Chapitre 98
« Ce fou furieux ! »
Dass, un soldat de l'escouade d'information, jura en observant la troupe qui s'installait dans la chaîne de montagnes.
« Un signal lumineux a jailli ! »
Le son lui parvint aux oreilles.
En tournant la tête, il vit une balise s'élever à l'ouest.
« Tch ! »
Dass cracha par terre avant de se diriger vers le camp.
« Bon sang. Je n'ai plus le visage pour regarder le commandant de troupe Roan. Plus aucun. »
Il était un soldat de l'escouade d'information chargé de surveiller les lignes de front de l'est.
Son rôle consistait à informer rapidement Roan au cas où les nobles ne suivraient pas ses ordres.
Et tout particulièrement le baron George Ant, qui nourrissait de nombreux griefs à l'encontre de Roan.
C'est pourquoi il redoublait d'efforts et le surveillait de près.
« J'étais un peu soulagé lorsqu'ils ont déplacé le camp vers le sud, conformément aux ordres du commandant de troupe, mais…… »
Il avait été un peu plus lent que les autres nobles, mais George avait fini par déplacer son camp vers le sud.
Cela semblait marquer une stabilisation des lignes défensives.
Mais après deux jours d'installation, des mouvements étranges avaient commencé à se produire.
« Ils ont soudainement commencé à lever le camp. »
Pour l'heure, il avait envoyé les soldats de l'escouade d'information vers le village de Mediasis.
Mais comme la troupe de George continuait de progresser vers le nord, il ne pouvait plus rester les bras croisés.
Finalement, il envoya une escouade d'information vers une balise proche.
Pendant ce temps, George, qui continuait de se diriger vers le nord, commença à s'installer dans une chaîne de montagnes.
« Quel fou furieux. »
C'était une manœuvre qu'il ne parvenait absolument pas à comprendre.
Dass se dirigea vers le camp de George.
« Halte ! »
Les gardes, postés à l'entrée, levèrent leurs lances.
Dass sortit un morceau de tissu sur lequel était dessiné le symbole de la troupe Amaranth.
« Je suis membre de la troupe Amaranth. »
Ils se connaissaient déjà.
L'entrée gardée s'ouvrit.
Dass traversa précipitamment le camp qui commençait à prendre forme.
« Il est là. »
En approchant du centre du camp, il vit George debout sous une grande ombre.
« Monsieur le baron Ant. »
« Hein ? »
George, qui grignotait nonchalamment un raisin, fronça les sourcils à l'arrivée de Dass.
« Il vient d'Amaranth, n'est-ce pas ? »
Il était évident qu'il venait parce qu'il avait replié le camp.
George haussa les épaules en feignant l'ignorance.
« Qu'y a-t-il ? »
« Quelle est la raison pour laquelle vous avez rompu la formation et battu en retraite ? »
demanda Dass aussi poliment et humblement que possible.
« Aha. Vous parlez de ça. »
George sourit largement et se gratta le ventre.
« J'observais la position du camp. Je pense que plutôt que les plaines du sud, cette chaîne de montagnes serait bien meilleure. L'arrière est protégé par les montagnes escarpées et l'avant n'est qu'une plaine, il n'y a donc pas de meilleur endroit que celui-ci. »
Il attrapa un autre raisin et afficha un sourire sournois.
« Même ainsi, il semble que le commandant de troupe Roan ait commis une erreur par manque d'expérience. Pour un général de mon rang, c'est l'endroit le plus approprié pour établir le camp. »
Dass prit une inspiration avant de parler prudemment.
« Mais si le baron Ant bat en retraite seul, alors toutes les autres défenses seront mises en danger. »
À cet instant, George éclata de rire.
« Hahaha. Vous vous inquiétez trop. Si cela devait arriver, je mènerai moi-même ma troupe pour les secourir. Même si j'en ai l'air, je suis un général renommé. Hahaha. »
George débitait des absurdités comme si de rien n'était.
Dass était sur le point de dire autre chose, mais il se ravisa.
Il comprit qu'il ne pouvait pas tenir une conversation avec un tel homme.
« Je comprends. Dans ce cas, je m'en retourne. »
Dass s'inclina puis fit demi-tour pour repartir.
« Bon sang. Quel idiot. »
Les jurons se bousculaient dans sa bouche.
« À cause de vous, toute la ligne défensive est devenue fragile ! Même un villageois comme moi l'a compris, et un bâtard qui se prétend noble, non ! »
Il avait une expression urgente sur le visage.
« Si des monstres apparaissent……… »
Son visage devint rouge.
Son agacement et sa rage montèrent en flèche.
Dass quitta le camp et se dirigea vers la montagne voisine avec l'escouade d'information.
C'était pour surveiller les plaines du sud.
« Ah…… »
À cet instant, une exclamation basse s'échappa des lèvres de Dass et des autres membres.
Leurs visages devinrent pâles.
« Des monstres ! »
Un nuage de poussière blanche s'éleva au-delà des plaines.
Cela aurait été une bonne chose s'il s'était agi de la troupe Amaranth ou d'une autre troupe alliée, mais malheureusement, ce qui apparut était un nombre stupéfiant de monstres.
Les monstres chargeaient à travers le sud car la ligne défensive avait été ouverte suite au repli de la troupe de George.
« Si je laisse faire, la région nord-est de Tale deviendra un désert ! »
L'urgence se lisait sur le visage de Dass.
Il fit signe à quelqu'un de sonner de la trompe.
Puuuuuu !
Un son qui faisait battre le cœur plus vite tout en se propageant dans le vent.
Mais le camp de George ne montra aucun mouvement.
« Pourquoi ! Que faites-vous donc ?! Espèce d'idiot ! »
Dass grinça des dents.
La rage.
Une froide intention meurtrière apparut dans ses yeux.
« Allez aux balises ! Dites-leur d'allumer les signaux ! »
Une voix urgente se perdit dans le vent.
*****
« Kuak ! »
« Kek ! »
Les cris remplissaient tout le champ de bataille.
Des flammes rouges jaillissaient et une fumée noire obscurcissait le champ de vision.
C'était un spectacle cruel.
Il y avait d'innombrables cadavres décapités sur le champ de bataille.
« Ouf. »
Roan se tenait au milieu du champ de bataille et poussa un long soupir.
Il avait le visage figé.
Il tenait la lance de Travias à l'envers et regardait vers le nord.
« Fils de p*te. »
Les jurons sortirent d'eux-mêmes.
Puis.
« Pour l'instant, nous avons coupé la queue des monstres ! »
La voix d'Austin se fit entendre.
Il était entièrement couvert de sang.
Bien qu'ils aient remporté la victoire après cette bataille acharnée, son expression n'était pas bonne.
« La troupe du baron Rael Piad a été anéantie. »
Rael se trouvait juste à côté, à l'ouest du camp de George.
Comme George avait replié le camp de son propre chef, le camp voisin avait subi l'attaque des monstres.
À cause de cela, ils avaient subi des dommages proches de l'anéantissement et la solide ligne défensive s'était effondrée comme un château de sable.
« Et le baron Piad ? »
« Heureusement, il est sain et sauf. Il a fui vers le camp du vicomte Blick. »
À ces mots, Roan hocha lentement la tête.
Puis, un groupe de personnes apparut au nord.
C'étaient Dass et l'escouade d'information.
« Commandant de troupe ! »
Ils s'agenouillèrent dès qu'ils approchèrent de Roan.
« Nous sommes désolés ! »
Une voix sincère s'excusa.
Leurs épaules tremblaient.
Mais l'expression de Roan restait calme.
« Ce n'est pas votre faute. »
Il répondit brièvement.
À ces mots, Dass et les autres, qui étaient sur le point de verser des larmes, se continrent de force.
Roan les regarda et grinça des dents.
« Sur un champ de bataille, le rôle des magiciens diminue…… »
Après avoir fait face au scandale d'aujourd'hui, il regretta l'absence de magiciens.
« Si nous avions pu utiliser la magie de communication, nous aurions pu agir plus rapidement. »
Les magiciens de Tale étaient ceux de la troupe de Simon, et ils n'étaient que 500.
« Ce sont tous des magiciens offensifs, ils ne connaissent même pas la magie de communication…… »
Dans la situation actuelle, ils n'étaient d'aucune aide.
« Tout le monde, levez-vous. »
Il parla d'une voix douce.
Dass et les autres hésitèrent, puis se levèrent prudemment.
Des traces de larmes étaient visibles sur leurs visages.
« George Ant. Ce bâtard ? »
Il n'ajouta même pas le titre.
Dass pointa le nord.
« Il ne bouge même pas des montagnes. »
Roan hocha lentement la tête, puis se mit en mouvement.
Il mena ses forces vers le vicomte Tio Luin.
« Vicomte Luin. »
« Que s'est-il passé ? »
Une profonde contrariété se lisait sur le visage de Tio, qui nettoyait le champ de bataille.
Car il avait compris que cette bataille avait eu lieu à cause de George.
« Menez votre troupe et poursuivez les monstres qui sont allés vers le nord, s'il vous plaît. »
« Et vous ? »
« Je…… »
Roan fixa le nord et dit :
« Je vais devoir aller trouver le baron Ant. »
« Mmm. »
Tio laissa échapper une exclamation basse et hocha la tête.
Il n'avait plus rien à dire.
Les deux hommes se regardèrent un instant avant de se séparer.
Roan monta sur son cheval et leva sa lance bien haut.
« Troupe Amaranth, nous allons vers les montagnes où se trouve la troupe de George ! »
« Oui ! Compris ! »
Une voix forte retentit.
C'était une voix qui contenait une froide intention meurtrière.
Roan appela Austin d'un signe de la main.
« Austin. Quand nous arriverons au camp…… »
Il lui donna des ordres à voix basse.
Austin hocha la tête avec une expression sévère.
« Ne vous inquiétez pas. »
Un bref salut suivit.
Roan le regarda, hocha la tête, puis tira sur les rênes.
Hiiiiiing !
La tête du cheval se tourna vers le nord dans un hennissement.
« En avant ! »
L'ordre fut donné.
Roan et la troupe Amaranth passèrent par-dessus les cadavres de leurs alliés et se dirigèrent vers le nord.
Tio, qui observait la scène, murmura à voix basse :
« George Ant. Mon stupide ami. Il semble que ton pouvoir ne s'élève qu'à cela. »
Sa voix était aussi solitaire que le champ de bataille.
*****
<Amaranth.>
Le drapeau couvert de sang flottait à l'avant.
Roan et la troupe apparurent au camp de George situé dans les montagnes.
Le porte-drapeau courut un pas en avant et agita l'étendard.
« C'est la troupe Amaranth ! »
Les soldats, qui étaient sur la tour de guet, agitèrent rapidement les mains.
Kiiiiig !
Les portes fermées s'ouvrirent.
Roan regarda Austin une fois, puis donna un coup de talon à son cheval.
La troupe Amaranth entra dans le camp avec les cavaliers en tête.
« On dirait qu'ils ont eu un dur combat. »
« Mais on dirait qu'ils ont gagné quand même. »
« Peut-on rester comme ça ? »
Les soldats de la troupe de George se rassemblèrent.
Ils conversaient avec des expressions nerveuses.
Mais Roan ne leur jeta même pas un regard.
Son objectif était fixé.
« Austin. »
« Oui, commandant. »
Les deux échangèrent un regard.
Austin fit rapidement signe de la main pour donner l'ordre.
À cet instant, les membres de la troupe dégainèrent leurs armes.
Au même moment.
Flutter ! Flutter !
Le porte-drapeau à l'avant agita son étendard.
Et les membres de la troupe chargèrent comme s'ils n'attendaient que cela.
« Hein ? Hein ? »
« Qu, qu'est-ce que c'est ? »
Les adjudants de la troupe de George, qui observaient la troupe Amaranth, affichèrent des expressions surprises.
Ils virent les membres de la troupe Amaranth courir vers eux et ouvrirent des yeux grands comme des soucoupes.
« Capturez-les ! »
La voix d'Austin résonna sur le champ de bataille.
C'était un ordre court, mais les membres de la troupe agirent avec agilité.
La troupe Amaranth était la plus forte parmi les plus fortes.
Ils n'étaient pas des adversaires qu'une troupe comme celle de George, qui aimait faire la fête au milieu du champ de bataille, pouvait affronter.
Cheng ! Checheng !
Les lances et les épées furent pointées vers la gorge des adjudants.
« Hik ! »
« Gulp. »
Les commandants de troupe de George ne purent même pas résister correctement et levèrent les bras.
Reddition.
La capture fut si facile qu'elle en était décevante.
« Qu, qu'est-ce que c'est que ça ? »
« Pourquoi faites-vous ça ? »
Les soldats ordinaires de la troupe de George se rassemblèrent, l'air à moitié hébété.
Roan descendit de cheval et sortit la dague Regate.
« Moi, Commandant de troupe Roan de la troupe Amaranth, j'ai reçu les droits de commandement et de stratégie du 1er prince. Mais le baron George Ant a déplacé le camp à sa guise en ignorant mes ordres et a rompu les lignes défensives. C'est une grave violation de la discipline militaire. À partir de maintenant, je désigne le baron George Ant comme un criminel. »
Il avait les yeux féroces et une voix froide.
Gulp.
Les soldats ordinaires déglutirent nerveusement.
Roan continua de parler.
« Si quelqu'un tente d'entraver mes actions, je le traiterai également comme un criminel. »
Dès qu'il eut fini de parler, les membres de la troupe Amaranth levèrent leurs armes.
Pat !
Les pointes des armes acérées furent dirigées vers les soldats.
« Uuuu. »
« Nous, nous avons juste fait ce qui nous a été ordonné. »
Les soldats de George avaient déjà perdu toute volonté de se battre.
C'était parce que les commandants au-dessus du rang d'adjudant avaient déjà été capturés.
Roan reprit calmement son souffle et rangea sa dague.
Son regard se porta naturellement vers le centre du camp.
Il ne restait plus que George Ant.
« Austin. »
Une voix basse l'appela et il fit un signal.
« Oui. Je comprends. »
Bientôt, 50 membres de la troupe Amaranth se dirigèrent vers le centre avec Roan en tête.
« Qu, qui êtes-vous ! »
« Halte ! »
Les soldats qui gardaient le centre découvrirent la troupe Amaranth et hurlèrent.
« Bon sang. Je trouvais le camp bruyant. C'était donc à cause d'eux ! »
Srung.
Ils dégainèrent leurs armes trop tard.
Mais les mouvements de Roan et des membres de la troupe furent plus rapides.
Cheng ! Checheng !
Les lances et les épées frappèrent leurs armes.
« Kuk. »
Les chevaliers et les commandants de la troupe de George grinçaient des dents face à l'engourdissement qu'ils ressentaient.
Roan se faufila entre eux.
Pubuk ! Pububuk !
Il exécuta la technique de combat de Reid.
« Kuk ! »
Les chevaliers et les commandants s'agenouillèrent dans un cri de douleur.
« Attachez-les ! »
Les membres de la troupe Amaranth accoururent rapidement et les capturèrent fermement.
C'était une répression parfaite.
Mais ils n'avaient pas le loisir de ralentir la cadence.
Roan se dirigea vers une immense tente luxueuse située au centre du camp.
« George Ant. »
Il grinça inconsciemment des dents.
Puis, les portes fermées s'ouvrirent et cinq chevaliers aux corps massifs apparurent.
Ils étaient sortis pour vérifier ce qui se passait à l'extérieur car c'était trop bruyant.
« Hein ? »
« Vo, vous ? »
Les chevaliers découvrirent Roan devant eux et affichèrent des expressions surprises.
Roan ne dit rien et tendit la main pour les saisir à la gorge.
Ses mouvements étaient imprégnés des techniques de combat de Reid.
Pubuk !
D'un mouvement de main, leur posture fut brisée, et ses poings les frappèrent depuis leurs positions déséquilibrées.
« Kuk ! »
Cinq chevaliers s'effondrèrent en un instant.
« Uhhhhhh. »
« Vo, vous, espèce de fou furieux…… »
Leurs grognements étaient empreints de douleur.
Roan les fixa avec une expression calme, puis ouvrit les portes.
À cet instant, un intérieur luxueux apparut.
« Hein ? Vo, vous ? »
Sur une chaise élégante située au centre.
George était assis, mangeant des fruits sucrés.
Il fut surpris par l'apparition soudaine de Roan.
« La raison pour laquelle c'était si bruyant, c'était vous ? »
Les chevaliers qu'il avait envoyés vérifier ce qui se passait n'étaient plus là.
« Peut-être ? »
Même s'il avait les droits de commandement et de stratégie, un simple commandant de troupe roturier s'en prenait à des chevaliers appartenant à une famille noble ?
George n'arrivait pas à y croire.
« C'était vous qui faisiez tout ce raffut devant la tente ? »
« Même si vous avez levé la main sur les chevaliers, vous ne pourrez rien me faire. Kukuku. »
Il rit d'une manière étrange et attrapa un autre raisin.
Il voulait montrer à Roan un air de loisir.
« Il semble que vous ne répondiez pas. Un noble vous pose une question et vous osez…… »
Il ne put continuer.
Car Roan chargea soudainement.
« Fils de p*te ! »
Un son explosa alors qu'il hurlait de toutes ses forces.
Au même moment, son poing droit fendit l'air et frappa la poitrine de George.
Puk !
« Kok ! »
George roula au sol avec sa chaise.
« Toux ! Toux ! »
Les quintes de toux étaient clairement audibles.
Roan fit un pas et lui écrasa la poitrine.
Kwak.
« Kugh. »
George se débattit avec une expression douloureuse sur le visage.
Mais le pied de Roan ne bougea pas d'un pouce.
« Vous, espèce de bâtard. Que faites-vous là ?! »
hurla George.
« Il semble que vous ayez oublié qui je suis ! Je suis du royaume de Rinse…… »
Lorsqu'il en fut arrivé là.
La bouche de Roan se tordit.
« Je le sais trop bien. Vous êtes la racaille du royaume de Rinse. »
Il appuya plus fort, pressant encore davantage sa poitrine.
George se débattit encore plus, sentant son souffle se couper.
« Espèce de fou furieux ! Savez-vous ce que vous faites en ce moment ! Vous commettez des violences contre un noble ! »
« Un noble ? »
Roan sourit avec méfiance et sortit la dague Regate qu'il portait à la taille.
« Voici la dague Regate que le 1er prince m'a remise en m'accordant les droits de commandement et de stratégie. Mes ordres sont les ordres du prince. George Ant. Vous n'avez pas obéi aux ordres du 1er prince. »
« Ce, cela…… »
George était à court de mots.
Il était vrai que Roan avait reçu la dague Regate.
« Même ainsi, pour un roturier, s'en prendre à un noble ! »
C'était quelque chose qui ne pouvait être pardonné ni compris par un noble.
Roan appuya encore plus fort sur sa poitrine.
« Pourquoi n'avez-vous pas suivi mes ordres et déplacé le camp comme bon vous semblait ? »
« C'est parce que cet endroit est plus avantageux pour établir un camp ! »
Un cri confiant sortit de la bouche de George.
Roan secoua la tête avec une expression figée.
« Espèce d'idiot. »
« Qu, quoi ?! Espèce de bâtard……… Kuk ! »
George ferma sa bouche au milieu d'un juron, sentant sa cage thoracique se briser.
Roan le fixa avec des yeux froids.
« Pourquoi n'êtes-vous pas sorti charger quand les monstres sont apparus dans les plaines après que vous ayez installé le camp ? »
« Ce, cela…… »
Il ne pouvait pas dire qu'il avait eu peur en voyant l'ampleur des monstres, bien plus grande qu'il ne l'avait imaginé.
Naturellement, il s'interrompit.
Le feu apparut dans les yeux de Roan.
« Espèce de racaille. »
Juste avant qu'il ne finisse sa phrase, son bras bougea.
C'était un coup de poing imprégné de la technique de combat de Reid.
Pagak !
Roan frappa le visage de George de toutes ses forces.
« Kuk ! »
Son nez fut dévié et toutes ses dents se brisèrent.
« Grr. »
George cracha de l'écume sanglante à cause de la douleur intense.
« À cause de vous, des alliés qui n'auraient pas dû mourir sont morts. Et ceux qui n'auraient pas dû être blessés l'ont été… »
Aux mots de Roan, George hurla des injures.
« Alors, fils de p*te……… Tu frappes un noble parce que de simples soldats roturiers sont morts ? »
« De simples soldats roturiers ? »
Roan fronça les sourcils.
George rit comme s'il était devenu à moitié fou et continua.
« Exact ! Espèce de bâtard ! Tu oses me frapper parce que certains de tes alliés de bas étage sont morts ? Hein ? Huhuhu. La vie d'un noble vaut bien plus que celle de ces ordures ! Kuhuhuhu. »
À cet instant, les yeux de Roan brillèrent d'une lueur rouge.
C'était une terrible intention meurtrière.
« George Ant. Ne dénigre pas ceux qui sont tombés. Si tu le refais une fois de plus…… »
Une voix glaciale lui répondit.
« Je ne te laisserai pas tranquille. »
C'était un avertissement.
Mais George, à moitié fou, n'avait pas l'intention de s'arrêter.
« Ces ordures. Comme tu es aussi une ordure, tu obtiens…… »
Il ne put continuer.
Spat !
La dague Regate fendit l'air.
Stab !
Un son terrible retentit.
Au même moment, la dague transperça la main droite de George.
« Uaak ! »
George se redressa dans un cri.
Et Roan le frappa au visage, tout simplement.
Puk !
« Kuk ! »
George ressentit une douleur atroce et sa respiration devint laborieuse.
Roan le fixa avec des yeux froids.
« Tais-toi. La prochaine fois, ce sera ta gorge. »
< L'Exode de Poskein (8) > Fin
Traducteur : Subak
Correcteur : st8_lupe.