Chapitre 246
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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Chapitre 243
PS-111 nous avait fait gagner un temps précieux. À présent, c’était à mon tour d’agir.
Je devais soit mettre physiquement hors service le moteur hyperspatial, soit trouver Pira Eleven, qui contrôlait le vaisseau, et l’affronter.
« La longueur d’un cuirassé de classe Alpha de Zax avoisine le kilomètre. »
Même si Pira Eleven avait détaché une partie de la section avant pour fabriquer les bio-drones et les tuyaux, le vaisseau mesurait encore entre sept cents et huit cents mètres.
Fouiller le bâtiment à la recherche de ces deux cibles, l’une après l’autre, serait inefficace. Il risquait de passer en hyperespace avant que je puisse l’en empêcher.
« Mieux vaut laisser le moteur à PS-111. »
Il avait beau avoir perdu le contrôle, j’étais convaincu qu’il trouverait un autre moyen de contrecarrer les plans de Pira Eleven.
Comme s’il avait lu dans mes pensées, une annonce retentit dans les haut-parleurs.
« Contrôleur principal, Amorph. Je m’occupe du moteur. Concentrez-vous sur la recherche de Pira Eleven. »
« Pira Eleven. Tentative de prise de contrôle du vaisseau détectée. Contact physique confirmé au réacteur. »
À peine leurs voix avaient-elles retenti dans les haut-parleurs que le vaisseau fut secoué violemment. PS-111 n’avait pas réussi à empêcher complètement le saut en hyperespace, mais il avait perturbé d’autres systèmes pour que la fuite ne soit pas une partie de plaisir.
« Unité 111, tu le regretteras. »
« Cela ne te concerne pas, Pira Eleven. »
Sans prêter attention à leur dispute, je fonçai dans le couloir métallique.
Sur un vaisseau de guerre ordinaire, mon corps de près de quarante mètres de long aurait eu du mal à se déplacer. Mais celui-ci était différent : comme il n’avait pas d’équipage, il n’était pas nécessaire d’aménager des installations pour des membres d’équipage cyborgs.
« Ils ont clairement privilégié l’efficacité. »
Le sol du couloir était constitué de caillebotis, comme ceux des cales, semblables aux panneaux de sol en treillis que j’avais vus à mon réveil dans ce monde.
Je rampais dans ces couloirs purement fonctionnels lorsque les voix des haut-parleurs se turent. PS-111 et Pira Eleven devaient se livrer une lutte acharnée, mais invisible.
Je chassai les sons des haut-parleurs de mon esprit et me concentrai sur la recherche de Pira Eleven. Tandis que je me dirigeais vers l’endroit où je pensais le trouver, Numéro 26, qui se reposait sur ma tête, me tapota.
« Grand Bébé. »
[ZZZ (Qu’y a-t-il ?)]
« Je sens quelque chose d’étrange, là-bas. »
Un tentacule rose désigna un passage que je venais de dépasser.
Au début, je crus que Numéro 26 avait simplement repéré une proie. Puis, un souvenir me revint.
« Maintenant que j’y pense, Numéro 26 m’avait déjà dit quelque chose de semblable, non ? »
Quand nous étions entrés dans le canyon pour trouver Pira Eleven, Numéro 26 avait dit que quelque chose lui paraissait étrange. Juste après, d’immenses tuyaux avaient jailli du sol.
Je ne savais pas comment Numéro 26 pouvait sentir où se trouvait Pira Eleven, mais c’était la deuxième fois que sa réaction était la même. Je ne pouvais pas l’ignorer.
« Qu’est-ce que je fais ? »
Je n’avais pas le temps d’hésiter.
[ZZZZ (Montre-moi le chemin.)]
« D’accord ! Suis-moi ! »
Je fis demi-tour et rampai dans la direction indiquée par Numéro 26.
Si les couloirs que j’avais empruntés jusque-là ressemblaient à des artères, celui où Numéro 26 me conduisait tenait plutôt du capillaire : il était bien plus étroit.
Je me hâtais en prenant appui sur mes bras de combat et les petites griffes de mon corps, lorsqu’un de mes organes auxiliaires détecta quelque chose.
« Une odeur ? »
Au milieu de l’odeur métallique du caillebotis, quelque chose clochait : une puanteur inconnue, mais étrangement familière. Mon corps la reconnut avant mon esprit.
« Un mélange de chair en décomposition et d’émanations chimiques âcres. »
Elle ressemblait à celle de la morgue du vaisseau de recherche de MegaCorp et de l’installation de stockage génétique du Monument.
Plus j’approchais des portes qui bordaient l’étroit couloir, plus l’odeur s’intensifiait.
« Il y a bien une installation de production de Hurleurs, non ? »
Cette zone devait abriter les salles de stockage. Derrière ces portes d’acier se trouvaient probablement les échantillons génétiques amassés par Pira Eleven, ainsi que les cadavres des créatures qu’il avait chassées sur cette planète.
« Je dois m’emparer de ce vaisseau. »
À la seule odeur, je devinais qu’une quantité considérable de matériel génétique était entreposée ici. Si je dévorais ce que contenait le vaisseau, j’obtiendrais sans doute la plupart des ressources que cette planète avait à offrir.
« Mais pour l’instant, je dois me concentrer sur Pira Eleven. »
Tout en imaginant le festin génétique qui m’attendait, je repris mes recherches.
Après avoir traversé la zone de stockage, j’arrivai dans le hangar. Dès que j’y pénétrai, la température chuta considérablement. Au-delà des portes ouvertes du hangar, la planète que nous venions de quitter se dressait, immense.
En l’absence d’ingénieurs à bord, le hangar contenait davantage de machines de gestion des appareils que de vaisseaux eux-mêmes.
Les machines d’entretien s’affairaient à la maintenance des appareils, apparemment inconscientes du danger qui menaçait leur vaisseau. La scène évoquait davantage une usine qu’un hangar.
Dès notre arrivée, Numéro 26 rétracta ses tentacules.
« Je sens quelque chose d’étrange, ici. »
[ZZZ ZZZZ ZZZZ (Tu sais exactement où ça se trouve ?)]
« Non. »
Je ne pensais pas que Numéro 26 se trompait. Malgré sa façon de parler enfantine, il était incroyablement perspicace.
S’il sentait quelque chose, cela signifiait que Pira Eleven se trouvait quelque part dans ce hangar.
« Attends un peu… Ce serait possible que… ? »
C’est alors que je compris ce que Pira Eleven manigançait.
« S’il croit qu’il va perdre le moteur, il va le faire surchauffer et tenter de s’échapper ! »
Pira Eleven avait retourné contre nous l’idée que sa navette de soutien remplie de Hurleurs lui servirait à fuir. Si je m’étais dirigé vers le moteur, il aurait immédiatement fait exploser le vaisseau.
« Sale malin. »
Bien sûr, Pira Eleven n’avait pas l’intention de perdre le vaisseau. Au départ, il comptait régler la situation avec le Pilleur de sang, mais la présence inattendue de Numéro 26 avait fait échouer son plan.
Par prudence, il avait tout de même préparé une issue de secours, au cas où les choses tourneraient mal. C’était pour cette raison qu’il avait mis l’appareil de fuite en état dans le hangar.
« Voilà pourquoi tu m’as conduit ici. »
Numéro 26 m’avait mené au bon endroit. Pira Eleven se cachait quelque part dans le hangar et contrôlait toujours le vaisseau.
Je fixai les machines affairées.
« Il ne se serait pas caché dans l’appareil. »
En tant que membre du Comité des Machines, Pira Eleven comptait parmi les androïdes les plus perfectionnés de l’Union stellaire. Il devait contrôler le vaisseau à distance.
« Mais avec PS-111 dans les parages, il n’oserait pas prendre un tel risque. »
Il ne pouvait pas se permettre de perdre complètement le contrôle.
Au lieu d’inspecter l’appareil de fuite, je m’approchai des machines alentour. Comme je m’y attendais, un rayon de plasma jaillit de l’une d’elles.
Je levai mon bras ailé pour dévier le rayon et protéger Numéro 26.
« Pira Eleven. Incompréhensible. Comment avez-vous su ? »
Une version difforme de Pira Eleven émergea du milieu des machines d’entretien.
Il avait un visage humanoïde et la tête ornée de fins tuyaux, comme PS-111, mais le reste de son corps était tout autre. Il ne ressemblait ni à un Hurleur ni à un androïde ordinaire.
Son torse était recouvert de chair rose, fraîchement poussée, et sa moitié inférieure n’était qu’un assemblage désordonné de pièces métalliques de Hurleur. Un bio-drone, semblable à celui que j’avais déjà vu, était fixé à sa poitrine.
« C’est donc comme ça que tu t’es échappé. »
Il avait dû transférer en secret sa mémoire dans un drone avant de fuir. Pas étonnant que Numéro 26 ait réagi comme la dernière fois.
« Beurk, je déteste vraiment ça. »
C’était la première fois que Numéro 26 manifestait un tel dégoût. Je partageais son avis.
L’ennemi qui me faisait face était faible et répugnant, à peine digne du titre de conseiller suprême.
Je m’approchai de lui et le bio-drone fixé à sa poitrine tira un nouveau rayon de plasma.
Mais l’attaque ne fit rien.
Des milliers de bio-drones tirant simultanément auraient peut-être représenté une menace, mais l’attaque d’un seul drone était négligeable.
« Pira Eleven. Ordre : androïdes d’entretien, protégez-moi. »
Dans un ultime geste désespéré, Pira Eleven convoqua les androïdes chargés de gérer les appareils de fuite. Armés seulement de chalumeaux et d’injecteurs de métal, ils se ruèrent sur moi.
Pendant ce temps, Pira Eleven débrancha les tuyaux de sa tête, rompant ainsi son lien physique avec le vaisseau. Malgré son corps endommagé, il se mit à ramper vers un appareil de fuite.
« Pas si vite. »
Je m’élançai à sa poursuite, mais les androïdes me barrèrent la route et tentèrent de me piquer avec leurs injecteurs de métal.
Je les balayai de mes bras de combat comme autant de mouches importunes. Ceux qui heurtèrent mes membres furent déchiquetés ; leurs moitiés supérieure et inférieure s’éparpillèrent sur le sol.
Certains androïdes grimpèrent sur ma tête, mais Numéro 26 les faucha de ses tentacules et les décapita sans effort.
À cet instant, l’appareil de fuite jusque-là inerte s’activa brusquement et fit feu avec ses canons-tempête. J’étendis les membranes de mes ailes pour protéger Numéro 26.
« Il est donc contrôlé à distance. »
Fidèle à sa réputation de conseiller suprême, Pira Eleven était tenace. L’appareil télécommandé lui avait fait gagner du temps, juste assez pour grimper à bord de l’un des vaisseaux.
Je me protégeai derrière mes membranes et m’approchai de l’appareil qu’il avait embarqué.
J’étendis alors mes tentacules corrosifs et les enroulai autour de l’appareil de fuite. Quand je resserrai ma prise, la fusée à l’arrière et les ailes sur les côtés commencèrent à se froisser.
Tandis que l’appareil était rapidement réduit à l’état de ferraille, Pira Eleven brisa la vitre renforcée à l’avant et bondit à l’extérieur.
Il tenta de m’aveugler en visant mes yeux avec un rayon thermique, mais cela ne fit que m’agacer. En représailles, je ramassai l’épave et l’abattis sur Pira Eleven. Le choc arracha la structure métallique qui constituait sa moitié inférieure.
J’étendis mes tentacules corrosifs pour l’enserrer et retirer le bio-drone fixé à sa poitrine, mais il n’y avait plus rien.
Dans ce bref instant, Pira Eleven avait détaché le drone et s’était enfui.
À peine l’eus-je compris qu’un autre appareil de fuite jaillit du hangar. Je tendis aussitôt mes tentacules, mais l’appareil où se trouvait Pira Eleven avait déjà filé dans l’espace.
Après le départ de Pira Eleven, les appareils de fuite restants cessèrent de tirer et le vaisseau fut secoué violemment, son contrôle à distance venant d’être interrompu.
Des débris de machines et d’androïdes s’écrasèrent contre une cloison. Tandis que le vaisseau piquait du nez, l’appareil de fuite s’éloignait à toute vitesse, rapetissant dans le lointain.
« Quel acharné. »
À présent, Pira Eleven devait croire qu’il s’était tiré d’affaire sans laisser de traces.
À cet instant, les haut-parleurs du vaisseau grésillèrent et la voix de Pira Eleven résonna dans le hangar.
« Ici Pira Eleven. Je vous préviens : j’ai déjà demandé des renforts à l’Union stellaire. Quand la flotte du Comité des Machines arrivera, la Cible spéciale A sera anéantie. »
Pira Eleven, désormais en fuite, s’était connecté au système de communication du vaisseau depuis son appareil et lançait ce qui ressemblait à une déclaration de victoire. Il avait perdu le vaisseau et ses Hurleurs, mais obtenu quelque chose de plus précieux : des informations sur moi.
S’il parvenait à rejoindre la flotte de l’Union stellaire et à lui révéler ce qu’il savait, ma sécurité serait gravement compromise. Le Joueur comme le Comité des Machines chercheraient à me capturer et à mener des expériences sur moi.
« Bien sûr, encore faut-il qu’il réussisse à s’échapper. »
Peut-être parce qu’il avait transféré sa conscience dans des corps factices à de nombreuses reprises en si peu de temps, Pira Eleven avait négligé un détail crucial.
Il aurait dû se demander pourquoi je ne le poursuivais pas. Et surtout, ce qui l’attendait à l’extérieur.
Dans l’obscurité infinie de l’espace, une traînée de lumière rouge et blanche apparut. Tel un présage funeste, cette étoile à la lueur sinistre fondit rapidement sur l’appareil de fuite.
Elle fonçait droit sur le vaisseau de Pira Eleven.
« Ton code génétique sera à moi… »
Avant qu’il ait pu terminer sa phrase, la transmission fut brusquement coupée.
Au loin, une petite explosion éclata : ultime jaillissement lumineux de l’appareil de fuite, transpercé par le météore qui fonçait sur lui.
De l’explosion émergea un petit dragon aux ailes cramoisies, qui venait de dévorer l’un des plus hauts dignitaires de l’Union stellaire.
« J’allais m’en occuper, mais on dirait que c’est déjà fait. »
La voix de PS-111 résonna dans les haut-parleurs et, avec elle, le vaisseau, qui piquait du nez, se stabilisa.
La longue bataille venait enfin de prendre fin.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur – Draxx]
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