Chapitre 443
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 442
« Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le contrôle d’un vaisseau comme celui-ci. »
Je m’installai dans le fauteuil du capitaine et observai la passerelle.
D’habitude, quand je prenais un vaisseau, l’intérieur finissait en un véritable capharnaüm. Mais pas cette fois. À part la barricade fracassée près de l’entrée, tout semblait intact. C’était grâce à mes méthodes éprouvées.
À savoir : m’infiltrer chez l’ennemi sous un déguisement et le faire tomber de l’intérieur.
Onze jours plus tôt, je m’étais mêlé aux survivants de la colonie orbitale et étais monté à bord du vaisseau de sauvetage d’Edgerton. Puis, en modifiant progressivement mon apparence, j’avais semé le chaos à l’intérieur du vaisseau.
L’ennemi avait fait de son mieux pour m’attraper, mais c’était peine perdue. Ils ne savaient même pas contre qui ils se battaient. Peu importait leurs efforts, tout était voué à l’échec.
Pendant qu’ils perdaient leur temps, je coupai une à une les lignes vitales du vaisseau.
Je répandis les « Bactéries spatiales » dans l’eau potable et confiai le contrôle du réseau de communication à PS-111, qui nous suivait à distance. À mesure que des pannes inexplicables se succédaient, l’angoisse commença à gagner l’équipage.
J’appris par la suite qu’il ne s’agissait pas d’un simple vaisseau de sauvetage, mais d’un navire de guerre appartenant à l’Ordre du Lion d’Argent Edgerton. La plupart des gens à bord étaient des soldats génétiquement modifiés.
« Encore mieux. »
Ça voulait juste dire qu’ils seraient plus efficaces pour s’entretuer.
Je retournai leur anxiété croissante les uns contre les autres.
Déguisé en chef d’équipe, je fomentai une rébellion et leur implantai des parasites dans le crâne pour attiser les conflits.
Il ne fallut pas longtemps pour que cette petite communauté isolée, dérivant dans l’espace profond, s’effondre. Les soldats se tirèrent dessus et finirent par s’autodétruire.
« Cette nouvelle capacité… Je l’aime vraiment bien. »
Je baissai les yeux vers mes mains pâles et lugubres.
Désormais dépourvues de leur carapace lisse et résistante, elles étaient recouvertes d’une peau douce, semblable à celle des humains.
Ce n’était pas une illusion créée par les phéromones de mon Organe d’imitation. C’était une véritable main humaine.
C’était l’un des effets de mon nouveau mode de transformation, « Usurpateur inconnu », qui venait avec le trait « Abomination distordue ». J’avais pris l’apparence d’un des soldats qui se trouvaient autrefois à bord de ce vaisseau.
« Techniquement, je portais la peau de ce soldat. »
Je pinçai le dos de ma main et tirai. La peau pâle se fendit dans un léger bruit de couture qui se déchire, révélant en dessous ma véritable main écailleuse.
Quand j’activais l’Usurpateur inconnu, mon corps se transformait en un être ressemblant à l’Amorph. Ma queue et ma carapace dégénéraient, me donnant une apparence à mi-chemin entre l’Amorph et l’humain.
Même mes écailles étaient blanches, ce qui me faisait ressembler au monstre hybride de la suite du film culte Xenomorph. Sauf que j’avais plus de bras.
[N.D.T. : Le xénomorphe, créature extraterrestre fictive, est l’antagoniste central de la franchise « Alien ».]
[N.D.T. : Il était temps qu’ils soulignent les ressemblances entre l’Amorph et le monstre du film Alien.]
À l’exception des deux bras qui me servaient à imiter ceux d’un humain, les quatre autres étaient soigneusement repliés autour de ma taille et de mon abdomen. Tant qu’ils ne bougeaient pas, on aurait simplement dit que j’avais un petit bedon.
Contrairement au monstre du film, cependant, cette forme ne possédait presque aucune capacité défensive. Ma carapace avait pratiquement disparu et mes écailles étaient minces. En fait, elle était même moins efficace au combat que ma forme précédente, « Faible rusé ».
« Mais le véritable intérêt de cette transformation est ailleurs. »
Sous la forme de l’Usurpateur inconnu, j’avais accès à deux capacités : Change-peau et Maison de peau.
Change-peau me permettait de modifier mon corps à l’aide de données génétiques stockées et de matières organiques récupérées.
En l’occurrence, les matières organiques désignaient la peau d’humanoïdes comme les humains ou les loups. Fidèle au nom de « Change-peau », je revêtais la dépouille d’un animal et me faisais passer pour lui.
Comme mon corps se transformait physiquement, je pouvais facilement déjouer les systèmes de surveillance. Ma température corporelle restait même au niveau de celle d’un humain, ce qui me permettait aussi de passer sous les détecteurs thermiques.
La seconde capacité, Maison de peau, prolongeait la transformation accordée par l’Usurpateur inconnu. En temps normal, elle aurait dû prendre fin au bout de sept jours, mais grâce à Maison de peau, elle était toujours active.
Le fonctionnement était simple : il me suffisait de fournir régulièrement de la peau correspondant à ma forme, ainsi qu’une quantité suffisante d’eau et de nutriments, pour que Maison de peau s’active automatiquement et prolonge la transformation.
Le revers de la médaille ? Mon apparence changeait chaque fois que je changeais de peau et, si je ne l’hydratais pas, elle se dégradait. L’entretien était un peu pénible, mais ne gênait pas vraiment mes activités.
Pour résumer, c’était une version améliorée de mes anciens traits d’infiltration, sans leurs défauts.
« Si seulement je pouvais l’utiliser en même temps que l’Organe d’imitation… »
Malheureusement, ces deux traits étaient incompatibles. Change-peau consommait les données génétiques pour fonctionner, tandis que l’Organe d’imitation exigeait que ces mêmes données restent intactes.
« Malgré tout, c’est déjà incroyablement utile. »
Grâce à l’Usurpateur inconnu, aux parasites et aux divers autres traits que je possédais, prendre le contrôle de ce vaisseau n’avait posé aucun problème.
Il était maintenant temps de consulter les données stockées à bord.
« Il doit y avoir pas mal d’informations utiles ici. »
MegaCorp ne faisait jamais la charité. Si elle envoyait un vaisseau de sauvetage, c’était qu’elle voulait quelque chose.
« Ils sont là pour obtenir des renseignements. »
D’après l’équipage et les survivants de la cité orbitale, des Outspacers apparaissaient partout dans l’espace de MegaCorp. Le quatrième membre en rang de la Faction du Retour avait été mobilisé.
Si j’étais l’un des dirigeants de MegaCorp, la première chose que je voudrais savoir, c’est à quoi ressemblent les soldats ennemis.
Les Outspacers de rang inférieur avaient des apparences et des rôles assez faciles à deviner. S’ils étaient élancés et équipés de tourelles organiques, il s’agissait probablement d’unités de soutien à distance. S’ils étaient massifs et dotés de griffes acérées, c’étaient sûrement des unités d’assaut au corps à corps.
Et moi qui avais tant combattu les Outspacers, je pouvais reconnaître au premier coup d’œil les essences génétiques qu’ils possédaient. Je pouvais même estimer le nombre d’essences précieuses acquises par la légion ennemie.
Les plus hauts dirigeants de MegaCorp devaient le savoir eux aussi. Ils rassemblaient forcément des renseignements. Et les autres factions de la capitale, Noble Capital et Première Capitale, suivaient probablement leur exemple.
Les vaisseaux de sauvetage qui recueillaient les survivants des attaques des Outspacers poursuivaient le même objectif : récolter des informations.
« Si je peux tirer parti de ce vaisseau et de la situation… »
Je pourrais savoir comment évoluait le front sans même mettre le pied dehors.
Ça me faciliterait grandement la tâche, que je veuille dévorer d’autres Outspacers ou traquer Akira.
« Très bien. Voyons ce qu’il y a là-dedans. »
J’activai l’ordinateur posé sur le bureau du capitaine. Au moment où j’allais accéder aux données, le bureau trembla légèrement.
Ce n’était pas seulement le bureau. Les murs de la pièce se mirent à vibrer à intervalles réguliers. Quelque chose cognait contre la coque extérieure du vaisseau.
« Numéro 26 ? »
Pendant que j’infiltrais le vaisseau, ils étaient restés à distance tout en continuant à me suivre. Maintenant que je contrôlais entièrement le navire, ils voulaient apparemment monter à bord.
J’ordonnai aux membres d’équipage infectés sur la passerelle d’ouvrir les portes du hangar, puis je me dirigeai vers celui-ci.
Quand j’arrivai dans le hangar, j’aperçus un Gallagon rouge gracieux et un adorable Démon marin rose.
「Grand Bébé ! Salut !」
Numéro 26, qui ressemblait à une méduse géante, s’approcha en ramant avec ses nageoires. À mesure qu’il se rapprochait, son corps rétrécit jusqu’à ne plus dépasser la taille d’un petit ballon.
Puis, comme autrefois, il rebondit et atterrit sur ma tête.
Les tentacules du monstre, qui me servaient à communiquer avec eux, étaient alors dissimulés sous la couche intérieure de la peau de mon cou. Je fis passer quelques filaments par les ouvertures près de mes oreilles et de ma bouche.
[ZZZZ (Content de vous revoir)]
「Ta forme est différente.」
[ZZ (Ouais)]
「Moins d’appendices fins qu’avant !」
Fasciné par la peau humaine, il me tapota la tête avec un tentacule.
「Encore」 「Court sur pattes」 「Pas bien」 「Grand」 「Vraie forme」 「Mieux」
Adhai s’approcha d’un pas élégant et m’envoya une onde mentale.
Contrairement à Numéro 26, elle n’aimait visiblement pas mon déguisement humain. Au moins, elle était fidèle à ses goûts. Je la grattai doucement entre les cornes et le cou pour la calmer.
[ZZZ ZZ ZZZ (Je ne garderai pas cette forme longtemps. Supporte-la encore un peu)]
「Ça chatouille」
「Moi aussi ! Moi aussi !」
Malgré ses protestations, sa queue se balançait doucement. Je devais avoir trouvé le bon endroit : on aurait dit que ça la démangeait là où elle ne pouvait pas se gratter facilement.
Numéro 26, qui m’observait depuis le sommet de ma tête, descendit sur mon épaule et réclama lui aussi de l’attention.
[ZZZ (Ça fait du bien ?)]
「Oui !」
「Un peu」 「Pas mal」
« Nous aussi, on est là. »
Alors que je m’occupais des deux créatures, PS-111 et Isabel, les sœurs Hurleuses, entrèrent dans le hangar. Je rentrai rapidement les tentacules du monstre dans mon corps.
« Ça a toujours l’air douloureux, quand je te vois faire ça. »
« Ce n’est pas mon corps, alors je ne sens rien. »
J’essuyai du revers de ma manche le liquide qui coulait de mes oreilles et de ma bouche. Isabel, recroquevillée comme un mille-pattes sous sa forme allongée, jeta un coup d’œil à l’uniforme que je portais.
« L’insigne sur ton épaule… On dirait que tu joues au capitaine, maintenant. »
« Ouais, plus ou moins. »
« Vu de l’extérieur, le vaisseau avait l’air immense. Il faut beaucoup de monde pour faire tourner un navire de cette taille, non ? »
Les membres clés nécessaires au fonctionnement du vaisseau avaient déjà été infectés par des parasites. Et même s’il restait quelques postes vacants, ce ne serait pas un problème avec quelqu’un ici pour donner un coup de main.
« Pas d’inquiétude. Je peux m’occuper du vaisseau avec l’aide des Petits Hurleurs », intervint PS-111 en en faisant sortir une grappe de son abdomen.
« Déploiement ! »
« Déploiement ! »
Dès qu’ils touchèrent le sol, les machines arachnéennes détalèrent hors du hangar sur leurs pattes métalliques acérées.
En les regardant partir, Isabel ajouta aussitôt :
« Attends. Ne va pas encore tout régler toute seule. Faisons ça ensemble. »
« Hein ? Compris. »
« Je dois juste accéder aux Petits Hurleurs par la connexion dont on a parlé, c’est ça ? »
« Exactement. Mais n’oublie pas ce que je t’ai expliqué la dernière fois. »
« Tu m’as dit que changer de ligne pendant le contrôle à distance pouvait provoquer une instabilité, c’est ça ? Compris. »
« Merci de ton aide. Et quand tu accéderas aux systèmes du vaisseau… »
Les deux Hurleuses poursuivirent leur conversation sans la moindre hésitation.
Leurs échanges acerbes avaient disparu depuis la dernière fois que je les avais vues.
« On dirait qu’elles se sont déjà réconciliées. »
À entendre Isabel lui faire ses remarques, j’avais l’impression que c’était elle qui avait été la première à ravaler sa colère. Sa voix avait une familiarité presque habituelle, comme si ce n’était pas la première fois qu’elles traversaient ce genre de situation.
« Elles étaient comme ça, dans la vraie vie aussi ? »
Le duo classique : la grande sœur têtue et casse-cou, et la petite sœur ronchonne mais obéissante.
« Enfin, elles se sont rapprochées pendant mon absence. C’est une bonne chose. »
Quoi qu’il en soit, mes alliés étaient arrivés sains et saufs. Une fois que j’aurais extrait les données utiles du vaisseau, tous les préparatifs seraient terminés.
MegaCorp, et même Edgerton, qui avait envoyé ce vaisseau de sauvetage, n’avaient pas la moindre idée de ce qui se tramait.
Cette chasse commençait en territoire ennemi, au plus profond du corps de la proie.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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