Chapitre 378
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 377
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« Vous avez entendu ça, à l’instant ? »
« Entendu quoi ? »
« Je crois que j’ai entendu un cri, dehors. »
« Quelles conneries. Il n’y a pas un bruit. »
Des pas lourds et des voix étouffées résonnaient dans le couloir silencieux du vaisseau.
C’étaient des pirates, envoyés par Sechan pour prendre le contrôle du bâtiment.
« Mais il n’y a vraiment personne à bord ? »
« Si les systèmes de survie et les caméras fonctionnent encore, c’est que quelqu’un les entretient. »
L’un des pirates désigna le mur. Comme on pouvait s’y attendre d’un vaisseau aux allures de secte, les couloirs étaient couverts de motifs géométriques complexes. Parmi les innombrables symboles, seul celui que le pirate montrait brillait faiblement. C’était le signe que les caméras de surveillance étaient toujours en marche.
« Alors, ils nous observent en ce moment ? Pourquoi ils ne font rien, dans ce cas ? »
« On le saura quand on aura vérifié la salle de contrôle. »
Depuis qu’ils étaient montés à bord, ils n’avaient pas croisé la moindre âme vivante. En consultant les journaux système de la salle de contrôle, ils découvriraient où étaient passés les survivants.
Les six pirates reprirent leur marche. Leurs lourdes bottes claquaient contre le sol métallique, brisant le silence oppressant.
« Alors, ce vaisseau va bientôt être à nous, hein ? »
« Tu connais le capitaine. Il va sûrement le refourguer à un autre équipage de pirates. »
« Tss, quel gâchis. Ce vaisseau de sectaires a un sacré style. Dommage que ses performances soient pourries. »
« À propos de vaisseaux, t’as vu les nouveaux bâtiments de guerre qu’Edgerton a sortis pendant la guerre civ— »
Leur conversation désinvolte fut interrompue lorsque le pirate de tête leva brusquement le bras droit. Un signal silencieux leur ordonnant de s’arrêter. Aussitôt, le reste de l’équipe se figea.
« T-Tu as entendu ça ? »
« Putain, quoi encore ? »
Le pirate le plus âgé claqua la langue, exaspéré, mais celui qui ouvrait la marche réagit cette fois autrement.
« Écoutez… écoutez juste une seconde ! »
« Il n’y a rien à entendre, espèce de paranoï— »
Le pirate le plus âgé s’interrompit en plein milieu de sa phrase.
Car, cette fois, il y avait bel et bien un bruit.
Les six pirates se turent et tendirent l’oreille.
Au début, ils crurent qu’il s’agissait simplement du vent qui hurlait dehors, des bourrasques brûlantes balayant la surface de la planète.
Mais ce n’était pas ça.
C’était quelque chose de bien plus inquiétant.
« … Putain, c’est quoi, ça ? »
C’était un bébé qui pleurait.
« Dites-moi que je n’ai pas entendu ça. »
« Qu’est-ce qu’un bébé fout ici… ? »
Les pirates du Cartel Hamilton étaient des vétérans endurcis, des hommes qui avaient vu toutes sortes d’horreurs.
Mais entendre les cris indubitables d’un nourrisson résonner dans le couloir d’un vaisseau désert ? C’était une première.
« … C’est impossible qu’il y ait un bébé ici. Quelqu’un a dû lancer un enregistrement. »
« T-Tu crois ? »
« Ce qui veut dire que l’enfoiré malade qui a fait ça est encore à bord. On va le trouver et mettre fin à ces conneries. »
Les paroles du pirate le plus âgé aidèrent les autres à reprendre contenance. Ils inspirèrent profondément, puis hochèrent la tête en se préparant à affronter le danger.
Armes prêtes, ils avancèrent en direction du bruit.
Le couloir, qui quelques instants plus tôt leur avait paru inquiétant mais fascinant, était désormais étouffant. Les motifs chaotiques qui couvraient le plafond et les murs, l’écho de leurs propres pas mêlé aux pleurs du bébé… Rien ne semblait normal.
Ils traversèrent plusieurs sections du vaisseau sans jamais croiser âme qui vive. Même à mesure qu’ils se rapprochaient du bruit, les pleurs ne cessaient pas et semblaient toujours provenir juste devant eux.
Et quelque chose clochait.
Le ton, la hauteur et le rythme des pleurs changeaient sans cesse, de façon anormale. On aurait dit tout sauf un enregistrement.
Cette voix… Elle était réelle.
Tous le pensèrent.
Mais personne n’osa le dire à voix haute.
Cette étrange progression prit enfin fin.
Une grande porte, richement sculptée de motifs somptueux évoquant une secte, se dressait devant eux.
« C’est là. »
« La salle à manger ? »
« Ça doit être là-dedans. Ouvre. »
« Oui. »
Le pirate de tête raccorda l’appareil mécanique fixé à son avant-bras au terminal près de la porte. Alors qu’il s’apprêtait à pirater la serrure, des voix retentirent de nouveau à l’intérieur.
« Ça va ? »
« Je vous en prie… Je ne veux pas mourir. »
« Bonjour. »
« J’ai faim. Mangeons. »
Aux pleurs d’un enfant s’ajoutaient des voix distinctes d’hommes, de femmes et de personnes âgées. Rien qu’à les entendre, il devait y avoir au moins dix personnes à l’intérieur.
« Alors, c’est là qu’ils étaient tous. »
« Merde, ils sont tous morts. »
Rassurés, les pirates se préparèrent au massacre qui les attendait. La sueur froide qui leur trempait le corps céda bientôt la place à une chaleur fébrile, tandis que l’excitation montait à l’idée de la violence à venir.
Enfin, la porte de la salle à manger coulissa. Les six pirates se ruèrent à l’intérieur, fusils gauss pointés devant eux.
La salle était dans un désordre complet. La plupart des tables étaient renversées et les plafonniers clignotaient de façon irrégulière ; la moitié ne fonctionnait plus.
« Au moindre mouvement, vous tirez. »
« Oui, chef ! »
« Waouh, sérieux ? »
« Dépêche-toi. »
« Hé, toi. Si t’as une cigarette, essaie de la brûler. »
« Ça va ? »
Les voix continuaient de parler, toujours aussi calmement.
Elles n’avaient aucune idée du danger qui les menaçait.
Dans la lumière vacillante, les pirates avançaient en parfaite coordination. Ils enjambèrent les tables renversées et se dirigèrent vers la cuisine, puis s’arrêtèrent devant le grand congélateur.
« Je meurs de faim. »
« C’est ici. Juste là. »
« C’est quoi, ce bordel ? »
« Ha… Hahahaha ! »
« Préparez-vous. »
Tandis que cinq pirates mettaient en joue le congélateur, celui qui les menait saisit la poignée et ouvrit la porte d’un coup sec.
« Qu’est-ce que… Il n’y a rien. »
Le congélateur plongé dans le noir était complètement vide. Ni nourriture, ni corps. Rien.
« Hé ! Au-dessus ! »
Au moment où le pirate de tête resta bouche bée, le vétéran derrière lui cria, alarmé.
Avant qu’il puisse réagir, quelque chose de rose s’enroula autour de son torse.
« Hein ? »
Ce fut le dernier son qu’il émit avant que son corps soit happé dans l’obscurité. Puis d’autres appendices roses jaillirent du congélateur.
« M-Mais qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« Ouvrez le feu— Aaaah ! »
« A-Aidez-moi ! Crac ! »
« Guaaaah— Zzzzt ! »
Paniqués, les pirates tentèrent de lever leurs armes, mais les tentacules furent plus rapides. Épaisses comme la cuisse d’un homme, elles s’enroulèrent autour des pirates les uns après les autres et les entraînèrent dans les profondeurs du congélateur, tandis qu’ils hurlaient.
« M-Merde ! »
Au milieu du massacre, le pirate vétéran prit la fuite. Il traversa la cuisine en courant et se précipita vers la sortie béante de la salle à manger.
Tous ceux qui se trouvaient sur ce vaisseau… Cette chose les avait tous tués.
Il devait prévenir les autres.
Mais alors qu’il allait s’échapper, ses jambes se figèrent.
« Q-Quoi, putain ?! Pourquoi je ne peux plus bouger ?! »
Il eut beau se débattre, ses jambes ne répondaient pas. Et pas seulement ses jambes : tout son corps était paralysé, comme s’il s’était changé en pierre.
Alors qu’il luttait désespérément contre cette force invisible, des voix familières résonnèrent à ses oreilles.
« Il faudra vérifier ça dans la salle de contrôle. »
« Alors, ce vaisseau va bientôt être à nous ? »
« Où est-ce que tu vas ? »
« Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est ? »
« P-Pitié, aidez-moi… »
Au milieu de ce chœur de murmures, il comprit que sa propre voix s’y mêlait.
Et pas seulement la sienne. Celles de ses camarades tombés au combat aussi.
Quelque chose d’invisible l’avait immobilisé, et cette présence se rapprochait à présent. Lentement, délibérément.
Des tentacules roses se glissèrent autour de ses bras et de ses jambes.
Face à une présence aussi écrasante, il ne put faire qu’une seule chose.
« Je t’ai trouvé. »
Il se tut.
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« Aucun enregistrement ? »
« Oui. Comme si quelqu’un avait tout effacé. Il ne reste rien. »
« Et les journaux de communication ? J’ai transmis un message il y a tout juste vingt minutes. »
« Vérifié aussi. Tout a été supprimé. »
Après s’être infiltré dans le vaisseau, Sechan s’était dirigé droit vers la salle de contrôle, où une situation inattendue l’attendait.
« Qu’est-ce qui se passe, putain ? »
Il n’y avait pas âme qui vive, et voilà que les communications datant de quelques minutes à peine avaient disparu. Il n’avait aucune idée de ce que Client S avait en tête.
« Un piège ? Non, si c’était le cas, ils nous auraient déjà attaqués. »
« Qui est là ?! »
L’un de ses subordonnés cria soudain. Sechan et les autres pirates réagirent aussitôt et empoignèrent leurs armes.
« J’ai vu une silhouette bouger dans le couloir. »
« Alors, c’est quelqu’un. On le poursuit. »
La salle de contrôle ne leur apprendrait rien de plus. Sechan et ses hommes se précipitèrent dehors. Comme son subordonné l’avait dit, une silhouette humaine débraillée fuyait au bout du couloir.
« Ne le tuez pas. Capturez-le vivant. »
« Oui, chef ! »
Équipés de combinaisons motorisées, ils n’auraient aucun mal à maîtriser un survivant désarmé.
Après une courte poursuite, le fugitif fut contraint de s’agenouiller devant Sechan.
« Inutile de fuir. Tu sais aussi bien que moi qu’on ne peut pas survivre dans cette atmosphère sans protection. »
« …… »
« Où sont tes camarades ? »
« …… »
Le fugitif resta silencieux et se contenta de fixer Sechan.
L’un des pirates derrière lui lui écrasa la cuisse du pied.
« Gah— ?! »
« Petit merdeux, réponds quand on te parle ! »
« Ça suffit. »
Le captif se tordait de douleur. Alors que sa jambe allait céder, Sechan intervint. Le pirate retira son pied, laissant le fugitif pousser un soupir de soulagement.
« C’est ta dernière chance. Où sont tes camarades et ton supérieur ? »
« Êtes-vous… leur chef ? »
« Cet enfoiré répond à une question par une autre. »
« Silence. Je m’appelle Sechan Hamilton, chef du Cartel Hamilton. Je suis venu pour traiter avec vous. »
À ces mots, les yeux du fugitif s’écarquillèrent.
« Vous… Vous êtes vraiment Sechan ? »
« C’est exact. »
« … Si vous êtes celui que je sers, alors il se trouve plus bas. Je vous en prie, suivez-moi. »
Sur ces mots, le fugitif se releva en titubant. L’un des pirates s’apprêtait à le maîtriser, mais Sechan leva la main pour l’en empêcher.
Il suffisait de voir l’état de l’homme pour comprendre ce qu’étaient devenus les survivants du vaisseau.
Ses vêtements étaient noircis par les flammes, son visage émacié, son corps squelettique. Personne ne pouvait simuler pareille souffrance. Client S et les siens devaient être au bord de la mort.
Qu’ils le veuillent ou non, ils avaient besoin de l’aide du Cartel Hamilton pour survivre.
« On le suit. »
Guidés par le fugitif, Sechan et ses hommes traversèrent le vaisseau.
Boitant à chaque pas, le fugitif finit par s’arrêter devant la soute. Lorsqu’il ouvrit la porte, une épaisse obscurité se déversa à leur rencontre.
« Il est là-dedans ? »
« Non. Plus bas. »
« Plus bas ? »
Sans répondre, le fugitif entra. Les pirates activèrent leur vision infrarouge et le suivirent.
« ?! »
« Capitaine, c’est… »
Dès qu’ils entrèrent, ils comprirent que quelque chose clochait vraiment dans la soute.
Tout y était couvert d’un mucus étrange et luisant : les conteneurs, le plafond, les murs.
Et, à l’exception d’une petite zone près de l’entrée, il n’y avait plus de sol.
À l’endroit où se trouvait autrefois le plancher du vaisseau s’ouvrait désormais une fosse gigantesque.
Un abîme sans fond, qui semblait fait de la même substance inquiétante que celle recouvrant le reste de la pièce.
Sechan eut beau plisser les yeux, il n’en distinguait pas le fond.
« C’est quoi, ce bordel… ? »
« C’est l’œuvre de celui que je sers. »
« Tu n’arrêtes pas de parler de lui. Tu veux dire Salman, c’est ça ? »
« Si vous voulez connaître son nom, vous n’avez qu’à le lui demander. »
« Quoi ? »
Au moment où Sechan parla, le sol sous leurs pieds trembla violemment.
Ce n’était pas un séisme.
Quelque chose d’immense s’agitait au fond de la fosse.
Quelque chose de bien pire que tout ce qu’il aurait pu imaginer était en train de se produire sur cette planète.
« Ça… ça n’a rien de normal ! »
Un frisson lui parcourut l’échine. Il ouvrit précipitamment un canal de communication.
« XO ! Ici Sechan ! Venez i— »
« Capitaine… Zzzt… monst… Zzzt… à bord du vaisseau… Zzzt… on va tous m— Zzzt… AAAAAAH ! »
« XO ?! XO ! Merde ! »
« Capitaine ! On n’arrive pas à joindre les autres non plus ! »
Ses subordonnés, qui essayaient de contacter leurs camarades, crièrent, paniqués.
Sechan serra les dents et attrapa le fugitif par le col.
« Espèce de fils de pute ! Qu’est-ce que tu as fait ?! »
« Je sers le Grand Être. Il convoite votre savoir. »
« Espèce de cinglé ! »
Sechan lui décocha un coup de poing.
Sa force augmentée lui écrasa instantanément le visage, réduisant les os et la chair en bouillie.
Le cadavre mutilé oscilla un instant, puis bascula dans la fosse.
« Je dois sortir d’ici, tout de suite. »
Une partie de son équipage fouillait encore le vaisseau, mais il n’avait pas le temps de les retrouver. Si quelque chose avait déjà infiltré leur bâtiment, alors c’était bel et bien fini.
Ils devaient rejoindre le vaisseau de transport au plus vite.
« On se tire d’ici. Bougez ! »
Mais ses hommes ne bougèrent pas.
Ils restèrent simplement figés, les yeux rivés sur quelque chose derrière lui.
« Qu’est-ce que vous avez, bande d’idiots ? Reprenez-vous ! »
« C-Capitaine… derrière vous… »
« Quoi ? »
L’un de ses hommes, les mains agitées de violents tremblements, désigna l’espace derrière lui.
Sechan se retourna et comprit pourquoi ils étaient incapables de bouger.
Quelque chose d’énorme se dressait derrière lui.
« Gh-gh-gh… »
« …… »
Une créature gigantesque avait émergé de la fosse, son long cou tendu vers eux.
Elle remua sa mâchoire massive et avala nonchalamment le cadavre du fugitif tout entier.
Même après avoir assisté à cette scène, Sechan et ses hommes restèrent pétrifiés.
Peu importait à quel point ils avaient augmenté leurs capacités physiques.
Peu importaient les armes de pointe ou les combinaisons renforcées qu’ils portaient.
Ils ne pouvaient pas gagner.
Aucune augmentation humaine ne permettait à un homme de marcher sur une étoile.
Et la chose qui se dressait devant eux… dépassait l’entendement humain.
« Alors, c’est toi le coursier. »
Une voix s’éleva de la gueule de la créature : exactement celle du fugitif qui venait de mourir.
« J’espère que ce qu’il y a dans ton cerveau me sera utile. »
Ce n’est qu’alors que Sechan comprit ce qu’avaient signifié les dernières paroles du fugitif.
Il n’allait pas mourir.
Et cette pensée lui fit entrouvrir la bouche, tandis que des larmes silencieuses coulaient sur son visage.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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