. À l’époque aussi, j’avais cru que tout allait peut-être enfin s’arranger. Mais ça n’avait pas duré. Pas du tout.
Ce silence fragile ne se brisa qu’à notre arrivée devant mon immeuble.
« Bon, je monte. Merci de m’avoir ramené. »
« Tu es sûr que ça ira ? »
« Oui, ça va. Vraiment. Rentrez bien. »
Je leur fis signe et entrai seul.
Mon appartement se trouvait au septième étage. Après avoir pris l’ascenseur, je débouchai dans un couloir éclairé d’une lueur grise. Quelques détails me confirmèrent qu’un an s’était bel et bien écoulé.
« Alors, quelqu’un a fini par emménager à côté. »
Une musique discrète filtrait dans le couloir depuis l’appartement jusque-là inoccupé.
Je me souvins alors que c’était un voisin qui m’avait trouvé effondré et avait appelé les secours. Sans lui, je serais probablement mort.
Il est tard. Je le remercierai demain.
Après un bref coup d’œil à la porte voisine, je déverrouillai la mienne et entrai.
À l’intérieur, tout était exactement comme dans mes souvenirs. Je laissai tomber mes vêtements et m’assis aussitôt devant l’ordinateur.
« Ouf… »
Mon reflet me fixait depuis l’écran noir. Les brûlures déformaient tout un côté de mon visage.
En le voyant, je compris enfin.
« Alors, tout ça n’était vraiment qu’un rêve. »
Du coin de l’œil, j’aperçus le casque de réalité virtuelle, soigneusement posé à côté de l’écran.
Un début de vie soudain dans Survie spatiale, où je m’étais éveillé en Amorph.
J’avais tué les ennemis qui me traquaient, les avais dévorés, et j’étais devenu plus fort, jusqu’à ce qu’on me craigne comme le monstre qui les dominait tous.
J’avais aussi d’autres souvenirs, mais ils s’effaçaient déjà, s’évanouissant tandis que je rentrais. Il n’en restait que de faibles images rémanentes, comme des empreintes derrière mes yeux.
J’avais beau essayer de m’en rappeler, le mur dans ma tête refusait de les laisser passer. Comme si quelqu’un les avait délibérément scellés.
« Ce n’est probablement rien. »
Il se faisait tard, alors je me préparai à me coucher.
J’avais perdu une année entière de ma vie sans pouvoir l’expliquer. Il me fallait maintenant reprendre les cours, m’occuper de mes responsabilités et faire face à une foule de choses qui réclamaient mon attention.
Je n’avais pas de temps à perdre à ressasser des rêves.
Je me tournai et me retournai pendant un long moment. Alors que j’étais enfin sur le point de m’endormir, j’entendis quelque chose.
「■■■…」
Au début, je crus que ce n’était que la musique du voisin qui traversait le mur. La mélodie m’était étrangement familière, j’étais certain de l’avoir déjà entendue.
Mais il y avait un problème. La voix ne venait pas du mur. Elle était trop proche. Si proche que j’aurais dit qu’elle se trouvait dans ma chambre.
「■■■…」
Le son retentit de nouveau. Familier. Intime. À l’instant où je l’entendis, mes yeux s’ouvrirent brusquement.
Et je sus, avec une certitude absolue, que quelqu’un était là avec moi. Retrouvez la dernière parution sur novel-fire.net
Cette pensée se révéla juste.
La première chose que je vis, lorsque mes yeux s’habituèrent à l’obscurité, fut un énorme globe oculaire rose, gros comme un ballon de basket. Sa surface miroitait et luisait faiblement dans le noir. Il ne cillait pas, et un murmure incompréhensible s’en échappait.
Je me redressai d’un bond et plaquai la main sur l’interrupteur.
La lumière inonda la pièce. J’étais seul.
« M… mais qu’est-ce que… ?! »
Pourtant, je l’avais vu. Là, juste à l’endroit où reposait mon casque de réalité virtuelle. J’avais vu quelque chose. Le monstre.
Prudemment, j’éteignis de nouveau. L’obscurité envahit la pièce.
Rien.
Pas de globe oculaire étrange. Pas de créature.
« Je viens de l’imaginer ? »
Mais rien, dans ma chambre, n’aurait pu être confondu avec une telle chose. Et ça ne ressemblait pas non plus au flou d’un rêve à demi conscient. Même maintenant, l’image de cet œil immense restait vive, gravée dans mon esprit.
J’avais un examen de contrôle à l’hôpital prévu la semaine suivante. Je décidai d’en parler à ce moment-là.
Pour l’instant, je laissai la lumière allumée et me recouchai.
Ce ne fut qu’avec cette lueur inquiétante que je finis par m’endormir.
***
« Monsieur Hyun-seo ? »
« Oui ? »
Quelqu’un m’appelait.
Deux tasses de café étaient posées sur la table en acajou devant moi. De l’autre côté, un homme en blouse blanche était assis sur le canapé.
« Vous vous êtes interrompu au milieu d’une phrase. Vous allez bien ? »
« Ah, oui, ça va. »
Le souvenir me revint tandis que je répondais.
J’étais dans un cabinet de consultation. L’homme en blouse blanche était mon thérapeute, celui qui suivait mes évaluations psychologiques.
C’était mon rendez-vous hebdomadaire.
« Vous avez l’air fatigué. Vous avez du mal à dormir ? »
« Euh, oui. On peut dire ça… »
« À cause des visions dont vous m’avez parlé la dernière fois ? »
Il avait vu juste.
Depuis ma sortie de l’hôpital, la créature aux yeux roses apparaissait chaque nuit et murmurait ses paroles incompréhensibles. À cause d’elle, je n’avais pas passé une seule nuit convenable.
« Hum. Il se pourrait que le stress lié à votre ancien accident, ravivé par votre sortie du coma, se manifeste sous forme de flashbacks. »
« Quoi ? Pourtant, on m’avait dit que cette partie était guérie. »
« Le cerveau humain est plus complexe que ce que la médecine moderne peut expliquer. Il est possible que certains aspects aient échappé aux médecins pendant votre traitement. »
Ses paroles me creusèrent la poitrine. À l’idée de revivre cette douleur, un frisson glacé me parcourut l’échine.
« Pas d’inquiétude. Ce ne semble être qu’un symptôme temporaire. Je vais vous prescrire quelque chose pour l’atténuer. »
« Si j’en prends… ça va vraiment m’aider ? »
« Je vous garantis que vous en ressentirez les effets dès que vous commencerez. »
Le thérapeute me sourit chaleureusement en disant cela.
La séance prit fin. Je repartis avec les médicaments à la main.
Dans le bus qui me ramenait chez moi, quelque chose me troubla. J’avais pris cette ligne d’innombrables fois depuis mon réveil, mais aujourd’hui, elle me semblait étrange. Comme si je l’empruntais pour la première fois.
« C’est peut-être juste la fatigue. Les médicaments régleront ça. »
De retour chez moi, je n’attendis pas une seconde pour ouvrir la boîte. Les hallucinations ne se manifestaient jamais en journée, mais cela ne m’empêchait pas d’être inquiet.
« … »
À l’intérieur se trouvait une capsule d’un violet intense et profond. Sans hésiter, je l’avalai avec un peu d’eau.
« … Hein ? »
Le thérapeute avait raison. L’effet fut immédiat. Le poids anxieux qui m’oppressait la poitrine se souleva, s’effaçant comme s’il n’avait jamais existé. Et je fus aussitôt convaincu que les visions et les voix disparaîtraient elles aussi.
Bien sûr, il faudrait attendre la nuit pour en avoir le cœur net… mais déjà, mon corps s’engourdissait, lourd de sommeil.
Quelques minutes à peine après mon retour, je m’effondrai sur le lit et sombrai dans le sommeil.
***
Dans les profondeurs inaccessibles à la lumière, la mer écrasait tout sans pitié.
Une immense bête marine avançait à grands coups de nageoires réguliers. Prédateur de nature, elle se déplaçait en silence, à l’affût de sa proie.
Devant elle, une créature insouciante luisait faiblement.
Dans ces abysses cruels, s’exposer ainsi avec une bioluminescence aussi éclatante revenait à se suicider. Ce pauvre imbécile finirait bientôt dans le ventre du prédateur.
Le carnivore se rapprocha avec prudence, centimètre après centimètre. Sa proie étincelante dérivait sans se douter de rien, presque comme si elle l’invitait à venir.
Au moment opportun, le chasseur fouetta l’eau de sa nageoire caudale. Son immense corps fila comme une torpille. Mais alors, sans prévenir, la lumière de sa cible s’éteignit.
Le prédateur hésita, soudain aveugle. Pire encore, quelque chose de bien plus étrange s’agita tout près.
Une forme obscure se tordait dans les ténèbres. De longues crêtes montagneuses se transformèrent en membres et en tentacules frémissants.
Et, tout en bas, leur maître attendait.
Le prédateur tenta de dévier sa trajectoire, mais c’était impossible. Lancé à pleine vitesse, il ne pouvait plus changer de cap. Ce ne fut qu’alors qu’il comprit : la véritable proie, c’était lui.
Depuis les abysses, un tentacule colossal jaillit et l’attrapa. Ses os éclatèrent comme des brindilles. En un instant, le chasseur n’était plus.
「Je t’ai eu.」
Celle qui avait parlé était le Démon marin Numéro 26. Serrant son repas contre elle, elle s’enfonça plus profondément, dépassa le fond de l’océan et se dirigea vers la fosse béante.
À mi-hauteur de la fosse se trouvait une caverne. Numéro 26 s’y glissa.
Un monstre aussi vaste qu’elle-même était étendu dans la chambre. Une créature aux nombreux membres et aux trois têtes imposantes. Pour le Culte, c’était le Démon à trois têtes.
「Grande Sœur, j’ai apporté à manger !」
Numéro 26 émit des ondes vives et lumineuses en s’approchant du léviathan silencieux. Le Démon ne bougea pas.
「Le repas d’aujourd’hui, c’était un poisson stupide. Il y a longtemps, des poissons stupides s’en prenaient à ma famille.」
Elle semblait habituée au silence. Enroulant un tentacule autour des mâchoires du Démon, Numéro 26 les écarta doucement, puis glissa soigneusement la proie dans sa bouche.
「Les poissons stupides aiment les choses brillantes, alors je l’ai trompé avec des lumières brillantes, brillantes. Malin, hein ?」
Une fois le repas donné, Numéro 26 déploya un bouclier violet sur la caverne, comme un rayon de soleil filtrant dans les profondeurs.
「Pour être honnête, j’aurais plutôt voulu punir le Glouton aux nombreux membres. À cause de lui, on a dû quitter notre maison et s’enfuir. Méchant glouton.」
La lueur enveloppa à la fois Numéro 26 et le titan immobile.
「Avant, j’avais tellement de famille ici. On nageait ensemble, on partageait la nourriture. Parfois, on s’unissait tous pour chasser les poissons stupides ! Incroyable, hein ?」
L’effort l’épuisa. Elle s’affaissa contre l’une des têtes massives du Démon, son corps passant d’un rose éclatant à une ombre pâle. Malgré tout, elle continua à bavarder par vagues.
「Maintenant, il ne reste plus personne. Les méchants les ont tous emmenés. Mais ce n’est pas grave ! On les a punis, toi et moi, Grande Sœur !」
「J’ai perdu mon ancienne famille… mais j’en ai trouvé une nouvelle. Toi, Grande Sœur, Petite Sœur, Sœur du milieu, Ami, Petit Ami, et même les minuscules humains gentils. Maintenant, j’ai de nouveau une grande famille !」
「Même si… Petite Sœur peut être méchante, parfois. Elle dit qu’elle a grandi et elle ne m’écoute même plus. Mais je suis plus âgée ! C’est injuste.」
「Sœur du milieu prend tellement bien soin des minuscules humains gentils. Mais parfois, elle a l’air seule. Peut-être qu’elle aussi a besoin d’une famille plus grande.」
「Ami et Petit Ami se disputent tout le temps, alors qu’ils font partie de la même famille. Ils sont sans doute encore trop jeunes.」
「… J’espère qu’ils vont tous bien. Ils me manquent.」
Ses vagues, jusque-là pétillantes de vie, s’apaisèrent en un murmure plus discret. L’aura rose qui illuminait son corps s’affaiblit jusqu’à n’être plus qu’un faible scintillement.
Chaque jour depuis son arrivée, Numéro 26 avait ouvert son cœur au géant silencieux : elle lui avait raconté son passé, ses actes, ses peurs et ses espoirs. Jour après jour, elle s’était épanchée.
Mais la « Grande Sœur » ne répondait jamais. Pas une seule fois.
「J’ai encore tellement de choses à te raconter. Tant de choses que je veux te montrer. C’est pour ça que…」
Elle tendit un tentacule et le posa avec tendresse sur la tête du Démon.
「Je vais t’aider à te réveiller.」
Elle avait déjà essayé de le faire d’innombrables fois, sans résultat.
Pourtant, Numéro 26 refusait d’abandonner.
Un jour, elle en était convaincue, il y aurait une réponse.
Alors, une fois encore, elle déversa son pouvoir dans le Démon endormi.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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