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◈ Je suis devenu un ingénieur de génie dont les mégacorporations raffolent ◈
Chapitre 014
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Garage Titan
« Ne bougez pas. Ça va être un peu chaud… Non, très chaud. Tenez bon. »
« …Hein ? Qu’est-ce que vous êtes en train de… ! »
J’en étais là quand un grognement m’interrompit et que ma bouche se referma d’un coup.
Le mana de la main de Vivian s’était mis à couler dans la mienne.
Une énergie douce et réconfortante, agréablement tiède, se fraya un chemin le long de ma main, puis dans mes circuits de mana, avant de s’enfoncer plus profondément.
On dirait un sort de guérison de haut niveau.
Je croyais connaître la plupart des sorts apparus dans Fupunkalypse, mais celui-ci m’était inconnu.
Comme on pouvait s’y attendre d’une mage capable d’ouvrir une clinique dans les quartiers supérieurs.
Mais ce n’est pas aussi chaud qu’elle l’avait dit, si ?
Cette pensée venait à peine de me traverser l’esprit que ça arriva.
Le mana qui avait remonté ma main se dirigea droit vers la zone autour de mon cœur et se mit à la chauffer.
« Même si vous avez mal, n’ouvrez pas la bouche. Le mana s’échappera. »
La voix de Vivian retentit alors qu’un gémissement était sur le point de m’échapper.
À ses paroles, je refermai aussitôt la bouche qui commençait à s’ouvrir.
Tandis que l’énergie brûlante continuait de circuler dans les circuits autour de mon cœur, une douleur aiguë s’installa.
La sueur coulait sur le visage de Vivian, juste devant moi, tandis qu’elle me tenait la main.
Quoi qu’elle soit en train de faire, ce sort semblait lui coûter énormément d’énergie mentale et de mana.
Une chaleur torride monta en moi, assez brûlante pour me donner envie de hurler. Mais je me rappelai son avertissement : si j’ouvrais la bouche, le mana s’échapperait. Je serrai donc les dents pour tenir bon.
…Combien de temps s’était écoulé ?
Le mana autour de mon cœur commença à se retirer. Il se rassembla en un point, fit une fois le tour de mon cœur, puis remonta par les circuits jusqu’à ma main.
La chaleur du mana reflua ensuite vers la main de Vivian.
Ce n’est qu’alors que Vivian, qui me tenait la main depuis un bon moment, me lâcha.
« Haa… Ouf… L’intervention est terminée. Vous avez été courageux. »
Je baissai les yeux vers ma poitrine, hébété.
À cause du défaut [Carence en mana du cœur], j’avais toujours ressenti autour de mon cœur un creux douloureux, parcouru de picotements, quoi que je fasse.
Mais, incroyable, cette sensation de vide avait disparu. J’avais l’impression que mon cœur contenait un peu plus de mana qu’avant, même si ce n’était qu’une petite quantité.
La sueur dégoulinait du visage de Vivian comme une pluie battante. Elle semblait aussi épuisée, sans doute pour avoir dépensé une quantité énorme de mana et de concentration d’un seul coup.
« …Je peux enlever mon manteau un instant ? »
Elle avait repris son ton habituel. Peut-être parce qu’elle venait d’exercer son vrai métier ?
Avec toute cette sueur, elle devait forcément avoir chaud.
Je hochai la tête.
« Oui, bien sûr. »
À ma réponse, Vivian enleva son manteau. Son chemisier sans manches, qui dévoilait ses deux bras, lui allait très bien, peut-être grâce à sa peau blanche comme neige.
« Ouf. Ce n’est pas un traitement parfait. »
Elle sortit un mouchoir, s’essuya le visage, puis reprit :
« Les dégâts sont trop importants pour être réparés en une seule séance… Non, pour être honnête, avec mes compétences actuelles, même des dizaines de séances ne suffiraient pas à tout rétablir. Mais… un jour… »
Les yeux bleus de Vivian se posèrent sur moi.
Une étrange tristesse, un sens du devoir et une ardeur singulière s’y mêlaient.
L’atmosphère était étrange.
« Je sais que je n’ai pas le droit de deviner l’ampleur de votre douleur… mais, pour l’instant, les douleurs physiques devraient s’atténuer. Vous devriez aussi avoir bien moins mal quand vous utiliserez votre mana. »
« Non, ce n’était pas aussi douloureux que vous le pensez. Je peux me débrouiller dans la vie de tous les jours… »
« Ce n’est pas grave. Inutile de cacher votre douleur à une médecin. »
J’avalai les mots que j’allais prononcer.
C’est vrai… si la médecin dit que j’ai mal, alors j’ai mal.
« Au fait, ce sort ne coûte-t-il pas une fortune ? Je ne crois pas que le vieux Gordon vous ait demandé d’aller aussi loin. »
« Ah. C’est pour vous remercier de m’avoir libérée de la souffrance mentale que j’endurais. »
Ouille. À ces mots, je fis un pas en arrière quand le sujet des frais de réparation revint sur le tapis.
Après l’avoir vue suer à grosses gouttes en lançant un sort rien que pour me soigner, j’avais du mal à trouver quoi dire.
« …Alors la prothèse était vraiment cassée. Incroyable. J’ai utilisé [Courant de chaleur vitale], et mon corps va toujours bien. »
Ah. Alors ce sort s’appelait Courant de chaleur vitale. Je ferais mieux de m’en souvenir.
« Bien sûr, je l’ai réparée pour le moment, mais ce n’est qu’une solution provisoire. Vous devez revenir ici une fois par semaine pour un contrôle. Cela dit, plutôt que de continuer à venir dans un endroit aussi modeste que celui-ci, je vous conseillerais de remplacer bientôt votre prothèse. »
« …Je ne peux pas la remplacer pour l’instant. Je dois encore rembourser l’argent que j’ai emprunté à M. Go Jin-tae pour démarrer mon activité. Et le loyer du bâtiment est plus élevé que prévu. »
« Ah… »
Apparemment, tous les habitants des quartiers supérieurs n’étaient pas riches. Après tout, combien fallait-il pour faire tourner une clinique dans un beau quartier ? Elle pouvait très bien manquer d’argent.
Quand même, n’était-elle pas un peu trop franche ? Était-ce vraiment le genre de choses que j’étais censé entendre ?
Je me posais encore la question quand elle reprit la parole.
« Voilà où je voulais en venir. Pourriez-vous remettre les pièces que vous avez réparées dans leur état d’origine ? »
Je ne pus que cligner des yeux.
Était-ce bien la même personne qui s’était émue, un instant plus tôt, en voyant sa prothèse réparée ?
« Hein ? Pourquoi diable je ferais ça ? »
« Je vais porter plainte. Le produit de la mégacorporation était défectueux. »
À ces mots, je m’exclamai : « Ah ! » en comprenant.
Exact. Ce n’était pas Fupunkalypse. On était trois cents ans avant, à une époque où la société fonctionnait encore à peu près normalement.
« Alors, remettez-la dans son état initial et rédigez un document détaillant les pièces défectueuses. »
« Hein ? Quel genre de document ? »
« J’ai besoin d’un bref avis technique sur ce produit défectueux qui a passé l’inspection standard d’Arcana Tech. Pour qu’il ait une valeur juridique, il faudrait qu’il provienne d’un garage des quartiers supérieurs, mais… ils pourraient ne pas trouver le défaut non plus. »
« Comme vous voyez, je n’ai rien ici pour rédiger ce genre de document. »
Vivian sortit alors de son manteau, qu’elle avait accroché derrière elle, un objet qui ressemblait à une tablette et me le tendit.
Rien de compliqué. Je n’allais pas écrire de mensonges.
Je rédigeai l’avis comme Vivian me l’avait demandé, puis le lui rendis. N’importe quel ingénieur des quartiers supérieurs comprendrait tout de suite ce qu’il signifiait.
Elle reprit la tablette, posa les doigts sur son propre poignet, puis balaya l’air en ma direction.
« Voici votre paiement pour la consultation. »
Ding.
[ Vivian vous a envoyé 200 000 crédits. Accepter ? ]
Oh. Je croyais ne rien toucher pour la réparation, mais je venais de recevoir des honoraires de consultation.
Après avoir pris des espèces et des cartes de crédit tout ce temps, recevoir un virement directement sur un compte avait quelque chose de nouveau. Les gens des quartiers supérieurs vivaient vraiment dans un autre monde.
Sur cette pensée, j’acceptai l’argent.
« Bien entendu, ce n’est pas tout. Si je gagne le procès, je vous paierai davantage. »
Oh. Une prime si elle gagnait le procès ? Merci beaucoup.
Pour commencer, je remis les pièces que j’avais réparées dans leur état initial.
« Et pendant l’année qui vient, je viendrai une fois par semaine pour continuer à surveiller votre état de santé. Bien sûr, les examens seront gratuits. Considérez cela comme un dédommagement pour m’avoir libérée de ce poids. »
« Hein ? Ah, ce n’est vraiment pas nécessaire. »
« Si. Votre corps a besoin de soins, mon patient. Et il en a besoin régulièrement. »
« Ah… d’accord. »
Si la médecin le disait, autant accepter. Et, franchement, avec ce corps fragile, je finirais forcément par tomber malade un jour ou l’autre, à vivre à Ground Zero, le quartier le plus pauvre de tous.
Le jour où ça arriverait, connaître une médecin des quartiers supérieurs comme Vivian serait bien plus utile que d’en chercher une dans le coin.
« Euh… Alors… Est-ce que je pourrais avoir votre nom et vos coordonnées ? »
En effet, nous ne nous étions pas encore présentés.
« Ah. Je m’appelle Dex. Pour me joindre… »
Vivian tendit la main vers moi.
Je la pris et la serrai.
[Le contact de Vivian a été enregistré.]
Grâce aux circuits électroniques de nos poignets, nos coordonnées furent enregistrées automatiquement.
Pas mal. C’était pratique à bien des égards.
« Je vous contacterai à l’avance pour la prochaine visite. »
Je hochai la tête.
« D’accord. Merci. Vous avez bien travaillé. »
Après avoir raccompagné Vivian, je me rendis compte que la nuit commençait à tomber sur la ville.
« La journée est déjà passée ? »
Je devais finir ce qu’il me restait à faire avant la nuit.
Ces derniers temps, le coin était dangereux ; chaque nuit, les tirs fusaient en quantité effrayante. Mieux valait verrouiller la porte pour la nuit.
« Et maintenant… c’est presque… terminé. »
Le nettoyage de l’intérieur du bâtiment, qui durait depuis des jours, touchait enfin à sa fin.
J’avais trié le bric-à-brac et les déchets qui traînaient, jeté les rebuts et rangé les objets utilisables selon l’endroit où ils serviraient.
J’avais d’abord réparé l’établi en acier cabossé qui avait été poussé dans un coin de la réserve, puis l’avais redressé. J’avais refixé ses pieds de travers et aplani autant que possible les parties cabossées grâce à la Télékinésie de précision.
Au-dessus de l’établi, j’avais fixé au mur un panneau perforé.
De vieux outils à main y étaient accrochés : des clés, des pinces coupantes, des étaux, des pinces et autres ustensiles du même genre.
En pratique, je n’aurais presque jamais l’occasion d’utiliser des outils à main comme ceux-là ; ils servaient donc surtout à donner du cachet à l’endroit.
Dans le jeu aussi, soigner ou non l’ambiance intérieure faisait discrètement une grande différence sur la confiance qu’on inspirait.
J’avais également remis l’étagère tombée debout et l’avais remplie. Des câbles de cuivre, des écrous, des boulons, des ressorts, des gaines isolantes et d’autres pièces décoraient les rayonnages.
Pas mal.
Devant l’entrée principale, j’avais installé une deuxième porte, destinée aux clients.
La porte principale était si lourde et robuste que les clients avaient du mal à entrer et sortir.
Pendant les heures d’ouverture, la porte réservée aux clients pouvait rester ouverte, puis, à la fin de la journée, je pouvais refermer la porte principale.
Pour finir, je récupérai l’enseigne au néon « Garage Titan », qui avait été rangée dans un coin, et la fixai au mur du bâtiment.
« Garage Titan, hein ? Ça me fait penser au vieux Gordon. »
Après tout, il était aussi grand qu’un titan.
C’est ce que je pensais quand ça arriva.
« Hé, gamin. Qu’est-ce que tu fabriques ? »
La voix de Gordon retentit derrière moi.
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