Chapitre 414
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 413
Il s’était attendu à un rugissement, mais la créature était bien plus imposante que quiconque aurait pu l’imaginer.
Rien que son torse était presque aussi grand qu’un petit vaisseau de classe destroyer. Ventris n’avait encore jamais vu de créature aussi massive.
Derrière ses épaisses pattes pareilles à des piliers s’étirait un long cou, au bout duquel se trouvait sa tête.
Un long museau proéminent. D’immenses cornes dressées au-dessus. Son apparence rappelait celle d’un reptile carnivore appelé Gigant cornu, mais les différences étaient nombreuses. D’abord, son corps était bien plus imposant, et il ne possédait aucun organe sensoriel tel que des yeux, un nez ou des oreilles.
La main qui tenait le pirate se leva. Ses mâchoires s’ouvrirent en grand, révélant des crocs répugnants. Bien qu’elle n’eût pas d’yeux, la créature avala instinctivement sa proie.
「Grrrrrrrr…」
« C’est quoi, ce putain de truc ?! »
« Tout le monde, ouvrez le feu ! »
Les pirates hurlèrent, à moitié en train de jurer, à moitié pris de panique, puis passèrent à l’attaque.
Ils commencèrent par lancer des grenades aveuglantes. Des éclats de lumière aveuglants illuminèrent l’entrepôt comme autant de soleils miniatures. Ventris cria, exaspéré :
« Bande d’abrutis ! Elle n’a même pas d’yeux, pourquoi vous lui balancez des grenades aveuglantes ?! »
Ils employaient les mêmes tactiques que pour chasser des animaux sauvages, mais, dans ce cas précis, elles ne servaient à rien. Même au milieu de l’éclat aveuglant, la créature avançait sans hésiter.
Elle se glissa plus profondément dans l’entrepôt, tendant ses bras démesurés pour attraper une poignée de pirates. Malgré sa taille, elle se déplaçait avec une vitesse et un silence terrifiants.
« Aaaah ! Putain ! »
« Si vous voulez pas crever, tirez ! »
Les pirates qu’elle avait attrapés se débattaient violemment, mais leurs attaques les plus désespérées ne lui arrachaient même pas une égratignure.
Elle fourra plusieurs proies dans sa gueule et les mâcha avec une force brutale. Le sang humain jaillit en cascade et trempa le sol.
« Remplacez les grenades aveuglantes par des munitions entravantes ! Ceux qui sont près de l’avant, mettez-vous à couvert derrière les conteneurs ! »
Ventris continuait de donner des ordres pour empêcher ses subordonnés de céder complètement à la panique. Sa voix trancha le chaos et remit en mouvement l’équipage pétrifié.
Les pirates armés d’armes lourdes tirèrent des projectiles explosifs, non pas sur le monstre, mais sur les conteneurs de stockage de l’entrepôt. La tour de conteneurs s’écroula et s’abattit sur lui.
「Grrrr…」
La créature poussa un bref grondement. Même écrasée sous des tonnes de conteneurs, elle ne semblait pas souffrir.
Ventris s’y était toutefois attendu.
« Maintenant ! »
Les pirates, désormais équipés de munitions entravantes, tirèrent à la chaîne sur la créature immobilisée sous les décombres.
À l’impact, les projectiles libérèrent leur contenu dans les airs : des particules de gaz qui se solidifièrent rapidement en une résine semblable à de l’ambre.
L’Union stellaire avait conçu ces munitions entravantes pour maîtriser les Mutants Hulk colossaux de MegaCorp. Elles étaient particulièrement efficaces pour limiter les mouvements des ennemis de grande taille.
Des dizaines d’amas de résine s’accrochèrent à la créature, surtout autour de sa tête et de son cou. Sous leur poids, le monstre chancela vers l’avant.
「Grrr ?」
« C’est quoi, ce bordel ?! »
« Elle bouge encore ?! »
Un seul projectile suffisait à neutraliser un Mutant Hulk. Mais cette chose en avait encaissé des dizaines et continuait de bouger. Elle se débattait furieusement, cherchant à arracher les masses collées à son corps.
« Bordel ! Visez son bras avec le lanceur ! »
Malgré tout, l’ennemi avait bel et bien ralenti. Un pirate leva un lanceur à plasma et visa son bras. Tandis que les autres le maintenaient occupé, le lanceur se chargea à toute vitesse.
Soudain, le plafond au-dessus du tireur s’effondra.
« Quoi ?! »
À travers les débris qui tombaient, une énorme pince de plusieurs mètres de long s’abattit. Elle écrasa sur-le-champ l’équipe chargée du lanceur.
Une détonation assourdissante retentit, suivie d’une puissante onde de choc. Ventris se rendit compte qu’il était en l’air.
Le lanceur, qui était en train de charger, explosa à l’impact et le propulsa à travers l’entrepôt. Il s’écrasa contre le mur du fond.
« Guhhh ! »
La douleur irradiait dans tout son corps, mais, heureusement, il n’était pas grièvement blessé, grâce à son armure de combat haut de gamme. Serrant les dents, il se força à se relever.
« Aaaah, ça fait mal ! Aidez-moi ! »
« Gyaaaaah ! Je brûle ! »
« Quelqu’un, n’importe qui ! »
Contrairement à lui, ses subordonnés n’avaient pas eu cette chance. Ceux qui se trouvaient près de l’explosion avaient été carbonisés sur-le-champ. Même ceux qui étaient plus loin avaient subi de graves blessures. Il ne restait qu’une poignée de pirates capables de bouger.
Et l’auteur de ce carnage planait à présent au-dessus du tas de cadavres. Sa pince, qui avait essuyé l’explosion, était à peine roussie.
Le membre massif, pareil à un pilier, qui se trouvait derrière la pince se déplaça lentement. La pince passa au-dessus des corps et se rapprocha de la créature, puis fracassa les amas de résine collés à son corps.
Ce ne fut qu’alors que Ventris comprit que la pince faisait partie de cette créature. Ce qu’il n’avait pas vu, dissimulé derrière les murs de l’entrepôt, c’était son corps inférieur, qui se mettait maintenant en mouvement.
« *Je… je dois me tirer d’ici !* »
La plupart de ses hommes étaient déjà morts. Continuer à se battre, c’était se suicider. Il devait s’échapper, et vite.
Ventris enfonça son poing dans le mur derrière lui. Ses muscles renforcés et son armure pulvérisèrent la paroi, et il jaillit hors de l’entrepôt.
« Sous-chef ?! »
« Merde ! Il nous abandonne… Aaaah ! »
Ses subordonnés l’appelèrent, mais il les ignora. Se servant de leur sacrifice comme d’un bouclier, il sprinta sur la piste d’atterrissage dévastée.
« *Il n’y a aucune trace d’un monstre pareil ici !* »
Quand on l’avait envoyé pour la première fois sur AG-01, il n’avait prévu que deux menaces principales : les séparatistes et les forces de défense de T&C. Jamais il n’avait imaginé qu’un kaiju surgirait pour massacrer son équipage.
« *Attends… Ça pourrait être l’œuvre de ces terroristes tarés ?* »
Cette planète avait été terraformée avant même sa naissance. Son écosystème était censé être parfaitement documenté. Rien ici n’approchait, de près ou de loin, la taille d’un destroyer.
Il n’y avait aucun doute : un cinglé avait amené cette chose depuis une autre planète. Et seuls les séparatistes seraient assez fous pour faire une chose pareille.
« Bande d’enfoirés. Vous croyez vraiment pouvoir me poignarder dans le dos comme ça ? »
Il jura de se venger s’il s’en sortait vivant, répétant cette promesse en courant sur la piste étrangement silencieuse.
Les cris et les tirs derrière lui s’étaient tus depuis longtemps. Ses pas résonnaient dans l’immensité, seul bruit qui subsistait.
Ce qui signifiait que la créature était probablement toujours à ses trousses.
Il y avait tout de même une bonne nouvelle : le vaisseau qui pouvait lui servir à fuir se trouvait juste devant lui.
Parmi les vaisseaux à quai se dressait un navire de guerre qui ressemblait à un Requin stellaire, une bête que les Cults avaient domestiquée pour voyager. C’était le vaisseau de Ventris, sous-chef d’un cartel. Des membres de l’équipage y étaient stationnés en permanence pour l’entretien ; il pouvait donc décoller à tout moment, au besoin.
Alors qu’il courait vers son unique échappatoire, quelque chose attira son regard.
Un autre vaisseau était garé près du navire pirate. Il avait à peu près la taille d’un petit destroyer, mais sa coque… frémissait.
« *C’est pas possible…* »
Il avait cru que c’était un vaisseau spatial. Il s’était trompé.
C’était vivant.
« … Vous vous foutez de moi. »
Ventris s’arrêta au beau milieu de sa course et s’accroupit.
La créature avait un long cou, une tête énorme, six bras, deux jambes et une queue qui se divisait en deux. Elle dévorait aussi bien des gens que des vaisseaux.
L’une de ses queues portait une pince familière. C’était forcément elle : la chose qui avait attaqué l’entrepôt de stockage.
« *Merde ! Comment elle a fait pour me suivre jusqu’ici ?!* »
Il n’avait pas entendu le moindre bruit pendant sa course. À moins qu’elle ne vole, comment une chose aussi massive pouvait-elle se déplacer avec autant de silence ?
« *… Peu importe, maintenant.* »
Ventris resta accroupi et se faufila vers le vaisseau pirate.
Parmi les cadavres que la créature mâchonnait, il reconnut des uniformes. C’étaient tous ses hommes, l’équipage du vaisseau pirate. Il ne pouvait plus envisager de fuir à bord du navire principal.
Mais il lui restait une autre option.
« *La navette de transport.* »
Une petite navette de contrebande utilisée pour transporter de la faune illégale était entreposée à l’intérieur. Un seul pilote suffisait pour la manœuvrer : l’idéal pour s’échapper en solo.
Pas après pas, il s’approcha. Le vaisseau pirate se dressait à présent devant lui. La coque lui cachait la bête, mais le bruit humide des os et de la chair qu’on déchirait résonnait sans discontinuer.
Il se plaqua contre la paroi extérieure et contourna l’arrière du vaisseau. La trappe de chargement était grande ouverte. Il franchit le seuil métallique et grimpa à bord de la navette de transport. Dès que les préparatifs de décollage furent terminés, il s’envola.
「Rrrrrrghhh...」
La navette s’éleva au-dessus du port. Les grognements de la bête s’éloignèrent derrière lui.
« Ouf… »
Ventris se laissa aller contre le dossier du siège de pilotage et expira profondément. Depuis qu’il avait échappé à ce cauchemar, il sentait la tension quitter son corps.
Puis, un fracas assourdissant.
La navette entière fut secouée avec une telle violence qu’il fut éjecté de son siège.
Des étincelles jaillirent des panneaux de contrôle. Le métal hurlait dans la cabine. Le radar se mit à sonner l’alarme.
« C’est quoi, ce… ?! »
Un symbole triangulaire se superposa soudain au cercle qui indiquait la navette sur le radar. Il ne l’avait pas vu apparaître : il était juste là.
La navette fut secouée de toutes parts.
« M-Merde !! »
Il se hissa à nouveau sur son siège et empoigna les commandes. Il tenta désespérément de reprendre le contrôle, mais en vain. Peu importait la puissance à laquelle les propulseurs tournaient : quelque chose d’inconnu s’était agrippé au vaisseau et refusait de le lâcher.
Sur le radar, la position de la navette rebondit dans tous les sens, puis s’immobilisa.
Alors, l’altitude commença à chuter.
« Attendez… Attendez, attendez, attendez ?! »
Même avec son exosquelette haut de gamme, s’écraser d’une telle hauteur lui vaudrait, au mieux, de graves blessures.
Mais il ne pouvait plus rien faire.
Il ne lui restait qu’à prier pour survivre.
« AAAAAAAAH !! »
Le choc pulvérisa toute la protection que son armure aurait pu lui offrir. Il perdit aussitôt connaissance.
« *Combien de temps s’était écoulé ?* »
Une voix tira Ventris de son inconscience.
« Tu as bien fait de couper le réseau de communications. Sans toi, ça aurait été beaucoup plus compliqué. »
« *Shepherd ?* »
C’était la voix d’une de ses subordonnées, celle qui s’était rendue au centre de recherche. Elle résonnait dans ses oreilles comme si elle lui parvenait de l’intérieur d’une grotte.
« *Où suis-je… ?* »
Il ouvrit les yeux sur des ténèbres absolues. Il tenta de bouger les membres, mais rien. Il ne parvenait pas à bouger, quels que fussent ses efforts.
En baissant les yeux, il aperçut une sorte d’organisme étrange, enroulé fermement autour de son torse et le plaquant contre le mur.
« Tu veux aussi jeter un œil aux données du vaisseau pirate ? »
La voix résonna de nouveau, plus forte cette fois, et plus proche.
Au moment où il allait appeler à l’aide, une étrange réalisation le frappa.
Au début, l’écho l’avait empêché de s’en rendre compte, mais quelque chose clochait.
Il était plaqué contre un mur. Logiquement, une voix qui s’approchait aurait dû venir de devant lui ou d’en bas.
Mais celle-ci venait d’en haut.
« Non… Je ferais mieux de vérifier moi-même. »
À présent, la voix se trouvait juste au-dessus de sa tête.
Il leva lentement les yeux.
« De toute façon, quelqu’un est déjà là pour t’aider. »
Et elle était là.
Elle, qui surplombait Ventris en souriant et en imitant la voix de la femme.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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