Chapitre 234
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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Chapitre 233
Les ombres s’étendaient sur d’innombrables branches tandis que les nuages dispersés revenaient masquer la lumière du soleil.
Dans la fraîcheur d’une lumière cendrée, nous suivîmes les traces des Hurleurs.
Les empreintes, d’abord éparses, se faisaient de plus en plus fréquentes. Il n’y en avait pas seulement au sol : les arbres et les rochers alentour étaient eux aussi couverts de marques laissées par des griffes acérées en alliage.
« Ils ne sont pas qu’un ou deux. »
Les Hurleurs ayant huit pattes, il était normal qu’ils laissent beaucoup d’empreintes. Mais même en tenant compte de cela, il y en avait bien trop. Ils devaient être au moins plusieurs dizaines.
« Combien de Hurleurs ont été déployés pour cette mission ? »
Je puisai dans mes informations génétiques stockées pour imiter une voix et interrogeai PS-111.
« Trois cents unités ont été déployées au début de la mission. »
« Trois cents ? Ça fait beaucoup. »
Sa réponse me surprit légèrement.
Dans l’Union stellaire, les Hurleurs standards étaient presque considérés comme des drones biologiques. En déployer trois cents n’avait donc rien de particulièrement inhabituel. Dans le jeu, des milliers de Hurleurs étaient souvent envoyés au combat lors des grandes batailles terrestres.
Mais c’était sous le commandement des joueurs. Il était rare que l’armée régulière de l’Union stellaire déploie des Hurleurs seuls.
Les Hurleurs possédaient une formidable puissance de combat, mais souffraient d’un défaut : ils manquaient de réflexion stratégique et de flexibilité. Ainsi, face à une situation imprévue, ils étaient incapables de réagir correctement.
« Il leur faudrait normalement quelque chose pour compenser cette faiblesse… »
Les Hurleurs mutants avaient corrigé les défauts des anciens modèles en les répartissant en deux catégories : les modèles standards et les modèles commandants. Il suffisait de regarder PS-111 pour constater que les modèles commandants des Hurleurs mutants avaient un jugement stratégique supérieur.
Lors de son combat contre Odd Grad, il avait vite compris le signal que je lui avais envoyé et fait venir le croiseur. Un Hurleur ordinaire n’aurait jamais pris une telle décision.
« Au moins, la bonne nouvelle, c’est que leurs effectifs ont dû considérablement diminuer depuis. »
La planète grouillait de créatures dangereuses. Il était peu probable que les trois cents aient survécu indemnes. En réalité, PS-111 lui-même avait failli être détruit lors d’une attaque d’Horreur des glaces.
« À ton avis, combien en reste-t-il ? Deux cents ? Deux cent cinquante ? »
« Je pense que leur nombre total n’a pas beaucoup diminué par rapport aux trois cents unités initiales. »
« Pourquoi ça ? »
Les Hurleurs mutants étaient puissants, certes, mais ils ne pouvaient pas s’en sortir indemnes après avoir rencontré des créatures Apex comme les Horreurs des glaces ou les Démons des glaces.
PS-111, qui recherchait des traces à l’aide de son capteur dépassant de son œil, me répondit :
« D’après les données stockées dans mon cerveau, l’ancien Contrôleur principal, “Pira Eleven”, disposait à bord de son vaisseau d’installations capables de produire des Hurleurs mutants. »
« Quoi ? »
« Tant qu’il y a des informations génétiques, une importante source d’énergie et des matières organiques utilisables comme ressources, il est possible de produire des Hurleurs de modèle S. »
Dans l’univers du jeu, les Hurleurs étaient souvent considérés comme de la chair à canon. Il était donc rare qu’on leur fournisse un soutien par vaisseau. Au mieux, ils pouvaient bénéficier d’un bombardement orbital après leur déploiement.
Mais les Hurleurs mutants ayant davantage de valeur stratégique que les anciens modèles, il semblait qu’on leur ait attribué un vaisseau de soutien dédié.
« Vu l’ampleur d’une chaîne de production de Hurleurs, il faudrait probablement au moins un cuirassé de classe Jamah pour accueillir les installations. Et même dans ce cas, il faudrait remplacer tous les équipements d’entretien du vaisseau par du matériel de réparation. »
« En raison de la perte de données, je ne peux pas fournir de réponse exacte, mais cette hypothèse me semble raisonnable. »
Le cuirassé de classe XAX01 tirait son nom de la planète capitale de l’Union stellaire. Souvent appelé Jaks Alpha, c’était le plus grand et le mieux armé des vaisseaux de guerre de l’Union stellaire.
Bien sûr, dans le cas présent, il aurait été lourdement modifié pour devenir un vaisseau de soutien aux Hurleurs, et aurait donc été très différent de sa version d’origine. Toutes les installations et tous les équipements intérieurs auraient été retirés et remplacés par du matériel destiné aux Hurleurs, à l’exception des systèmes indispensables au fonctionnement du vaisseau.
« Tu te souviens de l’endroit où il s’est posé ? »
« Je vous prie de m’excuser. En raison de la perte de données, je ne peux pas le confirmer. »
Le cuirassé de classe Jamah mesurait un peu moins d’un kilomètre de long. Je n’avais repéré aucun signe d’un vaisseau aussi gigantesque dans les environs.
De plus, les Gallagons n’auraient jamais manqué l’entrée d’un tel vaisseau dans l’atmosphère de la planète. S’ils n’en avaient pas parlé, c’était qu’il devait disposer de capacités de furtivité de premier ordre.
Cette réflexion me fit tiquer.
« Ta mission consistait à me capturer, c’est bien ça ? »
« Si vous faites référence à l’objectif spécial A défini par l’ancien Contrôleur principal, “Pira Eleven”, alors oui. »
« Un Hurleur capable de s’autoréparer, et trois cents unités en tout. Pourquoi sont-ils restés terrés jusqu’ici, alors qu’ils auraient pu en produire encore davantage ? »
Avec le recul, ils avaient eu plusieurs occasions de m’attaquer : à mon arrivée sur la planète, après mon combat contre Jason, quand Odd Grad m’avait pris en embuscade, et ainsi de suite.
Pourtant, ils ne s’étaient jamais regroupés de façon méthodique pour m’attaquer. Dans ces conditions, déployer un modèle commandant pour compenser les faiblesses des Hurleurs n’avait aucun sens. Jusqu’à présent, je n’avais rencontré que des Hurleurs isolés.
Il ne restait qu’une explication : quelque chose avait dû arriver à Pira Eleven.
Après un moment de silence, il répondit à ma question.
« Je l’ignore. »
« Tu l’ignores ? »
« Lors du redémarrage du système, les données de mémoire ont été endommagées. Cependant… »
Il inclina mécaniquement la tête. On aurait dit quelqu’un qui se pressait la tempe pour tenter de se rappeler de force quelque chose qui lui échappait.
« Dans mon dernier souvenir, Pira Eleven était gravement endommagé et était entré en état de veille à la suite de certains événements. »
« En veille ? Les Gallagons l’ont attaqué ? »
« Non. Pira Eleven… erreur, veuillez m’excuser. Il a été endommagé après avoir échoué à accomplir les actions nécessaires à la réalisation de son objectif. »
En résumé, Pira Eleven avait été incapable de fonctionner normalement pendant un certain temps.
« Maintenant que j’y pense, celui que j’ai rencontré en poursuivant les Marcheurs de l’hiver a dit quelque chose de semblable. »
Celui-là avait clairement mentionné qu’il était dans un état de retardement des ordres. Les autres que j’avais rencontrés dans la forêt après avoir tué Jason avaient dit la même chose.
Au vu de tout cela, Pira Eleven, leur commandant, avait dû rester inactif jusqu’à une période relativement récente.
« Ces traces prouvent qu’il est de nouveau actif. »
« C’est une hypothèse raisonnable. »
Il y avait de fortes chances que nous tombions sur des ennemis, mais nous ne disposions d’aucune information utile, à part le fait qu’ils étaient nombreux.
« PS-111 a dit qu’il pouvait contrôler les unités de rang inférieur, non ? »
Lors de notre première rencontre, il avait expliqué qu’il pouvait se connecter physiquement aux circuits des modèles inférieurs pour en prendre le contrôle. Ce serait formidable s’il pouvait faire de même avec les unités de niveau commandant, mais Pira Eleven avait renforcé la sécurité de leurs systèmes de contrôle, ce qui rendait la chose impossible.
« Il faut que j’en capture quelques-uns. »
Nous pourrions ainsi obtenir des informations sur le lieu où le vaisseau avait atterri, leurs plans et d’autres détails essentiels.
Après notre conversation, nous continuâmes longtemps à suivre les traces.
Au début, il n’y avait que des empreintes, mais d’autres signes apparurent au fil du temps. Des restes de créatures déchiquetées jonchaient le sol autour des traces.
« Ils ont refait le plein d’énergie. »
« On dirait bien. »
PS-111, auquel on avait implanté les fonctions du Pilleur de sang, pouvait reconstituer son énergie en absorbant de la bioénergie, en plus de manger de la viande. Les Hurleurs ordinaires, eux, absorbaient les nutriments en aspirant de petites proies à l’aide de tubes fixés à leur bouche.
« Le sang a séché depuis un moment. »
Dans cet environnement frais et sec, les fragments de cadavres n’avaient commencé à se décomposer que lentement. Cela me permit de me faire une vague idée de leur manière de chasser.
« Ils en ont donc bel et bien modifié certains, comme ceux qui étaient équipés d’installations de production. »
Tout comme PS-111 s’était amélioré en absorbant des gènes, certains Hurleurs ennemis s’étaient adaptés à leur environnement.
« … Par exemple, en acquérant des capacités d’attaque à distance. »
Je sortis de la mare de sang une grosse balle de la taille de mon doigt. Elle ressemblait à un obus à uranium appauvri tiré par un canon d’assaut, mais elle était bien plus menaçante.
« Tu sais ce que c’est ? »
« Elle ressemble à un obus à uranium appauvri utilisé par l’APDT, mais l’examen de sa structure interne indique qu’elle a été transformée en munition à fragmentation. »
« Exact. Elle contient des fragments d’Argent noir. »
Je secouai la balle déformée, et quelques éclats d’alliage d’Argent noir en tombèrent. Il n’y en avait pas beaucoup, mais ils suffisaient à représenter une menace mortelle pour certaines espèces.
Et sur cette planète, il n’y avait qu’un type de créature qu’une munition à fragmentation imprégnée d’Argent noir pouvait blesser sérieusement.
« Les Gallagons ! »
Je croyais avoir deviné leur cible.
« Tu sais où se trouve le nid d’Odd Grad ? »
« Oui. Par ici. »
« Nous n’avons pas le temps. Monte sur ma tête et guide-moi. »
Le temps pressait. Je déposai les cadavres que je transportais et installai PS-111 sur ma tête. Puis j’appelai Numéro 26 et Adhai.
[ZZZ ZZ ZZZZ (Nous n’avons pas le temps, monte sur mon dos.)]
「Tu ne prends pas les proies ?」
[ZZZ ZZZZ ZZZ (Nous reviendrons les chercher plus tard.)]
Numéro 26, qui avait senti la gravité de la situation, ne posa pas d’autres questions et grimpa silencieusement sur mon corps. Il se rapetissa et se blottit contre les petits bras sur ma poitrine.
Je le maintins fermement et appelai Adhai.
[ZZZ ZZZ ZZZ (Nous allons voler. Prépare-toi.)]
「Où」「allons-nous ?」
[ZZZZZ ZZZ ZZZ (Nous allons au nid d’Odd Grad.)]
Je déployai mes bras-ailes repliés. Les immenses membranes s’étirèrent et mon corps s’éleva rapidement dans les airs, brisant des branches sur son passage. Adhai me suivit de près.
「Le nid」「est en danger ?」
[ZZZ (C’est possible.)]
« Continue simplement dans cette direction. »
À l’évocation d’un danger potentiel pour le nid, Adhai se crispa. Je volai à toute vitesse dans la direction indiquée par PS-111.
En vol, je surveillai attentivement le sol à l’aide de mes capteurs auxiliaires, craignant que les Hurleurs n’ouvrent le feu depuis la forêt. Malgré mon ombre et le passage d’Adhai au-dessus de la zone, aucune réaction ne vint d’en bas.
« … La situation est mauvaise. »
Des centaines de Hurleurs devaient grouiller quelque part dans cette forêt, pourtant le silence y était inquiétant. Je ne parvenais pas à comprendre leurs intentions, mais ce n’était certainement pas bon signe.
Après presque une demi-journée de vol sous tension, les falaises où, selon PS-111, se trouvait le nid du dragon commencèrent à se dessiner.
Il n’y avait aucun signe de Hurleur ni d’aucune autre créature près des falaises.
« Attends, il n’y a rien en vue ? »
À ce stade, Nel Germa, l’adjointe d’Adhai, aurait dû être de retour. Le nid étant si proche, au moins un ou deux Gallagons auraient dû se montrer.
「Grand Être」「quelque chose ne va pas」「le groupe」「n’est pas sur ses gardes」
Adhai avait dû sentir la même chose et m’envoya une onde mentale perplexe.
Les Gallagons postaient toujours des sentinelles autour de leurs nids à cause de prédateurs comme les Baleines célestes. Les Gallagons verts ou blancs se relayaient pour garder le nid, prêts à repousser toute attaque imprévue.
L’absence de gardes signifiait qu’il y avait un sérieux problème.
J’allais avertir Adhai de rester sur ses gardes quand mes capteurs auxiliaires détectèrent un mouvement dans la forêt en contrebas.
La forêt, qui était restée parfaitement silencieuse jusque-là, s’anima soudain. Les mouvements étaient simultanés et s’étendaient partout, comme une armée de fourmis en marche.
Comprenant ce que cela signifiait, j’envoyai en urgence une onde à Adhai.
[ZZZZ ZZ ZZZ (Adhai ! Utilise ton pouvoir !)]
「!」
Au moment même où j’envoyai l’onde, une quantité écrasante de projectiles jaillit de la forêt.
Une pluie de mort, plus noire que les nuages au-dessus de nous, fonçait vers Adhai et moi, déterminée à nous ôter la vie. Je protégeai Numéro 26 avec mes bras de combat et me plaçai sous Adhai.
Les obus à fragmentation d’Argent noir, si serrés qu’ils obstruaient ma vision, criblèrent tout mon corps. Comme je n’étais pas une créature psychique, ces projectiles anti-psychiques ne me firent pas grand mal.
De plus, faute de puissance de pénétration, ces munitions à fragmentation ne pouvaient traverser ma carapace et mes écailles.
« Mais ils peuvent quand même leur faire du mal. »
Ces tirs ne me faisaient rien, mais il en allait autrement pour Adhai et Numéro 26. Numéro 26, qui dépendait énormément de ses pouvoirs psychiques, serait complètement neutralisé si ces munitions à fragmentation d’Argent noir le touchaient.
Adhai était mieux lotie grâce à sa technique de défense absolue, l’Armure rouge. Même elle ne pouvait toutefois protéger que sa tête et une partie de ses pattes avant, la laissant vulnérable à leurs attaques.
[ZZ ZZZ (Tout le monde va bien ?)]
「Je vais bien.」
「Grâce à toi,」「Grand Être.」
Heureusement, mon bouclier avait empêché Numéro 26 et Adhai d’être blessés.
« J’ai reçu quelques tirs, mais les blessures sont légères. »
PS-111 était le seul à avoir été touché : perché sur ma tête, il constituait une cible facile.
« Je veillerai à ce que tu aies de bonnes proies plus tard. »
« Bien compris. »
Après un bref rechargement, les tirs reprirent depuis le sol. Les Hurleurs étaient déterminés à tuer Adhai et Numéro 26, même s’ils ne pouvaient pas m’abattre, et tiraient frénétiquement dans tous les sens.
« Ce n’est pas l’endroit idéal pour combattre. »
[ZZZZ ZZZ ZZ ZZZ ZZZ (Adhai, reste près de moi et suis-moi.)]
Touché par les balles des Hurleurs, je volai en direction du nid. Adhai s’accrocha à mon dos et me suivit de près.
Je me posai ensuite à un endroit convenable, près des positions des Hurleurs. Dès que je touchai terre, les arbres autour de nous se mirent à trembler d’un air menaçant.
Une horde de Hurleurs se rapprochait.
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[Traducteur – Seraph]
[Correcteur Draxx]
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