Chapitre 441
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 440
« Monsieur Jacob, ici Blair. Nous avons recueilli dix-sept survivants au total. »
Les quartiers du capitaine étaient dépouillés de toute décoration, lugubres et austères.
Blair, commandant de l’équipe spéciale de sauvetage, faisait son rapport à son supérieur par communicateur.
« Sept de la Troisième Capitale, dix des Capitales intermédiaires. Ils sont en cours de dépistage. Oui. Oui, nous commencerons les interrogatoires dès que ce sera terminé. Compris. Gloire à la Maison ! »
Il mit fin à l’appel d’un salut impeccable, puis contacta aussitôt l’équipe de quarantaine du vaisseau.
« Où en est le dépistage ? »
「Deux examens terminés. Un autre est en cours.」
« Quoi ? »
「Les gens de la Troisième Capitale opposent une forte résistance. Ça ralentit tout.」
« Tss. Employez la force s’il le faut. Je me fiche qu’ils soient blessés. »
「Monsieur ? Ça pourrait…」
« J’en prendrai l’entière responsabilité. Je veux que tout le monde ait été examiné avant la fin de la journée. »
「O-Oui, monsieur !」
Après avoir donné quelques ordres supplémentaires, Blair coupa la communication.
La cabine du capitaine était silencieuse, mais ses pensées tournaient à toute vitesse.
Le chef par intérim de la famille Edgerton démantelait plusieurs projets historiques sous prétexte de « rationalisation de l’entreprise », fermant à tour de bras les organisations qui leur étaient liées.
Les anciens d’Edgerton, purgés par ce nouveau régime, s’étaient unis pour lui résister. Le groupe auquel appartenait Blair, les Chevaliers du Lion d’Argent, formait l’épine dorsale de cette opposition.
Par le passé, ils avaient été étroitement impliqués dans le projet secret d’amélioration des Mutants Hulk de Denver Edgerton. Les Chevaliers avaient également été chargés de gérer les fonds occultes que Denver avait détournés pour financer l’opération.
Sans cette fortune cachée ni cette influence, les anciens n’auraient jamais acquis autant de pouvoir.
Mais les choses changeaient, et pas en leur faveur.
Denver était mort ; le temps jouait donc en faveur du chef par intérim. Les Chevaliers avaient encore assez d’influence pour représenter une menace, mais cela ne durerait pas. Quand les fonds occultes seraient épuisés, leur pouvoir le serait aussi.
Il leur fallait une percée. Et vite.
C’est alors que survint la crise des Outspacers.
L’invasion avait durement frappé la famille Edgerton, mais pour les Chevaliers du Lion d’Argent, c’était l’occasion de renverser la situation.
Les rencontres avec les Outspacers étaient rares sur le territoire de MegaCorp. Même Edgerton disposait de peu d’informations sur eux. Il était donc extrêmement difficile de mettre au point des contre-mesures efficaces.
Les dirigeants des Chevaliers avaient alors conçu un plan : recueillir des renseignements sur les Outspacers avant tout le monde et profiter de cet avantage pour prendre le contrôle des projets de développement des vaisseaux de guerre.
Recueillir des survivants n’était qu’un élément de ce plan. Personne ne connaît mieux l’ennemi que ceux qui ont été vaincus par lui.
« Si tout se passe bien… »
Le commandant Jacob, chef des Chevaliers, avait promis une récompense colossale à quiconque rapporterait les renseignements les plus précieux. Une somme capable de changer une vie, bien au-delà de tout ce que Blair avait jamais imaginé gagner.
« Cette récompense est à moi. Je ne laisserai personne d’autre y toucher. »
Pour mettre la main sur cette fortune, il devait agir encore plus vite.
Un mince sourire aux lèvres, Blair se remit au travail.
***
« Hé, t’as fini là-bas ? »
« Fini ? Tu parles ! Ces putains de gens de la Troisième Capitale… »
« Les gens de la Troisième Capitale ? »
L’agent de quarantaine qui se reposait devant l’infirmerie poussa un profond soupir en entendant son collègue.
« Ouais. Des salauds inutiles, mais avec un orgueil démesuré. Même avec un flingue pointé sur eux, ils refusent de coopérer. »
« Journée difficile, hein ? Tiens, bois ça. »
L’autre agent lui tendit une boisson énergétique, qu’il avala d’un trait.
« Je pensais aller boire un coup avec les gars, tout à l’heure. Ça te dit ? »
« Seulement si ce boulot se termine. »
« Il en reste beaucoup ? »
« Les gens de la Troisième Capitale, c’est fait. Il en reste dix des Capitales intermédiaires. »
« Tss. Fais-moi signe quand tu auras fini. »
L’agent acquiesça et retourna dans la salle d’examen.
L’infirmerie ressemblait davantage à un bloc opératoire haut de gamme : impeccable, parfaitement organisé et équipé des appareils de diagnostic les plus modernes. Le travail de l’agent de quarantaine consistait à s’en servir pour examiner les survivants et détecter toute anomalie.
La reine à l’origine de l’assaut des Outspacers n’était pas qu’une commandante misant sur la force brute ; elle employait aussi des infiltrés. Elle implantait des parasites dans des humains et des membres du Culte pour leur soutirer des renseignements sur l’ennemi.
Les Chevaliers du Lion d’Argent l’avaient appris grâce à un espion infiltré dans l’Empire du Culte. Ils avaient agi sans tarder et transformé l’infirmerie du vaisseau de sauvetage en salle d’examen spécialisée dans la détection des parasites. S’ils en trouvaient un, leur objectif était de l’extraire et de l’étudier.
Bien sûr, cette justification ne concernait que la haute hiérarchie des Chevaliers. Pour les survivants, cela ressemblait simplement à une nouvelle procédure, soudainement imposée et étrangement invasive.
「Bon sang ! Vous comptez nous garder enfermés combien de temps ?!」
「Laissez-nous sortir, maintenant !」
「Pourquoi vous nous traitez comme ça, putain ?!」
Les survivants, nus à l’exception de fines blouses blanches, étaient entassés dans des cellules d’isolement de la zone d’examen. Après des heures de confinement dans ces compartiments de verre exigus, ils commençaient visiblement à perdre patience.
« Au suivant, le numéro 8. Sortez. »
L’agent de quarantaine avait un ton sec et indifférent, comme s’il cochait des noms sur une liste de corvées.
「Vous plaisantez ?! Vous savez au moins qui je suis ?!」
「Et vous, vous êtes de quel rang dans la capitale, hein ? J’ai des relations sur Mars, vous le saviez ?!」
« …Tss. »
L’agent ne répondit pas. Il tapota plutôt sa console.
Un jet de gaz froid stérilisant jaillit soudain du sol des cellules d’isolement.
Les occupants hurlèrent, toussèrent ou s’effondrèrent, tremblant tandis que le gaz les enveloppait.
「Aah !」
「A-Arrêtez ! Je vous en prie !」
« Si vous voulez que ça se termine vite, fermez-la et coopérez. Compris ? »
「O-Oui ! D’accord, arrêtez, je vous en prie… !」
Après avoir réduit le groupe au silence par la force, l’agent reprit les examens.
Le temps s’étira. Bientôt, davantage de membres de l’équipage dormaient qu’ils n’étaient éveillés. Ceux qui avaient déjà été examinés avaient été transférés dans des quartiers provisoires. Il n’en restait plus que deux.
« Le suivant… le numéro 16, c’est ça ? »
Comme cette épuisante procédure touchait enfin à sa fin, l’agent pensait déjà à aller boire un coup avec son équipe.
「Attendez un instant !」
Le numéro 16 l’interpella au moment où on l’appelait.
« Oui, c’est ton tour. Sors. »
「Non, je veux dire que j’ai quelque chose à vous dire.」
L’agent crut qu’il s’agissait d’une nouvelle protestation obstinée. Il allait répliquer sèchement quand il vit le visage de l’homme et se figea.
Sa peau n’était pas seulement pâle, elle était blanche comme la mort. Son regard était vide, ses pupilles sans mise au point. La sueur lui coulait du front à un rythme qu’aucun humain ne pouvait produire.
« Qu’est-ce qui est arrivé à ton visage… ? »
「Ce n’est pas moi. C’est elle. La femme qui est là-dedans avec moi. Elle ne va pas bien.」
« Quelle femme ? »
L’homme désigna une autre cellule de verre. Une femme, le numéro 17, y était accroupie, le visage dissimulé.
« Elle agit bizarrement ? »
「Ouais. Depuis que le gaz l’a atteinte, tout à l’heure, elle est restée comme ça, complètement immobile.」
Maintenant qu’il le disait, l’agent remarqua qu’elle était figée dans cette posture depuis longtemps.
Aucun civil ordinaire ne pouvait rester assis ainsi, sans bouger pendant des heures, dans un espace aussi réduit.
« Autre chose d’étrange chez elle ? »
「J-J’ai vu quelque chose. Quelque chose comme un ver… qui remuait dans son oreille.」
« Un ver ? Tu en es sûr ? »
「Oui. Dès qu’elle a vu que je la regardais, il est rentré. Je vous jure que je l’ai vu.」
Le numéro 16 l’avait peut-être imaginé. Mais il ne faisait aucun doute que quelque chose clochait chez le numéro 17.
Prudemment, l’agent s’avança devant sa cellule d’isolement.
« Hé. Numéro 17. Debout. »
「…….」
Pas de réponse.
L’agent de quarantaine tapota la console. Un jet de gaz froid stérilisant enveloppa la survivante numéro 17. La femme, qui était accroupie au sol, se redressa brusquement.
À la vue de son visage, les soupçons de l’agent se changèrent en certitude.
Malgré le gaz glacial, son expression demeurait absolument vide. C’était le visage de quelqu’un qui n’agissait pas de son plein gré, mais suivait des ordres stricts : mécanique, automatique.
« Bon sang ! Ne bougez pas ! »
L’agent de quarantaine dégaina précipitamment son fusil Gauss. Il visa à travers la paroi transparente et tenta de joindre son équipe.
「Kyaaaaak !」
Mais avant qu’il en ait le temps, la femme poussa un hurlement et se fracassa le crâne contre la paroi. Du sang et des lambeaux de chair éclaboussèrent la vitre, mais elle n’arrêta pas.
« Ici l’équipe de quarantaine, gghrk ?! »
La cellule d’isolement du vaisseau avait été conçue pour contenir les individus dans des conditions extrêmes. À moins qu’on l’ouvre de l’extérieur, aucun corps humain ne pouvait s’en échapper.
« Kyah ! »
Et pourtant, la porte coulissa soudain. Le visage couvert de sang, la femme bondit sur l’agent et le plaqua au sol.
« Grrk ?! »
Submergé par une force surnaturelle, l’agent tomba à la renverse. La femme découvrit ses dents ensanglantées et chercha à les enfoncer dans son visage.
« Gak ?! »
Sans le coup que l’agent de quarantaine lui asséna à la tête avec son fusil Gauss, il aurait été mort en quelques secondes.
La femme chancela sous le choc. L’agent roula sur le côté et se releva tant bien que mal.
Puis il tira sans hésiter.
« Bouffe ça ! »
「Kyaaaak !」
Le flash du canon illumina la pièce tandis qu’une pluie de balles en tungstène lui déchiquetait l’abdomen.
De la viande carbonisée et des fragments d’os réduits en miettes volèrent dans les airs. Le torse à moitié arraché, la femme s’effondra en tressautant.
Haletant, l’agent se releva lentement.
« C’est… c’est mort ? »
À peine eut-il parlé que la tête de la femme se mit à tressauter. Sa bouche s’ouvrit bien trop largement, et une chose noire, semblable à un poisson-chat obèse, en jaillit en se tortillant.
« …Dégoûtant. »
Sa forme répugnante confirma qu’il s’agissait d’un parasite d’Outspacer.
Alors que l’agent s’apprêtait à saisir le caisson de confinement, des pas tonnèrent dans le couloir. Les coups de feu avaient attiré d’autres personnes dans le laboratoire.
« C’était quoi, ce bruit… qu’est-ce que… ?! »
« Putain, c’est quoi, ce truc ?! »
« Vous en avez mis, du temps. »
L’agent résuma rapidement ce qui s’était passé.
« Donc, ce truc, c’est un parasite d’Outspacer ? »
« Il contrôlait sa tête… Ils sont aussi répugnants qu’ils en ont l’air. »
« Bon, alors arrêtez de rester plantés là et aidez-moi. »
Ensemble, l’équipe de quarantaine captura la créature parasite et se débarrassa du corps de la femme.
Contrairement à ce qui s’était passé quand il était dans un hôte, le monstre bougeait à peine. Même enfermé dans un tube de confinement, il resta immobile.
« Emportez ce tube et l’échantillon de sang de la femme à l’équipe de recherche, d’accord ? »
« Et toi ? »
Au lieu de répondre, l’agent désigna la cellule d’isolement. À l’intérieur, plaqué contre la paroi et tremblant de tout son corps, se trouvait le survivant numéro 16.
« Tu as besoin de renforts ? »
« Il n’en reste qu’un. Je vais m’en sortir. »
« D’accord, on y va. »
L’équipe partit, et bientôt, il ne resta plus que deux personnes dans le laboratoire.
「C-C’est fini ?」
« Oui. Il ne reste plus que ton examen. »
「Ouf… Je suis soulagé que tout se soit bien passé.」
L’homme avait toujours l’air blême, le visage ruisselant de sueur. Il était manifestement sous le choc.
« On va bientôt te transférer dans un logement provisoire. Encore un petit effort. »
「Merci.」
Sans cet homme, la situation aurait pu tourner bien plus mal. En reconnaissance, l’agent de quarantaine adoucit le ton.
« Entrez dans l’appareil et restez immobile, s’il vous plaît. »
« C’est quoi, cette machine ? »
« Elle scanne les organes internes. Ça ne fait absolument pas mal, ne vous inquiétez pas. »
Suivant les instructions, l’homme entra dans la machine, qui avait à peu près la taille d’une petite pièce. L’agent se mit à la faire fonctionner depuis l’extérieur.
« …Hein ? Pourquoi ça ne marche pas ? »
La procédure habituelle avait été suivie, mais l’appareil ne réagissait pas. L’agent tapota la console ; seuls de brefs bips aigus lui répondirent.
« Maintenant que j’y pense… la porte de la cellule d’isolement s’est ouverte toute seule, tout à l’heure. »
« Excusez-moi ? Il y a un problème ? »
Alors que les pannes successives commençaient à éveiller ses soupçons, une voix retentit à l’intérieur de la machine.
« Hum. Non, tout va bien. Veuillez patienter un instant. »
« Euh, il y a des étincelles qui jaillissent ici. C’est normal ? »
« Quoi ? »
Bien sûr que non. La machine n’était pas censée produire des étincelles. L’agent entra pour vérifier.
« Vous les avez vues où, exactement ? »
« Là-bas. »
L’agent examina l’endroit indiqué. Rien ne semblait anormal.
« Il n’y a rien ici. Vous êtes sûr ? »
« Je les ai vraiment vues… bizarre. »
« Bon, sortez pour le moment. On va refaire un test… »
L’agent tourna la tête et se figea.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Vos… yeux… »
« Quoi, mes yeux ? »
Son regard se fixa sur le visage de l’homme.
Ses yeux n’étaient plus à leur place.
Ce qui aurait dû se trouver entre ses sourcils et son nez avait glissé, de façon grotesque, jusqu’à sa mâchoire.
« Ah. Ça recommence. »
La voix qui résonna à l’intérieur de la machine était calme. Presque indifférente.
Mais elle ne sortait pas de la bouche de l’homme.
« Je suppose qu’il est temps de changer d’hôte, de toute façon. »
Et alors…
Le visage de l’homme s’ouvrit en deux.
Quelques instants plus tard,
l’agent de quarantaine sortit seul de la machine.
Sa peau était pâle. Ses yeux étaient ternes.
Et, sans un mot, il quitta le laboratoire.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Le roman sera d’abord mis à jour sur ce site. Revenez demain pour poursuivre votre lecture, tout le monde !