Chapitre 366
——————
[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
——————
Chapitre 365
Je trouvai plus facilement que prévu un endroit où le Pyromancien avait l’habitude de se rendre. Après avoir quitté le lac de lave, je découvris plusieurs lieux grouillant de créatures.
« Le trouver aussi vite, c’est inattendu. »
Une planète volcanique, tout comme une planète glacée, possède un environnement extrêmement hostile. À quelques exceptions près, la plupart des créatures errent sans cesse à la recherche de nourriture.
Les régions comme les lacs de lave leur servent de haltes temporaires. Le Pyromancien s’y rend souvent pour chasser celles qui s’y reposent.
En dehors de ces rares refuges, il est inhabituel de voir des créatures se rassembler au même endroit. Je m’attendais donc à ce que les recherches durent plus longtemps, mais je m’étais trompé.
« On dirait pas vraiment un endroit où beaucoup de créatures se rassembleraient… Qu’est-ce qui se passe ? »
[ZZ (Aucune idée.)]
Des créatures de toutes sortes s’étaient regroupées sur une vaste plaine aride.
Les Vulcarox gardaient leurs distances, tandis qu’une meute de Lavaraptors rôdait dans les environs, à l’affût d’une occasion de frapper. Parmi eux se mêlaient prudemment de petits omnivores comme les Stoners.
Les créatures qui vivent dans des habitats différents se rassemblent rarement au même endroit, surtout quand il ne s’agit pas d’un lieu de repos.
« L’activité volcanique les a peut-être chassées de chez elles ? »
Peu de créatures de cette planète pouvaient survivre indemnes près d’un volcan en éruption. Elles avaient peut-être fini ici en fuyant.
« Puisque je les ai trouvées tôt, autant les manger ? »
Comme j’avais pris plus tôt la forme du Symbole de la Chasse, je ne pouvais pas profiter cette fois de mon bonus de probabilité de prédation. Malgré tout, avec autant de créatures rassemblées, je pouvais encore obtenir au moins trois ou quatre Traits en les chassant sous ma forme actuelle.
« Et puis, le Pyromancien est susceptible de fréquenter d’autres endroits… »
Alors que je songeais à dévorer les bêtes rassemblées, un signal familier me parvint.
Il venait de loin : l’un de mes parasites m’envoyait une transmission.
« Pourquoi un parasite me contacte-t-il tout à coup ? »
Je me demandai un instant si la Mère du ciel et PS-111 étaient en danger. Je vérifiai aussitôt le signal.
« Ceux qui transmettent le signal, ce sont… »
Trois parasites, qui envoyaient tous le même message.
Si les trois avaient émis un signal simultanément, il n’y avait qu’une explication.
Les explorateurs que j’avais pris sous mon contrôle peu après mon arrivée sur cette planète.
Les parasites qui les contrôlaient m’avaient envoyé un message.
« Ils ont trouvé sa piste ? »
Au moment où je les avais dominés, les explorateurs avaient déjà inspecté cinq sites volcaniques. L’un d’eux présentait des signes d’activité de Magmasaur, et ils se dirigeaient vers ce site.
« Ils n’ont pas encore commencé la chasse. »
Les chercheurs se trouvaient toujours à bord du même type de dirigeable que celui qu’ils utilisaient lorsque je les avais rencontrés pour la première fois.
Les Magmasaur, souvent appelés les Démons du volcan, sont comme des éruptions vivantes qui marchent. Même les guerriers de haut rang peinent à les combattre. Il était peu probable qu’un simple vaisseau de recherche soit envoyé au combat ; il s’agissait sans doute d’une mission de reconnaissance.
« Quelque chose ne va pas ? »
Isabelle me posa la question tandis que je m’immobilisais, agitant nonchalamment mes bras ailés.
[ZZZZZZZ ZZZ ZZZ (On dirait qu’ils ont trouvé un Magmasaur.)]
« Quoi ? C’était rapide. »
[ZZ ZZ ZZZZ ZZZ (Apparemment, ils enquêtaient déjà sur le sujet.)]
« Ça se tient. Alors, qu’est-ce que tu comptes faire ? »
Je comptais frapper au moment où Salman affronterait le Magmasaur. Mieux valait toujours profiter d’un combat difficile que se jeter tête baissée sur un adversaire.
« Autant examiner d’abord le lieu et le terrain. »
[ZZZZ ZZZZ (Vérifions simplement le site.)]
Je pris la direction indiquée par les parasites, mon groupe à ma suite.
En perdant de l’altitude, nous atteignîmes une zone recouverte de cendres volcaniques. Je me dissimulai dans les nuages noirs. Contrairement à tout à l’heure, où les environs étaient calmes, des ennemis rôdaient désormais. Je devais avancer prudemment.
« Même si je me bats, ce sera à mes conditions, au moment et à l’endroit que j’aurai choisis. »
Tout en avançant avec cette idée en tête, je me retrouvai bientôt près de l’emplacement des trois parasites. Le Voile sombre brouillait les systèmes de détection ennemis ; je descendis lentement.
Au moment où je passai la tête sous les nuages, un nouveau signal me parvint.
Les parasites qui me guidaient n’étaient pas les seuls à m’envoyer un signal : quelqu’un d’autre le faisait aussi.
« Qu’est-ce qu’il y a encore… ? Hein ? »
Cette fois, le signal venait du parasite que j’avais confié à PS-111.
« Plusieurs vaisseaux de reconnaissance ont quitté la base ? »
J’avais reçu le signal de déplacement des explorateurs contrôlés par les parasites environ trente minutes plus tôt. Le rapport sur le départ des vaisseaux étant arrivé en retard, cela signifiait que le parasite venait seulement de réussir à s’infiltrer dans la base.
Le changement soudain dans les déplacements des explorateurs, auquel s’ajoutait le départ d’une flotte de reconnaissance, indiquait qu’ils privilégiaient la reconnaissance au combat.
« S’ils envoient autant de vaisseaux, je vais devoir redoubler de prudence. »
Mon corps avait beau être enveloppé dans le Voile sombre, qui me rendait invisible aux capteurs ennemis, le risque subsistait. Un patrouilleur pouvait me repérer à l’œil nu par hasard.
Je restai caché dans les nuages noirs chargés de cendres volcaniques et ne sortis que ma tête centrale pour observer.
À l’horizon, là où la terre se confondait avec les nuages, se dressait un immense volcan. Il était aussi imposant que la Montagne Noire, dans l’ancienne patrie d’Adhai.
Mais la Montagne Noire était en sommeil. Pas celui-ci. Au loin, le volcan colossal vomissait d’immenses quantités de fumée et de cendres dans le ciel.
Même après avoir atteint ma forme actuelle — assez massive pour qu’on puisse me considérer comme un véritable kaiju —, je me sentais encore petit face à la puissance brute de la nature.
« Ça doit être là-bas. »
Une montagne tout droit sortie d’une scène apocalyptique. Des centaines de vaisseaux flottaient en formation autour d’elle.
C’était la flotte de reconnaissance dont la Mère du ciel m’avait parlé. De petits appareils faisaient la navette entre le flanc de la montagne et la flotte : les recherches battaient leur plein.
« Autant m’approcher un peu. »
Sans quitter la flotte des yeux, je battis des ailes.
Ils n’avaient aucune idée de ma présence dans les nuages. Toute leur attention était tournée vers le volcan en contrebas ; ils ne se souciaient pas de ce qui pouvait se déplacer au-dessus de leurs têtes.
Je m’étais suffisamment approché pour distinguer les dirigeables et les marcheurs posés sur le flanc de la montagne, même s’ils paraissaient encore minuscules à cette distance.
Je rentrai la tête dans les nuages. Elle était à elle seule aussi grande que certains de ces vaisseaux ; m’approcher davantage augmenterait donc le risque d’être repéré.
Je me tournai plutôt vers Isabelle. Je voulais qu’elle aille voir ce que faisaient ceux qui avaient atterri.
Elle se laissa glisser vers le bas comme un serpent dans l’eau et disparut sous les nuages. Tout en restant dans le rayon d’action du Voile sombre, elle s’approcha pour observer les activités ennemies.
La synchronisation avec sa sœur jumelle avait considérablement amélioré sa vue. Elle n’avait pas l’œil aussi perçant que la Mère du ciel, mais à cette distance, elle devrait tout de même parvenir à discerner ce qu’ils faisaient.
Peu après, elle revint.
« Il y a un problème. »
[ZZZ (Un problème ?)]
Comme PS-111, son apparence métallique rendait difficile le moindre changement d’expression. Mais sa voix trahissait son inquiétude.
« Ils ont apporté des bombes de l’Union stellaire. Une quantité énorme — assez pour faire sauter tout le volcan. »
[ZZ (Quoi ?)]
Sa voix débordait d’incrédulité.
Je ne m’y étais pas du tout attendu et, pendant un instant, je fus moi aussi pris au dépourvu.
---
« L’Amorph a reçu le message ? »
「Oui. Les parasites ayant été implantés, le signal devrait lui être parvenu.」
Une salle remplie d’artefacts rares et précieux.
Un Hurleur colossal et deux Loups s’y tenaient.
La Mère du ciel, une femme-bête à tête de rapace, tourna le regard vers le Loup qui lui faisait face.
Son interlocuteur était un Loup mâle à tête de renard. Du sang coulait de son museau ; il était manifestement mal en point.
PS-111 lui avait implanté un parasite de force, d’où son état actuel.
« Utiliser des parasites de mon vivant… Qui l’aurait cru ? »
Contrôler des personnages non joueurs et usurper l’identité de joueurs grâce à des parasites : ces deux tactiques étaient les principales raisons de la sinistre réputation de l’Amorph. Elle-même avait été victime de parasites plus souvent qu’elle ne pouvait le compter. À cause d’eux, elle avait même tué des membres de son propre clan.
Et maintenant, elle se retrouvait à en utiliser à son tour.
« Vous êtes ingénieur ? »
« J-je ne me qualifierais pas vraiment d’ingénieur… »
« Si j’estime votre réponse insuffisante, je peux vous faire souffrir. »
« A-attendez ! Je m’occupe de l’entretien de l’éclairage intérieur de cette installation ! »
« Merci pour cette réponse utile. Question suivante. »
Tandis qu’elle se remémorait un passé qu’elle aurait préféré oublier, PS-111 poursuivait l’interrogatoire avec une efficacité rodée.
« Où se trouve l’ordinateur qui contrôle les circuits d’éclairage de cette installation ? »
« Hein ? Pourquoi est-ce que vous… Non, oubliez ça ! Je peux y accéder à distance depuis mon ordinateur personnel ! »
« Merci de votre coopération. »
Satisfaite de la réponse, PS-111 hocha la tête. Le Hurleur mutant tourna son visage d’une beauté inquiétante vers la Mère du ciel.
« En utilisant l’ordinateur de cet individu comme point d’accès, nous pouvons pirater le secteur Q à distance. »
「…Beau travail.」
Pendant un instant, elle eut l’impression qu’il y avait désormais deux Amorph ici, mais elle garda cette pensée pour elle.
Peu après, PS-111 connecta ses câbles à l’ordinateur apporté par le Loup renard et se mit au travail. En quelques minutes, il avait obtenu l’accès à plusieurs systèmes de l’installation.
« La zone qui abrite les équipements d’entretien et de réparation se trouve dans le secteur Q. J’ai modifié les systèmes de sécurité sur le trajet ; suivez l’itinéraire que je vous indiquerai. »
「C’est possible ?」
« Si c’est moi, oui. »
「Dans ce cas, peux-tu aussi accéder au dépôt d’équipement depuis ici ?」
« Certaines zones sont protégées par un système de sécurité de type sectaire. Ces systèmes sont en boucle fermée et ne peuvent pas être piratés à distance. Il faut y accéder physiquement ou les désactiver depuis la salle de contrôle centrale. »
「Ça complique les choses.」
Les deux étaient venus ici en secret pour fabriquer son équipement. Ils pourraient s’occuper du dépôt de l’ennemi plus tard, avec l’Amorph.
« C’est un peu décevant, mais on n’y peut rien. »
Quoi qu’il en soit, ils avaient trouvé un moyen d’atteindre leur objectif sans trop de difficultés. Le Loup en tête, les deux quittèrent la réserve et se dirigèrent vers le secteur Q.
Sur le chemin de l’atelier de réparation, ils ne croisèrent personne. Grâce aux ajustements constants de PS-111 à l’angle des caméras du couloir, ils n’apparurent pas non plus sur les enregistrements. Comparée à leur première infiltration de la base, l’opération s’avéra étonnamment facile.
Après avoir traversé plusieurs couloirs, ils arrivèrent enfin au secteur Q.
Quand ils poussèrent les portes en alliage renforcé, une scène évoquant l’intérieur d’une usine s’offrit à ces visiteurs clandestins.
« Je vais commencer tout de suite. »
「Très bien. Je te laisse faire.」
Sur ces mots, PS-111 sortit de son propre corps la peau de Dreadsong et des fragments corporels de Vortex One. Puis il modifia les paramètres de l’ordinateur du secteur pour activer le traitement des matériaux et l’assemblage.
Si les flammes de cette immense forge métallique s’éteignaient…
Alors la Mère du ciel obtiendrait enfin l’armure unique et exceptionnelle du Loup.
——————
[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
——————