Chapitre 33
Le lendemain, avant de partir travailler, Ras signala à la police l’étrange homme qu’il avait aperçu la veille. Une fois sa déposition faite, il n’y avait plus rien à faire. Le reste dépendait de la police.
Il passa donc la journée à son travail, où il croulait sous les tâches, en essayant d’oublier l’incident de la veille. Absorbé par son travail, il ne se rendit pas compte que l’heure de la fin de journée approchait. Il attrapa son sac à la hâte, prêt à fuir cet enfer, mais son chef d’équipe le retint.
« Ras, tu ne pars pas en avance aujourd’hui. »
À en juger par l’expression du chef d’équipe, il risquait de finir dans l’estomac d’un Rampant des montagnes s’il partait. Ras dut finalement rester tard au travail avec ses coéquipiers tout aussi réticents que lui.
« … Ce chef d’équipe est vraiment cinglé. »
La nuit était déjà bien avancée quand il parvint enfin à se libérer du travail. D’habitude, il allait boire un verre pour évacuer son stress, mais il était déjà tard. Pour pouvoir retourner travailler le lendemain, il devait rentrer chez lui.
Comme à son habitude, Ras acheta une boisson synthétique et se dirigea vers la station de métro du quartier résidentiel. Les lampadaires qui étaient en panne la veille éclairaient désormais la rue d’une lumière rassurante. Dans cette zone bien éclairée, aucun individu suspect ne se montrait.
Sur le chemin du retour, il remarqua de nouveau la plaque d’égout. Contrairement à la veille, elle était bien fermée.
En la voyant, Ras fut assailli par les terrifiants souvenirs de la veille. Il déglutit et passa son chemin.
Heureusement, rien de ce qu’il redoutait ne se produisit avant qu’il atteigne son immeuble.
« Ouf. »
En franchissant l’entrée de l’immeuble, Ras poussa un soupir de soulagement. Il leva les yeux vers le couloir du troisième étage, où se trouvait son appartement.
À cette vue, Ras sentit son cœur s’arrêter.
Une silhouette d’un noir d’encre se tenait dans le couloir. Dotée d’une longue queue et de quatre bras, elle se déplaça bizarrement, ouvrit la porte de son appartement et entra.
« … »
Sans un mot, il sortit son communicateur.
***
« C’est étroit. »
Comme prévu, l’appartement du cyborg n’était pas bien spacieux. C’était un studio avec une salle de bains, une pièce à vivre et un balcon.
Après avoir décidé de prendre le cyborg pour cible, j’avais vérifié qui habitait dans cet immeuble.
« C’était plus facile d’enquêter en journée, quand la plupart des gens étaient au travail ou dormaient. »
Pendant la journée, j’avais parcouru le toit et les couloirs, recueillant toutes les informations nécessaires pour savoir qui prendre pour cible et quand changer d’apparence. S’il n’y avait personne, j’entrais dans les appartements à la recherche d’indices ; si quelqu’un était là, j’observais l’intérieur depuis l’extérieur à l’aide de mon équipement auxiliaire.
Grâce à une enquête minutieuse, j’avais appris que diverses espèces vivaient ici, en plus des humains et des cyborgs. Il y avait des humanoïdes reptiliens couverts d’écailles, appelés Sang-froids, ainsi que des créatures bipèdes comme les Loups, entre autres. Le choix de proies était vaste.
« Heureusement, l’espèce que je dois manger pour évoluer en Pré-Saint est difficile à trouver. »
Les conditions d’évolution devenaient plus complexes après le stade Pré-Saint.
« Je dois manger en tout 60 espèces jouables : 20 capables de se transformer, 20 espèces humanoïdes et 20 espèces utilisant des pouvoirs psychiques. Et… »
Il fallait aussi remplir quatre types de conditions.
Survie spatiale était un jeu qui mettait l’accent sur les combats entre joueurs. Pour les Amorph, manger d’autres espèces n’avait rien de bien difficile. Le véritable défi consistait à obtenir ces quatre types.
« J’en ai déjà un pour l’Amélioration physique, et je suis sur le point d’en obtenir un pour l’Amélioration psychique. Mais les pénalités liées aux types me donnent encore beaucoup de fil à retordre. »
Les types ne se débloquaient pas simplement en accumulant les Traits. Il fallait réunir les Traits essentiels à chaque type, et je devais donc me concentrer sur leur acquisition, ce qui rendait la tâche ardue. En outre, l’Effet de prédation ne se déclenchait pas toujours.
La plupart des joueurs Amorph abandonnaient donc à ce stade et préféraient faire évoluer d’autres espèces. C’était peut-être une décision judicieuse, car les conditions d’évolution au-delà du stade Saint devenaient bien plus difficiles.
« Un centre commercial spécial comme celui-ci attire beaucoup d’espèces extraterrestres. Je peux donc rassembler des gènes au même endroit. »
Partir sur les planètes où vivaient les espèces requises pour recueillir leur essence génétique était inefficace. Le raccourci pour évoluer rapidement consistait à prendre d’assaut un endroit où elles étaient concentrées.
« Il y a notamment pas mal de cultes qui ont immigré de MegaCorp dans le centre commercial spécial. »
Si je les dévorais aussi, je pourrais facilement remplir la condition des 60 espèces extraterrestres.
« Très bien, je vais rester quelque temps ici. Autant faire un tour. »
J’inspectai méthodiquement tout l’appartement. Le Numéro 26, apparemment ravi de ce taudis exigu, allait et venait.
« L’insonorisation est mauvaise. »
Après avoir tout inspecté, ce fut la première chose qui me vint à l’esprit. Le bruit des appartements voisins et de celui du dessus était si fort qu’on l’entendait jusque-là.
« L’appartement du dessous est vide. »
Il y aurait peut-être bientôt des locataires, mais pour l’instant, personne n’y habitait. Quand j’évoluerais en Saint, mon poids augmenterait considérablement et les habitants du dessous remarqueraient vite que quelque chose d’anormal se passait au-dessus de leurs têtes.
« J’ai déjà calculé tout ça, mais… hein ? »
Mon système auxiliaire m’envoya un signal d’alerte. Quelqu’un approchait dans le couloir.
[ZZZ ZZZZ (viens ici)]
「Bébé, qu’est-ce qui se passe ?」
[ZZZZ ZZZZZZZZ (Quelqu’un arrive)]
J’appelai le Numéro 26 et calculai le nombre de pas dans le couloir. Ils étaient trois en tout. Le cyborg était suivi de deux personnes que je ne connaissais pas.
« La police. »
Je n’avais pas l’intention de me battre contre les forces de l’ordre pour l’instant. Je décidai donc de me cacher dans l’appartement.
***
« Vous avez dit qu’un monstre était entré chez vous, c’est bien ça ? »
« Oui. »
« La porte n’a pas l’air abîmée. »
« Il est entré en défonçant la porte ! »
« Je vois. Très bien. »
L’attitude désinvolte des policiers exaspéra Ras. Il leur avait clairement demandé d’envoyer du renfort en faisant son signalement, mais ils n’étaient que deux à s’être déplacés. Ça le rendait furieux.
« Vous tenez de l’alcool, par hasard ? »
« Oui ? »
« Nous avons vu votre signalement : vous disiez avoir aperçu quelqu’un d’étrange. On s’est dit que vous étiez peut-être ivre. »
« …… »
Ras faillit les insulter copieusement, mais se retint. Il appartenait à la classe des Bas-Capital. S’il avait été un Capital moyen, les policiers n’auraient jamais osé se montrer aussi impolis. Eux aussi étaient des Bas-Capital, mais ils travaillaient pour le gouvernement et occupaient donc une position supérieure. Voilà pourquoi ils se comportaient ainsi.
Bien sûr, Ras traitait lui-même les Non-Capital inférieurs comme des chiens. Mais la plupart des gens n’étaient-ils pas comme ça ? Ils oubliaient ce qu’ils avaient fait et ne se souvenaient que de ce qu’on leur avait fait subir. C’était désagréable.
« Puisqu’un signalement a été fait, nous devons vérifier. Ouvrez la porte, s’il vous plaît. »
« Pff… D’accord, oui. »
Ras soupira et entra son code. La porte s’ouvrit, et les policiers pénétrèrent dans son appartement.
En découvrant l’état des lieux, difficile à décrire comme ne serait-ce qu’un tant soit peu propre, les policiers claquèrent la langue.
« Eh ben, quel taudis ! »
« Franchement, vous pourriez ranger un peu. »
Sans tenir compte des regards agacés de Ras, ils secouèrent la tête. L’un des policiers inspecta la salle de bains, tandis que l’autre vérifiait le balcon.
« Rien de particulier ? »
« Bien sûr que si ! »
« Regardez. Il n’y a personne dans la salle de bains non plus. »
Le policier ouvrit la porte de la salle de bains pour le lui montrer, mais elle était vide. Seules la baignoire sale et les toilettes à la propreté douteuse accueillirent le propriétaire.
« Mais… c’est impossible… ! »
Ras eut beau regarder partout, il ne trouva aucune trace de monstre. Même en ouvrant les rideaux du balcon, il ne vit que l’obscurité qui recouvrait les environs.
« On vérifie le réfrigérateur ? »
Le policier posa la question d’un ton presque moqueur. Ras hocha la tête. Le policier ouvrit le réfrigérateur avec un petit rire.
À l’intérieur, à part un sandwich qui semblait entamé, il n’y avait que des bouteilles d’alcool synthétique.
« Bon, vous devriez peut-être boire avec modération. »
« C’est impossible ! Je l’ai vu de mes propres yeux ! »
« Tss, si vous êtes un cyborg, vous devriez commencer par remplacer vos yeux. »
Malgré les remarques insultantes des policiers, Ras n’en avait cure. Il était sceptique et ne croyait ni aux fantômes ni au surnaturel, mais la situation qu’il vivait était si bizarre qu’il peinait à y croire.
« Je ne l’ai pas quitté des yeux jusqu’à l’arrivée de la police… »
Il se demanda si le monstre était sorti par la fenêtre, mais rien n’indiquait qu’elle avait été ouverte ou fermée. De plus, si un monstre avait rampé dehors, il aurait été difficile pour les habitants des immeubles voisins de ne pas le remarquer.
« L’autre appartement a signalé ça à… »
« Hé, vous êtes le seul à avoir appelé. Reprenez-vous. »
« C’est impossible… ! »
Au cri de Ras, un grand bruit retentit contre le mur de l’appartement voisin.
Boum ! Boum !
Le bruit venant de chez le voisin fit froncer les sourcils aux policiers. Leur expression indiquait clairement qu’ils n’avaient aucune envie de rester plus longtemps dans un endroit pareil.
« Bon, nous avons vérifié : il n’y a rien dans l’appartement. Nous ne pouvons rien faire de plus. »
« Mais… c’est ridicule… »
« Nous étions en patrouille quand nous avons reçu votre signalement. Si vous rencontrez d’autres problèmes, rappelez-nous. »
Sur ces mots, les policiers s’en allèrent.
Seul dans son appartement, Ras s’affala sur son lit. S’il faisait un nouveau signalement, ils enverraient probablement les mêmes policiers, et la situation se répéterait.
« Merde, est-ce que je me suis vraiment trompé ? Ou est-ce qu’il est parti entre-temps ? »
Les policiers ne s’étaient pas montrés très aimables, mais ils avaient fouillé tous les endroits possibles. La salle de bains, le balcon, jusqu’au réfrigérateur. Il n’y avait aucun endroit où un monstre aurait pu se cacher.
« Bon, juste au cas où… »
Tremblant, Ras s’approcha de la salle de bains. La porte qu’il ouvrait et franchissait tous les matins lui sembla étrangère aujourd’hui. Il déglutit et l’ouvrit en grand.
Tout était comme il l’avait constaté auparavant. Un cafard s’enfuit en trombe, effrayé, et disparut dans la bonde en voyant Ras.
« … »
Ses sinistres pressentiments ne s’étaient pas réalisés. Après avoir vérifié le balcon à son tour, Ras se sentit enfin soulagé.
« Ouf, merde. J’étais en train de perdre la boule ? Ou est-ce qu’il est parti ? »
Les cyborgs n’employaient pas des expressions aussi imagées que « perdre la boule », mais Ras était sincère.
Il sortit une bouteille d’alcool synthétique du réfrigérateur et alluma la télévision virtuelle. Des images holographiques de femmes peu vêtues dansaient à l’écran tandis qu’il savourait sa boisson. À chaque gorgée, il sentait son esprit s’apaiser.
Après avoir fini sa bouteille d’alcool synthétique, Ras réfléchit. Il devait retourner travailler dans quelques heures et, s’il abusait de la boisson, il risquait d’avoir mal à la tête toute la journée.
« Pff, depuis quand je m’inquiète de ça ? »
L’alcool le tentait, mais il était également persuadé qu’il ne pourrait pas dormir sans être ivre.
Il vida une autre bouteille, puis s’écroula sur son lit. Son appartement était petit, mais il s’était acheté un lit relativement grand parce qu’il voulait dormir comme un Capital supérieur.
« Ça fait du bien. »
Le grand lit moelleux l’enveloppa. L’ivresse et le confort l’envahirent peu à peu.
« Demain, après le boulot, je choisirai une femme qui ressemble à la chef d’équipe. »
Il s’était juré d’oublier tout le stress qu’elle lui avait causé en le faisant travailler tard, mais un bruit étrange lui parvint alors aux oreilles.
De l’appartement du dessous, il entendait traîner un objet lourd.
Grrr ! Grrr ! Grrr !
« Ce cinglé pourrait pas faire ça en journée, au lieu de s’y mettre en pleine nuit ? »
Il marmonna des insultes et essaya de se rendormir. Alors qu’il sombrait dans le sommeil, il se souvint d’un détail important.
Personne n’habitait dans l’appartement du dessous.
Grrr ! Grrr ! Grrr !
« … »
Comme si on lui avait versé de l’eau glacée dessus, Ras se réveilla d’un coup. Il voulait croire que le bruit venait d’un autre appartement, mais il résonnait trop près, avec une insistance agaçante. On aurait dit que quelque chose se cachait juste sous son grand lit.
La créature qu’il avait aperçue plus tôt. Il l’avait d’abord trouvée énorme, mais en y repensant, elle ne l’était pas.
Sans compter la queue, elle ne faisait que les deux tiers de la taille d’un homme adulte. Pour être précis, elle était juste assez grande pour se glisser sous un lit.
Grrr ! Grrr ! Grrr !
En comprenant cela, Ras se mit à trembler de façon incontrôlable, comme saisi d’un frisson glacé. Il pria de toutes ses forces pour que ce ne soit qu’une nouvelle hallucination.
Quand il rouvrit les yeux, il se retrouva dans sa chambre familière et baissa le regard vers le sol.
Là, seule sa tête dépassant du dessous du lit, la créature affichait un sourire grimaçant qui dévoilait ses dents.
***
Gary ne parvenait pas à dormir à cause de son voisin, qui n’arrêtait pas de crier.
« Espèce de taré, cette fois, je ne laisserai pas passer ça », marmonna Gary en sortant furieux de chez lui. Il frappa violemment à la porte du voisin.
« Hé, espèce d’enfoiré ! Sors tout de suite… Hein ? C’est quoi, cette odeur ? » Gary fronça les sourcils en tambourinant sur la porte. Une senteur indescriptible l’intriguait, mélangeant une odeur métallique qui évoquait une quincaillerie et un parfum de phéromones inexplicable.
« Pourquoi ça sent le métal en pleine nuit ? » se demanda Gary à voix haute. Soudain, la porte s’ouvrit.
« C’est la nuit, pourquoi tu fais autant de bruit ? Tu as acheté l’immeuble ou quoi ? » lança Gary.
« Je vous prie de m’excuser. » Ras, l’homme qui habitait à côté, s’excusa en réponse à la colère de Gary. Celui-ci avait prévu de l’injurier copieusement, mais il n’y parvint pas. Quelque chose clochait chez Ras. Ils s’étaient croisés quelques fois auparavant, et Gary avait une idée générale du genre de type qu’il était. Mais le Ras qui se tenait devant lui ne se comportait clairement pas normalement.
« Qu… qu’est-ce qu’il a, ce type ? » songea Gary. Ras le fixait sans ciller, le visage inexpressif, et Gary en resta sans voix.
« Hé, euh… il est tard. Ce serait bien que tu fasses un peu plus attention », finit par dire Gary.
« Je vous prie de m’excuser. »
« Bon. Fais gaffe, la prochaine fois. »
Ras continuait à répéter ses excuses comme une machine déréglée, et Gary n’avait plus qu’une envie : partir au plus vite. Il lâcha un avertissement vague et rentra chez lui. Il n’entendit donc pas les mots que Ras prononça derrière lui.
« La prochaine cible est choisie. »
***
Après avoir renvoyé le voisin, je rentrai chez moi et trouvai le Numéro 26 en train de fouiller dans le réfrigérateur. Il s’enfourna les sandwichs les uns après les autres.
[ZZZ ZZZZZZ ZZZZ ZZZ ZZZZZ (Tu as faim ? Tu veux manger ?).]
「Je veux manger beaucoup.」
Je laissai le Numéro 26 chercher de quoi manger à sa guise, puis ramassai l’un des bras qui traînaient sur le sol.
« Ce n’est pas bon. »
Étonnamment, Ras était la deuxième chose la moins savoureuse que j’avais mangée jusque-là. Sa chair portait une odeur d’alcool et une puanteur de viande avariée, comme si elle avait pourri depuis des lustres. Si je ne comptais pas les barres caloriques, qui n’avaient aucun goût, Ras était ce qu’il y avait de moins appétissant.
« Il semblerait qu’il y ait un lien entre la santé et le goût. »
Il n’avait pas l’air de manger sainement, et je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter à l’idée de dévorer d’autres créatures du même genre dans cet immeuble.
« Enfin, il va falloir que je me force. »
Si je voulais évoluer, je devais au moins manger ce cyborg. Un message s’afficha dans la fenêtre de texte pour saluer mes efforts.
[Les conditions d’évolution de « Metamorph » à « Pré-Saint » sont remplies. Souhaitez-vous évoluer ?]
À l’origine, j’avais prévu de terminer sur le vaisseau de recherche de MegaCorp, mais j’avais apparemment fait beaucoup de chemin depuis.
[ZZ ZZZZ ZZZZ ZZZZZ ZZ (Je vais devenir un œuf pendant un moment)]
「Un œuf ? Mais tu n’es qu’un bébé, pourquoi tu deviens un œuf ?」
[ZZZZ ZZZZZZ ZZ (Pour grandir.)]
「Un bébé va devenir un grand bébé ?」
[ZZ ZZZ ZZZZ (Oui, ne t’inquiète pas.)]
Au cas où le Numéro 26 serait surpris, je l’en informai d’abord, puis acceptai l’évolution.
Le moment était venu de profiter de la majesté de mon corps subadulte, dont j’avais brièvement goûté les sensations grâce au Psyonium.