Chapitre 472
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 471
« Le vaisseau minier de MegaCorp a quitté le système. Malheureusement, votre tentative a échoué cette fois-ci. »
[ZZ (Vraiment ?)]
Je cessai de manipuler le champ énergétique.
Le mince filet de force informe, semblable à un fil, qui s’étirait au loin, reflua et s’enroula autour du Trait Terramorphe.
Mon corps secondaire, le Trait Terramorphe, augmentait considérablement ma capacité à manier le champ énergétique. En le comprimant en fils, je pouvais les projeter sur des distances vraiment immenses.
Comme je venais de le faire en attirant le vaisseau d’exploration.
« Cela dit, son efficacité est catastrophique. »
Plus le fil s’étirait loin, plus il devenait difficile à contrôler. Sa vitesse diminuait aussi avec la distance.
Le vaisseau d’exploration avait eu la chance de dériver assez près pour toucher le fil avant qu’il ne s’affaiblisse ; c’était pour cela que j’avais réussi. Mais le vaisseau minier, plus éloigné, m’avait échappé.
« Même avec davantage de temps, ça aurait posé problème. »
Maintenir le fil énergétique consommait mes réserves à une vitesse alarmante. Si je les épuisais, ma forme de Trait Terramorphe disparaîtrait. Et tout cela n’aurait servi à rien.
« Il faudrait une sorte d’ancre, un intermédiaire pour le champ. »
[ZZZZ (C’est logique.)]
C’était PS-111, qui suivait mes essais grâce aux particules de distorsion et me faisait part de son avis.
J’étais arrivé à la même conclusion, mais l’Amorph ne possédait malheureusement pas cette capacité.
Le champ énergétique était un effet secondaire, une sorte d’avantage que j’avais obtenu en appliquant le Trait « Abomination distordue ». Une capacité qui n’existait même pas dans le jeu original ; il n’y avait donc aucun Trait associé.
« Je devrais peut-être chercher un équipement ou un appareil de grade unique qui pourrait m’aider. »
« Mais si tu deviens encore plus puissant, qu’adviendra-t-il de grande sœur Seoha ? »
C’était Isabel, qui intervenait depuis le côté.
« Ne vaudrait-il pas mieux te concentrer sur le contrôle, plutôt que de chercher simplement à augmenter ta puissance ? »
[ZZZ ZZ (C’est vrai, aussi.)]
La Mère du ciel ne pouvait pas rester avec moi à cause de mon champ énergétique.
Contrairement aux autres, elle y était extrêmement sensible. Si elle s’endormait dans son rayon d’action, des cauchemars incessants la tourmentaient.
Le champ était émis en permanence, que je le veuille ou non. Je pouvais en élargir la portée ou en renforcer la force, mais pas le désactiver. C’était pour cela qu’elle avait dû se séparer de nous.
Pour l’instant, elle cherchait un moyen de bloquer mon champ. Elle faisait même appel à Shinobu, de rang Domination, que nous avions capturé plus tôt.
En tant qu’entité de rang Spacedock, Shinobu entretenait de nombreux liens avec des factions puissantes. C’était pour cette raison que je l’avais épargné au lieu de le dévorer. La Mère du ciel avait décidé d’exploiter son réseau.
Mais le garder sous contrôle posait problème. En l’occurrence, à cause du parasite.
Mon contrôle parasitaire avait une durée de vie limitée. Il fallait le remplacer régulièrement, ce qui n’était tout simplement pas viable en cas de séparation prolongée.
PS-111 lui avait donc fait subir une intervention spéciale.
Elle lui avait implanté dans le cerveau un dispositif biologique de gestion des Hurleurs. Ainsi, la Mère du ciel pouvait le contrôler à sa guise.
« Je pourrais réduire au minimum les effets du champ énergétique en implantant directement dans le cerveau un module de défense conçu par mes soins. »
« Je te le dis tout de suite : si tu lui proposes ça, grande sœur Seoha te transpercera de sa lance. »
Isabel frissonna à cette idée. Ses sœurs jumelles semblaient vouloir ajouter quelque chose, puis se ravisèrent.
« Elle a probablement raison. »
La Mère du ciel avait assisté à l’opération de Shinobu du début à la fin. Après avoir vu ça, elle n’accepterait pas facilement qu’on lui enfouisse une machine dans le cerveau.
Mon expérience du champ énergétique sous la forme du Trait Terramorphe s’acheva là. J’avais déjà testé les autres capacités auparavant.
Après plusieurs essais, je compris que le Trait Terramorphe tenait moins du second corps que de l’exocombinaison biologique. Un nid vivant, oui, même si cette description correspondait bien mieux à l’Horizon des cauchemars.
Sa capacité à modifier son corps était extrêmement limitée, contrairement à celle d’un Nid ordinaire. Tout au plus pouvait-il déplacer ses conduits vasculaires ou former des piliers crochus munis de bouches. C’était tout.
« Mais il possède une capacité fascinante qu’aucun Nid n’a : le Mode de récolte. »
Quand je l’activais et que je dévorais une proie d’un type choisi, je ne gagnais pas seulement de l’énergie : j’en absorbais aussi définitivement un Trait.
Au cours des quatre derniers jours de voyage, j’avais consommé la surface de plusieurs planètes et même avalé de petits astéroïdes tout entiers.
J’en avais tiré trois Traits : Organe de pollution, Stockage d’oxygène et Rupture sonique.
Si j’en avais obtenu si peu par rapport à tout ce que j’avais dévoré, c’était à cause du fonctionnement du Mode de récolte.
Mes trois piliers crochus extrayaient la matière génétique lorsqu’ils consommaient du sol ou des minéraux. La digestion la raffinait ensuite pour en tirer un Trait exploitable.
Les Traits obtenus dépendaient largement de l’environnement biologique de la source de nourriture.
L’Organe de pollution provenait des Terres désolées ravagées par la corruption de l’Amorph. Le Stockage d’oxygène venait d’un monde colonial où vivaient des ouvriers de MegaCorp. La Rupture sonique, d’une planète désertique.
Il s’agissait de Traits que la faune locale aurait pu développer naturellement.
« L’échantillon est trop petit pour que je puisse en être certain. »
Le Mode de récolte ne s’activait pas du tout si la matière ne contenait aucun Trait viable.
En effet, j’avais mangé quantité de roches errantes et d’astéroïdes sans jamais en tirer le moindre Trait. Je n’en avais obtenu d’utiles que sur des mondes abritant des écosystèmes complets.
Et après chaque récolte réussie, une période de dormance de 24 heures suivait, durant laquelle les piliers crochus disparaissaient. Impossible de se nourrir ou d’absorber un Trait.
Voilà pourquoi j’avais obtenu si peu malgré quatre jours d’efforts. Il me faudrait beaucoup plus de temps pour vérifier s’il existait des conditions cachées.
« Mais récolter des Traits sans combattre, c’est un avantage exceptionnel. »
Si mon hypothèse était juste, je pourrais même acquérir des Traits d’Apex de cette manière. Leurs habitats devraient obéir aux mêmes règles.
« Je testerai ça plus tard, dans la Vallée des Gallagons. »
À cet instant, l’estomac du Trait Terramorphe m’indiqua que le vaisseau d’exploration que j’avais avalé plus tôt avait été entièrement digéré.
« Les êtres vivants ne fonctionnent pas, hein. »
J’avais espéré extraire aussi l’essence génétique de son équipage, mais, comme je m’y attendais, la tentative échoua. La méthode d’extraction devait être complètement différente.
« Peut-être qu’avaler un “échantillon” provoquerait une réaction différente. »
L’essence génétique raffinée donnerait peut-être un autre résultat. Il faudrait que je vérifie une fois arrivé dans un laboratoire.
« Ça suffira pour l’instant. »
Nous avions découvert l’essentiel, et notre destination n’était plus très loin. Si je n’avais pas été sous la forme du Trait Terramorphe, un seul saut aurait suffi à franchir la distance.
Nous nous dirigions vers un champ de débris qui s’étendait à l’échelle d’un système entier. Des épaves instables flottaient parmi les innombrables fragments : moteurs de vaisseaux en morceaux, torpilles abandonnées et pire encore.
« Si nous percutons l’un de ces objets et déclenchons une explosion, ça va nous attirer des ennuis. »
Pas qu’une explosion pareille puisse me faire du mal. Le vrai problème, c’était la réaction en chaîne qui déplacerait les débris loin de leur position. Si Akira arrivait plus tard et s’en apercevait, il pourrait se méfier.
Mieux valait dissiper le Trait Terramorphe avant d’entrer dans le champ.
[ZZZ ZZZZ ZZZ (L’expérience est terminée. Je vais libérer le Trait Terramorphe.)]
« Compris. Dès que tu l’auras libéré, je lancerai le saut. »
Pendant que PS-111 préparait la séquence de distorsion, j’appelai Numéro 26 et Adhai, qui étaient partis explorer d’autres salles. En même temps, je réorientai les passages intérieurs pour qu’ils débouchent plus près d’eux.
Quelques instants plus tard, du mucus épais dévala les conduits du plafond comme une cascade. Le Démon marin et le Gallagon rouge émergèrent dans le torrent, glissant sur la vague noire.
「C’était amusant !」
「Ça allait.」 「Pas mal.」
「Encore !」
Le corps immense de Numéro 26 scintillait tandis qu’il bondissait joyeusement. Il avait visiblement adoré ce toboggan aquatique de cent mètres.
[ZZZ ZZZ ZZZZ ZZ (Désolé, pas maintenant. Je vais retirer cette chose.)]
「Vraiment ? Pourquoi la retirer ?」
[ZZ ZZZZ ZZ ZZZZ ZZZ ZZ (Nous devons nous infiltrer dans notre destination. Il faut que je réduise ma taille.)]
Aussitôt, son corps lumineux s’assombrit.
[ZZZ ZZZ (On pourra rejouer plus tard.)]
「Promis ?」
[Z ZZZ (Oui. Promis.)]
「Youpi ! Une promesse avec le Grand !」
Sur ces mots, Numéro 26 sauta sur ma tête, tapota mes cornes avec ses bois et s’écria avec une joie débordante :
「Moi」 「Grand」 「Ensemble」 「Mieux」 「Aimer」
Adhai, qui était descendue avec lui, vint bientôt presser chaleureusement son corps contre mon flanc.
Tout le monde réuni, je dissipai le Trait Terramorphe.
La vaste portée sensorielle à laquelle je m’étais habitué se contracta brusquement. Je retrouvai les perceptions plus étroites et familières de mon corps principal.
Une fois mes sens ordinaires retrouvés, j’enroulai doucement mes bras-tentacules autour de Numéro 26 et d’Isabel.
Séparé de moi, le Trait Terramorphe commença à s’effondrer. La boue noire qui s’écoulait se figea tandis que d’immenses fissures lézardaient les murs et le plafond.
Le spectacle suffit à PS-111 : il déclencha aussitôt le saut. Les particules de distorsion jaillirent, nous saisirent et nous entraînèrent dans un royaume au-delà de la lumière.
Une pression immense s’abattit sur nous tandis que nos corps traversaient étoiles et espace. Ma vision se remplit de chaos : des lumières de toutes les couleurs se mêlaient et déferlaient les unes sur les autres.
Puis la pression disparut. À la place, emplissant mon champ de vision, il n’y avait pas de lumière, mais des nuages interminables de métal abandonné.
« Nous sommes arrivés. »
Au-delà de cette immense tempête de déchets cosmiques se dressait une planète grise et sans vie.
Un monde artificiel, assemblé à partir de rebuts industriels compactés, d’épaves et de pièces de stations abandonnées : la décharge de MegaCorp.
Nous traversâmes l’anneau de débris en orbite et nous rapprochâmes de la sphère elle-même.
Lorsque l’atmosphère toxique tourbillonnante apparut à nos sens, je transmis aux autres :
[ZZZ ZZZZ ZZ (Nous allons procéder comme prévu.)]
「Si vous voyez quelque chose d’étrange, n’y touchez pas, évitez-le !」
「Aussi」 「Êtres vivants」 「Soyez très prudents」
PS-111 et Isabel se contentèrent de hocher la tête.
Nous avions déjà convenu de notre plan avant d’arriver.
Cette planète-poubelle avait la taille d’une lune et, au-delà de sa masse imposante, son intérieur était d’une complexité remarquable.
Nous devions vérifier si des menaces inconnues se cachaient à l’intérieur et si le terrain se prêtait aux embuscades.
« Si nous voyagions tous ensemble, il nous faudrait beaucoup trop de temps pour tout inspecter. »
Nous décidâmes donc de nous séparer en trois groupes.
Numéro 26 et PS-111 inspecteraient la surface.
Adhai et Isabel entreraient par l’ouverture opposée pour explorer l’intérieur.
Quant à moi, j’emprunterais une autre voie afin de repérer les menaces et les endroits propices aux embuscades dans l’enveloppe de la planète.
Pour pouvoir nous rejoindre immédiatement en cas de problème, Isabel et moi avions reçu chacun une unité MPS.
[ZZZ (Allons-y.)]
「Oui ! À plus tard !」
「Enfant」 「Par ici」 「Suis-moi」
Nous descendîmes à la surface de ce monde de déchets, puis nous nous séparâmes pour inspecter les zones qui nous avaient été assignées.
Je glissai un Petit Hurleur dans ma bouche et m’enfonçai dans un cratère béant.
« Ça faisait longtemps que je n’étais pas venu ici. »
Cette planète-poubelle avait autrefois abrité l’un de mes nids secrets. Un endroit que personne n’avait jamais découvert, même à la fin du jeu.
« Je suppose qu’on finit tous par avoir les mêmes idées. »
Les parois crasseuses étaient couvertes d’une croûte de boue rouge rouille impossible à identifier. Les couloirs se rétrécissaient et s’élargissaient sans prévenir, aux dimensions irrégulières. Tout cela m’était si familier.
La seule différence, désormais, c’était le nombre écrasant de systèmes de défense.
Des tourelles à plasma, des mines déclenchées par le mouvement, des bombes psychotroniques et toutes sortes de pièges se dissimulaient partout. Même à l’entrée, leur densité était extrême.
La ligne de défense était si bien conçue que même un joueur de haut rang aurait du mal à la franchir.
« Ils ont dû investir énormément ici… mais ça ne changera rien. »
Des points lumineux s’échappèrent de mon corps, semblables à des lucioles dérivantes, et se fixèrent aux parois. La Mousse gremlin, fléau des machines, se répandit avec avidité.
Chaque tourelle et chaque mine se désintégra au contact de la mousse scintillante, neutralisée sur-le-champ. Les défenses désactivées, j’avançai sans entrave en suivant les installations en ruine vers les profondeurs.
Les heures passèrent, sans autre menace que les défenses hors service. Les autres me contactaient régulièrement pour m’annoncer que leurs explorations se déroulaient elles aussi sans incident.
Enfin, le tunnel déboucha sur une vaste cavité. Des modules de construction du type utilisé pour bâtir les villes orbitales en renforçaient les parois. D’immenses échafaudages métalliques, enveloppés d’épaves fusionnées et de déchets, soutenaient cette cavité comme de la chair agrippée à des os.
« Vide. Il n’y a rien ici ? »
Contrairement aux autres zones pleines d’armes, cette cavité était déserte.
Je déployai mon champ énergétique dans toute la salle pour sonder les lieux.
Un courant ténu, mais clairement intentionnel, se manifesta. Il était organisé et ne ressemblait pas aux parasites aléatoires des appareils électroniques abandonnés.
En suivant les flux d’énergie entrelacés, je trouvai le point où ils convergeaient tous.
« Là. Ça doit être ça. »
Un immense conteneur, encastré dans le mur. L’énergie y pulsait, y entrant et en ressortant.
Soudain, sans prévenir, les portes du conteneur s’ouvrirent dans un grincement.
« Quoi ? »
Une silhouette que je ne m’attendais pas à voir ici en sortit.
La troisième entité la plus puissante. Le chef de la Faction de la Domination.
Et, si le monde était toujours tel qu’il aurait dû être, le PDG de MegaCorp, qui aurait dû se trouver sur Terre à cet instant même pour repousser l’invasion des Outspacers.
[ZZZ (Akira Yujin ?)]
« Enfin, l’enfant prodigue est de retour. »
La créature au visage humain me sourit.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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