Chapitre 438
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 437
Système stellaire VA-04.
Situé dans le territoire de MegaCorp, mais relativement proche de l’Empire du Culte, ce système stellaire comptait parmi les possessions les plus précieuses de MegaCorp. Plusieurs de ses planètes recelaient en effet des gisements de minerais rares et de grande qualité.
La famille Edgerton de la Première Capitale, propriétaire actuelle du système, fabriquait des vaisseaux de guerre haute performance avec les minerais extraits sur place. Aussi prenait-elle très au sérieux la défense du système.
Même après la mort du patriarche Denver Edgerton, qui avait plongé toute la famille dans le chaos, VA-04 avait réussi à conserver une relative stabilité.
Du moins, jusqu’à il y a un mois.
« Responsable temporaire de l’approvisionnement alimentaire, où en êtes-vous ? »
Les lumières de la salle de conférence vacillaient, alimentées par un courant instable. Tous ceux qui étaient assis autour de la longue table avaient l’air épuisés et décharnés.
À la tête de la table, un homme posa la question. Une femme au visage blême lui répondit lentement.
« À ce rythme, il nous reste de quoi tenir environ quinze jours. »
« Deux semaines seulement ? Et si on réduisait les rations ? »
« Même comme ça, ce sera difficile de tenir plus longtemps. Surtout que quelqu’un ici continue d’accepter toujours plus de réfugiés. »
L’homme assis en face de la responsable de l’approvisionnement frappa violemment la table.
« Hé ! Surveillez vos paroles ! Vous vous rendez seulement compte du nombre de réfugiés venus des colonies minières ? Des dizaines de milliers ! Vous proposez qu’on les abandonne tous ? »
« Ha ! C’est drôle de vous entendre parler de morale. Tout le monde sait que vous avez essayé de faire entrer en douce vos domestiques personnels du domaine familial et que vous avez provoqué cet incident. »
« H-Hum ! »
« Hé, “responsable temporaire”. Pourquoi ne pas aller dire ça devant les réfugiés ? »
« Quoi ? Temporaire ?! Vous osez insulter un poste officiellement reconnu par la Première Capitale ? »
Comme si un signal les avait mis en mouvement, les participants se divisèrent en deux camps : les cris fusèrent aussitôt.
Les insultes volèrent. Les chaises raclèrent le sol. La salle, jusque-là calme, sombra dans le chaos.
À la tête de la table, Xavier, administrateur en chef par intérim du Centre de contrôle des ressources Edgerton, se passa la main sur le visage, exaspéré.
Un mois plus tôt, un nombre écrasant d’Outspacers était apparu de nulle part et avait déferlé sur tout le système stellaire.
Résultat : toutes les forteresses orbitales et les colonies de surface avaient été détruites. Seuls vingt pour cent des forces de défense avaient survécu.
Le Centre de contrôle des ressources Edgerton, situé au cœur du système, était la seule installation encore intacte.
Il avait été conçu sur le modèle des forteresses stellaires du Culte, capables de ravitailler et d’abriter d’immenses flottes. Bien que ses espaces habitables fussent limités, ses capacités défensives étaient considérables.
Sans cela, il aurait subi le même sort que les autres.
Mais même ce bastion fortifié avait atteint ses limites.
Le flot ininterrompu d’Outspacers avait déjà mis leurs défenses à mal. Pire encore, il ne restait pas assez de personnel qualifié pour faire fonctionner les systèmes d’armement.
Xavier n’avait été que directeur de la gestion de crise avant la mort du dernier administrateur, qui l’avait contraint à prendre la tête du centre par intérim. À présent, faute d’effectifs, même le personnel de la Capitale moyenne était enrôlé de force pour assurer la défense.
Et, comme je l’ai déjà dit, les réserves alimentaires de la ville étaient presque épuisées.
Si aucun renfort n’arrivait d’ici deux semaines, ils mourraient de faim ou seraient dévorés par les Outspacers.
Le seul coup de chance, c’était qu’ils n’avaient subi aucune attaque depuis deux jours. Cette accalmie leur avait permis de réunir les administrateurs survivants.
« Et malgré ça, ces idiots continuent de se chamailler et de choisir leur camp ! »
Xavier lança un regard noir aux responsables qui se disputaient.
La raison était évidente : ils appartenaient tous à des factions différentes.
Depuis la mort soudaine de Denver Edgerton, le siège de patriarche de la famille était resté vacant. Un chef par intérim avait été nommé pendant la guerre interne contre T&C, mais beaucoup refusaient de reconnaître son autorité.
Cette salle de réunion elle-même était divisée entre les partisans du chef par intérim et ceux de l’ancien régime de Denver. À la moindre occasion, ils se lançaient des piques.
Bien sûr, s’ils mouraient tous ici, leur loyauté envers leur faction ne vaudrait plus un clou.
À bout de patience, Xavier frappa la table.
« Tout le monde se tait ! »
« ! »
« Il nous reste deux semaines de nourriture, et au lieu de chercher comment survivre, vous passez votre temps à vous chamailler ?! »
« Hum… »
« À partir d’aujourd’hui, les rations de tous les non-combattants seront réduites de vingt pour cent, quel que soit leur rang dans la hiérarchie des Capitales. Ça devrait nous faire gagner du temps. »
« … Quoi ? »
« Ça va provoquer un tollé ! »
« Un tollé ? Vous préférez qu’on meure tous de f— »
Avant qu’il puisse finir sa phrase, toute la pièce trembla légèrement.
Xavier se leva d’un bond, sachant exactement ce que signifiait cette secousse.
« Ils sont de retour ! Tout le monde à son poste ! »
« Oui, oui ! »
Les envahisseurs qui avaient ravagé le système étaient revenus.
***
Quiconque connaissait un tant soit peu la question savait cette simple vérité : les Outspacers n’étaient pas de simples monstres.
Malgré leur apparence sauvage, ils obéissaient à une structure hiérarchique très sophistiquée.
Pour faire simple, chaque organe en leur sein pouvait être considéré comme un organisme indépendant.
L’un devenait un cerveau et commandait les autres. Un autre digérait la nourriture récoltée et la transformait en énergie pour la ruche. Ainsi formaient-ils un seul corps, un seul essaim.
Et cela ne s’arrêtait pas là.
Les essaims les plus puissants absorbaient les plus faibles et se développaient jusqu’à former de vastes nations-ruches. Même au sein de ces immenses essaims, les sous-unités se répartissaient les tâches avec une grande précision.
L’être qui régnait sur la plus grande ruche de l’univers était connu sous le nom d’Impératrice.
Son essaim était si vaste qu’il lui fallait de nombreuses sous-reines et des superviseurs de rang intermédiaire pour fonctionner.
La créature qui venait d’apparaître dans le système VA-04, Auge, était l’une de ces sous-reines.
Recouvert d’une masse d’organes visuels agités, il errait sans cesse, récoltant des données pour sa ruche.
À présent, sur ordre direct de l’Impératrice, Auge servait d’yeux à la Grande Reine, qui menait actuellement l’invasion du territoire de MegaCorp.
「Résistance des proies faible. Pas dangereuses.」
「N’entravent pas la Grande Reine.」
「Les proies restantes doivent être éliminées.」
「Cela ne prendra pas longtemps.」
Conçu par l’Impératrice elle-même, Auge appartenait à une caste spécialisée de reines, dotées d’un système de transmission psychique unique qui permettait aux organismes de haut rang de communiquer à longue distance.
À cet instant même, Auge, dans le système VA-04, échangeait activement des informations par le biais de ce réseau neuronal.
「L’offensive de la ruche s’est affaiblie.」
「Auplado : détruire la coque extérieure.」
Auplado, unité de haut rang reconstituée à partir de la Garde royale de la Reine, se dirigea vers sa cible.
La cible : le Centre de contrôle des ressources.
Les tirs éclatèrent depuis le complexe, mais pas un seul projectile n’atteignit sa cible.
Auplado disposait en effet de capacités de furtivité qui brouillaient les systèmes de détection. À moins que quelqu’un ne vise manuellement avec les batteries de la forteresse, le toucher était presque impossible.
Grâce à ce don de l’Impératrice, il esquiva les tirs avec aisance et atterrit sur le mur extérieur.
Il leva ses quatre bras, dont les lames étincelaient d’un blanc brûlant, puis les abattit avec une force dévastatrice.
Chaque lame expulsait du plasma surchauffé par des orifices à sa base, ce qui lui permettait de fondre sans effort les matériaux défensifs les plus résistants.
Les murs d’alliage, qui avaient résisté aux unités inférieures, s’effritèrent comme du papier sous l’assaut. Chaque coup arrachait d’énormes morceaux de blindage métallique.
Une fois la brèche ouverte, les créatures inférieures qui attendaient derrière se ruèrent en avant.
Beaucoup brûlèrent vives sous les tirs croisés incessants, mais l’essaim ne s’arrêta pas. Celles qui franchirent le barrage commencèrent à s’engouffrer dans le tunnel ouvert par Auplado.
Elles avaient déjà percé de nombreuses structures de ce genre. Elles savaient exactement où frapper pour déloger les proies dissimulées derrière des couches d’acier.
En tête de la charge se trouvait une créature dont la carapace frontale était hérissée de bio-tuyaux. Ces bêtes spécialisées pouvaient asperger les surfaces de fluides digestifs très acides.
L’alliage intérieur était moins résistant que celui du mur extérieur. Il ne tiendrait pas.
Des milliers de bio-tuyaux tirèrent à l’unisson : des torrents d’acide s’écrasèrent contre la cloison. La barrière secondaire fondit presque instantanément.
Les Outspacers se ruèrent en avant avec une force terrifiante. Un vaste espace ouvert s’offrit à eux : la zone de quarantaine des vaisseaux, où les appareils entrants accostaient généralement.
« La coque extérieure de la ligne de quarantaine numéro un a été percée ! Toutes les unités, tenez la ligne ! »
« J-Je répète ! Ligne de quarantaine numéro un… ! »
Des voix emplirent l’air, dans une langue incompréhensible pour les envahisseurs. Les vaisseaux spatiaux et les porte-vaisseaux se hâtaient de décoller.
Des créatures au dos hérissé de pointes visèrent les vaisseaux en fuite et tirèrent des volées de projectiles.
« Pointes » était un terme bien trop modeste : chacune avait la taille d’un enfant et ressemblait davantage à une lance.
Une pluie de javelots arracha d’innombrables vaisseaux au ciel. Ils s’écrasèrent et explosèrent sur toute la zone d’accostage.
De petites créatures semblables à des lézards se rassemblèrent en masse et submergèrent les survivants.
« Merde ! Ils sont partout ! »
« Il nous faut des renforts ! La ligne de quarantaine numéro un est… AARGH ! »
Rampant sur les murs et les plafonds, les envahisseurs frappaient de toutes parts. Toute résistance était vaine. Les défenseurs avaient à peine le temps d’appuyer sur la détente avant de se faire déchiqueter.
L’essaim dévorait les humains et les vaisseaux, balayant les lignes de défense.
Bientôt, il atteignit les quartiers résidentiels.
Comme des jaunes d’œufs lovés dans une coquille dure, les humains à l’intérieur étaient tout aussi mous : de simples nutriments sans défense, alignés comme sur un plateau et prêts à être récoltés.
「Plusieurs proies confirmées.」
「Valent-elles la peine d’être récoltées ?」
Auplado, qui menait l’essaim dans la ville, baissa les yeux vers un humain tremblant, recroquevillé à ses pieds.
« J-Je croyais… que cet appareil pouvait contrôler les Outspacers… ! »
Le petit instrument que tenait l’humain émettait une résonance répugnante — agaçante, mais inoffensive.
Sans hésiter, Auplado l’écrasa sous son pied.
「Aucune valeur en dehors de l’extraction des nutriments.」
「Tous les exterminer.」
« Aaaaaah ! »
« Pitié, non ! »
L’essaim reçut l’ordre et chargea.
Comme il n’avait pas particulièrement faim, Auplado se détourna et quitta les lieux, abandonnant derrière lui les victimes hurlantes.
「Le dernier nid a été détruit.」
「Retour auprès de la Grande Reine.」
Alors qu’Auplado remontait vers Auge, son transport et son communicateur, il sentit soudain quelque chose d’étrange.
Une sensation qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant. Elle jaillit et submergea tout son réseau neuronal : une conscience profonde et invasive, bien plus intense que l’agacement que lui causaient les humains.
Et il ne fut pas le seul à la ressentir.
「Une entité inconnue approche.」
「Identification immédiate.」
「La reine qui supervisait la zone est morte.」
「L’heure de sa mort ne peut être déterminée.」
「Les reines sont vitales pour l’essaim. Retraite.」
「Impossible. Retraite irréalisable.」
「Les reines sont vitales. Retraite immédiate.」
La situation était mauvaise.
Auplado répéta l’ordre de retraite, mais ne reçut aucune réponse.
Pire encore, le lien mental qui reliait l’essaim quelques instants plus tôt s’était interrompu.
「Cessez toute alimentation. Toutes les unités, revenez à ma position.」
Auplado rappela toutes les créatures déployées dans la ville. Tous les organes sensoriels étaient désormais braqués sur l’endroit où se trouvait Auge.
Un vide noir.
Mais plus profond qu’un vide : une obscurité plus sombre que l’espace lui-même s’y tordait et s’y mouvait.
Et à cet instant, Auplado comprit l’origine de cette terreur écrasante :
C’était un avertissement.
Une peur primitive, instinctive — celle que ressent un prédateur face à un être qu’il ne peut pas dévorer.
La Mort — celle qui avait dévoré Auge — venait maintenant les chercher.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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