Chapitre 297
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 296
Le lendemain de ma chasse au Giganterium, je quittai le nid sans personne.
Ham Ort m’avait expliqué que ma présence ne serait pas particulièrement nécessaire pour la prochaine chasse. Avec les capacités d’Adhai, le groupe rentrerait probablement sans encombre.
Adhai avait pris la tête de la chasse, et 26 était occupé à jouer avec les petits.
Le jeu n’entrait pas dans les détails, mais je compris alors que les Gallagons bleus étaient incroyablement curieux. Quand ils ne mangeaient pas ou ne se reposaient pas, ils exploraient sans cesse les environs à la recherche de nouveautés susceptibles d’attiser leur intérêt. Tant qu’ils restaient dans les grottes du canyon, tout allait bien ; mais certains essayaient de s’aventurer dehors, ce qui posait problème.
Entre les parois du canyon coulait une rivière d’acide bouillante, conséquence de l’activité géothermique. À la différence des Gallagons blancs ou verts, les Gallagons bleus avaient des écailles plus souples, qui subiraient de graves dégâts au contact de la rivière.
Les Gallagons chargés de s’occuper des petits avaient donc bien du mal à canaliser leurs protégés turbulents… jusqu’à l’arrivée de 26.
Grâce à ses tentacules mutants nouvellement acquis, 26 captiva la curiosité des jeunes Gallagons. Ceux-ci se transformaient constamment pour prendre de nouvelles formes et servir de jouets aux petits. Ils en étaient fascinés.
« Et en prime, ça leur transmet des pouvoirs psychiques. »
Adhai et 26 étant tous deux occupés, je décidai de me rendre seul au PS-111.
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Après avoir quitté le canyon, je m’envolai dans la direction opposée à celle que j’avais prise la veille. En contrebas, j’aperçus des plantes qui ressemblaient à d’immenses pleurotes, dont les chapeaux culminaient à plusieurs dizaines de mètres.
Je réajustai la position de mes bras-ailes, piquai vers le sol et arrachai un morceau du sommet d’une de ces plantes étranges à l’aide de mes membres de combat. Je le réduisis en pulpe, puis le lançai dans ma bouche centrale.
« Hmm. »
Elle avait beau ressembler à un champignon, son goût n’avait rien à voir.
Sa saveur rappelait un mélange de lait d’amande et de lait de soja, avec des notes fruitées. Ce n’était pas mauvais, mais l’excès d’humidité lui donnait une texture peu satisfaisante.
« Au moins, c’est nourrissant. »
J’avais vu les Gallagons en donner aux petits avec leurs pouvoirs psychiques ; je comprenais maintenant pourquoi.
Comme leur nouvel environnement différait tant de leur ancien habitat, élever les petits devait être difficile. Heureusement, la nourriture abondante et nourrissante empêchait quiconque parmi eux de souffrir de malnutrition.
« J’espère qu’ils aiment le goût. »
Satisfait, je poursuivis ma dégustation des plantes alentour, en arrachant des morceaux avec mes membres de combat et mes pattes. J’en donnai aux deux têtes qui se trouvaient de part et d’autre de moi, tout en avançant tranquillement.
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Peu à peu, du givre se déposa sur les membranes de mes ailes et ma carapace. En regardant en bas, je remarquai que les plantes vivantes se faisaient plus rares. Le plafond glacé, au-dessus de moi, était désormais orné d’immenses stalactites, dont certaines dépassaient même ma taille.
Cette région se distinguait des autres par ses couches de glace plus minces. La raison m’attendait plus loin : une structure artificielle se dressait au milieu de ces terres désolées et gelées.
Une tour renversée, penchée comme la tour de Pise, se dressait seule sur le sol glacé et dépourvu de vie.
C’était l’épave du vaisseau de soutien des Hurleurs que nous avions récupérée après avoir vaincu Pira Eleven. Il s’était écrasé sur cette planète à la suite de notre bataille contre l’Essaim de gorgones. Toute la partie arrière avait été détruite, et les murs extérieurs étaient criblés de trous irréparables.
Malgré son état délabré, le vaisseau de soutien émettait une faible lueur, comme pour souhaiter la bienvenue à son propriétaire, absent depuis si longtemps.
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J’entrai par l’énorme brèche à l’arrière. À l’intérieur, les lumières encore en état de marche clignotaient, comme pour me saluer.
« Le PS-111 doit déjà savoir que je suis là. »
Après la bataille contre l’Essaim de gorgones, le PS-111 avait transformé l’épave en relais de communication de fortune, afin de pouvoir gérer efficacement tous les vaisseaux et engins que nous pourrions acquérir à l’avenir.
La décision s’était révélée judicieuse. Incapable d’atterrir sur cette planète, le Gigacracker était désormais en orbite, piloté à distance. Sans le relais, le PS-111 aurait dû rester dans l’espace pour le superviser.
Je repliai mes bras-ailes, abaissai mon corps et rampai dans la structure inclinée. Je supposai que le PS-111 se trouverait dans la salle de contrôle et me dirigeai vers le bas. Mais les lumières s’éteignirent à mi-chemin.
« Pas dans la salle de contrôle ? »
Le couloir devant moi était plongé dans le noir. Juste avant que les lumières ne s’éteignent complètement, j’avais aperçu un panneau indiquant la fonction de cette zone.
« Zone de production. »
À bien y réfléchir, cet endroit se trouvait près des installations de stockage des échantillons génétiques et des conteneurs cryogéniques. La zone de production devait servir à fabriquer des Hurleurs à partir des matériaux entreposés là-bas.
« Il prévoit de modifier encore son corps ? »
Il ne restait plus aucun échantillon génétique dans le vaisseau.
« Autant aller voir. »
Je rampai un peu plus loin et poussai de mes bras-ailes une porte d’acier entrouverte. Des éclats de glace tombèrent en cascade tandis que j’entrais, accueilli par les lumières tamisées et vacillantes de la pièce.
La zone de production baignait dans une atmosphère sinistre et désolée.
Les panneaux avaient été arrachés du plafond et des murs, laissant apparaître l’ossature d’acier et les tuyaux. Des câbles gelés s’étalaient en désordre sur le sol, formant un amas inextricable.
Au milieu de ce décor inquiétant, des équipements de production improvisés fonctionnaient de manière rudimentaire, presque désespérée. Le claquement de l’acier, les étincelles qui jaillissaient parfois des raccords de tuyauterie et la cacophonie ambiante donnaient à l’endroit des airs de laboratoire cauchemardesque.
Au centre de cette scène troublante se tenait la créature.
Sa silhouette évoquait un croisement entre une araignée et un scorpion. Son corps, long de sept mètres, était recouvert d’une carapace métallique durcie. Huit pattes partaient de son tronc, chacune terminée par une arme différente.
L’une d’elles se terminait par une sorte de main humaine dont les doigts avaient été remplacés par des griffes crochues. Une autre portait une lame semblable à une machette. Toutes étaient hérissées de pointes acérées, manifestement conçues pour trancher, déchirer et broyer.
Son corps était monstrueux, mais son visage avait quelque chose d’étrangement beau.
Une face féminine, pâle et couleur chrome, à l’allure humanoïde, trônait au sommet de son imposante carcasse. Des câbles pendaient comme des cheveux et ondulaient légèrement. Ses yeux rouges lumineux et les quatre câbles qui lui sortaient du menton lui donnaient une apparence à la fois inquiétante et fascinante.
Ce visage saisissant pivota de cent quatre-vingts degrés vers moi.
« Tu es arrivé », dit-il.
Le PS-111, dont le cou et le dos étaient hérissés de câbles, m’accueillit d’un léger hochement de tête.
[ZZ ZZZ ZZZZ (Je croyais que tu étais en train de te modifier ?)]
« Non, je suis venu faire une expérience. »
[ZZ (Une expérience ?)]
J’avançai prudemment, en évitant les câbles et les fils gelés sous mes pieds. Devant la créature se trouvait quelque chose qui me disait vaguement quelque chose.
« Attends, c’est… ? »
« Un modèle télécommandé, expliqua le PS-111, qui avait deviné ma question. J’ai utilisé des matériaux récupérés sur le Gigacracker et les ai combinés à des organismes locaux. »
J’avais cru qu’il était en train de poursuivre ses propres modifications, mais je m’étais trompé. Le PS-111 construisait un corps de Hurleur à partir des plans de l’ordinateur de bord.
Et pas n’importe quel Hurleur…
Celui-ci avait bien peu de choses en commun avec ceux que j’avais affrontés auparavant. En fait, il ressemblait à une ancienne version du PS-111 lui-même. La construction n’était pas achevée — il n’y avait qu’un visage et une partie du corps —, mais il était évident que le modèle final reprendrait de près la silhouette du PS-111.
[ZZZZZZZ (Un modèle télécommandé ?)]
« Oui. Avec un corps que je peux contrôler à distance, je pourrai accomplir bien plus. »
Après son explication, le PS-111 se pencha vers le corps du Hurleur.
Il s’approcha assez pour embrasser le visage inachevé, qui ressemblait au sien. Les câbles sous son menton se tendirent d’eux-mêmes vers les connecteurs du nouveau corps.
Les câbles se relièrent dans une petite gerbe d’étincelles, et le corps du Hurleur tressaillit comme sous l’effet d’une décharge électrique.
Le PS-111 tapota doucement la tête du corps. Ses yeux, des lentilles de caméra rougeoyantes, s’ouvrirent, clignèrent plusieurs fois, puis se fixèrent sur moi.
« Cal, calibr, ation, term, inée. Qu’en, penses, tu ? »
Sa voix grésilla, déformée au début, mais se stabilisa rapidement.
« Calibrage terminé. Qu’en penses-tu ? »
[ZZ ZZZ ZZ ZZZZZ (Tu as construit ça si vite ?)]
« J’ai procédé à une rétro-ingénierie de la structure de mon propre corps et reproduit mes tissus cellulaires. Avec des installations adéquates et davantage de temps, je pense pouvoir encore améliorer ses performances générales. »
Il était à la fois fascinant et dérangeant de regarder le prototype du Hurleur, si semblable au PS-111, tressaillir légèrement en s’adaptant à ses nouveaux systèmes. C’était le reflet de son créateur, prêt à étendre la portée du PS-111 au-delà de ses limites actuelles.
La créature s’exprimait avec modestie, mais de mon point de vue, il était impossible de ne pas être impressionné.
Fabriquer un Hurleur était un projet de longue haleine ; même dans le jeu, cela prenait des semaines. Dans la réalité, il faudrait probablement des mois, voire des années.
Et pourtant, la créature était parvenue à produire une réplique, même incomplète, dans des conditions loin d’être idéales. Rien que cela était remarquable.
[ZZZ ZZ Z ZZZ ZZ (Il n’a pas l’air d’avoir conscience de lui-même.)]
« Exact. On a jugé inutile de lui donner la capacité de fonctionner de façon autonome ; il n’a donc pas reçu de pensée indépendante. Il fonctionne uniquement à partir des signaux électriques que je lui envoie. »
« Au, to, no, mie, non, né, ces, saire, fonc, tion, ne, ment, inu, tile. »
[ZZ ZZZ ZZ ZZZZ (Donc, c’est un modèle télécommandé.)]
À première vue, ce Hurleur était essentiellement un terminal qui ne bougeait que sous le contrôle de la créature. À en juger par sa façon de reprendre les pensées de son créateur, il semblait ne fonctionner qu’en synchronisation avec son esprit.
Bien sûr, il était encore trop incomplet pour être vraiment considéré comme un Hurleur, mais ce n’était qu’un prototype. Avec le temps, des Hurleurs aussi performants que le PS-111 pourraient se répandre.
[ZZZZ ZZ ZZZ ZZZZ (Impressionnant. Alors, il est terminé ?)]
« Il me faudra encore du temps pour le terminer. »
« Ter, ter, ter, miner, il faut, en, core, du, temps. »
[ZZ ZZZ (C’est vraiment impressionnant.)]
« Non, pas du tout. »
« N, non, non, c’est, c’est, vrai ! Mer, merci ! C’est, trop bien… »
« Erreur détectée dans le module de synchronisation vocale. Des ajustements supplémentaires sont nécessaires. »
La créature se retourna brusquement vers la réplique défectueuse et entreprit de la recalibrer. À ses ordres, les bras mécaniques répartis dans la salle de production se mirent en mouvement et modifièrent le corps du « modèle télécommandé ».
En observant la scène, une idée me traversa l’esprit.
Le Monolithe de la Double Hélice, une récompense obtenue en accédant au rang de Monstre cosmique de type 2.
Il permettait de greffer jusqu’à deux Traits généraux sur un organisme allié, à l’exclusion des Traits uniques.
Depuis que j’avais obtenu cette capacité, je n’avais pas encore testé son fonctionnement. L’incertitude quant aux éventuels effets secondaires m’avait retenu.
Mais ce Hurleur…
Pouvait-il faire office de cobaye ?
Ce n’était pas une mauvaise idée.
Comme le Hurleur avait été conçu et était contrôlé par le PS-111, il serait facile de surveiller le fonctionnement des Traits que je lui transférerais. Même en cas d’effets secondaires, je pourrais simplement m’en débarrasser et limiter les risques.
Perdre un Trait était regrettable…
Mais c’était préférable à risquer de faire du mal à l’un des autres.
Une fois ma décision prise, je m’adressai au PS-111.
Je lui dis que je voulais faire une expérience.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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