Chapitre 445
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 444
「Analyse terminée. Aucune anomalie détectée.」
« Ensuite, nous allons procéder à une inspection intérieure. Veuillez coopérer. »
« Encore une inspection ? Allez, laissez tomber, cette fois, non ? »
Le système stellaire NEO-3 comptait trois portes de sécurité destinées à assurer sa défense. Quiconque voulait y entrer devait passer par l’une des gigantesques stations forteresses servant de points de contrôle.
La Ville de la Première Porte NEO était l’un de ces points d’entrée.
Cette structure colossale, conçue pour accueillir et ravitailler des flottes entières, ne désemplissait pas : des hordes de visiteurs y allaient et venaient chaque jour.
« Si vous refusez, nous avons reçu l’ordre du commandement de vous maîtriser par la force. Nous vous demandons de coopérer. »
« Quoi ? De quelle capitale venez-vous, au juste ?! »
« Si vous avez une réclamation, veuillez la déposer officiellement auprès de la famille Edgerton. »
« Espèce de fils de— ! »
Au nom d’« Edgerton », prononcé par le soldat chargé de l’inspection, ceux qui en comprenaient le poids se turent rapidement.
« Hé, c’est l’heure de la relève. »
Après avoir inspecté des dizaines de vaisseaux, ils purent enfin prendre la pause qu’ils attendaient depuis si longtemps. Les soldats épuisés se rassemblèrent dans un coin tranquille, cigarettes électroniques à la main.
« Bon sang, le flux ne s’arrête jamais. »
« Tout ça à cause de ces saloperies de monstres. J’ai entendu dire que la moitié des secteurs étaient déjà foutus. »
Leur système tenait les Outspacers à distance tant bien que mal, mais d’autres n’avaient pas cette chance. Les médias comme la base regorgeaient de récits de systèmes stellaires réduits en ruines.
« Tu n’as pas dit que tu venais des confins ? Et ta famille, alors ? »
« Ils ont déménagé sur Triton l’année dernière. »
« Triton ? Celui du système solaire ? »
« Ouais. »
« Alors pourquoi tu te démènes comme ça ici ? Espèce de sale riche. »
« Hé, riche, mon cul. J’ai dû emprunter pour pouvoir entrer. Une seule erreur et je suis esclave salarié à vie. »
« Tss. Les problèmes de riche. Et toi, Rodman ? »
À cette question, un soldat nommé Rodman pencha la tête.
« Hein ? Ah, euh… Je ne m’en souviens pas vraiment. »
« Quoi ? Tu as oublié où habite ta femme ? »
« Je ne dors pas beaucoup. Ces derniers temps, ma mémoire déconne. »
« Le sommeil, mon cul. Tu dois être défoncé à quelque chose. »
« Tss. Je vois ce qu’il veut dire. J’envoie de l’argent chaque semaine, mais je n’ai des nouvelles que deux fois par an, peut-être. Je ne me souviens même plus à quoi ressemblent mes gosses. »
« L’un est tellement défoncé qu’il oublie sa femme, l’autre a ses gosses sur Triton et se rappelle à peine leur visage. Quelle galère. »
« Je vous dis que je ne prends rien, bordel. »
Même pendant leur pause, les soldats ne pouvaient s’empêcher de sombrer dans de sombres discussions.
La Ville de la Première Porte NEO n’avait jamais été attaquée directement, mais on ne pouvait pas en dire autant des gens qui y étaient affectés. Un grand nombre de leurs camarades avaient été envoyés combattre les Outspacers… et n’étaient jamais revenus.
Chaque fois qu’ils apprenaient qu’une nouvelle embuscade avait eu lieu, des places vides apparaissaient dans le réfectoire. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’on ne les envoie, eux aussi. Cette peur constante leur rongeait l’esprit.
« Maudits monstres. Combien de temps ça va encore durer… ? »
« Hé, vous autres. »
À cet instant, quelqu’un s’approcha d’eux depuis l’autre côté du hangar.
« Ça suffit, la pause clope. Venez nous filer un coup de main. »
« Allez, notre pause n’est même pas terminée. »
« Le commandement a dit qu’une fois le boulot fini, on serait libérés pour la journée. »
« Sérieux ? »
Cette bonne nouvelle leur remonta le moral.
« D’accord. Qu’est-ce qu’il reste à faire ? »
« Vous voyez le vaisseau de sauvetage qui vient d’arriver ? Inspectez-le et vous aurez fini. »
« Un vaisseau de sauvetage ? Celui-là ? »
« Il est énorme. On doit vraiment tout inspecter ? »
« Ne vous inquiétez pas. Le commandement l’a déjà autorisé. Faites une analyse rapide et c’est bon. »
« Ah, tant mieux. »
Les soldats écrasèrent leurs cigarettes électroniques et se dirigèrent vers le vaisseau de sauvetage que leur collègue leur avait montré.
Un homme en uniforme d’équipage se tenait à l’avant du vaisseau pour les accueillir.
« Bonjour. Je m’appelle Joel. »
L’homme se présenta avec un sourire.
Mais malgré son expression, Joel n’avait vraiment pas l’air en forme. Ses yeux vitreux et sans vie étaient ceux d’un drogué. Sans son uniforme, on aurait facilement pu le prendre pour un malade en phase terminale.
« Euh, hum… Enchantés. Nous faisons partie de l’équipe d’inspection de la zone 5. Nous allons procéder à un contrôle intérieur et vous remercions d’avance de votre coopération. »
« Bien sûr. Je vous accompagnerai pendant la visite. »
Malgré son état, il était évidemment hors de question de remettre le devoir à plus tard.
Guidée par Joel, l’équipe d’inspection pénétra dans le vaisseau de sauvetage.
Contrairement à l’extérieur impeccable, l’intérieur était plus délabré que prévu. Ce n’était pas à proprement parler sale, mais des réparations de fortune se voyaient sur les murs, le plafond et les portes.
« On dirait des marques d’explosion. Pourquoi y a-t-il des traces de déflagration ici ? »
« Et où sont les autres ? Il n’y a pas grand monde à bord. »
« Il y a eu une mutinerie pendant le trajet de retour. C’est pour ça que l’équipage est réduit. »
« Pardon ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
« L’une des personnes que nous avons secourues était infectée par un parasite d’Outspacer. Une fois l’infection propagée, l’équipage est devenu fou. Voilà ce qui s’est passé. »
Les soldats comprirent alors pourquoi l’intérieur du vaisseau portait des traces de destruction et pourquoi Joel avait cette tête.
Une attaque surprise dans un espace confiné, sans savoir qui était l’ennemi… Même des vétérans aguerris auraient eu du mal à y survivre. En réalité, s’en être sorti dans ces conditions tenait du miracle.
« Heureusement, notre vaisseau de sauvetage appartient à l’Ordre des chevaliers du Lion d’Argent. Beaucoup de membres de l’équipage, dont le capitaine, en font partie depuis longtemps. Moi y compris. »
« Ah, vous faites partie des Lions d’Argent ? »
Ils comprenaient désormais pourquoi le commandement leur avait ordonné de boucler rapidement l’inspection et de passer à autre chose.
Tout le système stellaire, et pas seulement la Ville de la Première Porte NEO, était sous la supervision de l’Ordre des chevaliers du Lion d’Argent. Les officiers qui commandaient l’équipe d’inspection en faisaient également partie. Il y avait sûrement eu des échanges avec le vaisseau de sauvetage bien avant son arrivée.
« Hum… Je crois que nous en avons assez vu. Vous pouvez repartir quand vous le souhaitez. »
« Merci. »
« Bonne continuation. »
Une fois la situation éclaircie, inutile de faire traîner les choses. L’équipe d’inspection procéda à un contrôle sommaire du vaisseau, puis en descendit.
« C’est fini. Qui est partant pour boire un verre ? »
« T’es cinglé. Tu t’es déjà bourré la gueule hier soir. »
« Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans les dortoirs. »
« Tss. Pas faux. »
« Je suis crevé. Je rentre. »
« Vas-y mollo sur les médocs. »
« Je ne prends rien, bordel. »
Rodman, qui n’avait manifestement plus toute sa tête, déclina l’invitation.
Il prit congé de ses collègues et se dirigea vers le dortoir quand il sentit soudain un regard posé sur lui. Il se retourna.
Au loin, il aperçut le vaisseau de sauvetage qu’ils venaient d’inspecter. Il était toujours à quai, peut-être en attente de ravitaillement.
C’était une vision assez courante dans ce secteur, mais Rodman ne parvenait pas à se défaire de cette étrange impression : quelqu’un, à l’intérieur du vaisseau, l’observait.
« … Tss. N’importe quoi. »
Le manque de sommeil le rendait peut-être simplement plus sensible. Il chassa ce malaise et reprit son chemin vers ses quartiers.
Il prit le métro jusqu’au quartier résidentiel réservé aux soldats, puis se rendit directement chez lui.
L’endroit était sens dessus dessous, comme s’il avait été laissé à l’abandon depuis des semaines. Dès qu’il entra dans ce désordre familier, il s’effondra sur le lit enseveli sous des tas d’ordures.
« … Faudrait que je range… »
Mais une somnolence anormale s’abattit sur lui, clouant son corps au matelas comme s’il était de plomb. Incapable de bouger le petit doigt, il marmonna quelques mots… puis s’endormit.
***
Combien de temps s’était écoulé ?
Quand Rodman ouvrit les yeux, un bâtiment se dressait devant lui.
Il était tard — toutes les entrées auraient dû être verrouillées — mais la porte était entrouverte, comme si l’on attendait un visiteur. Sans hésiter, il la poussa et entra.
Il ne savait pas de quel bâtiment il s’agissait. Il n’y était jamais venu, pas une seule fois depuis qu’il était affecté dans la ville. Il ne se souvenait même pas comment il avait atterri là.
Et pourtant, il n’était pas surpris. La raison était simple :
Tout ce qu’il voyait faisait partie d’un rêve.
À un moment donné, Rodman avait commencé à faire ce rêve étrange, qui revenait sans cesse. Les détails étaient toujours les mêmes : il descendait au sous-sol d’un bâtiment inconnu et y rencontrait quelqu’un pour discuter.
Rien de plus.
Comme à chaque fois, sa conscience descendit sous terre.
En descendant, il vit d’autres personnes.
Un homme en uniforme militaire, un immigré adepte d’une secte qui travaillait dans le quartier commerçant, un ouvrier chargé de l’entretien de la ville… Des gens de tous horizons s’étaient rassemblés là. Rodman se retrouva au milieu d’inconnus qu’il n’avait jamais vus.
En face de lui, leurs lèvres remuaient sans arrêt. Aucun son ne lui parvenait, alors il ne pouvait pas comprendre ce qu’ils disaient. Peut-être parlait-il lui aussi, mais il n’avait aucun moyen de le savoir.
Au bout du compte, tout ce qu’il pouvait faire, c’était observer en silence la conversation muette de ces inconnus.
D’habitude, il lui suffisait de rester ainsi pour finir par se réveiller dans son lit, au dortoir, salué par le matin.
Mais pas cette nuit-là.
Les lèvres qui remuaient sans cesse s’immobilisèrent brusquement, et tous les regards se tournèrent vers Rodman.
Non… plus précisément, vers quelque chose derrière lui.
« Intéressant. »
Une voix d’homme. Une voix que Rodman n’avait jamais entendue. Elle venait de derrière lui.
Il n’eut même pas le temps de sursauter que son corps réagit violemment. Une sueur froide jaillit de tous ses pores, et les poils de sa nuque se hérissèrent. Même dans ce rêve, il sentait son cœur cogner dans sa poitrine.
Ce qu’il ressentait, c’était sans conteste de la peur. Et les autres la ressentaient aussi.
Les silhouettes jusque-là immobiles se dispersèrent comme si elles avaient répété la scène. Toutes tentèrent de s’enfuir en même temps.
Les jambes de Rodman finirent par bouger, elles aussi, cherchant à l’éloigner de la voix qui se trouvait derrière lui.
« J’ai déjà vu des parasites, mais celui-ci est différent. Est-ce à cause de son Trait spécial ? »
À ces mots, les jambes de Rodman se figèrent au beau milieu d’un pas, sur les marches.
Il n’était pas le seul. Tous ceux qui se trouvaient là-dessous s’étaient également arrêtés.
Comme si le temps s’était suspendu. Des corps figés en pleine course, des visages tordus par la panique… et pourtant, plus rien ne bougeait.
Puis, ils se mirent à s’élever.
Ceux qui avaient commencé à gravir les marches — Rodman compris — furent soulevés dans les airs par une force invisible et ramenés au sous-sol.
C’est alors que Rodman vit pour la première fois celui qui avait parlé.
L’homme portait un uniforme de capitaine. Son visage était dissimulé dans l’ombre et il tenait un petit ballon rose dans une main.
« J’en ai entendu parler par Isabel… »
Il s’approcha de Rodman. Lorsqu’il passa sous une lampe qui clignotait, son visage se dévoila.
Un homme parfaitement ordinaire. Un quadragénaire à l’air fatigué, la peau sèche et les yeux creusés.
« … Mais rien ne vaut de le constater de mes propres yeux. »
À peine eut-il prononcé ces mots que la mâchoire de l’homme se fendit, de façon grotesque et contre nature. Quelque chose de pâle et d’écailleux commença à émerger de sa gueule béante.
Rodman regarda la scène et se dit :
C’était un rêve.
Même lorsqu’un cri strident jaillit de sa gorge et résonna à ses oreilles, même quand l’odeur âcre de l’urine se répandit à l’avant de son pantalon, il en était certain.
C’était un rêve. Rien de plus.
Il semblait juste un peu plus réel que d’habitude.
Il allait bientôt se réveiller, bien au chaud dans son lit, sain et sauf.
Tout espoir s’évanouit lorsqu’une chose tendit la main et lui agrippa le visage.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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