Chapitre 267
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[Traductrice – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 266
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Les pirates du poste de garde A fixaient les écrans, l’air déconcerté.
Les images des caméras s’éteignaient à toute vitesse, les unes après les autres. D’abord le poste de surveillance, puis l’entrée, et enfin les couloirs souterrains. À en juger par les caméras qui tombaient en panne, les perturbations se rapprochaient de leur poste de garde.
Tous savaient que les caméras ne lâchaient pas sans raison. Les murs du poste tremblaient légèrement, comme si quelque chose d’énorme se déplaçait et provoquait des vibrations intermittentes.
Le problème, c’était que ces vibrations s’intensifiaient. Une entité inconnue défonçait les caméras et les portes de sécurité du couloir, et fonçait droit sur eux.
« Et le protocole de verrouillage des couloirs ? »
« Il s’est déclenché dès que la caméra du poste de surveillance s’est éteinte. »
« … Bon sang. Même avec un découpeur à plasma, impossible d’aller aussi vite. »
« Ça sent mauvais. Tout le monde, prenez votre équipement. Toi, le maigrichon, va à la section B. »
« Préviens les mercenaires, tant que tu y es. »
« … Merde. D’accord. »
Les pirates s’empressèrent de récupérer le matériel entreposé dans le poste de garde. Tandis que ses compagnons se préparaient au combat, le pirate maigrichon ne prit qu’un fusil psychique et détala hors du poste.
Les lampes encastrées dans le plafond éclairaient vivement le chemin devant lui. Le couloir, de forme cylindrique et dépourvu de fioritures, avait son apparence habituelle. Rien d’anormal.
À part la lumière qui tremblait.
Le pirate maigrichon se précipita vers la porte de sécurité au bout du court couloir et se mit à manipuler le terminal placé à côté. Pendant ce temps, les vibrations se faisaient plus fréquentes.
« Dépêche-toi de t’ouvrir ! »
Le pirate tapotait anxieusement du pied tandis que la porte s’ouvrait lentement. Soudain, la lumière au-dessus de sa tête se mit à vaciller.
Surpris, il se retourna et vit les lampes près du poste de garde s’éteindre une à une. La seule lumière restante provenait du poste lui-même.
Puis, comme une bougie qu’on soufflait, elle s’éteignit à son tour.
« … Gloups. »
Le pirate déglutit nerveusement devant le spectacle. À cet instant, la porte de sécurité s’ouvrit enfin. À moitié à quatre pattes, il se faufila de l’autre côté et referma la porte derrière lui.
Les portes de sécurité entre les couloirs faisaient plus d’un mètre d’épaisseur et étaient constituées de deux couches, ce qui les rendait presque impossibles à percer, même avec un découpeur à plasma. Elles étaient bien plus résistantes que la porte d’entrée : l’intrus mystérieux ne pourrait pas les franchir facilement.
Rien ne surgit des ténèbres avant la fermeture complète de la porte. Un silence contre nature régnait dans le couloir plongé dans le noir absolu.
« Ouf… »
Soulagé, le pirate s’écarta de la porte.
Il devait rejoindre la section B et les prévenir avant que cette chose n’arrive.
L’espace où il se trouvait était si vaste qu’il devait rejeter la tête en arrière pour en apercevoir le plafond. Il n’était pas complètement vide non plus : des conteneurs réfrigérés étaient empilés sur plusieurs rangées dans toute la zone.
C’était la zone de stockage A.
Tous ces conteneurs renfermaient des marchandises apportées par les clients venus en ville pour la vente aux enchères. Il ne pouvait pas les voir d’ici, mais plus loin, des mercenaires et des androïdes montaient la garde auprès des conteneurs.
Le pirate maigrichon brancha la batterie sur son fusil psychique et s’enfonça dans la zone. La température était basse, sans doute à cause de l’air froid qui s’échappait des conteneurs. Sans l’androïde posté devant l’un d’eux, il aurait grelotté de froid et de peur.
« Tout ira bien. C’est juste un malentendu ou un truc du genre. Ouais, c’est ça. »
Il marmonna pour lui-même et marcha quelques minutes, jusqu’à entendre des voix derrière les énormes conteneurs. Au détour d’un angle, il aperçut cinq mercenaires en pleine discussion.
« Hein ? T’es le pirate du poste de garde, non ? »
« Qu’est-ce que tu fais là ? »
Paniqué, le pirate maigrichon cria aux mercenaires :
« On n’a pas le temps ! C’est le chaos complet dehors ! »
« Dehors ? »
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Notre équipe n’a donné aucune nouvelle. »
« Évidemment ! Ils sont tous morts ! On doit prévenir les autres immédiatement… »
« Quoi ? Tu es sérieux ? C’est quoi, ces conneries ? »
« Tu sais à qui tu parles, quand tu racontes ce genre de merde ? »
Les mercenaires n’avaient pas l’air de l’écouter, et le pirate maigrichon commença à perdre patience. D’autres mercenaires, qui gardaient les conteneurs voisins, s’approchèrent aussi, intrigués par le vacarme.
« C’est quoi, tout ce boucan ? »
« Il dit que notre équipe de garde à l’extérieur est hors de combat. »
« Je vous en prie, vérifiez par vous-mêmes si vous ne me croyez pas ! »
Le pirate cria désespérément aux quelque vingt mercenaires qui s’étaient rassemblés.
« Le monde est vraiment devenu dingue. Un pirate minable ose nous donner des ordres ? »
« À quoi tu t’attendais ? T’es qu’un déchet, après tout. »
« Qu’est-ce que tu viens de dire, petit con ? »
Beaucoup de Chiens spatiaux travaillaient comme mercenaires, et nombre de mercenaires s’adonnaient aussi à la piraterie. Le groupe ici présent ne faisait pas exception ; difficile, donc, de prétendre qu’ils étaient d’une grande valeur.
Le pirate maigrichon le savait bien. Mais ils auraient au moins dû s’intéresser à ce qui se passait ! Ils n’avaient aucune idée de la situation dehors ni de ce qui était arrivé à leurs compagnons. C’était pathétique.
« Hé, le garde vous demande un service. Quelqu’un peut les appeler, bon sang ? »
« Si tu te trompes, t’es mort. »
La plupart des mercenaires croisèrent les bras en ricanant, mais l’un d’eux finit par saisir une radio.
« Qu’est-ce qu’ils racontent, dehors ? »
« …… »
« Quoi ? Ils t’ont dit d’arrêter de te plaindre ? »
« Je n’arrive pas à les joindre. »
À ces mots, les autres se figèrent.
« Allez, arrête de déconner. »
« Je suis sérieux. Essayez de les appeler vous-mêmes. »
Le mercenaire qui tenait la radio avait l’air sérieux ; il ne plaisantait pas. Les autres, qui ricanaient encore, se mirent à contacter leurs propres équipes à l’extérieur.
Quelques minutes plus tard, leurs sourires s’effacèrent à leur tour.
« Pourquoi personne ne répond ? »
« Qu’est-ce qui se passe, putain ? »
Alors qu’ils commençaient à paniquer, les lumières du plafond s’éteignirent brusquement. Les ténèbres engloutirent la pièce. Il ne restait que la lueur de quelques cigarettes qui se consumaient entre les doigts des mercenaires.
« Tout le monde, préparez-vous au combat ! »
Malgré l’obscurité, les mercenaires ne perdirent pas leur sang-froid. Certains activèrent leurs lunettes de vision nocturne, tandis que d’autres, des cyborgs, réglèrent les lentilles de leurs yeux pour pouvoir combattre dans le noir.
« Hé, le garde. T’es sûr qu’ils ne sont pas au courant, là-bas ? »
« Peut-être… mais j’en suis pas certain. »
« Prends ça et va vérifier. Ramène du renfort. »
« D-d’accord. »
Comprenant que le pirate ne mentait pas, les mercenaires l’envoyèrent à la section B, où se trouvaient ses compagnons. Ils lui demandèrent d’aller réclamer des renforts directement.
Le pirate, qui portait maintenant les lunettes que le mercenaire lui avait données, courut vers le couloir menant à la section B. Plusieurs androïdes le frôlèrent en passant en sens inverse. Ils avaient dû comprendre que la situation était anormale et allaient rejoindre les mercenaires de l’autre côté.
Quelques instants après la disparition des androïdes dans les ténèbres, une rafale de tirs éclata. Le bruit intermittent, semblable au vacarme mécanique d’équipements d’usine automatisés, ricochait contre les conteneurs et s’amplifiait.
Des mercenaires armés et des androïdes haut de gamme… Ils auraient dû suffire à le rassurer. Pourtant, son angoisse ne retombait pas.
Quelque chose clochait. Il avait l’impression que toute la zone de stockage souterraine s’enfonçait dans un gouffre sans fond. Les vibrations avaient cessé depuis qu’il était entré dans la zone de stockage A, mais cette angoisse ne le quittait pas. Il avait beau y réfléchir, il n’en trouvait pas la cause.
« Hah, hah, hah… »
Dans l’immensité de cet espace, sa respiration haletante était le seul bruit qui troublait le silence.
Rien d’autre.
Pas de tirs, pas de cris, pas de fracas mécanique d’androïdes détruits. Rien.
Les mercenaires avaient-ils gagné ? Ce serait rassurant, mais s’ils avaient perdu…
« …… »
Les mains tremblantes du pirate maigrichon parvinrent de justesse à manipuler le terminal. L’immense porte blindée commença à s’ouvrir lentement. Dès qu’elle fut assez entrouverte, il se faufila de l’autre côté, sans même attendre son ouverture complète, puis lança aussitôt sa fermeture.
La porte se refermait à une lenteur exaspérante. Tandis que le pirate se mordait nerveusement la lèvre, quelque chose attira son regard de l’autre côté de la pièce.
« ! »
« Attends ! »
C’était l’un des mercenaires qu’il avait rencontrés plus tôt, qui courait maintenant vers la porte en train de se fermer.
« … Merde ! »
Le pirate songea un instant à le laisser de l’autre côté, mais changea d’avis. Mieux valait être deux qu’un seul pour fuir ce qui les poursuivait. Il arrêta vite la porte.
Au moment où le mercenaire s’apprêtait à franchir le seuil, un vacarme assourdissant retentit dans la pièce et la porte trembla violemment.
« Q-qu’est-ce que c’était ?! »
« Elle est là ! Le monstre me poursuit ! »
« Merde ! »
En entendant le cri du mercenaire, le pirate reprit frénétiquement la fermeture de la porte. Elle se refermait à un rythme exaspérant, mais juste avant de se sceller complètement, une forme bougea dans les ombres, de l’autre côté.
« ! »
Il ne l’aperçut qu’un instant, mais le pirate sut qu’il n’oublierait jamais cette vision. Un serpent rose, couvert d’innombrables yeux, se tordit dans leur direction comme pour les saluer, puis disparut.
« Q-qu’est-ce que c’était que ça ? Je n’ai jamais vu une horreur pareille de ma vie. »
« … Aucune idée, moi non plus. »
« Merde ! On doit prévenir la section B… Et ton arme ? »
« Je l’ai lâchée en fuyant cette chose. »
Le pirate grimaça en entendant la réponse du mercenaire. Sans arme, ils n’avaient aucun moyen de se défendre si le monstre franchissait la porte blindée.
« Bon, je peux toujours m’en servir comme appât. »
Le pirate était le seul armé. Si, par malchance, la créature parvenait à passer avant qu’ils atteignent la section B, il pourrait toujours lui jeter le mercenaire et gagner un peu de temps.
« Pour l’instant, allons au poste de garde de la section B. »
« D’accord. »
Le mercenaire ne semblait pas se douter de ce que le pirate avait en tête. Tous deux empruntèrent le couloir qui menait au poste de garde de la section B.
« Au moins, les caméras fonctionnent toujours. »
Tout en marchant, le pirate vérifia les caméras fixées au plafond. Heureusement, le système de surveillance n’avait pas été mis hors service. Les gardes de la section B les avaient sûrement déjà vus et devaient se préparer à réagir.
« Non, je devrais les contacter d’ici. »
Même si leurs radios ne fonctionnaient pas, il leur restait un moyen de communiquer.
Chaque section de cette zone de stockage souterraine était équipée d’un système de communication filaire, conçu pour fonctionner même en cas de panne radio ou d’attaque par impulsion électromagnétique d’une autre espèce. Le Cartel Marcio l’avait installé précisément pour ce genre de situation.
Le pirate avait voulu s’en servir avant d’entrer dans cette zone, mais le terminal filaire de la section A se trouvait près de l’entrée du stockage souterrain, et il n’avait donc pas pu y accéder à ce moment-là. Il fit un signe à la caméra pour indiquer qu’il allait utiliser le système filaire.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
« T’en occupe pas. »
Inutile de montrer du respect au mercenaire qu’il comptait de toute façon utiliser comme appât. Le pirate lui répondit sèchement et s’approcha du mur, où se cachait un petit interrupteur. Il appuya dessus : une tige couleur ivoire, reliée à un fil à l’intérieur du mur, en jaillit.
« C’est quoi, ça ? »
« Un appareil de communication filaire fabriqué par les Cultistes. »
« Hein ? Il y a un truc pareil, ici ? »
Le mercenaire semblait intrigué, mais le pirate ne prit pas la peine de répondre.
Il débrancha le chargeur du fusil psychique et le raccorda à l’appareil. Comme le système de communication avait été fabriqué par les Cultistes, il fonctionnait à l’énergie psychique.
Au bout d’un instant, l’appareil s’alluma.
« Ça marche ! Ici le poste de garde de la section A. Vous m’entendez ? »
「Krr… regard… krr」
Le pirate sentit une brève poussée de triomphe et cria dans l’appareil. Une voix grésillante lui répondit dans un bruit de parasites.
« Je vous entends mal. Ici la section A. Vous me recevez ? »
「Krr… derrière… krr… derrière… krr」
« Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ? »
「Derrière toi ! Regarde derrière toi !」
Dès que les parasites s’estompèrent, la voix à l’autre bout hurla, prise de panique.
« Derrière ? Qu’est-ce qu’il y a… ? »
Perplexe, le pirate se retourna. À cet instant, il comprit ce que le garde de la section B avait essayé de lui dire.
「Le monstre est derrière toi !」
Personne ne survécut dans le couloir pour répondre à l’appareil de communication qui se balançait en tremblant au mur.
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[Traductrice – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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