Chapitre 22
Infiltrer le vaisseau amiral ne fut pas très difficile. Il y avait bien quelques mesures de sécurité, mais elles étaient plutôt rudimentaires, surtout comparées à celles du vaisseau de recherche.
« Après tout, ce sont des pirates. »
Ces gens avaient l’habitude de piller les autres ; ils n’envisageaient donc sans doute pas qu’on puisse les dépouiller à leur tour. L’implant sous-cutané situé sous mon menton se mit à détecter les vibrations. Le cœur métallique du vaisseau amiral n’était plus très loin.
Une fois l’emplacement du réacteur confirmé, je fonçai dans le couloir. Celui du vaisseau amiral était étonnamment encombré pour un bâtiment censé être militaire. On aurait dit qu’ils l’avaient rafistolé avec des pièces récupérées sur d’autres vaisseaux : les murs étaient de couleurs différentes et des caisses de butin traînaient un peu partout.
Je courais dans une décharge, et je sentis des mouvements ennemis. Deux personnes, pour être exact : un humain et un insectoïde.
« Réglons ça ici. »
Je m’accroupis derrière des caisses à proximité. Quand leurs pas se rapprochèrent, ma queue visa avec précision la gorge de l’humain.
« Keh ! »
« ! »
Une fontaine de sang jaillit de son cou tranché, laissant l’insectoïde sous le choc devant son camarade tombé.
Une personne ordinaire aurait peut-être été paralysée par la peur, mais celui-ci était manifestement un pirate et porta la main à son communicateur.
Je tendis la paume ; mes tentacules aux extrémités tranchantes fusèrent et s’enroulèrent autour de son poignet. Les lames acérées lui déchirèrent la chair sans pitié.
« Kyaaah ! »
Son avant-bras n’était plus qu’une bouillie sanguinolente, broyée par les tentacules. Le communicateur qu’il avait sorti tomba au sol sans qu’il ait pu s’en servir.
Je rétractai mes tentacules, désormais couvertes du sang vert de l’insectoïde, et les objets qui y adhéraient furent absorbés par mon corps. Le goût était différent de celui du sang humain.
« On dirait du raisin. »
Le sang humain avait un goût stimulant, tandis que celui de l’insectoïde était fruité et rafraîchissant. J’aurais aimé prendre le temps de le savourer, mais la situation ne s’y prêtait pas. Je bandai mes muscles et me jetai sur lui. Ma charge fut brève, mais ma force décuplée lui donna une puissance considérable. L’insectoïde fut projeté contre le mur du couloir.
« Kek ! »
Un cri bref et le craquement des os résonnèrent dans le couloir. Un humain aurait probablement perdu connaissance, mais cet insectoïde avait une résistance tenace. Il était encore en vie et tentait de s’échapper.
Avec mes tentacules inférieurs, je lui immobilisai les bras, tandis que les supérieurs lui saisirent la tête de chaque côté.
« Kyaaah ! Pitié… keh. »
J’en avais assez d’entendre implorer grâce. Je serrai mes tentacules et lui arrachai la tête. Le couloir était désormais maculé de sang vert.
Je ne m’attardai pas sur le cadavre humain et dévorai rapidement le corps de l’insectoïde.
« Comme prévu, les espèces de PNJ ne comptent pas. »
Dans le jeu, les insectoïdes étaient considérés comme des êtres doués de raison, mais ils appartenaient à une race extraterrestre non jouable. Ils ne comptaient donc pas dans ma progression évolutive.
« Autant me contenter de ça et continuer. »
En temps normal, j’aurais pris le temps de savourer le moment, mais il me restait beaucoup à faire. Je mâchai et avalai rapidement la chair de l’insectoïde.
Après avoir léché le sang sur le sol, je rangeai soigneusement le cadavre humain dans une caisse.
[Équipe de patrouille, que se passe-t-il ? Pourquoi ne répondez-vous pas ?]
« Rien. »
[Alors réponds vite, petit morveux. Sors de là.]
« Désolé. »
Je répondis brièvement au communicateur que l’insectoïde avait laissé tomber avant de mourir. Grâce à ma capacité d’imitation, mon interlocuteur ne se doutait pas que le propriétaire de l’appareil était déjà en moi.
Après ce bref affrontement, je repris ma route vers le réacteur. Je ne rencontrai aucun nouvel ennemi en chemin.
J’aurais aimé que la sécurité autour du réacteur soit aussi laxiste, mais mon souhait ne fut pas exaucé. Des gardes androïdes patrouillaient dans le secteur. Ces types, qui semblaient ne pas regarder à la dépense pour leur sécurité, avaient soudain déployé de coûteux androïdes ici. Ils avaient apparemment entreposé le butin de leurs raids dans cette zone.
« Les androïdes peuvent être sacrément pénibles. »
Les détruire n’était pas un problème en soi, mais c’était ce qui suivait qui posait problème. Dès que j’attaquerais, l’androïde enverrait un signal à l’IA centrale du vaisseau. À moins d’être prêt à livrer bataille sur toute la ligne, mieux valait éviter de les affronter.
« Comment m’y prendre ? »
L’organe auxiliaire sous mon menton frémit, à la recherche d’un point faible dans leur défense. Contrairement aux humains, les androïdes n’avaient aucune vulnérabilité notable, puisqu’ils étaient mécaniques. Je ne pouvais pas me déplacer au plafond ou sur les murs comme à bord du vaisseau de recherche : les androïdes disposaient de détecteurs thermiques.
« Rien ne m’oblige à les affronter de face. »
Je fis demi-tour et remontai à l’étage en direction du réacteur. Après avoir traversé des escaliers de métal rouillé et des couloirs en désordre, j’arrivai dans la chambre de quelqu’un.
Une odeur écœurante et nauséabonde régnait dans la pièce. Le matelas qui faisait office de lit était décoloré, et des bouteilles vides jonchaient le sol.
Avec mes quatre mains, je soulevai le matelas. Les insectes qui se cachaient dessous, pris par surprise, détalèrent.
« Ça devrait faire l’affaire. »
Je me plaçai à l’endroit où se trouvait le matelas et, avec mes mains inférieures, j’extrayais des spores par-dessous. Les sécrétions acides des spores commencèrent à dissoudre le sol. Une fumée âcre s’éleva et le métal crasseux se troua rapidement.
À travers les trous, je voyais la partie supérieure du réacteur. Un humain aurait remarqué que son étage supérieur fondait, mais mon adversaire était un androïde. Comme il fonctionnait selon des programmes prédéfinis, il était vulnérable aux situations inattendues.
« Avec ça, je vais mettre le moteur hors service. »
Je fis tomber les spores dans le réacteur, à travers le plafond.
***
Elchen Davara piratait depuis dix ans.
Un Mutant Hulk devenu pirate : personne n’aurait cru qu’Elchen poursuivrait ses activités aussi longtemps.
À l’origine, les Mutants Hulk avaient une courte espérance de vie : leurs gènes étaient manipulés pour qu’ils meurent en moins de deux ans.
Si Eden ne l’avait pas amélioré, il serait certainement mort peu après. Et même s’il avait survécu, il n’aurait pas tenu aussi longtemps sans une intelligence suffisante.
Elchen avait surmonté ces deux obstacles. Il était devenu une figure respectée parmi les Chiens spatiaux, presque un patriarche.
La scène qui se déroulait sous ses yeux était assez choquante, même pour Elchen, qui avait traversé toutes sortes d’épreuves.
[Demande d’assistance ! Ici le centre de commandement ! L’intrus essaie d’enfoncer la porte !]
[Merde ! On n’a personne à envoyer !]
[Non, je ne veux pas mourir !]
[Où est le capitaine ? Où est l’officier ?!]
[L’officier est mort tout à l’heure ! Reprends-toi !]
[Héhé. On est tous morts. Héhéhé.]
[Ceux qui ont encore des munitions !]
[Il entre dans la pièce ! Préparez-vous au combat !]
[Merde ! Une grenade fumigène !]
[Il est dedans… Aaah !]
[Aaaah !]
[Au secours… Ugh !]
Les cris, dernières notes de l’enregistrement, retentirent avant que la vidéo sur l’ordinateur du centre de commandement ne s’achève. L’hologramme s’éteignit, mais personne dans la pièce n’osa prendre la parole.
« Mais qu’est-ce qui se passe, bon sang ? »
Lorsqu’Elchen était monté à bord du vaisseau, quelque chose lui avait paru étrange. Outre les curieuses plantes qui poussaient partout, le plus frappant était l’absence totale de personnes.
Même si tout le monde avait péri dans une attaque, il aurait dû rester des traces sur les murs ou au sol. Des taches de sang, des douilles, quelque chose. Or il n’y avait rien sur ce vaisseau. On aurait dit que le vaisseau de recherche avait été un vaisseau fantôme depuis le début, sans la moindre trace humaine.
Elchen comprit qu’il devait en apprendre davantage sur les assaillants. Il ordonna donc à ses subordonnés d’éplucher les enregistrements et de rassembler des informations sur la situation.
Le résultat, c’était la vidéo qu’il venait de regarder.
Les gens retranchés dans le centre de commandement, aux prises avec un adversaire inconnu, semblaient dans une situation désespérée, même aux yeux d’Elchen, un pirate impitoyable.
Avant même d’arriver ici, ils avaient déjà livré plusieurs batailles, et rares étaient ceux qui en étaient sortis indemnes. Certains avaient perdu des membres, d’autres la raison.
La vidéo s’était achevée sur l’effraction de la porte du centre de commandement, et il n’était pas difficile d’imaginer ce qui leur était arrivé.
« Repasse la vidéo précédente. »
Elchen s’adressa à l’un de ses subordonnés, qui lança l’enregistrement antérieur.
[Ici le centre de commandement. B3. Rejoignez-nous dès que la maintenance sera terminée.]
[Le chemin est complexe. Avancez prudemment.]
À l’écran, un soldat musclé aux cheveux courts donnait ses ordres par communicateur. Plusieurs personnes en tenue raffinée se tenaient à côté de lui.
L’enregistrement montrait leur première rencontre avec la créature inconnue, puis la recherche qu’ils avaient menée.
« Le soldat doit être chargé de la défense du vaisseau. Et la personne en tenue délicate, derrière lui… Serait-ce le capitaine Samuel ? »
Tout avait commencé dans le calme, mais l’ambiance avait vite changé. Les cris des soldats résonnaient dans le communicateur, et les dirigeants du centre de commandement commençaient à paniquer.
« Les troupes envoyées ont été anéanties. »
C’est ce qu’avait pensé Elchen, mais ce n’était pas fini. La suite le stupéfia véritablement.
Alors que les dirigeants étaient en pleine confusion, la créature inconnue fit soudain irruption.
« Elle va attaquer ici ? »
Elchen se demanda d’où elle venait, mais la créature semblait attaquer sans distinction, tuant sur son passage. Le temple blanc flottant au-dessus de la mer noire des étoiles fut maculé de sang.
La personne qui parvint à arrêter momentanément la créature fut le soldat qui avait dirigé les troupes. Il tira de son étui un pistolet à plasma et fit feu.
Cette fois, la créature réagit autrement à l’arme du soldat. Elle sembla comprendre qu’il s’agissait d’une menace et recula, avant de déployer un écran de fumée à l’aide d’un dispositif dissimulé et de contre-attaquer.
« Elle est intelligente. »
Pas seulement intelligente : elle était extrêmement intelligente, un organisme à haut risque. Elchen, qui avait côtoyé diverses formes de vie au cours de procédures de modification génétique, eut l’intuition que cette créature était la première de son espèce à être découverte dans l’univers.
Si MegaCorp avait connu l’existence d’une créature aussi dangereuse, elle l’aurait capturée et aurait extrait son matériel génétique depuis longtemps.
Pourtant, l’affrontement entre la créature et le soldat se termina par la victoire de la créature. Le soldat avait davantage été victime d’un coup du sort que de sa propre erreur. Un tir perdu d’un autre soldat l’avait grièvement blessé, ce qui avait fini par causer sa défaite.
La créature, qui semblait savoir que des renforts arrivaient, se replia aussitôt après avoir tué le soldat.
***
***
« Merde. »
Quand Elchen avait accepté cette mission, sa principale inquiétude concernait le Noble Capital, et surtout la façon dont il ferait face aux représailles de la famille Yujin. Mais après avoir regardé la vidéo, il semblait qu’ils auraient plutôt intérêt à se préoccuper de récupérer les corps du vaisseau sans y laisser leur peau.
« Hé, Garlic. »
« Oui, monsieur ? »
Elchen héla Garlic, qui contemplait l’hologramme, perdue dans ses pensées. Dès qu’il s’adressa à elle, elle reprit son attitude timide habituelle.
« Ils ont perdu le contact hier seulement, c’est bien ça ? »
« Oui, c’est exact. Nous devions les retrouver hier. Mais comme le vaisseau n’est pas arrivé, nous avons passé une journée à le chercher. »
Pendant le trajet, Elchen avait déjà obtenu les dossiers du personnel du vaisseau de recherche.
Il y avait en tout 222 personnes à bord, dont 96 soldats. Si Elchen en donnait l’ordre, ses subordonnés pourraient tous les éliminer en moins d’une demi-journée.
« Le problème, c’est qu’on ne connaît pas l’identité de la créature. »
Après avoir regardé la vidéo, Elchen avait vite compris quels étaient ses points forts. C’était le genre de créature qui compensait sa faiblesse physique par son intelligence et ses nombreuses capacités. L’attaquer sans rien savoir d’elle reviendrait à envoyer ses subordonnés au suicide.
Bien sûr, Elchen ne se souciait pas de savoir si ses subordonnés vivaient ou mouraient. Mais il n’aimait pas gaspiller ses ressources. Même s’ils devaient mourir, il voulait leur faire soutirer autant d’informations que possible sur la créature avant leur fin.
« Nous avons tout de même de la chance. »
« Monsieur ? »
« La créature ignore notre présence. »
Comme tous les membres de son groupe étaient des pirates aguerris, ils avaient infiltré le vaisseau de recherche aussi discrètement que possible. À moins que la créature ait installé des caméras dans tout le vaisseau, il lui serait presque impossible de détecter leurs mouvements.
« Trouvons d’abord la créature et acculons-la. On s’occupera des corps après. »
Alors qu’Elchen s’apprêtait à donner ses ordres, l’un de ses subordonnés accourut de l’extérieur, un communicateur à la main. Il était blême, comme s’il avait vu un fantôme.
« Patron, il s’est passé quelque chose de grave ! »
« Quoi ? »
« Le moteur du vaisseau est complètement grillé ! »
« Quoi ?! »
Elchen s’exclama, incrédule. Le moteur fonctionnait parfaitement et cette panne soudaine n’avait aucun sens.
Se retrouver face à un patron furieux n’était jamais une bonne chose, mais son subordonné n’avait pas le choix : il devait lui expliquer cette situation désastreuse. S’ils la lui cachaient et qu’il le découvrait plus tard, les conséquences seraient bien pires.
« Après vérification, il semble que le moteur soit complètement rongé par la corrosion. Impossible de le réparer ! »
« Merde ! File-moi ça ! »
Elchen arracha le communicateur des mains de son subordonné, sans cacher son irritation.
« Merde, Garlic ! »
« Oui ? »
« Ce vaisseau peut encore fonctionner ? »
« Eh bien, il faut vérifier… »
« Merde ! »
« Non, attendez. Oui, il peut encore fonctionner ! »
« Toi, et toi. Aidez Garlic. Les autres, avec moi. On va chercher cette saleté de créature. Suivez-moi. »
« Oui ! »
Elchen entraîna ses subordonnés hors du centre de commandement. Il se fit la promesse que capturer la créature ne serait pas la fin de l’histoire.
***
« Oh, il est en colère. Furieux, même. »
De retour dans le nid, je suivais leurs mouvements. Le chef, le cœur battant deux fois plus vite que la normale, traversait le vaisseau à grandes enjambées, ses subordonnés sur les talons.
« Je devrais peut-être attendre qu’ils se dispersent. »
Le vaisseau de recherche avait une disposition plus complexe et davantage d’installations que le vaisseau de combat. De plus, les intrus venaient tout juste d’arriver. Pour fouiller efficacement cet endroit qu’ils ne connaissaient pas, ils allaient devoir diviser leurs effectifs.
Ils ne le savaient sans doute pas, mais il y avait des survivants à bord. Environ vingt personnes étaient dispersées dans le vaisseau, dont le capitaine et quelques membres de l’état-major. Évidemment, je ne les avais pas laissés en vie par bonté d’âme.
« MegaCorp déteste vraiment les pirates. »
Il y aurait peut-être quelques transfuges, mais la plupart attaqueraient les pirates. Pendant qu’ils s’entredéchireraient, je pourrais ramasser les fruits tombés de l’arbre.
« Mais cette femme-là pose problème. »
Cette humaine qui était restée dans le centre de commandement. D’apparence ordinaire, elle circulait dans la pièce et semblait s’occuper de diverses tâches.
Elle n’était accompagnée que de trois personnes. C’aurait été le bon moment pour attaquer, mais quelque chose me mettait mal à l’aise.
L’intuition propre à l’Amorph me mettait en garde. Cet individu était dangereux et je devais me méfier.
« Serait-ce la personne dont Arnold m’a parlé ? »
Si-hyun Yujin.
C’était une personne qu’Arnold avait dite semblable à moi. Qu’avait-il bien pu voir pour établir cette comparaison ?
« Peut-être est-elle génétiquement modifiée, comme moi. »
Dans une société où MegaCorp faisait de la compétition la plus haute vertu, l’obsession de prolonger sa vie était immense. Surtout au sommet de la pyramide, parmi le Noble Capital, on était prêt à commettre les pires atrocités pour vivre plus longtemps.
Les progrès de MegaCorp dans les techniques de modification génétique étaient le fruit de cette mentalité. Les Mutants Hulk n’en étaient que des sous-produits.
« Même les joueurs de MegaCorp finissent par miser sur la modification génétique. »
Dans le jeu, certains joueurs ne se contentaient pas de modifier leur apparence : ils allaient jusqu’à devenir inhumains. Certains utilisaient des artefacts leur permettant de recourir à des pouvoirs dignes d’un culte, tandis que d’autres traversaient l’espace sans vaisseau. Il y avait de tout.
Dans ces conditions, il était tout à fait possible que la descendante de la famille Yujin ait subi des modifications extraordinaires.
« Keisaragi n’avait rien de spécial, mais qu’en est-il de cette femme ? »
Si elle était effectivement génétiquement modifiée, elle serait une adversaire redoutable pour moi, à ce stade. Mes ennemis ignoraient mes capacités, tout comme j’ignorais celles qu’elle pouvait posséder.
Si on l’avait modifiée au point d’égaler les joueurs, il ne serait pas facile de la vaincre.
« Une humaine génétiquement modifiée, hein ? Ça fait longtemps que je ne me suis pas battu comme ça. »
Je n’avais pas dit que ce serait difficile. Je n’avais pas dit que je perdrais.
J’avais dévoré d’innombrables joueurs de MegaCorp. Un adversaire redoutable éveillait en moi le sentiment du danger, mais piquait aussi ma curiosité.
« Pour l’instant, laissons de côté celle qui semble être Si-hyun Yujin. Occupons-nous d’abord des pirates. »
Il ne servait à rien de se battre à l’aveuglette et de devoir ensuite gérer des problèmes si des renforts arrivaient.
Je reportai mon attention sur les pirates.
Comme par hasard, ils s’approchaient des quartiers du capitaine, où se cachaient des survivants.
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