Chapitre 430
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 429
Ploc.
Une goutte perla au bord de ma tête chitineuse.
Je levai les yeux vers le ciel.
Des nuages d’orage s’amoncelaient au-dessus de moi, épais et gorgés de pluie, prêts à éclater d’un instant à l’autre.
« À cette heure, ils devraient avoir infiltré le vaisseau. »
Au-delà de l’épais voile nuageux, hors de l’atmosphère de la planète, la Mère du ciel et PS-111 passaient à l’action.
Leur cible : un vaisseau de guerre Zak de classe Bêta en orbite basse, qui soutenait le Ranker.
Le commandant actuel de la flotte pirate était probablement un androïde de rang Haut Commissaire. Si c’était bien le cas, cette transmission elle-même pouvait être compromise.
C’est pourquoi nous étions convenus de ne communiquer qu’une fois l’opération terminée.
« Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas chacun fait cavalier seul. »
Cette pensée eut un poids étrange, inhabituel. Cela faisait un moment que je n’avais pas compté sur les autres pour se débrouiller de leur côté.
« Mais ces deux-là… ils s’en sortiront. »
Je détournai mon attention du ciel pour la porter au sol.
Sous mes bras tendus, prêts au combat, une marée multicolore déferlait.
Une vague qui n’était pas faite d’eau, mais de vagabonds, de pirates, de soldats, de techniciens et d’autres humains, tous avançant d’un même pas.
C’étaient des Hiveformers.
Une armée artificielle créée par l’Amorph à partir des corps de ceux qui avaient autrefois été stationnés sur AG-01.
« On dirait plutôt une horde de zombies qu’une armée. »
C’était sinistre : des centaines de milliers de corps qui avançaient tous exactement au même rythme. On aurait dit un film d’horreur, avec ses morts-vivants écervelés qui progressaient en traînant les pieds.
Mais ce n’étaient pas des cadavres.
Sous leurs peaux préservées, il n’y avait ni muscles ni sang : seulement des vers noirs qui s’agitaient sous la surface.
Un essaim de voleurs de corps avançant pour submerger sa cible.
Et, face à eux, se tenaient huit Walker.
Ces Hiveformers étaient fondés sur la physiologie humaine.
À mains nues, ils ne pouvaient pas percer le blindage d’un mécha.
« Mais quand ils sont des centaines de milliers… les calculs changent. »
Ce n’était pas comme les escarmouches près du port, avec quelques centaines d’unités.
C’était un déluge.
Même un mécha lourdement blindé ne pouvait pas résister à un ensevelissement sous une avalanche de biomasse. Une fois englouti, il ne pourrait plus bouger. Il ne lui resterait qu’à attendre la fin, écrasé sous leur poids combiné.
L’ennemi l’avait compris.
Il déchaîna tout son arsenal.
Les méchas de première ligne réglèrent leurs découpeurs à plasma pour imiter des lance-flammes et carbonisèrent les Hiveformers qui approchaient.
À l’arrière, les autres tirèrent salve après salve avec leurs tourelles multicanons montées dans le dos.
Les explosions creusèrent d’énormes brèches dans l’essaim, stoppant momentanément sa progression.
Mais les trous se refermèrent presque aussitôt.
À moins de lancer une frappe orbitale, ils ne pourraient pas repousser longtemps cette marée.
Certes, les Hiveformers étaient encore loin des méchas.
Mais ce n’était pas un problème.
Je baissai le corps et plaquai ma tête contre le sol.
« Il est temps de sortir ma prochaine carte. »
Ce bout de terrain n’avait rien d’ordinaire.
Lorsque mon organe secondaire effleura la terre sous mon menton, ma conscience se connecta au réseau tentaculaire et peu profond du nid.
Grâce à cette connexion, j’activai mon atout secret.
Non loin des méchas, une portion de faux terrain se désagrégea.
Une fosse s’ouvrit, révélant les monstres qui s’y tenaient en embuscade.
D’immenses bêtes, plusieurs fois plus grandes qu’un humain…
C’étaient des Mutants Hulk, des armes biologiques autrefois fabriquées par MegaCorp.
« Enfin, pour être exact… ce sont des vers filiformes dans des peaux de Mutants Hulk. »
Les Hiveformers transformaient en abri tout ce qui possédait de la chair comestible.
Tout corps biologique qu’ils pouvaient vider de sa substance faisait l’affaire.
« Ce serait dommage de ne pas les utiliser, après tout le temps passé à piller les laboratoires d’essai des Mutants Hulk. »
Le complexe de recherche d’AG-01 regorgeait de spécimens expérimentaux rejetés, jugés défectueux. Ils n’étaient pas assez bons pour en récolter des Traits, mais restaient utiles sur le terrain.
Je les avais donc laissés à mes petits amis.
« Maintenant… allez-y. »
Les Mutants Hulk infestés de vers filiformes s’avancèrent lourdement.
Ils étaient plus lents que leurs semblables d’origine, mais avaient conservé leur résistance exceptionnelle.
Les obus explosifs s’écrasaient sur leur peau ; ils titubaient à peine et ne ralentissaient pas leur marche.
Les méchas mirent du temps à comprendre la véritable menace.
Ils s’empressèrent de passer à des munitions de plus gros calibre, mais les Mutants Hulk les avaient déjà rejoints avant qu’ils aient pu finir leur manœuvre.
L’une des bêtes balança un bras terminé par une lame gigantesque, tandis qu’une autre fonça sur eux, la tête en avant comme un bélier.
Le blindage d’un mécha de combat ne se laissait pas facilement transpercer par de telles attaques, mais elles n’étaient pas à prendre à la légère.
Les méchas de première ligne, qui quelques instants plus tôt crachaient des flammes sur l’essaim, furent forcés d’affronter de près les Mutants Hulk évidés.
Les méchas de combat mesuraient près de dix mètres, soit environ trois fois la taille d’un Mutant Hulk.
Leur force était à la mesure de leur stature.
Leurs poings, plus gros que le torse d’un homme adulte, s’abattaient comme des fléaux et écrasaient tout ce qu’ils atteignaient.
Pourtant, pas un seul de mes soldats ne faiblit.
Les Hiveformers ne connaissaient ni douleur ni peur.
Pendant que les créatures les plus imposantes gagnaient du temps, les Hiveformers humanoïdes continuaient de réduire la distance.
Conscients qu’ils seraient perdus une fois encerclés, les méchas luttaient désespérément pour repousser la marée.
Parmi les machines qui combattaient en première ligne, l’une d’elles attira mon attention.
Une unité de combat bipède, armée de deux lames, une dans chaque main — tout droit sortie d’un anime japonais de science-fiction.
C’était le vingt-cinquième Ranker.
« À mon tour, je suppose. »
Je coupai ma connexion au nid, déployai largement mes bras ailés, puis me propulsai dans les airs en prenant appui sur mes membres de combat.
De là-haut, je contemplai le champ de bataille : les méchas affrontaient l’ennemi, dos à dos.
L’un d’eux m’aperçut.
Il tenta d’esquiver.
Trop tard.
Je m’écrasai sur le géant de métal et le renversai.
Puis, avec mes trois têtes, je plantai les crocs dans le cockpit.
Le métal gémit et se déforma. Un cri étranglé s’échappa de l’alliage éventré.
« Un de moins. »
Il en restait sept, Ranker compris.
Je pivotai sur moi-même. Ma queue fourchue suivit le mouvement et balaya le sol en un large arc. Son extrémité en forme de pince frappa un mécha qui se trouvait sur son chemin.
Privé de ses deux jambes, il s’effondra au sol, impuissant.
« Deux. »
Des tentacules corrosifs, longtemps restés en sommeil, jaillirent de mon dos.
Ils visaient les cockpits des méchas voisins.
Trois d’entre eux atteignirent leur cible et transpercèrent de part en part leurs torses métalliques.
Mes appendices acérés revinrent trempés, luisants d’un liquide — du sang, ou peut-être du carburant.
« Ça en fait cinq. »
Mais je ne parvins pas à détruire les trois derniers.
Le vingt-cinquième Ranker avait tranché mes tentacules avant qu’ils ne touchent leur cible.
「Suppression de la douleur activée !」
« Tss. Comme prévu. »
Les deux lames du Ranker étaient des armes de classe unique, tout comme la Lance d’or du prêtre. Elles s’appelaient les Crocs sacrés.
Leur résistance était extrême et il était presque impossible de les briser. Elles pouvaient même supporter de plein fouet une Flamme stellaire d’un Gallagon rouge.
Et elles n’étaient pas émoussées.
La preuve : ces lames avaient tranché mes tentacules corrosifs comme du papier.
Mes tentacules se jetèrent de nouveau sur le mécha équipé de cette arme unique.
Mais l’unité du Ranker, grâce aux propulseurs montés sur ses jambes, esquiva avec agilité.
Puis, se servant de l’élan donné par ses esquives, elle redirigea la force dans ses bras et trancha les tentacules en plein vol.
Inutile de continuer à attaquer avec mes tentacules.
Je les rentrai dans mon armure dorsale et me préparai à charger.
Mais, cette fois, l’ennemi fut plus rapide.
Les méchas que le Ranker venait de sauver braquèrent leurs tourelles multicanons sur moi.
Leurs trappes s’ouvrirent et des centaines de petits projectiles fusèrent.
Des munitions entravantes, conçues pour maîtriser les bêtes sauvages.
「Grrrrrr !」
La Tête gauche ouvrit la gueule face à la nuée de projectiles. Une gerbe verte jaillit du fond de sa gorge, assez corrosive pour dissoudre tout ce qui se trouvait sur son passage.
Son souffle acide engloutit les munitions entravantes en plein vol et en oxyda la plupart avant même qu’elles ne puissent s’activer.
Mais il n’en détruisit pas la totalité.
Quelques-unes, par chance, échappèrent au souffle et explosèrent au-dessus de nous.
Des éclats de cristal couleur ambre retombèrent et s’accrochèrent à la Tête gauche, l’immobilisant comme des bonbons durs transformés en entraves.
Le vingt-cinquième Ranker et deux méchas profitèrent de l’occasion pour battre en retraite.
Ils insufflèrent de l’énergie dans les propulseurs de leurs jambes et bondirent par-dessus l’essaim de Hiveformers.
Mais ils négligèrent un détail crucial :
Ce qui se trouvait sous eux.
Le combat n’avait pas duré longtemps, mais il nous avait fait gagner assez de temps.
Les Hiveformers avaient avancé.
Et les Mutants Hulk les attendaient maintenant.
Ils bondirent et percutèrent les machines en plein vol.
Le Ranker échappa de justesse à leurs griffes, mais l’un des méchas, alourdi par une tourelle multicanon dans le dos, n’eut pas cette chance. Il fut attrapé en plein ciel.
Les autres suivirent : les Hiveformers humanoïdes s’empilèrent en couches sur le mécha renversé.
Il se débattit, moulinant des bras dans un ultime effort pour résister.
Mais en vain.
En quelques secondes, la marée vivante l’engloutit tout entier.
Le vingt-cinquième Ranker, qui avait à peine échappé au piège, s’était déjà enfui loin du champ de bataille.
« On dirait qu’il a paniqué. »
À ce rythme, son moteur surchaufferait en un rien de temps.
Son mécha tomberait en panne bien avant qu’il n’atteigne un endroit sûr.
Je m’apprêtais à le poursuivre quand un autre mécha me barra la route.
Celui-ci brandissait une énorme épée-scie, longue de plusieurs mètres.
L’arme poussa un hurlement en vibrant et frappa l’une de mes têtes.
Des étincelles jaillirent lorsque les dents de la scie heurtèrent ma carapace chitineuse.
Mais le résultat ne fut pas celui qu’espérait l’ennemi.
Cette lame terrifiante, forgée pour tout déchiqueter, s’émoussa presque aussitôt.
Elle ne laissa qu’une légère égratignure.
« Insupportable. »
Avec mes têtes centrale et droite, je mordis les deux flancs du mécha, puis tirai en sens opposés.
La machine ne tint pas longtemps : le métal se déchira et elle se fendit en deux.
« Ça en fait sept. »
Je recrachai ce qu’il en restait.
Tous les méchas qui prêtaient main-forte au Ranker étaient maintenant détruits.
Il ne restait qu’une seule proie.
***
« Merde ! Merde !! »
Shinobu frappa les commandes à deux poings, la voix tremblante de rage.
Il se cachait dans une petite ville près du port.
Le moteur du mécha de combat avait surchauffé et avait besoin de temps pour refroidir.
« Il va se remettre en marche quand, bordel ?! »
Les indicateurs du panneau lui apprirent que le refroidissement prendrait encore quelques minutes.
En temps normal, il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter.
Mais en ce moment, avec cette chose à ses trousses, chaque seconde ressemblait à une condamnation à mort.
« Et ce connard de Pisces ! Tu étais censée lancer le bombardement orbital depuis le temps ! »
Ils s’étaient entendus sur une diversion : des frappes orbitales pour attirer l’attention de l’Amorphe.
Mais rien ne s’était passé.
Pendant sa fuite, il avait envoyé une demande de communication désespérée.
Aucune réponse.
« Ce n’est pas possible… elle s’est fait éliminer ? »
C’était envisageable.
Pendant que Shinobu combattait au sol, l’un des nombreux animaux monstrueux de l’Amorphe avait peut-être tendu une embuscade à Pisces Twelve.
Il ne savait pas comment ils avaient pu tromper une experte de la détection comme Pisces.
Mais avec cette chose, tout était possible.
Ce devait être l’un des plans tordus de ce fameux Amorphe.
« …Tss. Du calme. »
Il expira lentement, réprimant sa rage.
Si Pisces avait disparu, la flotte orbitale ne lui viendrait pas en aide.
Il ne lui restait qu’une seule option.
Sa récompense personnelle, obtenue lorsqu’il était arrivé dans ce monde. Une capacité dangereuse, difficile à maîtriser. Mais bien utilisée, elle pouvait le sauver.
Il jeta un coup d’œil à sa paume, moite de sueur froide.
« Le signal aurait déjà dû arriver… Pourquoi est-ce qu’il n’est toujours pas là ? »
Pendant le combat, il avait pris l’ampoule : c’était le déclencheur final qui lui permettrait d’activer sa capacité.
L’effet était actif.
Mais l’être qu’il s’attendait à voir arriver n’avait pas fait son apparition.
« Tout le monde disait que le leur était arrivé instantanément ! Pourquoi le mien ne se montre toujours pas ? Merde ! »
À cet instant, la console clignota enfin. Le moteur avait refroidi. Au moins une chose s’était bien passée.
Il remit le mécha en marche et repartit.
« Je dois juste me cacher et gagner un peu de… Urk ?! »
Dès qu’il sortit du bâtiment, le cockpit fut secoué violemment. Des étincelles jaillirent de toutes parts. Le rapport de dégâts s’alluma en rouge clignotant.
« Quoi ?! Quand— ?! »
Un grincement horrible retentit tandis que les plaques métalliques s’arrachaient au-dessus de sa tête. Le plafond fut éventré.
Et alors, il la vit pour la première fois.
Le fantôme. Cette apparition monstrueuse, parfaitement visible même dans l’obscurité.
Elle parla d’une voix grave et funèbre :
« Huit. »
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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