Chapitre 434
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 433
Je rattrapai l’Orque arcanique qui tombait.
Sa peau énergétique avait disparu, ne laissant derrière elle que des os semblables à un fossile fraîchement déterré. Il ne restait que le crâne et une partie de la colonne vertébrale, tous deux fissurés en plusieurs endroits.
Comparée à son apparence de son vivant, la créature semblait pitoyable. Mais il ne fallait jamais se fier aux apparences.
L’Orque arcanique, qui se nourrissait d’énergie thermique stellaire, possédait un corps parfaitement adapté au stockage de grandes quantités d’énergie. Même après sa mort, celle-ci ne s’était pas dissipée : elle était toujours là.
Autrement dit, ces os contenaient encore la puissance d’un être qui avait autrefois dominé les étoiles.
« *Si ce n’était pas le cas, je n’aurais pas envisagé de l’utiliser pour Adhai.* »
Cette pensée me traversa l’esprit tandis que je fixais les os.
J’avais eu de la chance de la chasser si tôt… Peut-être que je devrais simplement la manger ici et maintenant. Ou alors, me contenter de dévorer sa tête et emporter le reste.
L’Orque arcanique n’offrait pas beaucoup de Traits quand on la consommait. Mais si j’utilisais l’Emblème de chasse, j’avais de grandes chances d’obtenir le Trait que je convoitais : le Cœur d’éther.
Le Cœur d’éther était l’un des composants nécessaires à la synthèse d’un Trait unique. Si je l’obtenais, je pourrais en synthétiser un immédiatement.
« *Ça pourrait me permettre de revoir l’Entité-info.* »
J’avais encore beaucoup à tirer de cet être mystérieux que j’avais rencontré pendant ma période de cocon : l’Entité-info.
Même si je ne la revoyais pas, je n’aurais rien perdu. Vu ce qui m’attendait, plus j’aurais de Traits uniques, mieux ce serait.
« *Mais ça veut dire qu’Adhai et les Gallagons devront encore patienter…* »
Peut-être était-ce parce que j’avais enfin l’occasion d’obtenir ce Trait, mais ma faim redoubla.
« *… Non.* »
Je détournai les yeux du cadavre.
L’apporter à Adhai comportait moins de risques que de le manger ici.
J’avais réussi ma chasse plus tôt que prévu, mais rien ne garantissait que la chance me sourirait à nouveau. Si je tentais le coup et échouais, la meute d’Adhai risquait de subir un revers catastrophique.
« *Et rien ne garantit que le Cœur d’éther tombera.* »
Une forte probabilité n’était pas une certitude. Je pouvais le manger et obtenir un Trait différent.
« La cible ne bouge plus. Elle est morte ? »
Au moment où je renonçai à l’idée de la dévorer, PS-111 vint se poser près de moi.
« Malgré l’arrêt de ses fonctions corporelles, une énergie immense est encore détectée. »
« ZZ ZZ (C’est normal.) »
« Structure corporelle fascinante. »
Il s’approcha du cadavre pour l’examiner, sa lentille rouge luisant.
« *Maintenant que j’y pense, je n’ai jamais récupéré Prometheus…* »
J’ignorais pourquoi, mais à en juger par la forme actuelle de PS-111, il était évident qu’il avait fusionné son corps avec la superarme.
Il était très différent de ce dont je me souvenais. Seul son visage féminin métallique n’avait pas changé ; tout le reste était méconnaissable.
Ce qui ressemblait autrefois à un croisement entre une araignée et un scorpion évoquait désormais davantage un scarabée.
Sous son abdomen se trouvait un torse humain, et huit bras repliés vers l’intérieur s’étendaient de chaque côté de son corps principal tandis qu’il volait.
Sa tête, elle aussi, avait radicalement changé. Les câbles qui pendaient autrefois comme des cheveux avaient disparu, et l’arrière de son crâne ressortait de manière grotesque, à la façon de la carapace céphalique d’un Amorph.
Son crâne allongé se prolongeait en deux énormes ailes circulaires.
Partant de l’arrière de sa tête, elles s’incurvaient vers l’extérieur et le bas, leurs extrémités pointant vers l’arrière. De loin, on aurait dit une soucoupe volante.
« *Prometheus avait aussi pour surnom “Soucoupe volante”.* »
Deux plaques lisses superposées à la verticale déformaient les particules de distorsion éjectées par les évents entre leurs couches ; l’ensemble était presque identique à Prometheus. La seule différence était l’échelle : celui-ci était bien plus petit.
« ZZZ ZZZ ZZZ ZZZ ZZZZ ZZ (L’analyse peut attendre. Partons, nous avons ce que nous étions venus chercher.) »
« Compris. »
« ZZZ ZZZZ ZZZZ (Explique-moi ce qui s’est passé en chemin.) »
La bataille était terminée, et la Mère du ciel devait probablement nous attendre. Je devais aussi libérer les Volfs et le Ranker que je tenais dans ma gueule. Il était donc temps de partir.
Je m’envolai vers Zaks Beta, qui s’était posé dans le port, PS-111 à ma suite. En chemin, il m’expliqua ce qui s’était passé.
« … Voilà pourquoi j’ai fini comme ça. »
« ZZZZ ZZZZ ZZZ (Tu as aussi greffé le corps du Haut Conseiller ?) »
« Je vais te montrer. »
À ces mots, la protubérance à l’arrière de la tête de PS-111 s’ouvrit en deux. La partie reliée aux ailes dévoila un cerveau métallique auquel étaient fixés plusieurs câbles. C’était un deuxième cerveau, greffé à partir du corps du Haut Conseiller.
« La plupart de ses fonctions et de ses données mémorielles ont été effacées, mais il fonctionne parfaitement comme cerveau auxiliaire. »
« ZZZ ZZ ZZZZ (Alors, tu t’en sers pour contrôler Prometheus ?) »
Après avoir refermé la tête, il hocha la tête.
Cette brève explication me suffit pour comprendre ce qui s’était passé.
« *Je ne m’attendais pas à ce que le Haut Conseiller soit équipé d’un mécanisme d’autodestruction.* »
Cela avait probablement un lien avec Pira Eleven, le Haut Conseiller que j’avais tué plus tôt. Il s’agissait sans doute d’une mesure de sécurité destinée à empêcher la fuite de données sensibles.
Malgré tout, PS-111 n’avait pas pu analyser complètement les données de Pira Eleven. Une grande partie de ce qui restait à bord du vaisseau de soutien des Hurleurs était lourdement chiffrée.
« ZZZZ ZZZ ZZ ZZZ (Avec ça, tu pourras peut-être déchiffrer les données qui t’échappaient.) »
« Je suis d’accord. Dès notre retour sur Pierre blanche, je m’y mettrai. »
Je comprenais maintenant pourquoi PS-111 avait intégré Prometheus à son corps. La clé opérationnelle centrale ayant disparu, il n’avait pas eu d’autre choix que de prendre lui-même la relève.
« *Dommage que je ne puisse plus le consommer…* »
Ce n’était pas l’issue à laquelle je m’attendais, mais ce n’était pas forcément une mauvaise chose non plus.
Si j’utilisais le Polyèdre amorphe du Prédateur pour spécialiser Prometheus, il remplacerait mon Trait actuel, les Dés du Vide.
Les Dés du Vide réinitialisaient tous les temps de recharge de mes Traits à intervalles réguliers. C’était incroyablement utile pour les manœuvres surprises, et j’aurais du mal à m’en séparer.
Dans ce cas, mieux valait que PS-111 garde Prometheus et que je conserve les Dés du Vide.
En plus, je l’avais vu utiliser des particules de distorsion au combat. Ce n’était pas mal. Il avait été un peu maladroit au début, mais il s’améliorait clairement.
Nous finîmes par atteindre le port tout en discutant.
De l’autre côté de la vaste piste d’atterrissage, plusieurs vaisseaux fantômes étaient éparpillés, plus ou moins endommagés. Parmi eux se trouvait Zaks Beta, un vaisseau en forme de trident de plusieurs centaines de mètres de long.
« *Ce vaisseau a réussi à survivre, lui aussi.* »
Zaks Beta était solide, mais il n’avait pas été conçu pour résister à un affrontement avec une Orque arcanique. S’il avait subi si peu de dégâts, c’était qu’il avait eu beaucoup de chance.
« ZZZZ ZZZ ZZZZ (J’ai vu que tu utilisais des drones que je ne connaissais pas pendant le combat.) »
« Ce sont des APD modifiés, conçus à l’origine pour la guerre antiparasite psychique, mais améliorés pour absorber aussi l’énergie plasmatique. Celui du milieu en a sorti un grand nombre de la soute de Zaks Beta. »
« *Ils avaient donc été apportés exprès pour abattre l’Orque arcanique.* »
J’ignorais quelle faction les avait fabriqués, mais ils avaient fait leurs preuves. Beaucoup avaient été détruits pendant la bataille, mais grâce à eux, Zaks Beta avait survécu. Dans un jeu, un tel résultat aurait été impossible.
« J’analyserai les drones restants dès que j’en aurai l’occasion. »
« ZZZ ZZZ (Je t’en prie.) »
PS-111 et moi nous posâmes sur une portion dégagée près du vaisseau. Puis j’abaissai la tête et recrachai mes passagers.
Dix louveteaux sortirent, trempés de salive et traînant le vingt-cinquième Ranker, grièvement blessé. Ils n’avaient que quelques brûlures superficielles, aucune blessure grave. Toutefois, à leurs expressions, il était évident que le trajet cahoteux dans ma gueule les avait éprouvés.
Pourtant, à peine sortis, ils s’inclinèrent tous profondément.
« Merci, Être divin ! »
La gratitude sincère des jeunes loups me fit un drôle d’effet.
« *Dire que j’ai failli les manger.* »
Sans l’arrivée de Zaks Beta et de PS-111 au bon moment, ils auraient fini, avec le Ranker, en nutriments pour mon corps.
« Ils sont tous vivants ! »
Une pensée psychique jaillit du vaisseau : c’était la Mère du ciel.
Elle avait pris l’apparence d’une femme-griffon et descendit du vaisseau avant de s’avancer vers nous. Les louveteaux détalèrent pour la rejoindre.
« Merci d’avoir protégé les petits. Quand j’ai vu le nid bombardé, j’ai vraiment cru que tout était fini… »
Était-ce l’étonnement de les voir en vie ? Je percevais un léger tremblement dans sa voix psychique tandis qu’elle examinait les petits.
En vérité, je les avais surtout sauvés parce que j’emportais déjà le Ranker, mais inutile de le préciser.
« Ce doit être le Ranker. »
« C’est ça. »
Après s’être assurée que les louveteaux allaient bien, elle fixa le vingt-cinquième Ranker.
« … Quand je repense à ce que cet enfoiré a fait, j’ai envie de le tuer sur-le-champ. »
« Je t’ai dit qu’on ne pouvait pas. Pas encore. »
Elle dévisagea un instant la silhouette carbonisée du Ranker, puis poussa un petit soupir.
« Devenir le serviteur de l’Amorph serait peut-être le châtiment le plus approprié. »
« Ah oui ? »
« Tu as déjà vu quelqu’un s’en sortir indemne après avoir eu affaire à lui ? Ceux qui ont été infestés, surtout… Ils ont tous connu une fin tragique. »
« C’est une analyse raisonnable. L’avenir du sujet est effectivement prévisible. »
C’était la vérité, je n’avais donc rien à y opposer. Plutôt que de discuter, je changeai de sujet.
« Nous avons ce que nous étions venus chercher. Il est temps de partir. »
« Hein ? Déjà ? »
« Avec la mort du Haut Conseiller, l’Union stellaire ne restera pas les bras croisés. Comme la dernière fois, elle enverra une escouade à nos trousses. »
Plusieurs heures s’étaient déjà écoulées depuis la mort du Haut Conseiller. Les forces ennemies n’allaient pas tarder à arriver sur place.
C’était pourquoi j’insistai pour que nous partions vite, mais PS-111 secoua la tête.
« Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »
« Pourquoi ? »
« Après avoir intégré le corps du Haut Conseiller, j’ai transmis un message affirmant qu’il avait été détruit au cours de l’affrontement avec l’Orque arcanique. Tant qu’ils ne comprendront pas que le message est faux, ils n’enverront pas de flotte. »
Parfait. Grâce à ses efforts, nous avions un peu de répit.
« Si nous avons le temps, j’aimerais réparer le vaisseau et l’emporter. »
« Hmm… Il est sacrément amoché. On peut vraiment le déplacer ? »
« Avec l’aide de tous, nous pouvons achever les réparations en trois heures. »
« Être divin, nous vous aiderons aussi ! »
Après avoir préparé le départ tous ensemble, quatre heures plus tard…
Nous quittâmes la colonie abandonnée de MegaCorp, AG-01.
***
Un système stellaire sans nom, absent de tous les itinéraires connus.
À la frontière la plus lointaine de l’espace inexploré, loin de toute vie intelligente, une étoile pâle et gelée brillait en silence.
Malgré cet environnement hostile, où la lumière n’atteignait le sol qu’une fois tous les trente jours, un écosystème fonctionnel existait. Sous la surface glacée s’étendait un royaume souterrain.
Sous un plafond de glace incrusté de mousse luminescente s’étalait une immense forêt de champignons. Au-dessus des champignons géants, hauts comme des arbres, une silhouette fendait les airs.
C’était Isabel, une Hurleuse mutante au corps de mille-pattes et à la tête de femme humaine. Elle volait, serrant contre elle des dizaines de champignons colorés dans ses nombreux bras.
Après avoir plané au-dessus de la vaste forêt fongique, elle descendit dans une vallée où la chaleur et les gaz jaillissaient du sol.
Elle se dirigeait vers une grotte dissimulée dans la paroi d’une falaise. En chemin, elle passa devant un Gallagon vert, l’un des gardiens de la vallée, qui ne fit toutefois rien pour l’arrêter.
Elle traversa sans peine le dédale de cavernes et arriva dans une vaste salle.
C’était le sanctuaire des Gallagons qui régnaient sur la vallée, un lieu sacré où étaient gardés leurs biens les plus précieux : les œufs non éclos et les Gallagons bleus.
« Petite amie ! Bonjour ! »
Numéro 26, qui prenait soin des jeunes Gallagons et protégeait les œufs, l’accueillit avec entrain. Isabel déposa la nourriture qu’elle avait apportée devant le grand être rose, semblable à une méduse.
« Je t’ai apporté à manger. »
« Waouh ! »
Numéro 26 luisit doucement de joie. Les tentacules qui bordaient le bas de son corps s’activèrent pour ramasser les champignons. Il les perça, puis les tendit un par un aux Gallagons bleus qu’il tenait dans ses bras. Ils en aspirèrent le jus à l’aide des tentacules qui entouraient leur bouche.
« C’est bon ? »
« Bon. »
« Bon. »
« Petits flap-flap, mangez bien ! »
Les nouveau-nés aux écailles bleues agitèrent leurs petites ailes, visiblement ravis. Numéro 26 remua lui aussi joyeusement ses tentacules.
« Petite amie, toi aussi, mange. »
« J’ai déjà mangé avant de venir. Ça va. »
Après avoir décliné l’offre, Isabel se tourna vers les œufs nichés dans le nid.
Aucun n’était encore mort, mais ils n’étaient pas en bon état pour autant. La plupart ne tiendraient probablement plus très longtemps.
« *Ils dépérissent plus vite que prévu.* »
Ham Ort, qui dirigeait la meute par intérim, avait estimé qu’il faudrait environ soixante jours à Adhai pour absorber complètement l’énergie de cet endroit. Mais à ce rythme, la fin arriverait bien plus tôt.
À présent, les Gallagons blancs, mais aussi les Gallagons verts récemment adultes, étaient contraints de sortir chercher de la nourriture. Leurs efforts suffisaient à peine à maintenir l’équilibre, mais nul ne savait combien de temps il tiendrait.
« *Et Numéro 26 est à bout de forces, lui aussi.* »
Il suffisait d’un coup d’œil pour voir que Numéro 26 était en mauvais état. Il dépensait toute son énergie à maintenir en vie les petits et les œufs. Son corps, autrefois rose, avait presque blanchi à force de puiser sans relâche dans ses réserves.
« *Il faut trouver une autre solution, et vite…* »
À cet instant, Numéro 26, qui nourrissait les nouveau-nés, s’immobilisa soudain. Son corps pâle et épuisé se mit à briller d’une lumière éclatante.
« Waouh ! »
Isabel se retourna à son tour, sentant une présence familière derrière elle.
Il se tenait là, l’être que les Gallagons avaient appelé de tous leurs vœux.
« Grand, bonjour ! »
« ZZZ (Bonjour.) »
La chasse était terminée. L’Amorph était enfin de retour.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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