Chapitre 305
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 304
Le maître du Culte et le loup à tête de léopard qui m’avaient offert cette expérience revigorante…
D’après ce que savait même le commis insectoïde, ce maître du Culte semblait être une personnalité assez importante dans le coin. Vu la foule et les regards indiscrets qui encombraient ce quartier animé, une attaque immédiate n’était pas idéale.
C’est pourquoi je prévoyais de leur offrir une conversation plus intime, plus tard dans la soirée.
En attendant, je me rendis dans l’autre boutique que le commis insectoïde m’avait recommandée. Malheureusement, je ne trouvai aucune trace du Coldblood classé vingt-deuxième.
« Ils ne sont peut-être pas dans cette ville. »
Il était peu probable que le numéro vingt-deux ait quitté Berzan-02. Échapper à la surveillance étroite de cette planète ne serait pas chose facile. Sans compter qu’une tentative de fuite ratée pourrait le livrer directement à Jason et à la Faction dirigeante.
Il se trouvait donc quelque part sur cette planète. Mais savoir s’il était dans ce quartier — ou dans cette ville — était une tout autre question.
« Je savais que ça prendrait du temps. »
C’était précisément pour cela que j’avais déjà préparé une cachette. Inutile de me précipiter.
« Rentrons pour l’instant. »
「Attends.」
Alors que je m’apprêtais à regagner la cachette pour me préparer à la soirée, Mère du ciel m’arrêta.
« Qu’y a-t-il ? »
「Je dois acheter des vêtements.」
« À cause de lui ? »
「En partie. Mais rester comme ça risque aussi de poser problème.」
Elle se gratta le bec d’un air agacé.
À vrai dire, le comportement du maître du Culte était une exception. Les esclaves étaient reconnaissables aux colliers d’argent qu’ils portaient au cou, pas à leur nudité.
En outre, ses tatouages noirs ondulés indiquaient clairement ses origines. Aux yeux de la plupart des gens, elle avait l’air d’une membre libre de la tribu des Loups.
« Cela dit… »
Les membres du Culte étaient fiers et inébranlables dans leurs convictions. À leurs yeux, Mère du ciel devait passer pour une sauvage, une créature sans éducation. Peu de gens se comporteraient aussi ouvertement que ce maître du Culte, mais le risque de rencontrer d’autres situations gênantes n’était pas nul.
「Tant qu’on est là, autant que je mette quelque chose. Je ne veux pas avoir encore affaire à des nuisibles comme lui.」
« Moi non plus, je ne porte rien. »
「Ne dis pas de bêtises. Grâce à ton mimétisme, tu as l’air d’un membre ordinaire du Culte.」
« Je plaisantais. Allons faire encore un peu les boutiques. »
Nous quittâmes le marché aux esclaves et l’accompagnai dans un magasin de vêtements. Nous y choisîmes une robe semblable à la stola que portaient souvent les femmes de haut rang du Culte. Cette tenue, généralement réservée aux nobles lorsqu’elles sortaient, garantirait que personne n’ose plus la prendre de haut.
「…Ça fait bizarre de remettre des vêtements.」
Elle remua, peu habituée à sentir le tissu envelopper son corps.
Mère du ciel, qui avait dégagé l’aura d’une guerrière sauvage, rayonnait à présent d’un tout autre charme. Le tissu souple soulignait sa silhouette athlétique et mettait en valeur les courbes naturelles de son corps, jusque-là dissimulées.
« Tu es superbe. Ça te va bien. »
「Pff, ça se déchirera dès que je me transformerai.」
« Alors tu ferais mieux de l’enlever avant de te transformer. »
「Au beau milieu d’un combat ? Tu ferais ça, toi ?」
Elle grommela, mais ses yeux ambrés s’adoucirent légèrement. Elle n’avait pas l’habitude de porter à nouveau des vêtements, sans pour autant les détester.
Vêtus de sa nouvelle tenue, nous regagnâmes la cachette où Charas nous attendait.
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« Maître, j’ai découvert où est allé cet individu. »
Dans une pièce d’un luxueux manoir, le loup à tête de léopard mit fin à son appel et fit son rapport à un jeune homme du Culte.
L’homme aux cheveux argentés et aux cornes semblables à celles d’un yak se nommait Alqadi.
Capitaine du vaisseau amiral impérial de classe Défenseur de Berzan-02 et plus grand propriétaire d’esclaves du quartier de la Lumière, Alqadi n’était pas un inconnu.
En tant que frère aîné d’Alshas, capitaine d’un Vaisseau-mère impérial, Alqadi jouissait d’une fortune et d’une influence qui avaient fait de lui un nom familier dans le quartier. Même dans les cercles politiques de Berzan-02, il était difficile d’ignorer son pouvoir.
Pourtant, au sein de la noblesse du Culte, sa réputation était bien moins enviable, en grande partie à cause de son passe-temps singulier : une obsession maladive pour la collection d’esclaves.
Sa collection couvrait tout le spectre : des esclaves d’une beauté exceptionnelle, d’une immense puissance au combat ou d’une intelligence remarquable. Il allait jusqu’à convoiter ceux qui avaient déjà un maître, déterminé à les acquérir à n’importe quel prix.
Posséder des esclaves était une liberté individuelle dans la société du Culte, mais les agissements d’Alqadi franchissaient une limite, surtout aux yeux de la noblesse conservatrice. Son comportement était si extrême que même son frère, pourtant fin politique et conseiller de premier plan de la faction réformiste, l’avait un jour supplié d’arrêter.
Pendant quelque temps, Alqadi s’était retenu — jusqu’à aujourd’hui, où il avait croisé un individu singulier dans une boutique du coin.
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« Comme vous le soupçonniez, cet homme n’est pas un artilleur. Il loge dans les ruines d’une station de bus flottant », rapporta le loup à tête de léopard.
« Comme je le pensais. »
Alqadi hocha la tête d’un air triomphant, un sourire suffisant aux lèvres.
« Il n’y a pas un seul soldat sur cette planète qui ne me reconnaîtrait. »
En tant que frère du capitaine du vaisseau amiral impérial de Berzan-02, Alqadi ne pouvait imaginer qu’un guerrier ne sache pas qui il était, encore moins un artilleur.
De plus, Alqadi possédait une arme secrète : un bracelet discret que son frère lui avait offert, par crainte des tentatives d’assassinat de ses rivaux politiques. Il avertissait son porteur de la présence de menaces cachées à proximité, sans toutefois préciser leur nature ni leur identité.
Le bracelet avait signalé l’artilleur suspect en question, qui n’avait pas reconnu le visage d’Alqadi. Cela suffisait à confirmer que l’individu n’était pas normal — peut-être même un membre du Culte du Vortex, l’insidieux ennemi de l’Empire.
Et si c’était le cas, n’était-il pas parfaitement justifié de s’emparer de la belle esclave louve qui l’accompagnait ?
« J’enverrai des guerriers sur place ce soir », poursuivit le loup à tête de léopard.
« Bien. Ne tuez pas le maître. Amenez-le-moi plutôt. S’il s’agit vraiment d’un infiltré du Vortex, nous le livrerons au Conseil des Prophètes. »
« Compris. »
« Oh, et pour cette louve… Veillez à ce qu’elle ne soit pas blessée. »
Les yeux d’Alqadi brillèrent d’une lueur affamée et inquiétante tandis qu’il se remémorait la louve. Il avait vu d’innombrables esclaves louves, mais aucune n’était aussi radieuse et saisissante que celle qui accompagnait l’étranger.
Son pelage doré scintillait comme du novamétal poli, ses muscles finement sculptés s’entrelacaient comme des brins d’acier trempé et ses yeux brillaient comme de minuscules soleils.
Rien chez elle n’avait quoi que ce soit d’ordinaire. Alqadi ne pouvait qu’imaginer l’extase qu’il éprouverait à partager le lit d’une créature aussi magnifique.
Tandis qu’Alqadi se délectait de ses fantasmes, le loup à tête de léopard, redevenu sérieux, ajouta : « Maître, elle semble très douée. Si je ne participe pas à l’opération, les pertes risquent d’être lourdes. »
« Tu la crois si forte que ça ? »
Le loup à tête de léopard était le plus redoutable guerrier d’Alqadi. S’il se montrait prudent, cela en disait long sur les capacités de la louve.
« Une gladiatrice aussi forte que belle, dis-tu ? Elle n’en est que plus désirable. Vas-y toi-même et occupe-toi de l’affaire », ordonna Alqadi.
« Oui, maître. »
Quand le loup à tête de léopard fut parti, Alqadi fit venir plusieurs autres esclaves. Même tandis qu’ils s’occupaient de lui, ses pensées restaient fixées sur la louve au pelage doré.
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Le temps passa et la nuit tomba sur Berzan-02.
Mais ici, la nuit n’était qu’une notion relative. Les deux soleils du Système stellaire Aur faisaient que Berzan-02 ne connaissait presque jamais de véritable obscurité.
Des deux soleils, l’un était plus brillant et plus imposant ; l’autre, plus faible, diffusait une lueur discrète. Le Culte définissait le jour par la présence du soleil le plus brillant et la nuit par l’apparition du plus faible.
Cette « nuit », baignée d’une faible lumière solaire, servit de toile de fond aux événements à venir.
C’était maintenant l’heure où se levait le Soleil sombre, l’étoile compagne.
« Je ferais mieux d’y aller ? »
Le Culte, comme les humains, avait besoin de dormir pour survivre. La nuit, ses membres regagnaient leurs foyers pour se reposer. À présent, le propriétaire du Culte que je surveillais devait soit se préparer à quitter sa boutique, soit être déjà sur le chemin du retour.
「Où vas-tu, petit ?」
[ZZZ ZZ (J’ai quelque chose à faire)]
「Quelque chose à faire ?」 「Quoi donc ?」
Adhai, qui profitait d’un bain de sable, enfouie dans le sol, releva la tête.
[ZZ ZZ ZZZ ZZZ (J’ai repéré une proie plus tôt dans la journée)]
「Quand tu reviendras,」 「rapporte-nous」 「un cadeau.」
「Oui, moi aussi, je veux un cadeau ! Comme celui que le petit nous a donné !」
[ZZZZ (Si possible)]
Plus tôt dans la journée, quand Mère du ciel était arrivée vêtue, ces créatures avaient manifesté un intérêt inattendu.
Adhai s’était moquée de l’esthétique douteuse des « vêtements de nains », Numéro 26 avait exigé de savoir pourquoi il n’en avait pas reçu, et même PS-111, qui avait tout observé par l’intermédiaire du MPS-05 dans mon sac, réclamait désormais du matériel génétique de meilleure qualité.
« Je ne sais même pas pourquoi celui-là s’en est mêlé. »
Face aux plaintes enjouées d’un Démon marin et d’un Gallagon, je leur avais promis des cadeaux.
« De toute façon, je comptais leur implanter quelques Traits après en avoir obtenu de nouveaux.
Ce n’est pas sans rapport avec la raison pour laquelle je sors maintenant. Si je leur rapporte de bons Traits, ils seront contents. »
[ZZ ZZ (D’accord, j’y vais)]
« Fais attention. S’il te plaît, fais attention ! »
Je pris le MPS-05 et sortis.
Au-delà de l’entrée s’étendait le Royaume des sables sertis de rubis.
La faible lueur se reflétait sur le sable cramoisi et baignait le monde entier d’une profonde teinte cerise. J’avais beau avoir vu ce spectacle quelques fois dans le jeu, le contempler en vrai était une tout autre expérience.
« Dans le jeu, c’était sinistre. »
Certains joueurs n’aimaient pas que le monde soit entièrement teinté de rouge la nuit.
Pourtant, malgré son atmosphère inquiétante, le paysage qui s’offrait à moi était d’une beauté à couper le souffle. Une beauté destructrice. Voilà à quoi ressemblait la nuit sur Berzan-02.
Je filai à travers les rues couvertes de sable cramoisi. Mon abri s’éloigna rapidement derrière moi, tandis que des bâtiments ensevelis sous le sable s’étendaient de tous côtés.
Mes quatre pattes s’activaient sans relâche, tandis que l’Organe sensoriel sous ma mâchoire scrutait les bâtiments à la recherche du moindre mouvement.
Avec le changement de soleil, la température des rues avait chuté à un niveau sans commune mesure avec la chaleur diurne. À moins d’être enfoui dans le sable comme Adhai, mieux valait ne pas errer dans ces rues abandonnées.
Comme prévu, je ne détectai aucun signe de vie dans les bâtiments.
« Personne, ici… hein ? »
À peine rassuré, je détectai quelque chose grâce à mon Organe sensoriel. Un groupe se dirigeait vers moi.
Je m’enfouis dans le sable avec le MPS-05.
Quelques instants plus tard, des silhouettes suspectes apparurent, le visage dissimulé. Vêtues de combinaisons renforcées et armées de diverses armes, elles passèrent juste à côté du tas de sable où je me cachais.
Lorsqu’elles furent assez loin pour disparaître de mon champ de vision, je sortis du sable.
Je les reconnus malgré leurs visages masqués. En tête du groupe marchait le loup à tête de léopard que j’avais rencontré dans la journée.
Ils se dirigeaient droit vers mon abri.
« Ah. »
Il était évident que ces esclaves lourdement armés en avaient après quelque chose. Leur maître n’avait pas renoncé à Mère du ciel.
« Alors, c’est comme ça que tu veux jouer ? »
La nouveauté de cette situation s’était dissipée au bout d’un moment. Les voir agir ainsi me déplut profondément.
Non, ça me rendit furieux.
[ZZZ ZZZ ZZZZ ZZ (Préviens les autres qu’une proie arrive)]
« Confirmé. Ennemi. Confirmé ! »
[ZZZ ZZZ ZZZ ZZZ ZZ ZZZ ZZZ ZZZ (Laissez-en un en vie. Nous devons savoir où se trouve leur maître.)]
« Un. Laisser en vie. »
Après avoir transmis l’ordre à PS-111 par l’intermédiaire du MPS-05, je repartis en courant vers les rues lumineuses.
Inutile de retourner à l’abri. Les autres se chargeraient d’anéantir ceux qui s’y rendaient. Je n’avais qu’à découvrir où se trouvait leur maître et agir vite.
« Je me demande à quel point cet individu se croit exceptionnel. »
Voilà longtemps que je n’avais pas ressenti un tel déplaisir.
Voyons s’il continuera sa comédie après m’avoir affronté en personne.
S’il ose encore se comporter ainsi, même avec des parasites en train de lui creuser le crâne…
Avant la fin de la journée, il paiera pour ses actes.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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