Chapitre 418
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 417
Après avoir évolué vers une forme fluide, je me fixai un objectif précis.
Atteindre l’Ascension, le stade final et la fin du parcours d’un Amorph.
Je croyais qu’une fois l’Ascension atteinte, je comprendrais enfin pourquoi j’avais échoué dans ce monde brutal et dystopique… et comment j pourrais m’en échapper.
Au fil du temps, mes objectifs avaient changé encore et encore, au gré des impératifs de survie. Mais celui-là — l’Ascension — n’avait jamais varié.
Et pourtant, un être qui connaissait les secrets de ce monde venait d’apparaître devant moi.
« Pourquoi maintenant ? »
Ce n’était pas la première fois que j’entrais dans un cocon. S’il n’apparaissait que maintenant, ce ne pouvait pas être une coïncidence. Il devait y avoir une raison.
Qu’elle m’aide ou me nuise, je l’ignorais encore.
« C’est à cause de la vision que j’ai eue la dernière fois ? »
Tous les joueurs de haut rang qui échouaient dans ce monde se mettaient à avoir de puissantes hallucinations à l’approche de la fin. C’était pourquoi beaucoup se divisaient en deux factions : la Faction de la Domination et la Faction du Retour.
Ces hallucinations limitaient leurs pensées et les poussaient à agir d’une certaine façon.
Mais j’avais choisi une troisième voie. Aucune des deux.
Aucun autre joueur n’avait emprunté le même chemin que moi. J’étais le seul à avoir rejeté les intentions de l’être à l’origine de ces visions.
Et cet être s’était présenté comme celui qui réglait les schémas de pensée des Récipiendaires.
Il ne devait guère apprécier qu’un individu comme moi fasse un choix aussi étrange.
« Est-ce qu’il est venu me laver le cerveau une nouvelle fois ? »
« Non. »
« Non ? »
« Je ne possède plus l’autorité nécessaire pour influencer les schémas de pensée des Récipiendaires. C’est pourquoi je ne peux intervenir que dans des circonstances limitées, comme celle-ci. »
En clair, il ne pouvait plus me laver le cerveau.
Cet être avait autrefois tenté de faire de moi, un joueur comme les autres, sa marionnette.
S’il voulait encore me contrôler, il lui aurait suffi de me montrer une autre hallucination. Pas besoin d’un face-à-face.
« Alors, pourquoi maintenant ? »
« Comme je l’ai dit, je suis ici pour vous fournir des informations dont vous aurez besoin. »
« Des informations dont j’ai besoin ? »
« Oui. Des informations sur la mission finale, qui a été modifiée. »
Ces mots me rappelèrent ce que m’avait raconté la Mère du ciel : l’histoire de ceux qui avaient tenté d’atteindre la fin, il y a bien longtemps.
« Mais ils avaient échoué, non ? »
Je n’avais jamais découvert ce qui avait précisément provoqué leur échec. J’avais simplement supposé que quelque chose avait mal tourné pendant la dernière étape.
Si la mission finale était bien plus difficile que le reste du jeu, leur échec n’avait rien d’étonnant.
Comme ceux qui m’avaient précédé, je cherchais à atteindre l’Ascension.
Et savoir en quoi la mission finale avait changé m’offrirait un avantage considérable.
« Le problème, c’est : puis-je croire ce qu’il raconte ? »
Cet être fonctionnant comme une source d’informations maîtrisait à la perfection la mémoire et la cognition humaines. Même s’il avait perdu son autorité, il pouvait toujours posséder le savoir et l’expérience nécessaires pour manipuler les gens.
De simples paroles pourraient suffire à me faire changer d’avis ou à me tromper.
« Vos doutes sont raisonnables. Cependant, je n’ai pas l’autorité requise pour transmettre des informations non approuvées. Je ne peux donc pas chercher à vous convaincre. »
« Et vous vous attendez quand même à ce que je vous croie ? »
« Vous avez toujours analysé et évalué les nouvelles informations par vous-même. Cette fois ne devrait pas faire exception. »
Sur ces mots, l’entité informative se tut et attendit patiemment ma décision.
« … C’est vrai. Pour l’instant, le mieux est de l’écouter. »
À ce stade, je n’avais aucun moyen de déterminer ses véritables intentions.
Rester enfermé dans mes soupçons ne m’aiderait pas. Mieux valait d’abord écouter, puis juger.
Après un court silence, je décidai de l’entendre.
« Très bien. Dites-moi de quoi il s’agit. »
« Nous n’avons pas le temps. Je vais vous le montrer directement. »
L’entité leva la main et l’espace autour de nous se transforma.
Le vide, jusqu’alors désert, se remplit de nouvelles structures.
D’immenses piliers de verre surgirent du sol, tandis qu’un plafond incurvé aux motifs entrelacés s’étendait au-dessus de nos têtes.
Les panneaux de ce treillis renfermaient d’innombrables galaxies, et entre les piliers s’étendait un océan d’étoiles sans fin.
On aurait dit le Panthéon de la Rome antique, mais à une échelle inimaginable.
C’était le théâtre de la mission finale, le grand dénouement de Survie spatiale.
Et là, sous le regard de l’univers lui-même, une bataille acharnée faisait déjà rage.
Dans les airs, des guerriers humains équipés de réacteurs dorsaux et plusieurs vaisseaux fusaient à toute vitesse sur le champ de bataille.
Au sol, des marcheurs lourdement blindés et des cultistes capables de manier des pouvoirs psychiques avançaient en formation.
Un peu plus loin, une silhouette colossale flottait dans les airs. Haute de plusieurs dizaines de mètres, elle ressemblait à un modèle moléculaire noir sorti d’un coffret de chimie extraterrestre.
C’était le boss final qui se dressait sur la route de l’Ascension : l’Ombre observatrice.
La bataille avait commencé depuis un certain temps. La créature connue sous le nom d’Ombre observatrice était gravement endommagée. Elle avait perdu la plupart de ses yeux, disposés comme des amas moléculaires.
Comme son nom l’indiquait, ses yeux jouaient un rôle essentiel. Alignés en ligne droite, ils généraient un champ défensif. Disposés en losange, ils tiraient des décharges d’énergie.
Il fallait détruire ses yeux rapidement, mais c’était loin d’être facile. Ils se régénéraient automatiquement. Et chaque nouvel œil rendait l’Ombre observatrice plus puissante. Plus le combat s’éternisait, plus sa difficulté augmentait de façon exponentielle.
Pour l’abattre, il fallait au minimum une puissance de feu écrasante et une connaissance approfondie de ses schémas d’attaque. Voilà ce qu’était l’Ombre observatrice.
Et pourtant, l’alliance des meilleurs joueurs sur place était en train de dominer ce boss pourtant redoutable.
Un humain muni d’un réacteur dorsal changeait des parties de son corps en plein vol pour continuer à le neutraliser. Les vaisseaux de guerre évitaient aisément les rayons d’énergie et enchaînaient les sauts supraluminiques sans aucune restriction.
Au sol, un marcheur d’un modèle inconnu et une bête gigantesque — Volph transformé — se déplaçaient à une vitesse terrifiante et harcelaient l’ennemi de tous côtés.
Ce n’était pas seulement parce qu’ils connaissaient par cœur les mécanismes du boss. Leurs vaisseaux, leur équipement et leurs pouvoirs… rien de tout cela n’existait dans le jeu d’origine.
« Ils ont des privilèges spéciaux. »
Une puissance qui dépassait les limites de leur espèce et pouvait ébranler les fondements de ce monde tout entier. Même l’Ombre observatrice ne pouvait rien contre une telle force.
La bataille prit fin sans incident. Un rayon bleu-vert tiré par le marcheur transperça le dernier œil de la créature. Quand l’Ombre observatrice s’écrasa sur la place, les joueurs de haut rang poussèrent des cris de joie.
Le combat terminé, les vaisseaux descendirent se poser. Le pilote du marcheur qui avait porté le coup de grâce en sortit lui aussi.
« Numéro Un ? »
Je reconnus aussitôt son visage. Un cyborg aux cheveux rouges, identique à celui du jeu. Il trônait au sommet de Survie spatiale : rang numéro un.
Enivrés par leur victoire, les autres joueurs de haut rang accoururent pour lui serrer la main ou l’étreindre. À voir l’ambiance, c’était lui qui avait orchestré l’opération finale.
« Pas étonnant qu’ils aient si bien coopéré… Hein ? »
En les observant, je fus pris d’un étrange malaise.
À l’arrière de la foule rassemblée, un jeune garçon se tenait silencieux. Il portait les cornes de bouc recourbées du Culte. Je ne l’avais jamais vu auparavant, et pourtant, quelque chose chez lui m’était étrangement familier.
Non, c’était plus que de la familiarité. Une étrange proximité m’envahit, comme si on m’avait forcé à la ressentir.
« La mission de fin révisée va commencer sous peu. »
Au moment où j’essayai d’examiner de plus près le garçon aux cornes de bouc, l’Info-Construct prit la parole.
À ces mots, un terminal en forme d’autel surgit au centre de la place. Tous les regards se tournèrent vers lui.
Je savais exactement ce qu’était cet autel : une sorte de dispositif de transmutation moléculaire. Lorsqu’il absorberait le noyau de l’Ombre observatrice, son apparence et sa fonction changeraient.
« Comme vous le savez, le protocole final du Système de projection passait autrefois par ce dispositif en forme d’autel. »
Pour les joueurs humains, il devenait une unité de communication transcendante, capable d’établir un contact unifié avec tous les êtres doués de raison de la galaxie. Pour les races appelées Outspacers, il se transformait en arme ultime, capable de détruire le Cœur du Vortex qui avait pris le contrôle de leur planète natale.
Utiliser l’autel transformé déclenchait la séquence de fin de Survie spatiale.
« Cependant, “ils” n’ont pas apprécié que le système s’achève de façon aussi simple. »
« “Ils” ? »
« Grrr… »
Soudain, les têtes qui flanquaient mon corps se mirent à gronder. Celle de gauche — aveugle — et celle de droite — aux crocs découverts — relevèrent le museau vers le plafond.
Là-haut, sur le plafond où il n’y avait rien quelques instants plus tôt, une tache sombre venait d’apparaître. Jusqu’alors, personne ne l’avait remarquée, trop absorbé par l’autel.
« “Ils” ont arbitrairement modifié le protocole et décidé de vous soumettre à une épreuve plus difficile. »
Alors, quelque chose jaillit de ce point noir.
Un être deux fois plus grand que l’Ombre observatrice s’abattit sur la place. Le rugissement et l’onde de choc qui suivirent ébranlèrent toute la salle.
Les joueurs de haut rang tournèrent la tête, stupéfaits. La créature se redressait lentement au milieu des décombres. À cette vue, leurs visages se figèrent d’incrédulité.
Au moment où elle rugit et chargea les joueurs, tout l’espace se mit à s’effondrer.
« La reconstruction de votre corps est terminée. La transmission des informations prend fin ici. »
« Attendez ! »
Comme l’avait dit l’Info-Construct, j’étais en train de sortir du cocon. Mais je n’avais pas le temps d’y penser.
Pas après ce que je venais de voir.
Dès que je lui fis face, je compris instinctivement ce que c’était.
Sa forme était différente de celle dont je me souvenais, mais aucun doute n’était permis. Dans Survie spatiale, personne ne connaissait cet être mieux que moi.
C’était, sans l’ombre d’un doute, un organisme cosmique hostile non identifié : l’Amorph.
« Le boss final… c’était l’Amorph ! Pourquoi est-il apparu ici ? Et qui étaient-ils ? »
« Les protocoles de sécurité m’interdisent de répondre en détail à ces questions. »
« Bon sang ! »
Mon corps se désagrégeait, comme un château de sable frappé par une vague. J’avais beau lutter, je ne pouvais pas l’arrêter.
« Quelqu’un sur Terre peut vous aider à trouver les réponses que vous cherchez. Allez à sa rencontre. »
« La Terre… ? »
« Et voici la dernière information… non, le dernier conseil. »
Tandis que l’espace s’effondrait, l’Info-Construct, qui n’était plus qu’une tête, prononça ses derniers mots.
« Vous ne vous résumez ni à une illusion ni à un souvenir. Seuls vos choix, à chaque instant, déterminent qui vous êtes. N’oubliez jamais les choix que vous avez faits. »
Sur ces mots, l’être à mon image disparut.
À mon tour, je fus englouti par l’espace noir qui s’écroulait.
Quelques instants plus tard, une sensation familière m’envahit. Un fluide tiède m’enveloppait, tandis que des fragments de coque durcie s’accrochaient à mes membres.
Les sensations que je ressentais toujours en sortant du cocon.
J’étais de retour dans la réalité.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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