Chapitre 138
Jusqu’ici, j’avais surtout utilisé le « Symbole de la Chasse » pour acquérir des Traits spéciaux. En effet, il augmentait considérablement les chances de prédation lorsque je mangeais les cadavres de mes victimes. Même si je consommais des échantillons génétiques ou des cadavres que je n’avais pas tués, je ne pouvais obtenir qu’un demi-Trait, et non le Trait complet, mais c’était toujours mieux que rien. En outre, il pouvait servir de matériau de transcendance.
Cependant, je soupçonnais que le but premier du « Symbole de la Chasse » n’avait rien à voir avec les chances de prédation. Tout en lui était consacré à la chasse et au massacre : il était conçu pour traquer les ennemis, les écraser et les tuer.
La description de l’Organisme parfait contenait cette phrase :
« Mon corps est optimisé pour la chasse et le massacre. »
En réalité, mon corps actuel différait légèrement de l’apparence de l’Organisme parfait dans le jeu. Je devais ramper en m’aidant du bas de mon corps et de ma queue, puisque je n’avais ni six bras ni six jambes de combat. Les griffes émoussées réparties sur tout mon corps, elles, étaient identiques à celles du jeu.
En revanche, mon corps et l’armure de ma tête étaient un peu plus imposants que dans le jeu, et mes bras de combat étaient plutôt longs. Dans l’ensemble, j’avais l’impression que mon apparence avait évolué de manière à me rendre bien plus efficace au combat que dans le jeu.
Et si je renforçais encore mes capacités de chasse et de prédation ?
Bien que temporaire, ma mutation en un être supérieur avait considérablement changé mon apparence.
Pour commencer, la taille de mon corps avait presque doublé en longueur. Ma ligne de vue en était la preuve.
Depuis que j’étais devenu un organisme préparé, ma hauteur de vue n’avait guère changé, car je me déplaçais en appuyant le bas de mon corps et ma queue au sol. Elle se situait aux alentours de sept à dix mètres.
Mais à présent, j’avais l’impression de regarder le monde depuis une hauteur d’au moins quinze mètres. La Mère du Ciel, devant moi, devait peut-être même se trouver dans mon ombre.
« Vu la longueur de mon corps, je dois avoir une taille comparable à celle du Masque pâle. »
La taille était le changement le plus évident, mais d’autres détails avaient également évolué.
À commencer par ma tête. Ma mâchoire, qui s’ouvrait autrefois en deux de chaque côté, était devenue bien plus épaisse et robuste. Un espace séparait désormais ma mâchoire de mon cou, ce qui me permettait d’ouvrir la gueule aussi grand qu’un serpent. Avec une telle ouverture, je pourrais probablement avaler un humain d’une seule bouchée.
Ma mâchoire s’était renforcée, tout comme mes dents. Elles étaient plus dures et me permettaient de mordre plus facilement à travers une peau épaisse, comme celle d’un Démon marin.
Un changement notable : les mécanismes auxiliaires sous ma mâchoire étaient désormais recouverts d’une armure protectrice.
Ces mécanismes auxiliaires étaient considérés comme la partie la plus vulnérable de mon corps. Comme il s’agissait d’organes délicats chargés de la détection, ils n’étaient protégés ni par une peau extérieure ni par une armure.
« Même dans le jeu, c’était un point faible majeur. »
L’armure qui recouvrait les mécanismes auxiliaires au bout des membres jaillissant de mon dos — des membres semblables à des faux d’os — semblait faite du même matériau. Elle avait l’air étonnamment tranchante.
Les quatre lames sous ma mâchoire me rappelaient le monstre marin Makara, dans les vieux jeux de stratégie de science-fiction. Les mécanismes auxiliaires hérissés de lames bougeaient à ma guise. Je pouvais les balancer en tournant la tête pour trancher le cou d’un ennemi ou, face à un adversaire de grande taille, mordre et trancher en même temps.
Ces mécanismes auxiliaires étaient devenus de nouvelles armes, mais leur fonction de détection n’avait pas diminué. Cela tenait aux minuscules trous disséminés dans les lames de l’armure.
Ce n’étaient pas de simples trous : ils semblaient avoir encore amélioré mes capacités cognitives, déjà exceptionnelles. Je pouvais lire l’humidité dans l’air et même prévoir l’arrivée de la pluie.
Mes yeux, toujours dissimulés sous l’armure de ma tête, restaient invisibles. Toutefois, les performances des mécanismes auxiliaires avaient suffisamment progressé pour compenser ce handicap.
« L’armure de ma tête a elle aussi beaucoup changé. »
Avant de devenir un organisme préparé, l’arrière de ma tête avait subi une transformation spectaculaire, s’évasant comme une couronne. Cette forme évasée n’avait pas changé, mais des pointes allongées et des plaques acérées avaient poussé çà et là sur les couches d’armure.
L’armure qui couvrait ma tête semblait compter au moins trois couches, ce qui renforçait considérablement sa défense. De plus, les pointes et les plaques me permettaient de décupler la puissance destructrice de mes anciennes attaques à la corne et de mes charges.
« Dans l’ensemble, j’ai l’air beaucoup plus menaçant. »
Je n’avais peut-être pas l’allure majestueuse du Makara, mais, en matière d’efficacité, ce n’était pas mal.
Si ma tête avait subi une transformation radicale, qu’en était-il de mon corps ?
Tout d’abord, mon dos avait évolué : une double couche d’armure le recouvrait, comme sur ma tête, et des pointes et des plaques avaient poussé entre les deux.
Si un ennemi tentait de m’écraser de tout son poids, comme l’avait fait le Masque pâle, il serait sans aucun doute transpercé par les pointes et les plaques, et mourrait sur-le-champ.
Et, comme je m’y attendais, une nouvelle paire de membres terminés par des faux d’os avait poussé dans mon dos. Parmi les huit orifices recouverts d’une membrane en forme de tourbillon, d’où ne sortaient pas mes tentacules, deux laissaient jaillir ces membres.
Dans l’ensemble, ces membres en forme de faux d’os ressemblaient à ceux que j’avais déjà. Mais, contrairement à un bras ordinaire, qui ne possède qu’une articulation entre l’humérus et le radius, les miens étaient plus longs et pourvus d’une articulation supplémentaire au milieu, ce qui leur donnait une plus grande liberté de mouvement.
La principale différence, outre leur taille accrue, venait de la faux d’os à leur extrémité, qui s’était divisée en deux. Des lames d’os dépassaient en haut et en bas, comme des pinces, et je pouvais les actionner à ma guise. Chaque faux d’os mesurait plus de trois mètres : leur pouvoir d’intimidation était écrasant. Leur tranchant et leur solidité avaient également beaucoup progressé.
L’évolution de ces membres était intéressante, mais, à mes yeux, le changement le plus important de toute cette transformation concernait le bas de mon corps.
Depuis que j’étais devenu un organisme préparé, des griffes destinées à creuser le sol ou à me déplacer dans l’eau en rampant ou en nageant étaient apparues partout sur mon corps.
Ces griffes étaient devenues absolument terrifiantes.
Si je faisais grandir Genie jusqu’à une cinquantaine de mètres, est-ce qu’il ressemblerait à ça ? Mes griffes, autrefois émoussées et arrondies, s’étaient changées en courtes pattes. Grâce à leur nombre, le bas de mon corps et ma queue ne touchaient plus tout à fait le sol.
« À ce rythme, je devrais me déplacer beaucoup plus vite. »
En outre, la membrane qui se trouvait à l’origine uniquement entre mes bras semblait aussi s’étendre entre mes petites pattes. Je pourrais peut-être ainsi flotter à la surface de l’eau.
Enfin, le haut de mon corps.
Contrairement à ma tête, mon dos et le bas de mon corps, qui avaient subi des transformations marquées, le haut de mon corps n’avait pas beaucoup changé. Mes bras de combat étaient simplement devenus plus épais et plus longs. La membrane dissimulée entre eux avait aussi grandi, non ?
Après avoir inspecté mon corps nouvellement transformé en me déplaçant, je vis la Mère du Ciel trembler devant moi.
« Tu as évolué… mais tu n’es encore qu’un Quasi-saint. Quelle est exactement cette capacité ? »
[ZZZ ZZZ ZZ ZZZ (C’est mon arme secrète, je ne peux pas te le dire.)]
« Une arme secrète. Peut-être un Trait spécial. Si c’est bien un Trait spécial, il n’est pas étonnant que tu sois devenu aussi fort, mais… »
Je n’avais pourtant rien répondu, mais la Mère du Ciel avait tiré ses propres conclusions. Mon apparence majestueuse l’impressionnait visiblement.
Son pelage soigneusement lissé était hérissé, sans doute sous l’effet de la tension, et ses yeux tremblaient légèrement. Je sentais aussi son cœur battre à tout rompre grâce à mes mécanismes auxiliaires.
Quand nous nous étions rencontrés pour la première fois, et même lors de son combat contre Muriel, elle n’avait jamais perdu sa dignité. Mais à présent, elle semblait avoir peur de moi.
À ce moment-là, Numéro 26 et Adhai s’approchèrent.
« Le grand est encore plus grand ? »
[ZZZ ZZ ZZZ ZZZ (J’ai juste un peu grandi.)]
« Le grand peut aussi changer de corps. Il est comme moi. »
Numéro 26 était ravi que nous ayons un point commun. Adhai, en revanche, se contenta de me fixer d’un air absent.
« Moi » « Adulte » « Question »
[ZZZ ZZ (Qu’y a-t-il ?)]
« Moi » « Adulte » « Queue » « Femelle » « Jugement »
[ZZZ (Hein ?)]
Le petit désigna l’arrière de mon corps du bout de ses ailes. Ma gigantesque queue s’y trouvait.
Puis, il pointa ses ailes vers ma corne.
« Moi » « Jugement » « Erreur » « Adulte » « Corne » « Nombreuse » « Cool » « Moi » « Question » « Adulte » « Mâle ? » « Femelle ? »
[ZZZ (Hein ?)]
« Eh bien… »
Les Gallagons étaient des animaux présentant un dimorphisme sexuel : les mâles et les femelles avaient des apparences différentes. Chez les mâles, les cornes étaient épaisses et longues ; chez les femelles, c’était la queue qui était rebondie, plutôt que les cornes.
Depuis que j’étais devenu un organisme préparé, le changement le plus important avait sans aucun doute été ma queue.
À ce moment-là, le petit avait probablement voulu savoir si j’étais un mâle ou une femelle.
Après avoir utilisé le Symbole de la Chasse, ma corne avait considérablement poussé. Elle mesurait maintenant environ deux mètres. Avec une corne de cette taille, je dépassais le Gallagon noir. On pouvait dire qu’Adhai appartenait à la haute société de son espèce.
Autrement dit, aux yeux des Gallagons, mon apparence était plutôt singulière. Ma corne était imposante, et ma queue aussi était épaisse.
Alors que je cherchais encore comment répondre à cette question absurde, la Mère du Ciel prit la parole avant moi.
« Celui-ci est sans aucun doute un mâle. Cette transformation… Hum, il n’y a aucune chance que celui-ci soit une femelle. »
« Un mâle ? »
« Oui, un mâle. »
[ZZZ ZZ ZZZ ZZZZ (Je suis un mâle.)]
À ces mots, les miens et ceux de la Mère du Ciel, Adhai hocha la tête avec malice. Après avoir contemplé ma corne un instant, le petit me fit comprendre qu’il avait saisi.
« Moi » « Comprendre » « Adulte » « Mâle » « Certain »
[ZZZ ZZ ZZ (C’est ça.)]
« Adulte » « Plus » « Cool » « Groupe » « Chef » « Possible »
[ZZZZ (Merci.)]
« … Ha. »
Je remerciai Adhai pour son compliment. Bien sûr, je fis comme si je n’avais pas entendu le rire forcé de la Mère du Ciel.
J’avais fini de leur expliquer la situation, alors je terminai mon inspection.
Il était temps de passer à mon véritable objectif.
Dévorer le Masque pâle.
« Ah… Quel dommage de n’utiliser une capacité aussi puissante que pour dévorer des proies. »
Je savais que le Symbole de la Chasse était une carte maîtresse, mais je ne pouvais m’empêcher de regretter chaque fois que je me transformais. Si seulement sa durée n’était pas limitée à vingt minutes et son délai de récupération à une semaine, je l’utiliserais activement au combat. C’était vraiment décevant.
« Peut-être que les choses s’arrangeront quand j’atteindrai le Stade de transcendance deux. »
Pour atteindre le Stade de transcendance deux, il fallait utiliser comme ingrédients cinq Traits de fusion liés à des types différents. Grâce aux Traits que j’avais déjà obtenus en explorant le marais, j’avais rempli les conditions. Il ne me restait qu’à obtenir le nouveau Trait de fusion lié au nid, les « Spores symbiotiques », avant de pouvoir progresser.
« Obtenons ce nouveau Trait de fusion lié au nid avant de quitter cette planète. »
Le vaisseau spatial était prêt, bien qu’il fût quelque peu endommagé, et Numéro 26 et Adhai étaient tous deux là. Je devais m’efforcer d’obtenir le Trait de fusion lié au nid avant de pouvoir utiliser à nouveau l’« Horizon des cauchemars ».
« J’y réfléchirai plus tard. »
Pour le moment, il était temps de profiter de la prédation. J’approchai des cadavres avec Numéro 26.
« Où. »
J’ouvris grand la mâchoire et mordis la tête du Masque pâle. Ma gueule, aussi grande que celle d’une baleine ou d’un boa constricteur, lui arracha un gros morceau de chair.
« Hmm. »
Était-ce parce que ma mâchoire s’était renforcée, ou parce que mes dents étaient devenues plus solides ? Quand je m’étais battu contre cette créature, sa chair m’avait paru coriace, mais à présent, elle fondait doucement dans ma bouche.
« C’est un goût intéressant. »
Les organismes marins que j’avais mangés ici étaient au nombre de deux : un Fishrian et un Démon marin. Tous deux avaient une saveur particulière, mais dans les deux cas, leur goût restait celui de fruits de mer.
En revanche, la chair du Masque pâle mâle était différente. Sa saveur se rapprochait plutôt de celle de l’agneau.
« En plus, le goût évolue par étapes. »
À la première mastication, la graisse et le jus avaient jailli, laissant dans ma bouche une intense saveur de viande. En continuant de mâcher, le goût s’était peu à peu adouci, avec une note huileuse, contrairement à ce que j’avais senti au début. Enfin, il était devenu chaud et sucré, comme de la glace fondue, avant de disparaître au fond de ma gorge.
« Comparée au Démon marin, dont le goût était puissant et naturel, la chair du Masque pâle est plus franche. C’est comme la différence entre un buffet de fruits de mer haut de gamme et un steakhouse américain. »
« Heureusement que c’est bon, vu la difficulté qu’il y avait à le capturer. »
Numéro 26 et moi savourâmes ainsi la chair du Masque pâle.
Il nous fallut environ dix minutes pour dévorer toute la tête de la créature. Au moment où je léchai la dernière trace de matière cérébrale, la fenêtre de texte attendue apparut.
[Effet de prédation activé ! Trait « Bête humanoïde » acquis avec succès.]
« J’ai dérobé le Trait « Bête humanoïde » au « Masque pâle ». »
[Voulez-vous appliquer le Trait « Bête humanoïde » ?]
Le Trait que j’avais acquis était « Bête humanoïde ». Il permettait de générer une créature parasite ressemblant au visage pâle qui servait de mascotte au Masque pâle. Il me serait personnellement utile, et j’étais assez satisfait de l’avoir obtenu, mais je ressentais aussi un certain regret.
« Je visais la Créature géante. »
Le Trait « Créature géante » était partagé par les créatures mesurant cinquante mètres ou plus. L’acquérir permettait d’utiliser la capacité de transformation géante. Si j’associais le Symbole de la Chasse à cette transformation, mes capacités physiques seraient pratiquement invincibles.
Ça pouvait paraître puéril, mais je voulais voir au moins une fois à quoi je ressemblerais sous forme géante en utilisant le Symbole de la Chasse. Comme je devais chasser les créatures appartenant à la catégorie Apex pour évoluer, et que la plupart des créatures Apex étaient imposantes, j’aurais de nombreuses occasions d’obtenir le Trait Créature géante à l’avenir.
Je chassai ma déception et appliquai le Trait « Bête humanoïde », héritage du Masque pâle.
Dans l’immensité de l’univers, noyée dans les ténèbres infinies, de gigantesques structures flottaient à des dizaines, voire des centaines d’années-lumière, répandant dans l’espace leur unique lueur. Elles avaient la forme de diamants taillés. D’un diamètre de trois kilomètres, ces structures ornées d’une coque couleur ivoire, d’or et de métaux spéciaux étaient, chose étonnante, des vaisseaux spatiaux.
Il s’agissait du Vaisseau de guerre impérial, une arme de série conçue avec une technologie ancienne par l’Empire du Culte, baptisé « Juge de Damoclès 08 ».
Quelques milliers d’années plus tôt, le Vaisseau de guerre impérial patrouillait activement sur de nombreux champs de bataille. Pour défendre la « Doctrine », fondement du Culte, et éclairer d’innombrables planètes et leurs habitants, le vaisseau n’avait pas une minute de repos.
Bien sûr, tout cela appartenait au passé. Depuis plus de mille ans, l’Empire du Culte était empêtré dans des conflits internes. Même à cet instant, de nombreuses factions se livraient à des escarmouches absurdes au sein de l’assemblée de l’Empire, uniquement pour servir leurs intérêts politiques.
Autrement dit, les guerres extérieures avaient pris fin, et les luttes intestines avaient commencé.
Les temps ayant changé, les armes puissantes comme le Vaisseau de guerre impérial n’étaient plus nécessaires. Certains avaient été retirés du service, tandis que d’autres étaient affectés aux confins de l’Empire pour assurer des missions défensives.
Le Vaisseau de guerre impérial qui se trouvait ici, le « Juge de Damoclès 08 », était l’un de ceux qui avaient échappé au retrait du service, mais avaient été relégués aux frontières.
Dans ce coin reculé où personne ne s’aventurait, pas même des monstres comme les Gremlins métalliques ou les Outspacer, le capitaine du vaisseau répétait ses calculs de trajectoire habituels.
Si l’aide de culte ne s’était pas précipité à ses côtés, cette journée aurait été comme les autres.
« Capitaine, communication de l’assemblée ! »
« Si c’est une demande d’adhésion à une faction, dites-leur que nous avons déjà refusé. »
« Non, ce n’est pas ça ! L’assemblée a adopté un ordre de purification, qui est actuellement examiné par le Conseil des Anciens. Il devrait nous parvenir d’ici une semaine au plus tard, peut-être même dans quelques jours. »
Le capitaine du vaisseau du Culte, dont les cornes ressemblaient à celles d’un yak, tourna brusquement la tête aux paroles de son aide.
« Un ordre de purification ? Une attaque des Outspacer, peut-être ? Quand est-ce arrivé ? Quel secteur est attaqué ? La situation est-elle si grave qu’il faille mobiliser toute la flotte ? »
« Euh… non, apparemment. Le service de renseignement a appris, en surveillant l’Union stellaire, que la Terre sainte avait été contaminée. Nous ignorons quelle espèce en est responsable. »
« La Terre sainte ? »
« La Terre sainte d’Utopia 02, sur la planète Saigil. »
« Saigil, hein… »
Le capitaine s’intéressait aux échanges avec les intelligences inférieures et entretenait même des relations avec des esprits inférieurs. Il savait donc bien que les humains et les cyborgs appelaient PH-101 Saigil 08.
« Les machines étaient au courant de la contamination de la Terre sainte avant nous ? L’assemblée serait-elle devenue si corrompue qu’on ne l’informe même plus correctement ? Certaines factions trempent peut-être dans des affaires sordides et s’enrichissent grâce à la piraterie ou à la contrebande. »
« … Ça sent mauvais. »
« Que souhaitez-vous faire ? »
À la question de son assistant, il haussa les épaules.
« Eh bien, nous sommes des guerriers. Des guerriers sacrés qui suivent la Doctrine et prêtent allégeance au Culte, pas à une simple faction. Si le Conseil donne un ordre, nous devrons lui obéir. »
« Capitaine… »
« Prévenez tout l’équipage. Qu’ils se tiennent prêts. »
« Compris. »
Lorsque son assistant fut parti, le capitaine reprit le calcul de sa trajectoire. Devant lui réapparut un espace simulé, matérialisé par ses pouvoirs psychiques. Son aspect avait cependant légèrement changé. L’espace qui s’étendait devant le capitaine ressemblait désormais au système stellaire auquel appartenait la planète PH-101.