Chapitre 377
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 376
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« Heure estimée d’arrivée ? »
« Environ vingt minutes à pied. »
« Vérifiez que tous les systèmes de survie fonctionnent correctement. Et revérifiez les capsules d’oxygène de secours et les trousses médicales. »
« Compris ! »
À bord du vaisseau de transport, posé à plusieurs dizaines de kilomètres de leur destination, vingt et un pirates procédèrent à une dernière vérification de leur équipement avant le départ.
« La faune d’ici a une peau ridiculement épaisse. Prenez des munitions perforantes et des balles à pénétrateur en standard. Tout le monde change de chargeur. »
« Oui, monsieur ! »
Tous les membres du Cartel Hamilton avaient autrefois servi dans l’armée de MegaCorp. Même avant de devenir pirates, ils avaient participé à de nombreuses batailles. Peut-être était-ce pour cela qu’ils semblaient parfaitement dans leur élément en vérifiant leurs armures motorisées et leurs fusils Gauss.
« Activez vos armures motorisées. On y va. »
Au commandement de leur chef, Sechan Hamilton, les vingt pirates activèrent les bio-casques qu’ils portaient sur la tête.
Cette planète était un véritable enfer, une chaleur accablante rayonnant de toutes parts. Ils étaient donc venus équipés d’armures motorisées spécialisées, conçues pour le combat dans l’espace.
Les combinaisons qu’ils portaient étaient les derniers modèles d’équipement de protection intégrale de la famille Garmelda, contrairement aux armures motorisées standard de gamme intermédiaire, qui laissaient certaines parties du corps à découvert. En plus d’offrir une défense exceptionnelle, elles décuplaient considérablement la force physique de leur porteur, ce qui les rendait idéales pour les opérations en milieu extrême.
Lorsque la trappe du vaisseau de transport s’ouvrit, Sechan sortit le premier, suivi de près par ses hommes, engoncés dans leurs combinaisons fortement renforcées.
« Ce temps est absolument insupportable, capitaine. »
« Les planètes volcaniques sont toutes comme ça. Si votre casque s’enlève, vous êtes morts, alors faites attention. »
Malgré son avertissement, Sechan ne portait lui-même aucun casque. Il avait plutôt chaussé des lunettes sur mesure, laissant la majeure partie de son visage à découvert.
Pour un humain ordinaire, sortir sans protection aurait signifié des brûlures immédiates et une douleur atroce. L’air, à lui seul, était assez chaud pour rôtir la chair en quelques secondes.
Pourtant, Sechan avançait sans sourciller. La raison ? Sa peau. Les parties de son visage que ses lunettes ne protégeaient pas étaient recouvertes d’une chair épaisse et rugueuse, dure comme de la pierre.
Il avait subi une procédure d’amélioration génétique que seuls les plus hauts échelons de MegaCorp pouvaient s’offrir. L’air toxique et la chaleur extrême ne représentaient aucune menace pour lui.
Sans se presser, il vérifia leur liaison de communication.
« XO, vous m’entendez clairement depuis là-haut ? »
« Communications stables. Aucun problème. »
« Bien. En route. »
« Oui, monsieur ! »
Les vingt et une silhouettes lourdement armées s’élancèrent.
Sur l’étendue désolée de cendres et de feu, les intrus filèrent. Leurs empreintes ne subsistaient qu’un instant avant d’être effacées par la poussière volcanique tourbillonnante.
Enfermés dans leurs armures motorisées, ils se déplaçaient à une vitesse proprement stupéfiante. Chacun de leurs pas projetait leurs imposantes carcasses à plusieurs mètres dans les airs ; ils avançaient par bonds gigantesques plutôt qu’en courant normalement.
Même en sprintant, ils ne cessaient de scruter les environs, à l’affût de menaces. Leurs visières affichaient en continu des données sur l’environnement et analysaient tout ce qui se trouvait à portée.
« Mouvement détecté, à cent cinquante mètres, deux heures ! »
« Il s’agit d’une fuite de gaz souterraine. Aucune activité biologique détectée. »
« Espèce d’abruti, reste concentré ! »
« Désolé, monsieur ! »
Dix minutes après le début de leur marche, ils n’avaient rencontré aucun ennemi.
La plupart des membres de l’équipage se sentaient soulagés par l’absence de résistance. Sechan, lui, éprouvait tout le contraire.
« … Quelque chose cloche. »
Les planètes volcaniques, les planètes glacées, les planètes océaniques… tous les mondes soumis à des conditions extrêmes avaient un trait universel en commun :
Leur environnement était mortel, tout comme les formes de vie qui y étaient natives.
Les créatures capables de prospérer dans de telles conditions hostiles étaient invariablement monstrueuses par leur taille et leur force, et leur agressivité atteignait des sommets. Sechan s’était pleinement attendu à croiser au moins un prédateur en route vers son rendez-vous avec le Client S.
« Pourtant, en dix minutes, ils n’avaient rien vu. »
Pour être précis, ils n’avaient pas aperçu la moindre créature vivante.
Aucune silhouette ne se déplaçait au loin. Pas l’ombre d’une bête rôdant sur le sol, pas de prédateur ailé tournoyant dans le ciel.
Pas la moindre trace de prédateur, pas la moindre empreinte d’animal de passage.
Comme si rien ne vivait dans toute la région.
« XO, ici Sechan. Où en sont les scans des formes de vie ? »
« Nous détectons toujours des signaux de vie tout autour de nous, mais les interférences sont trop fortes pour localiser quoi que ce soit. »
« Et le Client S ? »
« Son arrivée est prévue dans environ deux heures. Aucun nouveau contact depuis la dernière transmission. »
« Compris. Continuez les scans et prévenez-moi dès que vous obtenez une lecture claire. »
Un malaise rampant, sombre comme la fumée qui s’élevait du sol, commença à s’enrouler en lui.
Mais annuler l’opération n’était pas envisageable.
« On a peut-être simplement eu de la chance et évité les prédateurs locaux. »
Peut-être avaient-ils échappé à une rencontre par hasard. Ou peut-être toute cette région était-elle une zone morte naturelle, dépourvue de vie.
« Finissons vite et tirons-nous de là. »
Réprimant son malaise, Sechan s’obligea à se concentrer.
Dix minutes après sa dernière transmission avec le XO, ils atteignirent leur destination.
Les pirates se mirent à couvert derrière une formation rocheuse gigantesque et observèrent leur cible.
Trois vaisseaux de cultistes se dressaient en désordre sur le sol noirci. Ils les avaient déjà repérés depuis les airs, mais les voir de près confirmait qu’ils avaient été posés à la hâte.
Devant les appareils se trouvait un camp de fortune grossièrement aménagé. La structure était inachevée, assemblée à la va-vite.
« Comme prévu, six hommes par vaisseau. Les trois autres fouilleront le camp. »
« Compris. »
« Avancez vite et sans bruit. On ne veut pas qu’ils réagissent avant qu’on soit à l’intérieur. Compris ? »
« Oui, monsieur ! »
« En avant. »
Au commandement de Sechan, les pirates jaillirent de leur cachette.
En un instant, ils se séparèrent en équipes comme prévu et pénétrèrent dans les vaisseaux et les bâtiments.
Si l’un d’eux avait traîné derrière, il aurait peut-être remarqué quelque chose d’étrange.
La formation rocheuse qui leur avait servi d’abri s’enfonçait lentement dans le sol.
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« Putain, c’est quoi ce bordel ? »
« … Qu’est-ce que ces enfoirés fabriquaient ici ? »
Les pirates chargés de fouiller le camp de fortune étaient visiblement troublés.
Ce n’était pas le fouillis de câbles emmêlés, de fils éparpillés et de morceaux de métal tranchants jonchant le sol qui les perturbait.
C’était le plafond.
Des dizaines de peaux animales y pendaient, se balançant comme de grotesques décorations.
« Qui a bien pu installer ça ? Allons voir. »
Ils activèrent le mode infrarouge de leurs visières, qui illumina aussitôt l’intérieur sombre. Leur vision désormais plus nette, ils s’avancèrent avec prudence.
« Putain, le sol est dégueulasse. »
« Ça doit être tout le sang qui goutte d’en haut. »
Le sol était couvert d’une bouillie visqueuse et coagulée — sans doute les restes séchés de ce qui avait été écorché et suspendu au plafond. À chacun de leurs pas, les pirates entendaient un bruit de succion écœurant.
« Il reste peut-être des données sur les ordinateurs. Je vais vérifier. »
L’un des pirates s’approcha du terminal, au fond du bâtiment, tandis que les deux autres examinaient les dépouilles suspendues.
« Ils devaient capturer les créatures locales. »
« Voilà pourquoi on n’a vu aucun être vivant en chemin. Ils les ont déjà tous massacrés. »
« On dirait la peau d’un raptor de lave. Elle a été retirée avec une sacrée précision. »
« Le capitaine a dit que le Client S faisait du transport d’espèces sauvages rares. »
« Ah ouais ? »
La personne qui avait bâti cette installation avait un sens de l’esthétique grotesque, mais au moins, elle savait s’y prendre. Les peaux étaient remarquablement intactes, à peine égratignées.
En poursuivant leurs recherches, ils remarquèrent quelque chose d’inhabituel.
« Hé, hé. Regardez ça. On dirait pas… de la peau humaine ? »
« Laisse-moi voir. »
« Putain, j’ai cru que c’était vrai, une seconde. »
« Ouais… cette partie ressemble à un bras, et ça… à un torse… »
Les deux pirates, qui fixaient cette mystérieuse peau, se turent peu à peu.
« Hé… c’est pas possible… »
« Putain de merde… »
Il n’y avait pas de tête attachée, mais ils comprirent vite ce qu’ils regardaient.
Et maintenant qu’ils l’avaient remarqué, il n’y en avait pas qu’une.
Il y en avait beaucoup.
« Le sang n’a pas encore séché. On les a écorchés récemment. »
« Mais qu’est-ce que ces malades foutaient ici ? »
« On doit sortir. Tout de suite. »
Pourtant, malgré leurs paroles, ils ne partirent pas immédiatement.
Leur camarade était allé plus loin dans le bâtiment pour vérifier l’ordinateur. Mais quand ils tentèrent de le joindre par radio, il ne répondit pas.
« Putain, il est où ? »
« Hé ! Réponds ! »
Silence.
Ils coururent vers le dernier endroit où ils l’avaient vu.
Il ne restait que son bloc de données.
Le bâtiment n’était pas grand. Il était impossible que quelqu’un disparaisse ainsi sans que les autres s’en aperçoivent.
Quelqu’un, ou quelque chose, se trouvait ici.
Comprenant cela, les deux pirates resserrèrent leur prise sur leurs fusils Gauss et scrutèrent les environs.
« Capitaine, on a un putain de gros problème. Il faut battre en retraite, capitaine ? »
« Krrrzzzzttt »
La liaison radio était noyée dans les parasites.
« Merde ! Essaie le vaisseau ! »
« Ça ne sert à rien. Les communications sont coupées. »
Ils avaient été soldats. Ils savaient exactement ce que cela signifiait.
Dos à dos, ils avancèrent lentement vers la sortie.
En passant sous les peaux suspendues, l’un des pirates remarqua quelque chose.
Une tête de femme humaine reposait sur un tas de débris métalliques.
Dans un endroit jonché de corps décapités, une tête tranchée n’aurait pas dû attirer l’attention. Pourtant, celle-ci se démarquait.
Elle était belle. Ou du moins l’avait-elle été avant de mourir.
« Quel genre de malade… »
Les yeux de la femme étaient grands ouverts, comme figés dans son ultime instant de terreur.
On aurait presque dit qu’elle était vivante.
Au moment même où le pirate le pensa, les yeux bougèrent.
« Hein ? »
Lentement, comme une caméra qui faisait la mise au point, ses globes oculaires pivotèrent.
Une sueur froide lui coula dans le dos.
Puis le tas de débris métalliques se mit à bouger.
Le regard du pirate se leva instinctivement.
Il avait cru que la tête avait simplement été posée sur le tas.
Il se trompait.
« Elle » était une gigantesque araignée dotée d’une tête de femme humaine.
« Où croyez-vous aller ? »
Sa voix dénuée d’émotion avait une inflexion tordue, contre nature. Tandis qu’elle inclinait la tête selon un angle impossible, ses nombreuses pattes claquaient sur le sol.
Et elle tenait leur camarade disparu dans ses griffes.
À cet instant, ils comprirent.
Pourquoi tous les corps suspendus au plafond avaient été écorchés.
Mais face à cette horreur qui défiait la raison, aucun des deux pirates ne parvint à bouger.
« Il me fallait davantage de muscles et d’os pour mes ajustements. Quelle chance que vous soyez arrivés. »
Quelques instants plus tard, des cris à glacer le sang résonnèrent dans le bâtiment.
Mais dans les vents brûlants de la désolation volcanique, ces cris d’agonie furent vite étouffés.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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