Chapitre 451
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 450
« Hé, on n’a plus de provisions. Allons en chercher, et on en profitera pour prendre un peu l’air. »
« Pas question. Il faut d’abord rédiger le rapport. »
« Ça va prendre combien de temps, franchement ? On le fera en rentrant. »
« Tu te rappelles ce qui est arrivé aux types avant nous ? Il faut toujours que quelqu’un reste. »
« Tss. Alors j’irai tout seul, d’accord ? »
À peine rentré de sa patrouille, Ben descendit seul du submersible.
Le sol du hangar d’amarrage sur lequel il posa le pied était aussi impeccable que l’intérieur d’un vaisseau de guerre flambant neuf.
Le rôle principal de ce hangar était de désinfecter toute personne entrant dans l’installation. Il ne pouvait y accéder qu’après avoir subi un nettoyage complet et enfilé des vêtements propres.
Il ignorait la raison de ces mesures d’hygiène extrêmes. Et bien qu’il vienne de l’une des sous-capitales, Ben n’avait reçu presque aucune information confidentielle.
Il ne savait que deux choses avec certitude :
Premièrement, la sécurité de l’installation était d’une rigueur obsessionnelle.
Deuxièmement, la paie était ridiculement élevée.
Il pilotait un submersible de patrouille et assurait la sécurité de l’installation. En somme, il faisait simplement office de gardien, mais il gagnait tout de même plus de crédits que les chefs d’équipe des villes spatiales de la sous-capitale.
Bien sûr, la vie sous la mer était parfois pénible. Mais avec un salaire pareil, il n’avait pas vraiment de quoi se plaindre.
« Alors, Ben ? Tu as fini pour aujourd’hui ? »
À peine eut-il quitté le hangar d’amarrage qu’un visage familier l’accueillit près de la station des navettes à coussin d’air. Un membre de l’équipe logistique des navettes l’interpella.
« Je vais chercher ce qui nous manque. »
« Je vois. Remplis d’abord ce formulaire, puis attends là-bas. »
Dans cette base, tout déplacement entre les zones nécessitait d’emprunter une navette à coussin d’air. C’était l’un des moyens employés par le protocole de sécurité pour contrôler strictement les déplacements à l’intérieur de l’installation.
Ben remplit rapidement le formulaire de demande de trajet, puis attendit sur la plateforme d’embarquement.
L’endroit était plutôt calme. Tous les autres devaient encore être en service. À part l’employé des navettes qui vérifiait les documents, il n’y avait que Ben et quelques personnes arrivées plus tôt.
« Haaah… »
Il s’étira, bâilla et promena distraitement son regard autour de lui.
C’est alors qu’il les remarqua.
Une femme en blouse blanche et un groupe d’hommes en combinaison de travail attendaient tous à la station.
« Ce sont les uniformes de l’équipe des communications. »
Ben reconnut leurs tenues. L’équipe des communications s’occupait de tout le matériel des réseaux sous-marins de l’installation. Il les avait déjà vus venir réparer un problème sur son submersible.
La femme qui les accompagnait lui était inconnue. Elle se tenait légèrement à l’écart et leur parlait à voix basse. La tension entre eux était manifeste ; ce n’était pas une conversation anodine.
« Qu’est-ce qu’ils font ici à cette heure-ci… ? Oh oh. »
Il avait dû les fixer trop longtemps. La femme en blouse blanche se tourna et le regarda droit dans les yeux.
Craignant qu’elle ne vienne lui chercher des ennuis, Ben détourna vite le regard et fit mine d’être occupé.
« Hé, toi… »
Au moment où elle ouvrait la bouche,
「Arrivée de la navette à coussin d’air. Arrivée de la navette à coussin d’air.」
L’annonce automatique retentit et l’interrompit.
Dès que les portes de la navette coulissèrent, Ben se précipita à l’intérieur sans hésiter.
Il choisit délibérément le compartiment tout au fond, loin de la femme et de son équipe.
「Tous les passagers sont à bord. Départ imminent.」
Après confirmation du personnel, les portes de la navette se verrouillèrent et celle-ci s’ébranla.
À l’extérieur, le paysage défilait à toute allure.
Dans les éclairs qui passaient devant la fenêtre, Ben aperçut brièvement la femme, toujours debout sur la plateforme.
« Ouf… Je l’ai échappé belle. »
Il marmonna entre ses dents en se laissant retomber sur son siège. Elle avait vraiment l’air du genre de personne qu’il valait mieux ne pas se mettre à dos, surtout si elle était haut placée.
« Tss. Peu importe. Finissons-en. »
Il glissa la main dans son uniforme, en sortit son terminal personnel et s’apprêta à cocher les provisions qu’il devait récupérer.
Mais à peine l’écran s’alluma-t-il que…
La navette fut secouée violemment.
Toujours penché sur son appareil, Ben fut projeté hors de son siège et roula sur le sol.
« Q-Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! »
Les plafonniers crachotèrent, puis s’éteignirent.
Le compartiment fut aussitôt plongé dans le noir. Seules les formes floues qui défilaient à toute vitesse derrière les fenêtres l’éclairaient.
La navette accélérait à toute allure. À une vitesse anormale.
« H-Hiiik ?! »
Ben se hissa péniblement sur son siège et boucla sa ceinture de sécurité. La boucle se referma dans un clic, juste au moment où son corps fut violemment soulevé dans les airs.
Un cri lui échappa, mais il fut aussitôt couvert par un rugissement assourdissant et un choc colossal. Les parois et le plancher du compartiment se déchirèrent comme du papier, et le siège auquel il s’agrippait fut arraché à ses fixations.
En un battement de cœur, la vague de destruction passa, ne laissant derrière elle que le noir et le silence.
« G-Guhk ! Kof ! Kof ! »
Étouffant dans la poussière et les débris, Ben toussa rauquement, enseveli sous les décombres et toujours à moitié attaché à son siège.
« Q-Qu’est-ce que… kof… s’est passé ? Kof ! »
Quand le choc retomba et que son corps reprit ses esprits, l’horreur de la situation lui apparut.
La navette était devenue incontrôlable et s’était écrasée sur la station à pleine vitesse. La plateforme impeccable, qui rivalisait autrefois de propreté avec un bloc opératoire, n’était plus qu’un amas de ruines.
Par pure chance, Ben avait embarqué dans le compartiment le plus éloigné de l’avant. Celui-ci n’avait été que partiellement détruit. Le reste de la navette, surtout les compartiments avant, avait été complètement pulvérisé. S’il avait embarqué quelques mètres plus loin, l’impact l’aurait tué.
Ça ne voulait pas dire qu’il s’en était sorti indemne.
Chaque quinte de toux lui faisait cracher des filets de sang. Une douleur aiguë lui déchirait l’abdomen et lui donnait la nausée. Inutile de passer un examen pour savoir qu’il était grièvement blessé.
« Kof ! T-Tss… Il y a… kof ! quelqu’un ? S’il vous plaît ! À l’aide ! Kof ! »
Sa voix enrouée résonna faiblement dans les décombres de la plateforme.
Mais personne ne répondit.
Pas les passagers.
Pas le personnel qui attendait à proximité.
Tout le monde semblait avoir été pris dans la catastrophe.
Pourtant, Ben refusait de perdre espoir. Il savait que l’installation était truffée de caméras de surveillance ; impossible qu’un tel incident passe inaperçu longtemps. Ils devaient déjà être au courant. Les secours n’allaient pas tarder.
Il n’avait qu’à tenir jusque-là.
Et peut-être, juste peut-être, ses prières furent-elles entendues…
Une lumière lointaine apparut dans la brume et les ruines.
« Par ici ! Kof ! Je suis encore vivant ! Je suis là ! »
Ses appels désespérés s’interrompirent à mesure que la lumière approchait.
Quelque chose… clochait.
Elle arrivait bien trop vite, presque à une vitesse anormale. Dans le même temps, un faible sifflement métallique s’amplifia peu à peu.
Un son que Ben reconnut immédiatement.
Et il se figea.
Ce n’était pas le faisceau de la lampe torche d’une équipe de secours.
La lumière qui fonçait vers lui, c’était…
Une autre navette à coussin d’air.
« A-Attendez, NON ! AAAAH ! »
Le cri de terreur de Ben fut coupé net.
***
« Hein ? »
Le collègue de Ben, qui rédigeait leur rapport, releva soudain la tête. Un bruit étrange venait d’attirer son attention.
« J’ai bien entendu ? »
Il essaya de ne pas y prêter attention, mais le bruit se fit de nouveau entendre. Il venait clairement de l’extérieur. Il se leva et colla l’oreille à la paroi.
Au milieu du ronronnement familier des systèmes du submersible, quelque chose de nouveau se faisait entendre. Quelque chose… qui clochait.
C’était le cri de quelqu’un.
« ! »
Il se figea dès qu’il comprit ce qu’il entendait.
Un cri. Pas une défaillance mécanique ni une vibration inhabituelle, mais un cri humain. Un son qui n’aurait absolument pas dû retentir en cet endroit.
Pris de panique, il se précipita pour contacter la base.
« Ici le submersible ! Répondez ! Que quelqu’un réponde ! Bon sang ! »
Le signal partait, mais seul un grésillement lui revenait. Même ses messages directs à Ben restaient sans réponse.
Les communications de la base étaient coupées.
« Je devrais sortir pour vérifier ? »
Il hésita, pesant le pour et le contre, quand un bruit sourd retentit.
Boum. Boum.
Il venait de l’écoutille du submersible. Quelqu’un était entré dans le hangar d’amarrage et frappait à la porte.
Pensant qu’il pouvait s’agir de Ben, il ouvrit le flux de la caméra extérieure. Mais ce n’était pas lui.
Un groupe de personnes en blouse blanche s’était rassemblé dans le hangar et tambourinait sur l’écoutille du submersible, tentant d’entrer.
« Qu’est-ce que… ? »
Une femme parmi eux brandissait un communicateur. Sa voix, déformée, était pressante.
« Hé ! Vite, krzzk, ouvrez ! L’ordinateur de la base, krzzk, a perdu la tête ! C’est dangereux ! »
Stupéfait par leur apparition soudaine, il fixa l’écran. La femme agitait frénétiquement les bras, et ses compagnons avaient l’air épuisés. Leurs blouses étaient tachées de boue et de sang, leurs visages et leurs membres couverts de bleus. Ils avaient manifestement vécu un enfer.
« D-D’accord, attendez une seconde, hein ? »
Il s’apprêtait à ouvrir l’écoutille quand un autre problème survint. Le système de décontamination du hangar s’activa soudain et verrouilla l’écoutille.
« Q-Quoi ? Pourquoi maintenant ?! »
Il essaya de contourner le système, mais la console ne répondait pas. Seul un message d’erreur clignotait à l’écran : Transmission de la commande échouée.
Puis les jets d’eau se déclenchèrent.
« Aaaah !! »
« Kyaaaa ! C’est krzzk brûlant !! »
Les jets de décontamination projetaient généralement de l’eau fraîche, assez froide pour réveiller quelqu’un en sursaut. Mais ce que montrait la caméra n’avait rien de normal.
La vapeur siffla violemment tandis que de l’eau bouillante jaillissait de toutes parts et trempait les survivants hurlants. Leur peau rougit, se couvrit de cloques, puis se détacha sous les jets brûlants.
« Oh mon Dieu… »
La vapeur qui montait obscurcit rapidement l’image. Le communicateur se tut. Seuls les coups contre l’écoutille persistaient.
Puis eux aussi cessèrent.
Un silence suffocant s’abattit sur le submersible.
Pas de cris.
Pas de coups.
Rien.
Le verrou se désengagea dans un léger clic.
Mais il ne parvenait pas à se résoudre à ouvrir l’écoutille.
À la place, il agrippa les commandes.
« Il faut que je me tire d’ici. Tout de suite. »
Quelque chose avait terriblement mal tourné. Des gens mouraient à cause de ce qui ressemblait à des défaillances du système, et les communications étaient complètement coupées. Il n’en doutait pas : la même chose devait se produire à l’intérieur de la base.
Il lança la procédure de départ.
Le submersible se détacha du sas d’amarrage et s’enfonça lentement dans l’eau, empruntant le court tunnel qui le reliait aux profondeurs de l’océan.
Derrière lui, l’installation paraissait presque identique à son arrivée, sauf que certaines parties étaient désormais plongées dans le noir. De vastes secteurs étaient complètement obscurs.
Il préférait ne même pas imaginer ce qui se passait dans ces ténèbres.
« Sors d’ici. Il faut que je m’en sorte. »
Soudain, le submersible fut secoué violemment.
« Q-Quoi ?! »
Le véhicule filait à pleine vitesse, mais il n’avançait plus du tout.
Avait-il heurté quelque chose ? Il activa le sonar.
Aucun objet détecté. Seulement le submersible.
« … Attends. »
Il venait de quitter l’installation. La base aurait au moins dû apparaître sur les capteurs. Ce qui signifiait que…
« Quelque chose brouille les systèmes de détection. »
Il blêmit.
Ses doigts tremblants activèrent le lance-fusées éclairantes.
La fusée jaillit à travers le hublot renforcé, et sa pâle lueur perça les ténèbres.
Puis… elle s’arrêta.
La fusée venait de heurter quelque chose d’invisible, juste devant le submersible.
Sa lumière vacilla comme une bougie dans le vent… révélant une ombre immense.
Ce n’était ni une crête de glace ni un autre submersible.
Le Linceul noir qui l’entourait s’entrouvrit lentement.
Et le voilà.
Un léviathan pâle, si immense qu’il était impossible d’en estimer la taille, le fixait droit dans les yeux.
Submergé par la stupeur et la terreur, l’homme fut incapable de comprendre ce qu’il voyait. Un hurlement muet lui échappa.
Mais dans les profondeurs écrasantes de la mer, personne ne l’entendit.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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