Chapitre 431
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 430
Dans un bâtiment d’une petite ville proche du port, un Walker à moitié détruit gisait effondré devant moi.
Comme je m’y attendais, il n’était pas allé bien loin. Alors qu’il cherchait à refroidir son moteur en surchauffe à l’abri des regards, il était tombé droit dans mes griffes.
« Tu ne m’échapperas pas en fuyant. Pas à moi. »
Je tendis les petits bras qui sortaient de ma poitrine vers le cockpit pour en extraire le vingt-cinquième classé.
C’est alors que tout se passa.
Le classé jaillit comme une balle, me trancha un doigt avec une arme acérée et atterrit sur le sol.
« Je ne vais pas crever ici, espèce de monstre ! »
Il gronda d’une voix grave et râpeuse. Son corps, lui, n’avait plus rien d’humain depuis longtemps.
Ses muscles avaient enflé de façon grotesque et, à la place de sa main droite, une lame d’os en forme de katana jaillissait de son avant-bras.
« Une opération de modification génétique ? »
Il n’était pourtant pas devenu une créature inhumaine comme Akira Yujin. À en juger par son apparence, il s’agissait d’une modification génétique ordinaire, pas d’un don de voyageur intermonde.
« Il préfère faire front plutôt que de fuir ? Courageux… mais inutile. »
Il n’avait pas la puissance nécessaire pour gagner.
Je levai mes deux ailes-bras et les abattis violemment.
Le sol se fissura, projetant des éclats de béton dans toutes les directions. À travers la poussière, je le vis bouger : il filait entre les débris, prenant appui sur les fragments pour réduire la distance.
Prévisible.
Je calculai sa trajectoire grâce à mes organes auxiliaires et lançai une aile-bras sur son chemin.
Mais il prit plutôt appui dessus et bondit le long de la membrane à demi repliée avec une agilité remarquable.
La Tête gauche se jeta sur lui, mâchoires claquantes, mais le classé pivota en pleine course et esquiva la morsure de justesse.
Puis il bondit droit vers la tête centrale.
« Il vise mes organes auxiliaires ? »
Sous ma mâchoire se trouvaient de fins tentacules, mon seul point véritablement vulnérable.
Pour les protéger, je les rétractai aussitôt dans la coque interne de ma mâchoire, avant qu’il ne puisse les atteindre.
Mais sa lame ne visait pas cet endroit.
À peine eut-il atterri sur mon museau qu’il me planta directement sa lame dans l’œil.
Je ne dépendais pas de la vue. Ma perception résultait d’une fusion entre la vision, l’ouïe et l’odorat. Même au cours de certaines chasses, mes organes visuels disparaissaient complètement.
Mais quelle que soit ma biologie, mon esprit restait humain. Et se faire enfoncer une lame acérée dans l’œil était pour le moins exaspérant.
[ZZ (Arrête.)]
« Gah ?! »
Agacé, je le frappai violemment d’une aile-bras. Le choc brisa la lame d’os toujours fichée dans mon œil et projeta le classé au loin ; il s’écrasa sur le sol.
« Quel casse-pieds. »
Je tendis un bras thoracique et arrachai de la surface de mon œil le fragment de lame brisé.
« … Hein ? »
La lame dégageait une odeur étrange, qui ne venait pas seulement de mon sang. Quelque chose d’autre s’y mêlait.
« Cette odeur… elle m’est familière, d’une certaine façon… ? »
« Hé… héhéhé… khak ! »
Un rire retentit soudain. Le vingt-cinquième classé, couvert de sang et de blessures, me souriait.
« Ça y est ! T’es foutu, maintenant ! »
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Cette lame était enduite de microbes prélevés sur l’Essaim de gorgones ! Tu sais ce que ça signifie, pas vrai ?! »
L’Essaim de gorgones.
Voilà un nom que je n’avais pas entendu depuis un bon moment.
« Exact. Des microbes qui mutent les gènes et transforment les tissus vivants en cristal de silicium. »
« Exactement ! Et maintenant qu’ils sont près de ton cerveau, t’es déjà mort ! »
… Il n’avait pas tort.
Si l’Essaim de gorgones, à base de silicium, figurait parmi les Apex les mieux classés, c’était précisément grâce à cette capacité. Il mutait les formes de vie à l’échelle génétique, et les traits régénérateurs ordinaires ne pouvaient pas inverser le processus.
En avoir près du cerveau était effectivement dangereux.
Pas étonnant qu’il ait eu l’air si sûr de lui.
« Ton œil commence déjà à se cristalliser, hein ?! T’es fini… »
Son cri de triomphe s’éteignit.
La fierté céda la place à la confusion sur son visage crasseux, maculé de sang.
Car, malheureusement pour lui, il y avait une chose qu’il ignorait.
Les microbes de l’Essaim de gorgones n’avaient aucun effet sur moi.
« Je l’ai dévoré il y a une éternité et je l’ai transformé en Trait. »
C’était ainsi que j’avais obtenu les Organes de Méduse. Les microbes de l’Essaim de gorgones étaient intégrés à mon organisme depuis longtemps. Mon œil blessé se régénéra rapidement.
« Merde ! »
En voyant ça, le classé détala hors du bâtiment, pris de panique.
« Tu crois aller où ? »
Je lançai mes tentacules corrosifs comme un serpent lové qui s’empare de sa proie.
« Aah ! »
Il hurla et s’effondra lorsque les tentacules lui frappèrent la jambe. Je m’avançai tranquillement et lui arrachai sans façon ses deux jambes brisées.
« GYAAAAH ! »
Ses modifications génétiques avaient rendu son corps plus résistant. Perdre quelques membres ne suffisait pas à le tuer.
Et s’il semblait sur le point de mourir, je pouvais toujours l’infecter avec une spore symbiotique pour le maintenir en vie.
« Je vais… je vais te tuer ! Je vais t’arracher la gueu— GACK ! »
Ses hurlements devenaient pénibles. Je fourrai l’une de ses jambes arrachées dans ma bouche, puis lui arrachai le bras gauche, histoire de faire bonne mesure.
Ça le fit taire.
« Commençons par le parasite. »
À mon signal, un parasite pointa la tête hors d’un petit orifice de mon bras de combat.
Il ressemblait à une anguille noire et glissa le long de ma main vers son nouvel hôte.
« Une fois qu’il sera infecté, je rassemblerai les autres… »
Je comptais retourner au vaisseau en orbite.
C’est alors que tout s’illumina soudain.
Pas seulement l’endroit où je me trouvais : toute la zone fut baignée de lumière.
« … Attends. Non. Ne me dis pas que… »
Je levai les yeux, alarmé.
Quelques instants plus tôt, d’épais nuages noirs couvraient le ciel.
À présent, ils avaient entièrement disparu, remplacés par une voûte bleue et lisse, semblable à de la soie tendue au-dessus de nos têtes.
Et au-dessus, une minuscule étoile flottait, seule.
Je savais exactement ce que c’était.
Une créature rivalisant avec le Gallagon rouge et Vortex One. Un Apex de premier ordre.
Une baleine céleste dérivant à travers la galaxie…
L’Orque arcanique.
« … L’Orque arcanique ?! »
« Elle est là ! Elle est venue ! »
Le vingt-cinquième classé, étendu comme une poupée renversée, cria d’extase…
comme s’il avait attendu cet instant depuis le début.
« C’est toi qui l’as invoquée ? »
« Hé… ouais. C’est moi. Espèce de bâtard d’Amorph ! »
Le vingt-cinquième classé avait donc attiré l’Orque arcanique ici.
« Avec son privilège de voyageur intermonde… Merde ! »
Alors, l’étoile clignota une fois.
Dès que je la vis, je fourrai le classé dans ma bouche.
Quelques secondes plus tard, une sphère lumineuse plongea vers moi.
「Suppression de la douleur activée !」
« GRAAAAAAGH !! ÇA BRÛLE !! »
Un déferlement d’énergie me roussit la chair. Des dizaines de petits tentacules se ratatinèrent, tandis que la coque et les écailles en dessous viraient au rouge incandescent.
Dans ma bouche, le classé hurla de douleur.
La chaleur ne me brûlait pas seulement moi.
Les bâtiments proches fondaient comme de la glace sur un trottoir brûlant.
Même le nid au sol se déformait et s’affaissait sous l’assaut thermique.
Les flammes, assez puissantes pour tout dévorer, finirent par se dissiper.
Je me redressai au milieu des décombres noyés de fumée.
Mon corps était entièrement carbonisé, mais je ne souffrais d’aucune blessure mortelle.
Ma carapace boursouflée et mes tentacules fondus se régénéraient déjà à vue d’œil.
Après avoir vérifié mon état, je recrachai le classé.
« Merde… »
Grâce à ma protection, il avait survécu lui aussi. Le surcroît de régénération dû à ses modifications génétiques le maintenait tout juste en vie.
« Quelque chose cloche. »
Tout indiquait que le vingt-cinquième classé avait attiré l’Orque arcanique jusqu’ici.
Mais vu la tournure des événements, il ne semblait pas avoir la moindre emprise sur la créature.
Sans mon intervention, il aurait été réduit en cendres.
« Et pourquoi l’Orque arcanique a-t-elle attaqué la première ? »
Les formes de vie du type Baleine céleste n’étaient généralement pas agressives…
du moins, pas à moins de chasser ou de défendre leur territoire.
Qu’elles attaquent sans provocation était extrêmement rare.
« Il est temps d’obtenir des réponses. »
Sans hésiter, j’injectai le parasite.
Immobilisé, le classé ne put résister. L’organisme frétillant s’enfonça en lui sans difficulté.
« Explique-moi ton privilège. Maintenant. »
« M-Mon privilège… c’est de, euh… me faire passer pour… un ennemi juré… de certaines formes de vie. Ghh… ça les rend furieuses… ugh… et cette chose est venue… en croyant… que son ennemie était là… »
« Ça les rend furieuses ? Donc, tu ne peux pas la contrôler ? »
« C-C’est… ça… »
« Tu as invoqué l’Orque arcanique ici en sachant que tu ne pouvais pas la battre ? »
« Le plan initial… c’était de transférer la substance-leurre que j’ai dans le corps… sur t-toi… l’Amorph… pour qu’elle te poursuive au lieu de me poursuivre, moi… »
Tout s’expliquait. Son privilège faisait essentiellement de lui un appât ambulant : il poussait certaines formes de vie à l’attaquer en simulant la présence de leur ennemi naturel.
Il s’injectait une substance qu’elles ne pouvaient tolérer et, quand la créature enragée arrivait, elle passait aussitôt à l’offensive.
« Voilà pourquoi elle m’a attaqué. »
J’avais mangé une partie du classé un peu plus tôt — sa jambe —, et je portais donc moi aussi la signature de l’appât.
C’était probablement ce qui avait déclenché l’attaque préventive de l’Orque arcanique.
« … Puisqu’on en est là, autant en finir ici. »
Tant que le privilège du vingt-cinquième classé resterait actif, elle continuerait de me prendre pour cible.
Autrement dit, elle me suivrait partout où j’irais.
Il me serait donc bien plus facile de l’attirer sur le champ de bataille de mon choix, sans retraite ni délai.
« Parfait. »
Je jetai le classé dans la gueule de la Tête gauche.
Il me servait encore. Si je l’abandonnais, l’Orque arcanique le vaporiserait de toute façon.
Mieux valait le garder là où je pourrais le protéger — et m’en servir.
Puis j’enfonçai mes pattes dans le sol et bondis.
Mes ailes se déployèrent en plein vol, captèrent les courants et m’emportèrent vers le ciel.
C’est alors qu’une autre sphère lumineuse me percuta. La chair que je venais de régénérer s’embrasa de nouveau.
Dans le jeu, impossible d’esquiver les attaques de l’Orque arcanique. Elles se comportaient comme des missiles à tête chercheuse ultrarapides et touchaient toujours leur cible.
C’était pareil, à présent. Même avec les hyper-sens de l’Amorph, je le sentais : impossible d’y échapper.
« Alors, je n’ai qu’à encaisser. »
J’avais quantité de Traits pour protéger mon corps et le régénérer.
Une attaque comme celle-là ne suffirait pas à me tuer ni à m’arrêter.
« AAAAAARGH !! »
« Bruyant. »
« G-GHHH—MMFF ! »
Je fis taire mon passager récalcitrant.
En feu, couvert de cloques, mais toujours en pleine accélération, je m’envolai.
Quand le bleu eut disparu du ciel, je la vis :
La créature m’attendait à la frontière entre le bleu et le noir…
baignée d’une lumière pareille à celle du soleil lui-même.
L’Orque arcanique.
Elle m’attendait.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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