Chapitre 388
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 387
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Un bar à la table d’ébène saisissante et au décor classique.
Une musique à l’ancienne, évocatrice d’une époque révolue de la Terre, emplissait la salle. Un homme était assis à une table.
« Deux whiskys de Ganymède. Comme d’habitude. »
« Bien compris. »
Le barman inclina poliment la tête et se mit à faire fondre du whisky gélifié derrière la cloison.
En attendant, le chef d’état-major parcourut l’établissement du regard. Ce bar faisait partie d’un décor de tournage pour une série historique située sur l’ancienne Terre.
« Ils disent qu’ils vont tout démolir après le prochain tournage. Quel dommage. »
À cet instant, la porte s’ouvrit et quelqu’un entra. Un visage familier.
« Par ici. »
« Ça fait un bail. »
L’homme qui s’assit à côté de lui avait une peau aussi dure que la pierre. Il s’appelait Sechan.
« Tu n’as jamais annulé un marché. Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Les choses ont tourné comme ça. »
Sechan avait bien changé depuis la dernière fois que le chef l’avait vu. Ses vêtements minables n’avaient rien d’étonnant : c’était un pirate. Mais son visage était émacié, comme si la moitié de ses traits avait dépéri. Son regard était terne, comme s’il était défoncé.
Il ressemblait à un employé sur le point de subir une opération de modification génétique façon Hulk, dans un état manifestement lamentable.
« Deux whiskys de Ganymède, comme demandé. »
« Tss. Bon, on les a commandés, alors donnez-les-nous. »
« Merci. »
Le chef prit un verre au barman et en but une gorgée. Sechan, lui, fixait le sien d’un air absent sans y toucher.
« Alors, qu’est-ce que tu veux acheter cette fois ? Encore des travailleurs à faire passer en douce, comme la dernière fois ? »
« Cette fois, j’ai besoin d’échantillons génétiques. »
Le chef s’interrompit au milieu de sa gorgée. L’arôme sucré du whisky lui flottait encore dans la bouche lorsqu’il fronça légèrement les sourcils.
« Des échantillons génétiques ? Comme ça, tout à coup ? »
« J’ai perdu le contact avec mon ancien fournisseur. Il me faut une nouvelle source, et c’est le seul endroit auquel j’ai pensé. »
« Hum. »
« C’est possible ? »
Le chef ne répondit pas tout de suite et tapota plutôt la table du bout des doigts.
« Il veut acheter des échantillons génétiques ? »
Les mégacorps réglementaient strictement le commerce des échantillons génétiques. Seules les personnes agréées par les Sept Maisons avaient le droit d’en vendre. Sechan, un simple pirate, n’en faisait certainement pas partie.
Mais, bien sûr, tout le monde ne respectait pas les règles.
Nombreux étaient ceux qui volaient et revendaient des échantillons en secret. Le chef lui-même l’avait fait à l’époque où il travaillait au service de conception génétique.
« Quel genre d’échantillons tu cherches ? »
« Tu pourrais me fournir un inventaire complet ? J’aimerais… »
« Arrête ton cinéma. Je ne vais pas filer un catalogue à un pirate de seconde zone et risquer de me faire prendre. »
« … »
« Le mieux que je puisse te trouver, ce sont des échantillons de créatures de grade quatre ou inférieur. À partir du grade cinq, ça devient trop compliqué d’effacer les traces. »
En réalité, avec quelques efforts, il aurait même pu se procurer une rare créature de grade six. Mais il prit délibérément un ton ferme pour garder l’avantage dans la négociation.
« Compris. Des échantillons de grade quatre, alors. »
Mais Sechan ne broncha même pas. La négociation lui importait peu.
« Hein ? Tu te contentes du grade quatre ? Ça ne rapporte rien. »
« Peu importe. »
Le chef claqua la langue, légèrement contrarié. Il avait espéré conclure une affaire juteuse avant le retour de Li Zhao. Les échantillons de grade quatre ne rapportaient pas assez pour justifier le risque.
« Tss… Je vais voir si je peux quand même te trouver du grade cinq. »
« Merci. »
« Mais ça coûtera cher. »
« Ne t’en fais pas pour ça. Je paierai ce que tu voudras. »
Le chef plissa les yeux. C’était la première fois que Sechan venait conclure un marché en le suppliant presque.
« On dirait que toute son organisation part à la dérive. »
Sechan avait l’air complètement désespéré.
Il était rare qu’une personne ayant subi une modification génétique tombe dans un état aussi lamentable.
Une telle émaciation ne survenait généralement qu’après une blessure critique ou lorsque l’esprit avait été poussé à ses limites absolues.
« Si sa situation est si désespérée, tant mieux pour moi. »
« D’accord. Je te dirai dans deux jours quels échantillons je peux obtenir. »
« Compris. »
« Alors, trinquons pour sceller l’accord. »
Ils levèrent leurs verres et trinquèrent.
« Je vais plumer ce pirate jusqu’au dernier crédit. »
À l’idée de faire une affaire en or sur le dos d’un pirate aux abois, le chef retrouva sa bonne humeur. Il sirota son whisky, l’esprit traversé de pensées réjouissantes.
« Je vais y aller. »
« Oui, monsieur. »
« C’est toi qui m’as fait venir, alors tu paies l’addition. »
Le chef d’état-major sortit du bar d’un pas léger.
Dehors, des gratte-ciel cylindriques et rectangulaires se dressaient derrière des dômes de verre renforcé.
Ils étaient tous bâtis dans des styles en vogue avant l’essor des mégacorps.
Mais, à présent, la plupart de ces bâtiments étaient vides. Les productions de divertissement avaient cessé et, hormis quelques édifices encore utilisés par des cadres supérieurs, le reste demeurait plongé dans l’obscurité et l’abandon.
Les rues entre les tours étaient donc d’un calme inquiétant.
Mais le chef, qui connaissait mieux que quiconque les systèmes de la colonie, était habitué à cette étrange tranquillité.
« Il marcha un moment, puis s’arrêta devant un bâtiment en particulier. »
Son aéronef était stationné sur le toit.
Il passa les portes tournantes du bâtiment et entra dans un hall très éclairé. Il s’approcha de l’ascenseur et appuya sur le bouton.
« Le nombre 30 sur l’écran se mit à défiler rapidement. »
« Je devrais peut-être leur suggérer de construire une plateforme de décollage la prochaine fois. »
Devoir monter et descendre un bâtiment chaque fois qu’il voulait boire un verre était pénible.
Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, il regarda les chiffres défiler.
Puis il remarqua quelque chose d’étrange.
« Pourquoi est-ce qu’il descend du trentième étage ? »
Il ne devrait y avoir que trois personnes dans le bâtiment : le pilote, le garde de sécurité, tous deux postés près de l’aéronef sur le toit, et lui-même.
Il était le seul à être descendu dans le hall.
Le pilote et le garde étaient censés rester à leur poste sur le toit.
Le chiffre affiché indiquait maintenant 15.
Il activa le terminal fixé à son poignet et essaya de joindre ses hommes sur le toit.
La communication s’établit quelques instants plus tard.
« Est-ce que l’un de vous est descendu dans le hall ? »
「Monsieur ? Non, nous sommes restés ici tout ce temps.」
« … Quoi ? »
À cet instant précis, une sueur froide perla au front du chef.
L’écran de l’ascenseur affichait 5.
Une angoisse lui noua le ventre.
Quand ces portes s’ouvriraient…
Quelque chose d’horrible, d’inimaginable, l’attendrait de l’autre côté.
« … Merde ! »
Il se rua vers la sortie de secours dissimulée dans un coin du hall.
Dès qu’il eut ouvert la porte à la volée, il dévala les escaliers deux marches à la fois.
« Mais qu’est-ce qui se passe, bordel ? »
Il ne pouvait pas s’agir d’un employé devenu incontrôlable ni d’un mutant Hulk évadé.
Ils avaient tous des implants d’obéissance et des puces de signalisation dans le cerveau ; ils n’auraient jamais pu dévier des ordres.
« Ça pourrait être Sechan ? »
Peut-être l’un de ses hommes de main ? Mais ça n’avait pas de sens non plus.
C’était LV-06, une colonie des mégacorps.
Pour un vulgaire pirate, attaquer un haut fonctionnaire de la colonie revenait à se suicider.
「Que se passe-t-il ?」
Comme pour répondre directement à sa panique grandissante, une voix résonna dans son terminal.
「Chef ? Vous m’entendez ?」
« … Une entité non identifiée me poursuit. »
「Quoi ?」
« Contacte… haaah… l’équipe d’intervention d’urgence. Dis-leur… ouf… de boucler ce bâtiment. »
「Compris.」
Malgré le ton affolé du chef, le garde de sécurité répondit avec un calme parfait.
Après avoir coupé la communication, le chef s’arrêta en titubant aux alentours du huitième étage.
Courir après avoir bu lui avait retourné l’estomac.
« Je… Je n’en peux plus… Urgh ! »
Il poussa la porte de secours et déboula en trébuchant dans le couloir.
Il choisit au hasard l’une des nombreuses pièces identiques et s’y précipita.
Il claqua la porte derrière lui, la verrouilla et s’effondra contre le mur.
Son cœur menaçait d’exploser, tiraillé entre la peur et la douleur.
Une main plaquée sur la poitrine, il s’efforça de reprendre son souffle.
« Il… Il ne me suivra pas jusqu’ici… hein ? »
De l’autre côté de la pièce, le mur qui donnait sur l’extérieur était percé d’une immense fenêtre en verre renforcé.
On pouvait voir, à travers, les tours du décor de la colonie.
Mais il n’était pas en état d’admirer le paysage.
Dix minutes passèrent.
Pourtant, aucun bruit ne venait de l’extérieur.
« J’ai demandé qu’on contacte l’équipe d’intervention d’urgence… Alors pourquoi n’ai-je toujours rien entendu ? »
À cette heure, des aéronefs auraient déjà dû sillonner l’extérieur de la fenêtre.
Alors qu’il commençait à trouver la situation étrange, son terminal de poignet s’alluma.
La transmission venait du garde de sécurité.
「L’équipe d’intervention d’urgence vient de terminer le bouclage du bâtiment.」
« Quoi ? Je ne vois rien dehors. »
「Ils se déplacent discrètement pour assurer votre sécurité.」
Le chef fronça les sourcils, s’approcha de la baie vitrée et scruta les environs.
Il n’y avait pas la moindre trace de l’équipe d’intervention.
「Je me dirige vers vous pour vous mettre en sécurité. Je frapperai en arrivant. Ouvrez-moi, s’il vous plaît.」
La transmission prit fin.
Moins d’une minute plus tard, toc, toc, des coups retentirent à la porte.
Le chef, qui se tenait toujours près de la fenêtre, se retourna et s’en approcha.
Il tendit la main vers la poignée, puis une pensée le frappa comme la foudre.
« Attends. Est-ce que je lui ai dit où je me cachais ? »
Il y avait des caméras partout dans le bâtiment. Il pouvait donc être repéré.
Mais même ainsi, il n’y avait pas eu assez de temps.
« Je suis arrivé. Ouvrez-moi, s’il vous plaît. »
Ce n’était pas son garde de sécurité.
« Vous êtes là, chef ? »
Toc. Toc.
« Chef ? Chef ? Chef ? »
Toc. Toc. Toc.
Les coups réguliers redoublèrent d’intensité.
Le chef recula en trébuchant, perdit l’équilibre et s’étala par terre.
Au moment où il heurta le sol dans un bruit sourd, les coups s’arrêtèrent net. Un silence absolu s’installa.
« … Je savais que vous étiez là. »
Une voix basse, chuchotée.
La porte éclata en morceaux et la créature fut sur lui avant qu’il ait pu crier.
***
« Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas déplacé seul. »
Pour cette mission, j’avais décidé d’agir en solo.
Les colonies des mégacorps étaient placées sous étroite surveillance à cause des protocoles de contrôle des employés.
Avec des caméras disséminées partout, me déplacer avec les autres aurait beaucoup trop augmenté le risque d’être repéré.
« Mais moi, c’est différent. »
M’infiltrer seul en territoire ennemi et traquer mes cibles : c’était ce que je savais faire de mieux.
Et cette fois, les conditions étaient encore plus favorables que lorsque je me faufilais dans le jeu.
Parce que j’avais maintenant le Faible rusé.
Après avoir débloqué l’Horizon des cauchemars, j’avais évolué en Faible rusé.
Une fourrure dense avait poussé sur tout mon exosquelette et ma peau extérieure, et mon corps avait pris une forme quadrupède, un peu comme celle d’un centaure.
Ma taille imposante, qui me permettait autrefois de franchir des gratte-ciel d’un bond, avait considérablement diminué.
Même en comptant ma queue, je ne mesurais plus que cinq mètres de long.
Optimisé pour l’infiltration et la discrétion, je m’étais glissé à proximité du lieu où Sechan devait retrouver son contact.
Grâce à l’atout du Faible rusé, Peau de l’inconnu, aucune caméra ne pouvait capter mon image.
Pendant que le chef rencontrait Sechan, je m’étais discrètement débarrassé de l’équipage à bord de l’aéronef.
Il sirotait son whisky en souriant, sans se douter que ses subordonnés disparaissaient dans mon estomac.
« De toute façon, le savoir à l’avance n’y aurait rien changé. »
Je baissai les yeux vers la cible que je venais de maîtriser.
Le pauvre bougre, que j’avais frappé une seule fois avec une patte avant, tremblait ; toute volonté de se battre l’avait quitté.
« Bien… »
Sous l’armure couverte de fourrure de mon avant-bras intérieur, quelque chose remua.
Un parasite, semblable à une longue anguille frétillante, pointa la tête entre les replis.
« Hiii… hiiiik ?! »
L’homme hurla à sa vue et tenta de s’enfuir.
Je l’attrapai d’une poigne puissante, grâce à mes bras pectoraux tout juste renforcés.
« A-Attendez, s’il vous plaît… Guhk ?! »
Dès qu’il ouvrit la bouche pour implorer ma pitié, le parasite s’y engouffra.
Il se débattit furieusement pour expulser l’intrus, mais en vain.
Dans quelques secondes, il se mettrait à vénérer un nouveau maître.
« Voyons ce que tu sais… »
Et soudain, un frisson me parcourut la nuque.
Au même instant, l’homme que je tenais devint inerte.
« … Quoi ? »
Cette sensation rampante.
C’était celle que j’éprouvais lorsqu’un parasite mourait.
Alarmé, je refermai mes bras ailés sur le crâne de l’homme et l’écrasai.
Sous les os fracassés, les restes calcinés du parasite étaient visibles.
À l’intérieur des tissus à moitié dévorés…
Se trouvait une petite puce mécanique, un dispositif de soumission ou quelque chose du genre.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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