Chapitre 272
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 271
« Tout le monde, repliez-vous ! Gaaah ! »
« La retraite est coupée ! »
Un cyborg doté de cinq bras supplémentaires poussa un hurlement et chargea les mercenaires. Un loup dont les pattes comptaient trois articulations de plus grimpa sur un conteneur et bondit depuis les hauteurs. Tandis que les mercenaires étaient distraits par d’autres infectés, un humain à la mâchoire brisée, dont la bouche abritait une seconde bouche en pleine croissance, les prit par-derrière.
Les mutants étaient plus de cent, soit près du tiers des forces qui avaient embarqué dans le train.
Les autres membres du personnel n’étaient même pas parvenus jusque-là : certains avaient subi des mutations si graves qu’ils ne pouvaient plus bouger, les autres avaient été tués par les attaques des mutants.
Tout comme je ne pouvais pas maîtriser les changements de mes organes d’imitation, les mutations échappaient elles aussi à tout contrôle. Les êtres infectés mutaient complètement au hasard, sans forcément prendre les formes les plus efficaces.
« Tout ne peut pas être parfait. »
Même si les mutations n’étaient pas toujours efficaces, les mutants n’étaient pas dépourvus de puissance au combat. Selon les parties de leur corps qui avaient changé, ils pouvaient se déplacer aussi vite que des animaux sauvages et déchiqueter des corps humains.
Bien sûr, ce n’était vrai qu’au corps à corps. Si l’ennemi lançait une salve complète, il était difficile de survivre tant qu’on restait un organisme vivant. Détruisez le cerveau ou le cœur, et le corps cessait de fonctionner. Au début, les ennemis avaient visé des zones vitales comme la tête et le cœur.
Sans ma présence, ils l’auraient emporté. Le camp adverse comptait de nombreux mercenaires chevronnés. Ils auraient trouvé un moyen de surmonter la situation.
« Merde ! Ils sont trop rapides ! »
« Ce sont des alliés ! Ne tirez pas ! »
Mais à présent, les mercenaires étaient dépassés et incapables de gérer correctement les mutants.
Tout ça, c’était ma faute.
« Messager de la confusion de masse. »
Les ondes qui se propageaient depuis mes tentacules jouaient avec l’esprit et les sens de chacun. Même si les mercenaires voyaient les ennemis juste devant eux, ils ne parvenaient pas à distinguer leurs alliés de leurs adversaires. Les mutants ne s’attaquaient plus entre eux et se concentraient uniquement sur les mercenaires.
Tout cela était dû aux ondes psychiques que j’émettais, lesquelles déformaient leurs perceptions.
« G-Guhhh ? »
Un mutant dont le visage, fendu verticalement, était hérissé de centaines de crocs attaqua un mercenaire par-derrière. Celui-ci agita les bras en tous sens pour tenter de s’échapper, mais en vain. Les dents acérées lui broyèrent le crâne et la colonne vertébrale, qu’elles déchiquetèrent.
« C’est quoi, ce bordel ?! »
« Bon sang ! »
La force brute des mutants terrifiait les mercenaires. Tandis qu’ils se concentraient sur eux, je m’approchai lentement du groupe.
Un mercenaire se trouvait tout près, trop occupé par les monstres devant lui pour remarquer quoi que ce soit. Il avait une tête de rat et tirait sur les créatures perchées sur les conteneurs, sans se douter de ma présence.
Je m’approchai sans bruit et lançai un tentacule.
« Mmph ?! »
Le tentacule, semblable à un bras de pieuvre, s’enroula autour de son cou. Avant qu’il puisse crier, son extrémité s’enfonça dans sa bouche.
« … ! »
La pointe à trois branches lui obstruant la gorge, le mercenaire convulsa et s’étouffa. Pendant ce temps, le virus de mutation que je produisais se transmettait à son nouvel hôte.
« Graaaaargh ! »
Le tentacule ne resta pas longtemps accroché à lui. Dès qu’il le relâcha, le mercenaire s’effondra au sol en vomissant. Un mélange de nourriture partiellement digérée et d’une substance noire, semblable à du goudron, lui jaillit de la bouche.
« Beuuuh ! Gaaaah ! A-aidez… moi… »
« Hé ! Ça va ? »
Un autre mercenaire se précipita vers son compagnon, qui vomissait du liquide noir sans parvenir à s’arrêter, et s’empressa de le soutenir.
Pour un mercenaire, c’était une âme charitable. Mais, dans ces circonstances, ce n’était pas vraiment une décision judicieuse.
« Il faut lui injecter l’antidote, tout de suite… »
« Krrrkrrkrrk… »
« Hein ? Qu’est-ce que… ? »
Le corps du mercenaire qui le soutenait se tordit de manière grotesque. Sa colonne vertébrale grandit à une vitesse alarmante, traversant sa chair et son armure avant de se retrouver à l’air libre. Dressés comme un cobra prêt à frapper, sa colonne et sa tête dominaient désormais le haut de son corps déchiqueté.
Le mercenaire qui assistait à la scène, médusé, fut frappé par la colonne vertébrale et projeté au loin. Sans opposer la moindre résistance, il s’écrasa contre un conteneur. Je veillai aimablement à ce que son corps tordu rejoigne celui de son ami.
« Krrrkrrrkkrrk. »
Le mercenaire fraîchement muté grogna comme une bête. Je comptais utiliser les ondes psychiques pour le pousser à s’en prendre aux autres mercenaires.
« Krrrkrrk… »
Mais j’avais un peu tardé : il m’avait déjà repéré. Quatre nouveaux bras lui poussaient à la taille. Le mutant se déplaçait comme une araignée, montrant les dents dans un grondement tout en me fixant droit dans les yeux.
« Krrk ?! »
À cet instant, son cou se brisa violemment, comme frappé par un fusil à air comprimé. Dans un craquement sinistre, il pivota de cent quatre-vingts degrés, puis la créature s’effondra au sol.
Numéro 26, juchée sur mon dos, avait utilisé son pouvoir psychique pour tordre le corps du mutant. Grâce à sa capacité « Entrave », elle l’avait forcé à se tourner vers les autres mercenaires.
「Le petit ne devrait pas jouer ici. Va jouer là-bas.」
« Ki ki ki ki ! »
Ayant repéré une nouvelle cible, le mutant se rua vers elle. Les mercenaires, qui combattaient d’autres mutants, hurlèrent d’horreur en voyant ce nouvel ennemi surgir dans leur dos.
« Ah ! Il y en a un autre, ici ! »
「J’ai bien fait ?」
[Z ZZZ (Oui, tu as bien fait.)]
「Youpi !」
Comme d’habitude, j’aurais voulu lui tapoter la tête, mais mes bras avaient rétréci et je n’y arrivais plus. Bien sûr, Numéro 26 se contentait que je la félicite de vive voix.
Quelques minutes plus tard, les coups de feu et les cris de la zone de stockage s’étaient tus. Seuls résonnaient les souffles rauques des bêtes, consumées par leur soif de sang.
Les créatures déformées rongeaient les cadavres et les conteneurs, avides d’attaquer tout ce qui se trouvait à proximité. Pour l’instant, elles obéissaient, mais dès qu’elles n’auraient plus de cibles, elles se déchaîneraient sans retenue, sourdes à leurs sens.
« Il me faut de nouvelles proies. »
Tant qu’il y aurait quelque chose à dévorer, elles resteraient disciplinées, comme des sauterelles suivant la nourriture. Si leurs griffes et leurs dents pouvaient se gorger de sang, elles continueraient à tout ravager jusqu’à épuisement de leurs réserves d’énergie.
Je réglai le « Messager de la confusion de masse ». Les tentacules de la créature, drapés sur sa tête comme une crinière, ondulèrent en modulant les ondes de distorsion.
« Ki ki ki ki ! »
« Kik ! »
Les mutants, qui avaient plongé la tête dans les cadavres pour en dévorer les entrailles, réagirent tous en même temps. Leurs yeux ternes se tournèrent vers le passage menant à l’extérieur.
Leurs proies se trouvaient là.
« Ki ki ki ki kik ! »
« Kigigigi ! »
« Ki ki ki ! »
Telle une horde de rats affamés, ils rugirent et se ruèrent dehors, guidés par le Messager du chaos.
« Mais ça ne fait toujours pas assez de monde. »
Pour briser l’ordre dans la forteresse, il me fallait davantage de chaos, davantage de peur. J’allais devoir augmenter le nombre de mutants en utilisant les humains dehors.
[ZZ ZZ (On y va, alors ?)]
「Oui.」
Numéro 26 toujours juchée sur mon dos, je suivis les mutants. PS-111 ne nous accompagnait pas. Il était parti ailleurs, le long des voies, pour s’occuper de tâches plus importantes.
En traversant le couloir trempé de sang, nous entendîmes des bruits intermittents. Les cris venant de l’extérieur du dépôt souterrain résonnaient faiblement à l’intérieur.
« S’ils avaient simplement condamné l’entrée, ils auraient peut-être gagné un peu de temps. »
Mais on ne pouvait pas attendre de tels réflexes de pirates ordinaires. Habitués à tuer et à piller, ils n’auraient jamais imaginé se faire massacrer de cette manière.
« Si j’arrive trop tard, je ne pourrai même pas récupérer les matériaux mutants… Attends, qu’est-ce que c’est ? »
Je perçus du mouvement derrière la porte défoncée du dépôt souterrain. Trois pirates tremblaient de peur, cachés dans l’ombre.
« S’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plaît… ne nous tuez pas… »
« T-taisez-vous ! Ils vont nous entendre ! »
« Merde, merde, merde ! Je n’aurais jamais dû rejoindre le cartel Marcio ! »
Les trois débitaient des paroles incohérentes, les yeux rivés sur le massacre qui se déroulait dehors. À tel point qu’ils ne remarquèrent pas ma sortie du dépôt en rampant.
« Parfait. Je vais les transformer en mutants, eux aussi. »
Trois tentacules noirs glissèrent dans l’ombre.
L’un des pirates, un vrai trouillard, sentit que quelque chose clochait et tourna la tête. Ses yeux s’écarquillèrent d’horreur en me voyant.
Au même instant, le tentacule noir à trois branches lui engloutit le visage.
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« Haaa… Je vais aller me prendre un verre. »
« D’accord. »
À la huitième station de contrôle environnemental, chargée de la sécurité de l’approvisionnement en oxygène et des systèmes de maintien de la gravité dans le port militaire voisin, tout était aussi calme que d’habitude. Dans le bâtiment en forme de diamant, les pirates vaquaient à leurs occupations routinières.
Un pirate bedonnant s’arrêta avant de sortir et demanda à ses compagnons :
« Je vous en prends un aussi ? »
« Ce truc a le goût de pisse vieille de deux jours. Non merci. »
« … Comment vous le savez, ancien ? »
« Vis plus d’un an comme pirate, et tu apprendras toutes les horreurs possibles. »
Abandonnant ses compagnons ronchons, le pirate corpulent sortit de la salle de contrôle.
Il longea un couloir immaculé et ouvrit un réfrigérateur à l’autre bout. Il prit une canette de boisson énergétique de la taille de sa paume, puis jeta un coup d’œil autour de lui avant d’en sortir discrètement une autre bouteille.
Il glissa la bouteille d’alcool de synthèse sous sa veste et se dépêcha de gagner les toilettes. Une fois à l’intérieur, il s’assit sur la cuvette, déboucha la bouteille et en avala le contenu d’un trait.
« Krrreeeh ! »
Une brûlure lui descendit de la langue dans la gorge et l’œsophage. Il ouvrit aussitôt la canette et en but une gorgée.
« Ahhh, voilà qui est mieux. »
La station de contrôle environnemental était une installation cruciale, indispensable à la survie des habitants de la forteresse. Si elle tombait aux mains de l’ennemi, la sécurité du port militaire et des zones alentour ne pourrait plus être garantie.
Le pirate ventru le savait bien. Si le chef adjoint, Kadun, l’apprenait, il le mettrait en pièces. Et même si le chef adjoint ne le faisait pas, le responsable de la station le larguerait sans doute dans l’espace.
Mais ce pirate, alcoolique invétéré, se souciait davantage de satisfaire ses envies immédiates que des conséquences à venir.
Après avoir fini la boisson énergétique et l’alcool de synthèse, il sortit de la cabine, le visage rouge. S’il retournait ainsi à la salle de contrôle, ses collègues, pas bien malins, le remarqueraient sans aucun doute. Il ouvrit le robinet, s’aspergea le visage et le frotta vigoureusement.
« Voilà qui devrait faire l’affaire. »
Le teint un peu moins rouge, il sortit des toilettes.
« Hein ? »
Sur le chemin du retour vers la salle de contrôle, il remarqua quelque chose d’étrange. La porte de secours au bout du couloir était ouverte.
« Quelqu’un est sorti en douce pour fumer ? »
Les grandes installations de Kesha Arma, comme celle-ci, disposaient de bunkers en cas d’urgence. Cette sortie de secours menait à un bunker qui offrait un abri au personnel de la station de métro du port militaire et à celui de la station de contrôle environnemental.
« Je leur demanderai tout à l’heure. »
Après s’être assuré que personne ne se trouvait dans l’issue de secours, il verrouilla la porte.
En sifflotant, il repartit vers la salle de contrôle.
« Ces abrutis qui glandent… Qui fume dans la sal— »
Il ouvrit la porte à la volée, prêt à réprimander ses compagnons.
Il l’aurait certainement fait, si les personnes qu’il avait vues à l’intérieur avaient été ses compagnons.
À la place des silhouettes familières de ses collègues, quelque chose de tout à fait différent se tenait là. La créature était si grande que, même courbée, son dos frôlait le plafond de la salle de contrôle.
« Elle » était assise sur les restes de ses compagnons, autrefois vivants, dont les corps étaient broyés sous elle. Ses doigts massifs, pareils à des crochets, pianotaient sur les ordinateurs de la salle de contrôle. Lentement, elle tourna la tête.
« Je ne pensais pas qu’il en restait un. Une erreur de calcul due au manque d’informations. »
Une voix grotesque sortit de la créature monstrueuse, qui avait la tête d’une belle femme au cou tordu de manière anormale tandis qu’elle parlait.
« Q-Q-Qui… qu’est-ce que vous êtes ? »
« Analyse terminée. Votre corps contient une quantité suffisante de nutriments. »
La créature posa ses griffes crochues sur le clavier maculé de sang.
« Je vais prendre votre énergie. »
La porte se referma doucement derrière le pirate.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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