Chapitre 449
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 448
NOX-02. Nom de code : Nox.
Cette planète abritait la ressource la plus cruciale, mais aussi la moins estimée du système NEO-3 :
l’eau.
Nox était une planète océanique, entièrement recouverte d’eau. Elle constituait la principale source d’eau pour les habitants du système.
D’après les données historiques découvertes par les joueurs de MegaCorp, la colonisation spatiale avait autrefois été sévèrement limitée par le manque de technologie. Aux premiers temps de la colonisation, la présence d’eau sur une planète comme NEO-3 était un critère prioritaire.
Mais les choses avaient changé. Avec l’apparition des systèmes de terraformation et d’autres méthodes avancées de production d’eau, la valeur des sources naturelles avait considérablement diminué.
Et puis, Survie spatiale n’était qu’un jeu. De nombreuses mécaniques de survie y étaient simplifiées. La consommation d’eau aussi. Aux yeux des joueurs, Nox n’avait donc pas grand-chose d’attrayant.
Mais si ce n’était pas un jeu ? Si c’était la réalité ?
Alors, tout changeait.
Les humains qui n’avaient pas subi d’améliorations génétiques avaient besoin de beaucoup plus d’eau pour survivre. Se contenter de l’hydratation minimale prévue par le jeu finirait sans aucun doute par leur causer des problèmes.
Et même avec une technologie très avancée, produire de l’eau à partir de rien coûtait cher. Si un système disposait déjà d’une source d’eau, cela permettait d’économiser beaucoup de ressources.
En tenant compte de tout ça, la valeur réelle de Nox dépassait probablement de loin ce que j’avais imaginé.
« Cela dit, ça n’en fait pas un bon endroit pour installer un centre de recherche. »
Nox ne possédait aucune véritable terre émergée ; sa surface était entièrement submergée. La profondeur moyenne de ses océans atteignait des dizaines de kilomètres. Dans le jeu, on n’y trouvait que des plateformes flottantes de villégiature et des stations d’extraction d’eau, chargées d’expédier le liquide vers d’autres mondes.
Ça ne voulait pas dire qu’on ne pouvait pas y construire une base de recherche. Seulement, ce n’était pas pratique. Il faudrait bâtir des installations sous-marines en eaux profondes, comme une forteresse orbitale édifiée sous les flots. C’était faisable, bien sûr, mais coûteux et inefficace, surtout quand de meilleurs emplacements étaient disponibles.
« À moins, évidemment, qu’ils aient choisi cet endroit précisément pour rester invisibles. »
Je comptais découvrir dès maintenant pourquoi ils avaient construit un centre de recherche sur Nox et ce qu’il abritait.
Allongé dans le hangar, j’activai le système de communication à l’aide de l’organe secondaire situé sous ma mâchoire.
« Qu’en est-il de ce dont nous avons parlé ? »
「Comme l’Amorph l’avait suggéré, nous avons obtenu très rapidement l’autorisation d’entrer dans l’atmosphère de la planète.」
「Pour être honnête, je ne pensais pas que ce serait aussi simple. Vous êtes vraiment passé maître dans l’art de manipuler les gens.」
PS-111 répondit de son ton monocorde habituel. Isabel, qui se trouvait sur la passerelle avec lui, lâcha une remarque sèche qui pouvait exprimer de l’admiration ou du dégoût.
« Comme prévu. »
Deux jours s’étaient écoulés depuis que nous avions quitté les décombres de la cité orbitale. Nous approchions maintenant de Nox.
Comme le vaisseau de sauvetage à bord duquel nous voyagions avait été autorisé par la famille Edgerton, circuler librement dans le système ne posait aucun problème.
Mais avoir un permis de voyage ne signifiait pas qu’on pouvait pénétrer sans restriction dans un centre secret. L’entrée dans l’atmosphère de Nox entraînerait des contrôles bien plus stricts.
Et, bien entendu, je n’avais aucune patience pour ces procédures fastidieuses.
C’est pourquoi j’avais choisi la voie la plus simple. Celle que je maîtrisais le mieux.
Tromper quelqu’un qui se trouvait au-dessus des gardiens du passage.
Ce vaisseau avait beau ressembler à un bâtiment de sauvetage, sa véritable mission était tout autre. Il devait récupérer les survivants infectés par le parasite Outspacer.
Et cette mission avait été confiée par Jacob, le dirigeant de NEO-3.
C’était le même homme qui avait ordonné à Blair, l’ancien capitaine du vaisseau, de ramener les infectés sur NEO-3.
« Ce type a sans aucun doute fait jouer ses relations pour nous faire passer si facilement le contrôle sanitaire du portail. »
À en juger par les journaux de bord enregistrés par Blair, Jacob agissait par intérêt. Il comptait étudier la nouvelle espèce de parasite implantée chez les infectés, puis s’en servir pour développer de nouvelles armes.
Pour Jacob, le parasite Outspacer était tout. Et, comme n’importe quel véritable élitiste de la Première Capitale, il se fichait du sort de ses subordonnés chargés d’exécuter ses ordres. Tout ce qu’il voulait, c’était recevoir les infectés sains et saufs ; le reste était sacrifiable.
Et voilà que, deux jours plus tôt, il avait perdu une cité orbitale entière. Il devait désespérément chercher à compenser cette perte, ce qui le rendait plus facile à duper.
« J’ai donc demandé à Joel de contacter Jacob au nom de Blair. »
Nous lui avions raconté que Blair était mort pendant la fuite de la cité-portail et que Joel avait pris le commandement du vaisseau. Notre requête était simple : faire escale sur Nox pour réparer le vaisseau et refaire le plein de provisions.
Comme vous le voyez, tout s’était déroulé exactement comme prévu.
Sans se douter de rien, Jacob nous avait accordé l’autorisation complète d’entrer dans l’atmosphère de la planète.
「Je vais donc préparer l’entrée dans l’atmosphère.」
« Merci. Je compte sur toi. »
À peine la transmission terminée, je sentis une faible secousse parcourir la paroi du hangar. Le vaisseau accélérait à l’approche de Nox.
「Grand, ça bouge.」
Sentant les vibrations, Numéro m’envoya une pulsation teintée de curiosité. Il réintégra dans son corps le terminal psychique aux allures de relique de secte avec lequel il jouait, puis s’approcha de moi.
「Où est-ce qu’on va ?」
[ZZZ ZZZ ZZZZ (Nous allons sur une planète océanique remplie d’eau.)]
「Un océan ?」
À ces mots, son corps scintilla d’excitation.
「Je connais très bien les océans ! On s’y sent bien, c’est confortable, on peut se déplacer facilement et il y a plein de gentils amis ! Il y a aussi de méchants amis qui embêtent les gentils, mais je peux les punir !」
[ZZZ (C’est vrai.)]
Numéro agita joyeusement ses tentacules roses en parlant, visiblement ravi d’entendre quelque chose qu’il connaissait.
「Océan」 「Pas terrible」
Adhai, en revanche, répondit avec sécheresse.
「Eau」 「Trop」 「Pas de sol」 「Difficile de se reposer」 「Vol en plein ciel」 「Impossible」
「Mais non ! Il suffit de flotter, c’est facile.」
「Eau」 「Atterrissage」 「Couler」 「Pas bien」
「J’apprendrai à la Petite. Elle n’a qu’à étudier.」
Adhai, qui lissait ses ailes non loin de là, secoua légèrement la tête, comme si cette simple idée lui déplaisait.
Je ne pouvais pas lui en vouloir.
Les Gallagons vivaient généralement dans des mondes volcaniques ou glacés, des environnements rudes, certes, mais familiers. Les mondes entièrement recouverts d’eau liquide n’en faisaient pas partie.
Adhai avait au moins déjà vu l’océan pendant ses voyages avec nous. Mais même alors, l’expérience ne s’était pas bien passée.
« C’était pendant notre voyage au site sacré de la secte, non ? »
À l’époque, les circonstances nous avaient séparés. Adhai avait dû traverser l’océan alors qu’elle était grièvement blessée. Rien d’étonnant à ce qu’elle le déteste.
「Il y a plein de nourriture délicieuse dans l’océan. Les petits comme les grands adorent ça.」
「De la nourriture ?」
「Oui ! Les trucs durs sont amusants à casser pour les manger. Et les petits qui nagent en bancs sont délicieux quand on en avale plein d’un coup !」
「Nourriture」 「Chasse」 「Bien」
Bien qu’elle ait d’abord semblé indifférente, l’expression d’Adhai changea à la mention de proies inconnues.
「Proies fortes」 「Chasser」 「Pour Grand」
[ZZ (Pour moi ?)]
「Un cadeau.」
Elle le dit en faisant glisser doucement le bout de sa queue le long de ma carapace.
Elle avait toujours aimé chasser. De toute évidence, elle avait hâte d’affronter de nouvelles proies dans un nouvel environnement.
「Moi aussi, je vais offrir un cadeau à Grand !」
Numéro émit une pulsation enthousiaste et bondit sur ma tête.
「Je t’apporterai la nourriture la plus délicieuse !」
[ZZZ (Merci.)]
「Youpi !」
「Moi」 「Plus grosse proie」 「Cadeau」 「Grosse proie」 「Délicieux」
[ZZZ Z (Merci à toi aussi, Adhai.)]
「La Petite n’aime pas l’océan, alors elle n’a pas besoin d’y aller.」
「Petite Adulte」 「Promis」 「D’enseigner」
「La Petite est intelligente. Elle comprendra.」
「En fait」 「Étudier」 「Inutile」 「Je suis devenue plus forte」 「Je peux chasser seule, maintenant」
[ZZZ Hein ?]
「Les proies savent bien s’enfuir. Peu importe ta force, tu ne peux pas les trouver.」
「Moi」 「Rapide」 「Elles ne peuvent pas s’échapper」
「La vitesse ne suffit pas. Si elles se cachent, ça ne change rien. Les proies de l’océan savent très bien se dissimuler.」
「Faux」 「Moi」 「Chercher」 「Chasser」 「Tout」 「Très douée」
[ZZZ (Attendez un peu…)]
La conversation prenait une tournure… étrange. Le ton était bizarrement agressif, alors que leurs pulsations et leurs pensées ne véhiculaient aucune émotion forte.
« Elles s’ennuient, peut-être ? »
Ça se tenait. Depuis nos retrouvailles, nous étions tous enfermés dans ce vaisseau : pas de vrai repas, pas de chasse, rien d’autre que le voyage. Elles étaient agitées.
Les Démons marins et les Gallagons rouges pouvaient se passer de nourriture pendant des mois, mais malgré tout, le stress causé par la faim était difficile à éviter.
« Il faudra que je trouve quelque chose de comestible une fois sur place. »
Ça devrait détendre l’atmosphère.
[ZZZ ZZZZ ZZ ZZZZZ (Nous allons bientôt atterrir. Je sais que c’est ennuyeux, mais prenez encore un peu votre mal en patience.)]
「D’accord.」
「Compris.」
Je les apaisai toutes les deux de douces caresses. Presque aussitôt, elles se détendirent, comme si rien ne s’était passé.
« Au fait, tu es sûr que ce corps supportera l’eau ? »
La voix d’Isabel s’éleva alors de l’extérieur.
« Ce n’est pas le corps qui m’inquiète, mais ces ailes qui ont l’air terriblement fines. »
« Ça ira. À force d’améliorations, les ailes ont maintenant une résistance équivalente à 71 % de celle de la carapace externe. Il n’y aura aucun problème dans les profondeurs. »
« Tant mieux. »
Les sœurs Hurleur entrèrent ensemble dans le hangar, bavardant comme à leur habitude.
« Amorph. Le vaisseau arrivera à destination dans dix minutes. »
PS-111 avait quitté la passerelle après avoir basculé le vaisseau en pilotage automatique. Jusqu’à notre arrivée à la station flottante de Nox, l’équipage sous mon contrôle aiderait les systèmes du vaisseau.
« Mais, d’ici là, nous ne serions plus à bord. »
« Combien de temps avant l’entrée dans l’atmosphère ? »
« Sept minutes. »
Comme il l’avait annoncé, le vaisseau pénétra dans l’atmosphère de Nox exactement sept minutes plus tard.
Les portes du hangar s’ouvrirent. Un air chaud et humide se précipita à l’intérieur.
Un panorama saisissant s’offrit à nous : des nuages d’un blanc éclatant et une étendue bleue à perte de vue. Pas la moindre trace de brun ni de vert. Pas de terre.
[ZZZ (Allons-y.)]
Et je plongeai vers cette planète encore plus bleue que la Terre, suivi de tous les autres.
***
Bip.
« Hmm ? »
L’homme, qui s’apprêtait à plonger la main dans un sachet de friandises, s’immobilisa en entendant ce son inconnu. Il épousseta les miettes et s’affaira sur le terminal relié à son ordinateur.
« Une météorite ? »
Son sous-marin avait détecté une onde de choc d’origine inconnue à la surface de l’océan.
Pendant qu’il consultait les journaux de balayage, son collègue s’approcha, une tasse de café à la main.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Une légère onde de choc vient d’être détectée à ces coordonnées. Il n’y avait pas de météorite prévue aujourd’hui, si ? »
« Ça pourrait être la foudre ? »
« Tss. Non, la forme de l’onde est complètement différente. »
Les deux hommes fixèrent l’écran. Aucun autre mouvement ne provenait du point d’origine.
« Il va falloir aller vérifier sur place. »
« Évidemment. »
Leur sous-marin de surveillance appartenait à une base située dans les profondeurs. Leur travail consistait à signaler toute arrivée, humaine ou autre.
« Bon. On y va. »
Le sous-marin fila vers l’emplacement indiqué.
Une dizaine de minutes plus tard, ils arrivèrent aux coordonnées où l’anomalie avait été détectée.
« Tu vois quelque chose ? »
« Rien. J’ai vérifié les signatures vitales, les micro-ondes énergétiques, les vibrations, la température… tout ce que tu veux. Pas la moindre trace. »
Leur sous-marin était équipé de capteurs haut de gamme. Malgré plusieurs balayages, rien ne s’affichait.
« C’est bizarre. Pourquoi cette zone apparaît-elle vide ? »
« Vide ? »
« Regarde. Toute cette zone a été… comme effacée. »
« Hein. C’est vrai. »
« Tant pis. On va vérifier de nos propres yeux. »
« Compris. »
Le collègue ajusta les commandes et lança une fusée éclairante de recherche.
Un petit soleil artificiel s’alluma derrière la vitre renforcée. La fusée dériva vers le fond, projetant une lumière immense dans les profondeurs obscures.
Et grâce à cette lumière, la zone blanche sur leurs capteurs apparut enfin.
« C’est ça ? »
« On dirait une petite colline. »
Un monticule bas de glace solide se dressait sur le fond marin, haut d’une vingtaine de mètres. Peut-être à cause d’une source hydrothermale, une brume noire semblable à de la vapeur enveloppait toute la formation.
« Ça n’a rien d’étrange. C’est peut-être un bug des capteurs ? »
« C’était quand, déjà, notre dernière maintenance ? »
« J’imagine qu’il est temps de s’y mettre. Rentrons. »
Ils firent plusieurs fois le tour de la zone, mais ne trouvèrent rien d’anormal. Le sous-marin fit demi-tour pour rentrer à la base.
Et ils ne le virent pas.
Le monticule, dissimulé dans la brume noire, bougea. Très lentement. Très discrètement.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Le roman sera d’abord mis à jour sur ce site. Revenez demain pour poursuivre votre lecture !