Chapitre 474
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 473
「Grrrr…」
「Krrrk !」
Tous mes sens se tendirent d’un coup, en alerte. Depuis le jour où j’avais ouvert les yeux dans ce monde, je n’avais jamais ressenti pareille terreur. Même les deux têtes qui dépassaient de part et d’autre de la mienne laissèrent échapper de sourds grondements instinctifs.
J’avais déjà entendu des rumeurs sur le pouvoir de Beom-Ho, qui pouvait prendre le contrôle des autres. Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse s’emparer du corps d’un Ranker. Encore moins de celui d’Akira, une adversaire aussi redoutable.
« Tu as utilisé un code de privilège pour contrôler l’esprit d’Akira ? »
« Contrôler son esprit ? Ne sois pas ridicule. Mon privilège n’est pas si pratique. Vois plutôt ça comme une possession. J’ai simplement emprunté le corps de cette amie pour quelque temps. »
Après s’être dévoilé, Beom-Ho changea radicalement de ton : léger, moqueur, presque enjoué. Le masque solennel qu’il portait un instant plus tôt avait disparu sans laisser de trace.
Mais je ne pouvais pas me laisser berner.
Dans le jeu, le rang 7 avait toujours été une épine dans mon pied, un adversaire parfois plus dangereux encore que les rangs 3 ou 4.
« … Reste calme. »
Je rassemblai mes pensées et cherchai ce que je pouvais encore tirer de cette rencontre inattendue.
Il peut prendre le contrôle d’un Ranker… mais ça a ses limites.
S’il pouvait posséder Akira aussi facilement, il devrait aussi pouvoir s’emparer de mon esprit.
Le fait que je sois encore libre prouvait qu’il ne pouvait pas exercer ce pouvoir à volonté.
L’utilisation de ses capacités doit être soumise à des restrictions ou à des conditions.
« Ce n’est certainement pas une question de temps. »
Nous parlions depuis plus de dix minutes. C’était trop long pour qu’il s’agisse d’un simple temps de « charge ». Il devait plutôt lui falloir des outils ou un contact physique direct.
Et nous étions sur la Planète-Poubelle, un cimetière rempli de ferraille dissimulée. L’endroit idéal pour cacher un appareil.
« Il me suffit de repérer quelque chose qui détonne… »
Je balayai les tas de débris de mes organes auxiliaires, sans jamais quitter l’ennemi du regard.
« Pas besoin d’être aussi tendu. Tout ce que je t’ai dit est vrai. Ma proposition tient toujours. »
« Coopérer ? Si c’est tout ce que tu veux, ce ne serait pas plus simple de me posséder ? »
« Si seulement c’était aussi facile. Une possession demande de la préparation. Et comme en ce moment, une possession superficielle ne me permet pas d’utiliser mes privilèges : elle est instable. »
Il leva la main qu’il m’avait tendue plus tôt. Celle-ci se transforma brièvement en une griffe bestiale, puis se désintégra. Cette forme instable s’effrita comme une greffe génétique ratée.
« Comme tu le vois, j’en suis là. Tant que la possession n’est pas complète, mes capacités restent bridées. »
« Donc… si la possession s’approfondit, tu pourras prendre entièrement le contrôle ? »
« Oui, mais à un prix. Plus la possession approche de son terme, moins je conserve mon privilège. Mon origine se remodèle pour s’adapter au nouveau corps. Si je mène le processus à son terme, je perds définitivement ma capacité unique. C’est pour ça que je fais attention. »
Il m’expliquait ses faiblesses avec une telle légèreté, m’en révélant une après l’autre avec un sourire amical.
Ça ne ressemblait pas à un mensonge. Mais je ne pouvais pas non plus le croire sur parole. Après tout, il m’avait déjà trompé une fois.
« Bref. Tu acceptes ma proposition ? »
« Tu crois vraiment que j’accepterais une chose pareille ? »
« Bien sûr. »
Il hocha la tête sans hésiter, comme si ma réponse allait de soi.
« Tu es intelligent. Tu sais ce que cette alliance pourrait nous apporter. »
« Peut-être. Mais tes camarades ne seront pas ravis. »
J’avais déjà tué trois membres de la Faction du Retour. M’accueilleraient-ils vraiment parmi eux, moi qui avais abattu les leurs ?
Surtout le rang 4, le plus puissant d’entre eux, qui me haïssait et s’était même allié à la Faction de la Domination pour avoir une chance de me tuer.
Beom-Ho haussa simplement les épaules.
« Ça ne leur plaira pas, non. Mais ils comprendront. Ils ont toujours compris. »
« Tu as l’air bien sûr de toi. »
« La Faction du Retour n’a qu’un seul objectif : voir la Fin. Pour y parvenir, chacun d’entre nous, moi compris, n’est qu’un outil. Toi plus que quiconque devrais pouvoir le comprendre. »
« … Comprendre, hein. »
« Depuis ton arrivée dans ce monde, tu n’as jamais dévié de ta route. Tous tes Traits, tes privilèges, même les pouvoirs qui te suivent, existent pour te permettre de t’élever. Comme moi. »
« Comment savoir si tu dis la vérité ? »
« Parce que j’ai besoin de toi. Dans cet univers, personne ne comprend mieux les Amorph que toi. Tu es la clé pour vaincre le nouveau boss. Pourquoi gâcherais-je cette chance en te mentant et en perdant ta confiance ? »
Pour la première fois depuis qu’il s’était dévoilé, son expression se fit grave.
« Alors ? Décide-toi. Tu rejoins la Faction du Retour ? »
L’heure de prendre une décision était bel et bien venue.
Mais j’avais déjà fait mon choix.
« Je refuse. »
« Hein ? Tu refuses ? Si tu manques de quelque chose, je peux… »
« Non. Il n’y aura pas d’alliance entre nous. »
« … Hmph. »
Beom-Ho émit un grondement de mécontentement, le visage déformé par une expression hideuse.
« Je ne comprends pas. Pourquoi t’obstiner à choisir le chemin le plus difficile ? »
« Parce que t’écouter comporte trop de risques. »
Je savais que ses connaissances avaient de la valeur. Je savais qu’une alliance avec la Faction du Retour pouvait nous apporter de grands avantages.
Mais il y avait un problème fatal.
« C’est un escroc. »
Beom-Ho ne mentait pas, mais il ne révélait jamais toute la vérité non plus. Il omettait commodément chaque fait susceptible de se retourner contre lui.
Je le savais parce que j’avais déjà dévoré des membres de la Faction du Retour. Dans leurs fragments brisés, j’avais vu ce qu’il leur cachait : il ne leur donnait que des bribes d’information, jamais une vue d’ensemble.
Aucun d’eux n’avait même entendu parler du nouveau boss. Pas un seul.
Beom-Ho était le seul à tout savoir. Les autres membres de sa faction n’étaient que des pièces sacrifiables sur son échiquier.
« Rien ne garantit qu’il ne me traiterait pas de la même façon. »
Et il n’était même pas venu en personne : il s’était contenté de manipuler Akira comme une marionnette. Même si je détruisais cette enveloppe, Beom-Ho n’y perdrait rien. Au contraire, il pourrait même en tirer profit.
Faire confiance à quelqu’un comme lui aurait été d’une stupidité sans nom.
« Ha… haha. Tu me refuses ? Hahahahaha ! »
Au début, ce ne fut qu’un rire creux. Mais il s’amplifia, devint plus dur, jusqu’à s’interrompre brusquement.
« Tu crois pouvoir atteindre l’ascension sans mes connaissances ? Sans mon aide ? »
« Sinon, je trouverai un autre moyen. »
« Quoi, ne me dis pas que tu comptes t’en remettre à cette fameuse Construction informationnelle ? »
« … Tu es au courant ? »
« Bien sûr. Tu crois que je suis venu ici uniquement pour trouver un trésor ? Non… Je suis venu parce que je savais que tu viendrais. »
« Quoi ? »
Ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais.
« Tu sais comment mon privilège fonctionne vraiment ? Je copie ma propre conscience et la superpose à celle d’un autre. C’est ainsi que fonctionne ma possession. »
« Tu savais que je viendrais ici ? Comment ? »
« Réfléchis un peu. Si je peux copier mon propre esprit, n’est-il pas naturel que j’aie essayé d’en copier un autre ? »
Il m’ignora complètement et poursuivit son récit, comme s’il ne s’adressait qu’à lui-même.
« C’était bien plus difficile, je l’admets. J’ai fait de nombreuses tentatives. Mais je n’ai réussi pour de bon que deux fois. »
「Grrr !」
「Krrrk !」
Les têtes de chaque côté de moi hurlèrent, comme si elles voulaient désespérément couvrir ses paroles avant qu’il ne les prononce.
« L’une de ces réussites a eu lieu à l’Autel de l’Ascension, en personne. Pendant que le boss massacrait les Rankers, j’ai tout risqué pour lui imposer une possession. Mais cette maudite créature avait installé des défenses… J’ai failli échouer. Si je n’avais pas reçu de l’aide. De nul autre que ta précieuse Construction informationnelle. »
« … »
« Grâce à lui, j’ai réussi à copier une conscience. Une fois celle-ci en sécurité, je me suis enfui de l’Autel. Ensuite, j’ai eu fort à faire. Une nouvelle arme, ça se manie avec précaution, après tout. »
« Tais-toi. »
« Le plus difficile ? Choisir le bon œuf. Les Rankers étaient terrifiés par les Amorph. Il fallait donc procéder… avec délicatesse. Beaucoup d’erreurs, beaucoup de tentatives gâchées. Mais j’ai persévéré. »
Plus il parlait, plus mes veines semblaient se glacer.
« Quand j’ai implanté l’esprit dans l’œuf, j’y ai apporté… quelques ajustements. Y semer des vérités aurait posé problème. Bien sûr, le processus n’était pas parfait. Il lui est arrivé de presque échapper à mon contrôle, de presque découvrir certaines choses. Mais, au bout du compte, tout s’est bien passé. »
La vérité que je n’avais jamais voulu entendre se referma sur moi comme un étau.
« Et le temps a passé. L’enfant abandonné a éclos. Il a grandi. Il a mûri. Et maintenant, enfin… il revient à moi. Tu ne peux pas imaginer depuis combien de temps j’attends ça. »
Le boss de l’Autel n’était pas du tout un remplaçant. Celui qui y trônait à présent avait simplement dérobé le siège et usurpé son rôle.
« Oui. Un être venu d’un autre monde a volé le trône de l’Autel. Le premier Ranker invoqué ici. Le cauchemar vivant de Survie spatiale. Et toi… »
« La ferme ! »
« Tu es ma création. L’Ombre du rang 5. »
À ces mots, il sortit un petit appareil de sa poche.
Je vis son doigt se diriger vers l’interrupteur. Trop tard. Le choc mental ralentit mon corps. Je ne pus l’arrêter.
« Alors… ! »
J’activai les champs d’énergie que j’avais préparés. Des arcs invisibles jaillirent de moi comme les piquants d’un hérisson et frappèrent les tas de ferraille alentour.
Je ne visais pas son appareil, mais les constructions inconnues dissimulées parmi les débris.
Les explosions se succédèrent. Des éclats de métal et des composants furent projetés dans toutes les directions, comme des shrapnels.
Beom-Ho bondit au milieu du chaos, le corps enveloppé d’une inquiétante lueur violette. L’appareil n’était qu’une diversion. La véritable attaque arrivait maintenant.
« Le contact direct, c’est ça, la condition déclenchante ! »
Il se rapprochait. Je n’aurais pas le temps de le repousser. Il me fallait le repousser par un autre moyen.
Je découvris les crocs. Un MPS caché jaillit de ma gueule et fonça sur lui. Le Petit Hurleur se cramponna à son visage et, dès qu’il s’y accrocha, je libérai une décharge par mes tentacules monstrueux.
[ZZZZ (Transfert du MPS !)]
Au loin, PS-111 activa le protocole Prometheus. Des particules bleues tourbillonnèrent et nous enveloppèrent tous les deux.
Juste avant que nous ne disparaissions, un filament violet jaillit des doigts de Beom-Ho. Il effleura ma chair.
Et soudain, une vague d’épuisement écrasante me submergea. Mes jambes fléchirent et je m’effondrai.
« Possession… ! »
Mon corps principal disparut au moment de la téléportation. Mais la graine venimeuse de Beom-Ho était toujours là, profondément enfouie en moi.
Combien de temps pourrais-je lui résister ? Une minute, tout au plus. Ensuite, je perdrais connaissance et il s’emparerait de moi.
« Pour retarder son emprise… »
Rassemblant jusqu’à la dernière once de force qu’il me restait, je levai mes queues et mes tentacules. Puis, de toutes mes forces, j’abattis ma tête centrale.
「Krrk ?!」
「Grrrr !」
Mes deux têtes sifflèrent, déconcertées. Mais je leur ordonnai de frapper elles aussi, au milieu.
La tête centrale gouvernait notre corps. Si Beom-Ho avait réussi à s’implanter quelque part, ce devait être là. La détruire nous ferait peut-être gagner un temps précieux.
Je n’allais pas mourir tout de suite. Il me restait les têtes latérales, et le cœur d’un dragon brûlait encore en moi.
「Séquence de rétroaction — activation !」
「Séquence de rétroaction — activation !」
La carapace se fendit. Le sang jaillit. L’épuisement et l’agonie se mêlèrent aux vérités que Beom-Ho m’avait crachées au visage.
Dans le brouillard, je m’agrippai de toutes mes forces à ce qui comptait le plus.
Numéro 26. Adhai. Tous ceux qui avaient combattu à mes côtés.
Mon dernier espoir.
« … Je te laisse la suite. »
Sur cette pensée, ma conscience sombra dans les ténèbres.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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